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8 LES MERVEILLES bondir sur l'herbe comme de jeunes chevreaux.
Le plaisir de jouer, courir et sauter fit place à la fatigue , et, se rapprochant de leur père, ils auraient bien voulu faire succéder à leurs jeux bruyans les plaisirs plus tranquilles de la conversation.
Comptant sur son indulgence et soninaltérable complaisance, Auguste, sachant bien qu’il ne pouvait exciter son humeur, même en interrompant
“ane lecture favorite, lui demanda
quel était le livre qu'il lisait ? — Mon
ami, c’est une dissertation sur la créa-
tion. — Et qu'est-ce qu’on a besoin d'écrire tant de volumes sur une chose
que tout le monde sait? — Telle est la
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DE LA CRÉATION. 9 présomption de l'esprit humain, de
ne pas vouloir s’en tenir à ce qu'il connaît, et d’aimer à fouiller dans l'origine des siècles, pour deviner ce qui lui paraît incertain. — Je trouve ces gens-là bien bêtes. — D’autres ne les jugent pas si sévèrement que toi, et leur accordent le titre de savans.
Mais, dit Victor, s’ils étaient savans , ils n’ignoreraient pas ce qu'ils cherchent à savoir? — Les connaissances que l’on peut acquérir sont si multipliées, les bornes de la vie si courtes, et l'intelligence des hommes si bornée, qu’il n’est pas étonnant qu'on employe beaucoup de temps pour apprendre peu de chose.
Pour moi, dit Auguste, je ne serai