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00 LES MERŸEILLES
La baleine du Groënland, dont on retire tant de profit, et pour laquelle se font toutes les expéditions de pêche, est irès-grosse et très-massive : sa tête seule fait un tiers de sa masse: elle
va quelquefois jusqu’à soixante-dix
pieds de long. On ne peut voir sans
étonnement cette masse énorme et pesante fendre les flots de la mer avec sa queue qui lui sert de rame, et dont elle se sert avec une vitesse surprenante; elle donne quelquefois des coups terribles avec celte queue qui est capable de submerger un navire. La peau de la baleine est de l'épaisseur d’un doigt, et recouvre immédiatement la graisse qui a huit ou dix
pouces d'épaisseur ; elle est d’un beau
DE LA CRÉATION. 201 jaune lorsque l’animal se porte bien.
La chair qu’on trouve dans la graisse est rouge ; la langue de ce faux poisson n’est absolument qu’un monceau de graisse dont on peut remplir piusieurs tonneaux.
De toutes les pêches qui se font dans l’océan, celle de la baleine est sans contredit la plus avantageuse , mais elle est aussi la plus difficile et la plus périlleuse ; comme c’est toujours dans les mers du nord , et souvent sous les glaces qu’elle se tient, il faut braver bien des dangers avant de l’atteindre.
Cest dans le détroit de Davis que la vraie baleine se trouve en abondance
dans les mois de février et de mars.
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203 LES MERVEILLES Toutes les nations ayant reconnu les avantages de cette pêche, envoient des expéditions maritimes pour l’entreprendre , qui emploient un grand nombre de matelots. Voici comment se fait la pêche de ce monstrueux cétacée.
Lorsqu'un bâtiment est arrivé dans le lieu où se fait le passage des baleines, un matelot, placé au haut d’un mât, averlit aussitôt qu'il voit une baleine :
les chaloupes partent à l’instant. Le plus hardi et le plus vigoureux pécheur, armé d’un harpon de cinq ou six pieds de long , se place sur le devant de la chaloupe, et lance avec adresse le harpon sur l’endroit le plus
sensible de lanimal: le harponneur
se
DE LA CRÉATION. 203 court de grands risques; car la baleine, après avoir été blessée , donne de furieux coups de queue et de nageoires qui tuent souvent le harponneur et renversent la chaloupe.
Lorsque le harpon a bien pris, on file bien vite la corde à laquelle il tient, et la chaloupe suit. Lorsque la baleine revient sur l’eau pour respirer, on tàche d’achever de la tuer, en évitant avec grand soin sa queue et ses nageoires. Le bâtiment, toujours à la voile, suit de près, afin d’être à même de mettre à bord la baleine harpon-
née ; lorsqu'elle est morte, on l’attache
aux côtés du bâtiment avec des chaînes
de fer : aussitôt les charpentiers se met-
tent dessus avec des bottes armées de