I.A GRAVIHE EN FHANCt
Le portrait de Bossuet exécuté j)ar Pierre Brevet le fils, d'après Rigaud, suffirait à l'aiie vivre le nom du giaveur, en même temps qu'il donne du grand orateur la physionomie la plus exacte. L'artiste, inspiré par l'œuvre superhe de Rigaud, inspiré aussi, sans doute, par la majesté du personnage, a produit un chef-d'œuvre digne d'être mis à côté des j)lus belles estampes de l'école française. Les procédés de Brevet le fds se rapprochent beaucoup de ceux mis en usage par son père. 11 ne se servait, lui aussi, que du burin; mais, docile en sa main, l'outil variait à rinlini ses travaux, se pliant sans effort aux inflexions diverses de la forme, selon que la nature des objets i:lle-mème se modifiait. Les étoffes, se répandant toujours en plis riches et épais, et disposées avec un grand art, sont traitées largement, tandis que la tète et les mains, qui réclament une précision de contours à la- (pielle les draperies n'obligent pas au même degré, sont d'un travail serré et délicat. Claude Brevet, qui vint a[)rès, rappelle dans ses estampes la m.inière mise en honneur par ses parents, avec cette diflrrence notable que son burin est souvent sec et quelquefois
(Tune monotonie désagréable.
Jean-Marc Natlier, Louis Toccjué, Maurice Quentin de la Tour, Jean Siffred Bu[)lessis, Jacipies Aved et lournières fournirent aussi aux graveurs d'excellents modèles; Jean Baullé, dont le burin est assez brillant, força les portes de l'Acadénue en 174'2, en présentant la gravure dlh/ncinllti' liit/dud pcif/ndut le porlniit (le sa fcnuni'. Jacques Reauvarlrt eut le tort de sur*
charger ses planches de travaux monotones qui alourdissent son dessin. Le portrait du sculpteur Bouchardon lui valut le titre d'académicien. Jacques Baléchou, dont la manière a beaucoup de rapport avec celle de Beauvarlet, exécuta non sans talent, d'après une peinture de J. B. de Troy, le portrait de M. de Julienne tenant à la main une feuille sur laquelle se voit tracé le portrait de Watteau. Cette planche est très-supérieure à une estampe bien plus célèbre, exécutée par le même artiste d'après Vanloo et représentant Sainte Geneviève gardant son troupeau.
Nés l'un et l'autre en Allemagne, Jean-Georges Wille et Georges-Frédéric Schmidt vinrent se fixer de bonne heure en France et exécutèrent dans notre pays les planches qui établirent leur renommée. Nous avons déjà mentionné ces artistes plus haut (pp. 172-174), aussi n'avons nous pas à revenir sur leurs ouvrages.
Deux frères, Pierre-Charles et François-Robert Ingouf s'associèrent pour graver une longue suite de portraits; mais cette collection ne témoigne ni de beaucoup d'originalité, ni d'un grand talent d'exécution. Charles-Nicolas Cochin (Paris, 1715-1788) fit les portraits de presque tous les hommes considérables de son temps; il les représentait de profil dans des médaillons ronds ; malgré le soin que mettait l'artiste à accentuer chaque physionomie, il plane sur cet ensemble de visages tous coiffés pareillement une monotonie fatigante qui empêche d'estimer l'œuvre à sa juste valeur. Les estampes d'Etienne Ficquet, de Pierre Savart et de Jean-Baptiste Grateloup sont à la gravure