‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [3], Photographie, stéréoscope, poudres de guerre, artillerie ancienne et moderne, armes à feu portatives, bâtiments cuirassés, drainage, piscicultureFiguier Merveilles Science BNF 03Chapitre 110 sur 163 · I : sée 38 t i · texte numérisé non relu

I : sée 38 t i

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T. III

Road, le conflit du Monitor et du Merrimac^ la lutte et le choc de ces deux espèces de monstres de fer et de feu, étaient d'une importance incomparable. Or renseignement qui devait résulter de cet engagement naval fut pleinement acquis, et depuis l'application de la vapeur à la navigation, on peut dire que C'est là le fait le plus décisif que la stratégie navale ait eu à enregistrer dans notre siècle. D'après les conditions connues de cohésion des plaques métalliques, et à égalité de puissance d'artillerie, on devait prévoir que la résistance mutuelle des deux navires cuirassés devait être égale et, de part et d'autre, absolue - , C'est en effet ce qui arriva. Le combat dura cinq heures ; de sept heures à midi, le feu ne cessa point d'être échangé avec vigueur entre les deux navires cuirassés, sans qu'ils souffrissent sensiblement l'un ou l'autre. Deux fois le Merrimac tenta, contre son adversaire plus frêle que lui, cette terrible manœuvre de l'écrasement , qui, la veille, avait si complètement réussi contre le pauvre Cumberland ; mais chaque fois l'éperon glissa, sans l'entamçr, sur l'armure du Mo»

nitor, qui sortit sain et sauf de ce terrible assaut; au contraire la proue du Merrimac se brisa sur la cuirasse du Monitor.

Le combat fut terminé par la retraite du Merrimac qui n'avait reçu que quelques avaries légères, mais dont le capitaine avait été mortellement blessé par un boulet, entré par l'un des sabords. Ce capitaine se nommait Franklin-Buchanan , et la veille , il avait fait prisonnier son propre frère, officier de la marine fédérale à bord du Congress. Du resté , le commandant du Monitor , le lieutenant Worden , avait été blessé luimême, dans sa cabine de fer.

En résumé le Monitor ne fit aucun mal au Merrimac. De son côté, le Merrimac, vieille frégate rapidement transformée en frégate cuirassée, était trop faible de charpente, et mû par une machine à vapeur trop peu puissante, pour pouvoir tenter avec succès le choc contre son adversaire.

Ajoutons, pour terminer ce chapitre, que le Monitor n'était bon que pour la navigation en rivière ; il était impropre à tenir convenablement la mer, et bien des incidents ont montré qu'il navigue difficilement et qu'il est presque inhabitable. Un officier du Monitor 9 dans une lettre publiée par le Times, après mille éloges adressés à son bâtiment, dont le combat d'Hampton-Road l'a rendu enthousiaste, terminait en disant : « Il y aurait moins de danger à combattre douze fois contre le Merrimac qu'à retourner à New- York à 'bord du Monitor. »

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