‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [3], Photographie, stéréoscope, poudres de guerre, artillerie ancienne et moderne, armes à feu portatives, bâtiments cuirassés, drainage, piscicultureFiguier Merveilles Science BNF 03Chapitre 112 sur 163 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LES DERNIÈRES CONSTRUCTIONS NAVALES CUIRASSEES DES ÉTATS-UNIS. — LA MARINE CUIRASSÉE AU BRÉSIL. — LA MARINE CUIRASSÉE EN ITALIE ET EN RUSSIE.

Au moment où s'alluma la guerre de la sécession, les fédéraux, maîtres des chantiers de construction dé l'Amérique du Nord, se proposèrent de créer une force navale spécialement' destinée, non pas à agir au loin, mais à prêter sur les côtes elles rivières, un auxiliaire important aux opérations militaires dirigées contre la confédération du Sud.

De là cette classe de navires appelés Monitors^ du nom du premier d'entre eux qui fut construit. Nous avons décrit ce type dans le chapitre consacré aux navires à tourelles de l'Amérique, et nous avons raconté le célèbre combat naval dans lequel le Monitor ët le Merrimac déployèrent leur égale valeur.

Immédiatement après le combat d'Hampton-Roadj le gouvernement américain fit construire un grand nombre de Monitors appartenant au même système/ Tels furent le Dictator de 97m,60 de long, et le Puritain, dont le pont mesure 100 mètres. Bientôt une trentaine de monitors aune tourelle,construits sur divers types, purent être mis en service.

Cës bâtiments ont pris une part active à la guerre, et avec eux, le New-Ironsides, navire

cuirassé à batterie, et le Roanoke^ ancien navire en bois transformé.

Le Roanoke est une ancienne frégate de l'Amérique du Nord, rasée à la hauteur de la batterie, et armée de 3 tours, contenant chacune 2 pièces. Voici ses dimensions :

Longueur 263 pieds anglais 8 pouces.

Largeur 25 — 2 —

Creux B 33 — » —

Après sa transformation le Roanoke avait perdu 3 nœuds de vitesse ; il ne filait plus que 5 à 6 nœuds, et roulait tellement que le tir devenait impossible, même par le beau temps. Il a été bien vite abandonné, comme impossible à utiliser.

Plus tard, des contrats furent passés pour la construction de vingt monitors sur un type, dit Light-Draught^ dont la qualité devait être de caler très-peu d'eau (seulement 2m,14 d'après le plan). Mais une fois achevés, leur tirant d'eau s'éleva à 2m,90 ; le but n'était donc pas atteint. Il est vrai qu'au moment où ils purent prendre la mer, la guerre était achevée.

Cinqde cesmonitorsdu typeLzght-Draught, à petit tirant d'eau, le Modoc, le Nobuc, etc., furent transformés en Torpédo, ou bateautorpille (i).

Les monitors à deux tourelles, tels que le Miantonomoah, dont il a été question plus haut, ont été un agrandissement sérieux du monitor primitif.

Des navires cuirassés, sur un type tout particulier, ont également été construits par le gouvernement américain , pour opérer sur le Mississipi. Ils sont, en même temps, à roues

(1) Voici en quoi consiste la disposition essentielle des bateaux- torpilles. Une perche ayant 10 à 12 mètres de longueur, porte à son extrémité une mâchoire dans laquelle est logée la torpille; cette perche traverse un manchon; qui, installé à l'avant du bâtiment, est susceptible d'être mû dans un plan vertical. Une chaîne attachée aux deux points extrêmes de la perche, et enroulée dans sa partie moyenne sur un tambour, permet de régler la saillie de la perche, suivant qu'on fait tourner le tambour dans un sens ou dans l'autre ; tandis qu'avec un long levier mû à la main, on imprime au manchon, et par suite à la perche; la direction voulue,

et à hélices, d'un très-petit tirant d'eau, pourvus d'un fort central cylindrique fixe, armé de canons lançant des boulets du poids de 76 kilogrammes, et susceptibles de lancer des jets d'eau chaude sur le pont en cas d'abordage. Tels furent le Chiîicothe, YIndianola et le Tuscumbia. Ce dernier, célèbre par le combat de Grand-Gulf , avait les dimensions suivantes, longueur, 51 m, 84; largeur, 21ffi,3S; tirant d'eau, lm,25.

Pour terminer l'histoire des tentatives importantes faites en Amérique, nous citerons la batterie Stevens.

En 1840 , MM. Stevens proposèrent au gouvernement américain de construire, pour la défense du port de New- York, un bâtiment qui serait à l'épreuve de l'artillerie. Ce bâtiment ne fut mis en chantier que douze ans plus tard, en 1852, après que, sur les instances de M. Stockton , sénateur de New- York, le Congrès eut affecté une somme de 300,000 dollars à sa construction. Mais vingt mois plus tard les travaux étaient abandonnés ; déjà les constructeurs avaient dépensé 700,000 dollars, avançant ainsi 200,000 dollars sur les nouveaux crédits qu'ils espéraient, car il devenait clair que l'achèvement et l'armement coûteraient encore une somme de 300,000 dollars. Depuis, et malgré des pétitions signées à New- York, durant la guerre, les travaux de la batterie Stevens n'ont pas été repris. La coque est presque terminée, la machine, sauf les hélices, et les chaudières sont en place.

Les formes fines de ce bâtiment sont assez semblables à celles des steamers de FHudson. Il a 128m,10 de longueur, lSm,86 de largeur; son tirant d'eau en charge fixé sur le plan à 6ra,25 doit être porté en cas de combat à 6m,8G à l'aide de compartiments étanches qu'on remplirait d'eau.

Au-dessus de la flottaison s'élève une casemate, longue de 55m,20, haute de lm,68, recouvrant l'espace occupé par la machine et les chaudières, et dont les murailles latéra-

LES BATIMENTS CUIRASSES

Fig. 407. — Le Captain, bâtiment cuirassé à tourelles, ou Monitor de mer, de la marine anglaise, construit en 1868,

les sont inclinées àOm,60. Des pavois mobiles devaient, hors des moments de combat, s'élever jusqu'à 4m,i 2 au-dessus de la flottaison.

La cuirasse devait s'étendre à toute la région de la flottaison et à la casemate. L'armement projeté comprenait S canons de 15 pouces (0m,38) et 2 canons rayés de 0m,25.

En parlant de la marine française, nous avons décrit (page 544) le Rocharnheau et VOnondaga, monitors à deux tourelles construits en Amérique, et achetés par le gouvernement français. Nous n'avons rien à ajouter à cette description , et nous nous bornons, en conséquence, à renvoyer le lecteur à la figure 400 (page 545) qui représente le Rocharnheau, ce beau monitor, ci-devant américain, aujourd'hui français.

Les bâtiments spéciaux construits en Amérique, ont bien répondu aux besoins qui s'étaient présentés. Ils ont pris une part vigou-

reuse à la guerre de sécession, en 1862 et 1863, et fourni ainsi au marin et au constructeur bien des faits d'observation. Au bombardement de Charleston, par exemple, les canons dont étaient armées les fortifications de la ville, ne purent empêcher la flotte fédérale, commandée par l'amiral Ferragut, de s'avancer. Ailleurs, à l'attaque du fort Sumter, ce sont les murailles inclinées du Ncw-lronsides qui eurent à souffrir : elles furent déprimées. Des boulets les frappant avec plus de vitesse les eussent peut-être écrasées ; car l'inclinaison donnée à la muraille, dans le but de faire ricocher le boulet, ne peut avoir d'efficacité dans ce sens, qu'au cas où le tir est sensiblement horizontal, et cette même inclinaison devient désavantageuse, si elle rend la muraille perpendiculaire à la trajectoire (voir la théorie de la trajectoire des projectiles, page 403 de ce volume).

Le Monitor , le vainqueur du combat cTHampton-Roadj a sombré en pleine mer, par un temps, fort ordinaire, et tous les commandants des monitors qui se trouvaient à Charleston, ont déclaré dans leurs rapports, qu'ils considéraient leurs bâtiments comme impropres au service de la mer. « They are not sea-going^ not sea-keeping vessels, » écrit l'amiral Dupont au ministre de la marine des Etats-Unis.

Nous avons suffisamment parlé, dans le chapitre précédent, des qualités et des défauts des navires à tourelles pour n'avoir pas à revenir ici sur les monitors proprement dits. Le mieux armé et le plus solidement construit d'entre eux, ne saurait tenir contre un bâtiment tel que le vaisseau français le Marengo, menaçant par son choc et par le tir plongeant de ses tours élevées, menaçant encore, si l'adversaire fuit, par le tir en chasse de ses 4 pièces des gaillards, que rien ne saurait paralyser.

Mais encore une fois, les bâtiments improvisés par les États-Unis répondaient à des besoins spéciaux. Excellents pour la navigation sur les grands fleuves de l'Amérique, ils seraient d'une utilité problématique, s'ils devaient se lancer en pleine mer, loin des côtes du Nouveau-Monde, et courir les chances de la navigation sur toutes les mers. Redoutables par leur nombre, à l'époque où finissait la guerre de sécession, ils le seraient beaucoup moins assurément dans le cas d'une lutte contre une flotte européenne.

La guerre terminée, les flottes militaires ne convenaient plus aux États-Unis. Le gouvernement se préoccupa donc, dès les premiers mois de 1866, de vendre un matériel devenu inutile. Il cherche actuellement à constituer sa marine sur des bases nouvelles. Déjà, pendant la guerre, les fédéraux avaient senti la nécessité d'opposer aux corsaires du Sud des bâtiments rapides tels que le Kearsage, corvette à vapeur non cuirassée, armée sur les gaillards d'une dizaine de pièces d'ar-

tillerie, dont plusieurs à pivot, et qui s'est montrée dans les ports européens. Des moyens puissants de production sont accumulés dans les arsenaux, agrandis et enrichis de machines-outils de toutes sortes. Les arsenaux les plus importants sont ceux de Charleston, de Brooklyn en face de New- York et de Philadelphie ; la construction des monitors a fait place, dans leurs chantiers, à celle des bâtiments de course.

Le Brésil, à l'occasion de la guerre engagée contre le Paraguay, a fait construire quelques bâtiments cuirassés d'une forme particulière, qui, en raison du rôle que les événements leur ont fait, méritent d'être signalés.

Ce sont d'abord une série de petits monitors à une tourelle, destinés à naviguer en rivière par de très-petits fonds, et à résister à des canons lisses lançant des boulets de 68 livres, tirés même à petite portée.

Leurs dimensions très-réduites sont les suivantes : longueur, 36m,S8; largeur, 8m,54 ; tirant d'eau, lm,52. Leur plat-bord estàOB,30 seulement au-dessus de l'eau. Ils ne portent qu'un jour de vivres et de charbon. La tourelle est armée de 1 canon Whitworth de 70 livres.

En outre de ces monitors, la flotte brésilienne compte quelques bâtiments cuirassés sortis, pour la plupart, des chantiers de la France ou de l'Angleterre, et parmi lesquels nous distinguerons le Brazil^ construit en France, à la Seyne, par la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée, et Je Tamandaré construit à l'arsenal de Rio. Voici les dimensions de ces bâtiments :

BraziL Tamandaré*

Longueur 61m,20 50ra,60

Largeur i 0m,75 -9m,75

Tirant d'eau « 3m,65 2m,S9

Puissance nominale de la machine 2îiO chev. S0 chev.

Le Brazil est le plus fortement armé des bâtiments de la flotte brésilienne. 11 porte un

LES BATIMENTS CUIRASSÉS

fort central casemate, percé de 12 sabords, et armé de 4 canons Whitworth de 120 livres et 4 canons à âme lisse lançant des boulets de 68 livres.

Ces deux Mtiments ont vu le feu. Les coques du Brazil et du Tarnandùré, à la suite d'un engagement très- vif à l'attaque de Curu- Païty, ont résisté parfaitement à l'artillerie.

La figure 408 représente le fort central cuirassé du Brazil.

La marine cuirassée est déjà très- répandue au Brésil. Ce pays possède, outre le Bra~ zil et le Tamandaré, plusieurs navires blindés ; ce sont le Barroso, le Cabroly le Columbor la Marie-Barros et le Hervat, le Limâ-Barros\ le Bahia et le Silvado. Un autre navire, le Rio-JaneirOj fut coulé par des torpilles, en 1866.

Le Barroso est un navire à casemate, construit à Riô-Janeiro. Sa longueur est de 5&m,70, sa largeur de 10m,97, et son tirant d'eau de 2m,S9; La hauteur de la batterie est de lm,60. Son artillerie se compose de 2 canons Whitworth, de 120 livres, et de 2 canons de 68, à âme lisse.

La casemate et la flottaison par le travers des machines sont cuirassées avec des plaques de 0m,10 d'épaisseur. Le reste de la flottaison n'a qu'une cuirasse de O^OS. Ces cuirasses ont résisté à des boulets de 68 tirés à 80 mètres. La machine de Penn de 120 chevaux donne une vitesse moyenne de

Le Cabrol et le Columbo ont été construits en Angleterre, par M. Rennie. Leur longueur est de 48*, 76, leur largeur de i0m,67, leur tirant d'eau de 2ms90 et leur déplacement de 1,0S0 tonneaux. Il y a à bord deux casemates cuirassées , percées chacune de deux sabords de chaque bord, en sus des deux de chasse avant et des deux de retraite arrière. L'armement se compose de 4 canons Whitworth de 70 livres et de 4 canons de 68, à âme lisse.

Les machines, de la force de 240 chevaux,

conduisent deux hélices, avec une vitesse moyenne de 10D,S.

La Marie-Barros et le Herval ont également été construits en Angleterre , par M. Rennie. Ils sont armés, chacun, de 4 pièces placées dans une casemate. Leurs machines sont de la force de 240 chevaux.

Le Lima-Barros a été construit par messieurs Laird frères. Sa longueur éstde 60m,96, sa largeur de llm,S8, son creux de 5 mètres, et son tirant d'eau en charge de 3m,64. Ce navire porte 2 tourelles armées, chacune, de 2 canons Whitworth de 150 livres. Il y a à bord deux machines à 2 cylindres chacune, conduisant 2 hélices. Leur force réunie est de 360 chevaux.

Le Bahia est un navire à tourelle, construit par MM. Laird; il est armé de 2 canons Whitworth de 1S0 livres. Sa longueur est de 54m,56, sa largeur de 10^67, son creux de 3m,34, son tirant d'eau de 2m,44, etson tonnage de 1,008 tonneaux. La machine, de 200 chevaux, conduit 3 hélices et donne 10\5 de vitesse.

Le Silvado a été construit à Bordeaux par la Compagnie des chantiers et ateliers de TOcéan. Il porte 2 tourelles et est armé de 4 canons Whitworth de 70 li vres.

Aujourd'hui, les marines de l'Autriche, de l'Italie, de la Russie et de la Prusse, etc., entrant dans la voie nouvelle, selon l'étendue de leurs ressources financières, construisent leurs flottes de guerre suivant le système du blindage métallique. Mais nous ne voyons rien de bien saillant dans les constructions d'aucune de ces nations au point de vue technique. Nous allons , toutefois , donner une idée de l'état de la marine blindée en Prusse, en Hollande, en Danemark, en Russie, en Espagne et en Italie.

Un vaisseau non entièrement terminé et qui se construit dans les chantiers anglais pour le compte du gouvernement prussien est digne d'une mention particulière.

Le Wilhehn I" aura une cuirasse de 0m,203 d'épaisseur, et sera armé de 26 canons, tous en acier Krupp , dont le boulet pèse 136 kilogrammes, se chargeant par la culasse, et capables, dit-on, de tirer deux coups par minute, avec des charges de 34 kilogrammes de poudre.

La longueur de ce formidable engin de guerre est de illm,25 (4ffi,57 de moins que le Warrior), et sa largeur de 18 ,26 (0m,60 de plus que le Warrior). Ces dimensions lui donnent un plus grand déplacement, et par conséquent, lui permettent de porter plus facilement sa lourde cuirasse; mais, d'un autre côté, ces mêmes dimensions lui donnent une grande résistance à la marche, son tonnage étant de 6,000 tonneaux et son tirant d'eau en charge de 7^92.

Les machines seront, toutefois, à la hauteur de leur tâche. Elles sont fabriquées par

M. Maudslay, et auront une force nominale de 1,150 chevaux, pouvant en développer 7,000. On compte sur une vitesse de 13 à 14 nœuds* Les foyers sont au nombre de quarante, qui brûleront un peu plus de 200 tonneaux de charbon par jour, à toute vitesse. Les soutes à charbon ne contiendront que 780 tonneaux. En cela, le Wilhelm IeT est incontestablement inférieur aux navires du type Warrior^ qui ne consomment que 1 80 tonneaux de charbon par jour, et qui en portent 1,000, de sorte qu'en réglant convenablement les feux, ils peuvent tenir la mer pendant vingt jours sous vapeur, iandis que le Wilhelm I" pourrait à peine y rester dix jours dans les mêmes conditions.

La construction du Wilhelm Ier est dans le genre de ce qu'on appelle le système longitudinal. Elle consiste en une série de lisses ou ceintures longitudinales en fer, placées à des

Fig. 409. — La Numancia> frégate

intervalles de 2I%13 les unes des autres, et s'étendant de Favant à l'arrière du navire. Entre ces ceintures régnent des liaisons verticales, sortes de membrures en fer, distantes entre elles de lra,215 et même seulement de 0m,60 derrière la cuirasse.

Cette charpente revêtue, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, d'un bordé de0m,025 d'épais- ' seur, constitue comme un double navire, les deux revêtements laissant entre eux un espace de lm,37. La paroi interne de la coque ainsi construite sert de soutes à charbon, de telle * sorte que si un projectile venait à percer la muraille du Wilhelm P% il aurait encore à pénétrer dans ces soutes et à traverser 2m, 43 de charbon avant de faire aucun mal à l'équipage.

La cuirasse a 0m,203 d'épaisseur au milieu, et va en diminuant jusqu'à 0m,l77, à2m,13 au-dessous de la ligne de flottaison. Elle di-

cuirassée de la marine d'Espagne.

minue, delà même manière, vers Favant et vers Farrière, de 0m,203 à 0m,152 et a 0m,l0l. Cette dernière épaisseur n'est employée que là où il serait presque impossible à un boulet de frapper, comme sous la voûte du navire ou sous les bossoirs. Le matelas en bois de teak à 0m,304 d'épaisseur.

Immédiatement en arrière du beaupré, et sur Favant du mât d'artimon, deux murailles transversales, formées chacune deOm,152de fer et de 0m,45 de bois de teak, s'élèvent à partir du premier pont et traversent la batterie jusqu'à une hauteur de 2m,13 au-dessus du spardeck. Sur ce spardeck ces murailles se recourbent en forme de boucliers demi-circulaires, et sont percées, chacune, de quatre sabords pour l'artillerie, et de meurtrières pour la mousqueterie. A l'intérieur de chacun de ces boucliers, il y aura deux canons

lançant des boulets du poids de 136 kilogrammes et pouvant tirer en châsse, en retraite, ou sur le côté.

Le pont de la batterie est doublé d'une tôle de fer de 0m,012 d'épaisseur, et le spardeck d'une tôle d'acier doux de 0m,0i2. Le navire sera pourvu de fourneaux pour rougir les boulets et remplir les obus de fonte liquide. Le navire sera gréé complètement à trois mâts; son équipage sera de 700 hommes.

Le Wilhelm Ier ne sera lancé qu'en 1869. Tout armé, il coûtera environ 10 millions de francs.

La marine militaire de la Prusse compte actuellement 5 navires cuirassés, dont voici les noms et la force :

Canons.

Chevaux.

Jauge.

Frederick-Charles. . .

Prinz Àdalbert

Le Frederick-Charles a été construit, en France, par la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée. Il a donné de trèsbons résultats; il sera intéressant de rapprocher de ces mêmes résultats ceux qu'offrira le Wilhelm PT lorsque ce dernier navire pourra prendre la mer.

La Hollande possède quelques navires cuirassés. Le plus important est celui qui a été mis à l'eau le 20 mars 1867, le De-Buffel construit dans les chantiers de M. R. Napier, de Glasgow.

Ce navire de guerre est d'environ 1,483 tonneaux. Il a 62Tn,47 de longueur. Les murailles sont composées de plaques de fer de 0B%142, d'un matelas de bois de teak de 0m,284 , et d'une coque intérieure de 0m,025. La cuirasse s'étend de l'avant à l'arrière du bâtiment, sur une hauteur de lm,52

dont 0m,91 au-dessous, et 0m,61 au-dessus de là ligne de flottaison, protégeant ainsi les parties les plus vulnérables du navire. La muraille de la batterie, autour de la base de la tourelle, qui est du système Coles, est composée de 0ra,203 de fer, de 0m,304 de teak et d'une coque intérieure de 0m,02o. La cuirasse de la tourelle est semblable à celle des murailles.

Le Dè-Buffel sera armé de deux canons Armstrong du calibre de 136 kilogrammes et du poids de 12,800 kilogrammes, placés dans la tourelle, et de quatre plus petites pièces dans la batterie. La ligne de tir des canons embrassera tout l'horizon, à l'exception de quelques degrés de chaque côté de l'axe de la quille à l'arrière, la cheminée empêchant le pointage dans cette direction. La tourelle peut être \ manœuvrée à la vapeur avec un seul homme. : On a disposé les logements des officiers et : de l'équipage dans la batterie.

Les machines, construites dans les ateliers de MM. Napier, sont de la force collective de " 400 chevaux nominaux ; elles sont pourvues de condenseurs à surfaces, de surchauifeurs, etc., et font mouvoir deux hélices indépendantes. On compte sur une vitesse de 13 nœuds et demi.

MM. Napier ont également mis à l'eau, au mois d'août 1868, pour le gouvernement hollandais, un autre navire cuirassé : c'est le monitor Le-Tijger.

Un autre navire cuirassé et à éperon le Scorpion, de dimensions presque identiques à celles du De-Buffel^ a été construit pour la Hollande, par la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée. Ce navire livré, à la Seyne, près Toulon, au gouvernement hollandais, en septembre 1868, a réalisé une vitesse moyenne de 13 nœuds.

Le Danemark compte S navires cuirassés, dont voici le tableau ;

LES BATIMENTS CUIRASSÉS

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