‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [4], Éclairage, chauffage, ventilation, phares, puits artésiens, cloche à plongeur, moteur à gaz, aluminium, planète NeptuneChapitre 107 sur 143 · CONCLUSION. — LA SOCIÉTÉ DU TROU · texte numérisé non relu

CONCLUSION. — LA SOCIÉTÉ DU TROU

Nous avons passé en revue, dans cette Notice, les principes scientifiques sur lesquels reposent les puits artésiens, et nous avons décrit les procédés pratiques qui servent à

{i) Voir la Science pour tous du mois d'août f 868.

effectuer les forages à de grandes profon^ deurs. L'avenir du travail industriel et social est intéressé plus qu'on ne le croit , à la question que nous venons de traiter. C'est ce que nous allons essayer d'établir.

L'eau du puits de Grenelle nous arrive, avec la température de 27° ; celle du puits de Passy avec la température de 24°. Mais nous savons que la chaleur s'élève à Tintérieur du globe, de 1° par chaque 33 mètres de profondeur. Dès lors, si l'on exécutait un forage plus de quatre ou cinq fois plus profond que celui de Grenelle, un puits ayant 2,500 mètres au lieu de 548 mètres, qui est la profondeur exacte de celui de Grenelle , l'eau nous arriverait avec la température de 100°.

Comprend-on bien de quelle importance il serait pour l'industrie, pour l'économie domestique, pour la société même, d'avoir, sans frais, de l'eau à 100°, de l'eau bouillante qui ne coûterait rien? Ce serait une véritable révolution industrielle. La question du chauffage domestique, question capitale et si mal résolue encore, comme nous l'avons vu dans la Notice sur le chauffage, serait immédiatement tranchée par l'application du système de circulation d'eau chaude. Avec cette eau chaude qui ne coûterait rien, le chauffage des ateliers, celui des bains publics, etc., seraient également réalisés sans aucuns frais.

Déjà un industriel du Wurtemberg, M. Bruckmann, utilisant l'eau à 12 degrés que lui fournit un puits artésien de peu d'importance, sait maintenir à 8 degrés pendant tout l'hiver, la chaleur de ses ateliers, même alors qu'au dehors il fait un froid de — 18 degrés.

La question du chauffage domestique ne serait pas la seule dont les puits artésiens à grande profondeur fourniraient une solution économique aussi brillante. L'eau bouillante fournie à bas prix, ce serait de la vapeur à bas prix, par conséquent des machines à vapeur marchant presque sans dépense. Or, une machine à vapeur marchant sans dé-

LES PUITS ARTÉSIENS

, pense, ce serait une révolution dans toute l'industrie moderne ; ce serait presque le mouvement perpétuel, tant cherché par la tourbe des rêveurs de la mécanique.

On voit donc de quelle importance il serait d'entreprendre des forages à des profondeurs inusitées, de pousser les sondes artésiennes jusqu'à deux mille mètres au-dessous du sol, pour en faire jaillir des torrents d'eau bouillante.

Quelques hommes d'imagination ont essayé de transformer en réalité ce rêve des

puits artésiens faisant jaillir des fleuves bouillants , mais leurs efforts se sont arrêtés devantrapathie, l'indifférence universelle,qui est le signe caractéristique de la société de nos jours. Le spirituel Jobard avait voulu créer une société financière ayant pour but de creuser la terre jusqu'à 1,000 mètres de profondeur. Chaque membre de la société se serait engagé à fournir les fonds pour le forage d'un mètre de ce gigantesque puits. La société se serait appelée la Société du trou! Hélas ! la Société n'est pas sortie de son trou î

ÏIN DES PUITS ARTÉSIENS

LA

ET LE SCAPHANDRE

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