‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes (volume 2)Chapitre 22 sur 42 · ONT SAINT-GOTHARD · texte numérisé non relu

ONT SAINT-GOTHARD

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percée. On creuse d'abord, avec la machine perforatrice et la dynamite, la cunette CD, qui se compose elle-même de deux sections superposées : la cunette supérieure^ C, et X inférieure^ D. Quand cette cunette entière est percée, on abat les deux, côtés, E', c'est-à-dire \estrosse.

On termine en creusant, à la partie inférieure de la cunette, un aqueduc, pour l'écoulement des eaux.

La figure 95 montre, en coupe longitudinale, la disposition des chantiers d'attaque pour la perforation mécanique, c'est-à-dire : la galerie d'avancement, A, contenant les machines perforatrices, les abatages, B, contenant .5 autres machines perforatrices, à droite et à gauche de chaque côté.

On voit à l'étage inférieur, la cunette supérieure, C, X^cunetteinférieure,

FlG. 96. — COUPE DU TUKNEL COMPLÈTEMENT TERMINÉ

D, et les sirosses, qui contiennent quatre machines perforatrices sur le premier plancher, et six machines perforatrices sur le plancher inférieur. E, représente le strosse, c'est-à-dire les parties à abattre à ces derniers étages, quand la galerie de direction est ouverte.

Les abatages et la galerie d" avancement ont leur petit chemin de fer, spécial ; on établit une seconde voie de fer sur le sol de la cunette.

De nombreux wagons circulent incessamment sur ces chemins de fer, amenant des outils, des provisions de matériaux, et emportant les déblais, pour les rejeter au dehors.

On relie le sol de la galerie d' avancement à celui du tunnel terminé, au moyen d'un plan incliné, ainsi qu'aux autres chantiers d'attaque.

Les wagons qui servaient, pendant l'excavation du Saint-Gothard, à l'enlèvement des déblais, n'avaient pas plus d'un mètre cube de capacité. Ils étaient traînés par des chevaux, depuis le front de taille jusqu'à l'origine de la

LE TL'NNEL DU MONT S AI NT-flOTH ARI) 291

cunelte. A parlir de ce point, les déblais élaienl amenés à la décharge par des locomotives, mues par l'air comprimé, ainsi qu'on l'a vu dans la figure 92 (page 285). La provision d'«?> comprimé qui accompagnait chaque

FiG. 97. — MAÇONNERIlî DU TUNNEL.

locomotive, lui permettait de faire plusieurs kilomètres, sans renouveler sa force motrice.

Il n'y avait pas moins de quinze trains par jour, pour emporter les déblais, ou pour amener dans le tunnel les ouvriers, les matériaux de cons-

292 LES NOUVELLES COiNQUÈTES DE LA SCIENCE

tniction, les machines perforatrices, etc. La figure 96 montre, en coupe, le tunnel terminé.

La galerie étant entièrement creusée, avec ses dimensions définitives, il reste à maçonner la voûte et les parois ; car toute l'étendue du tunnel doit être revêtue de maçonnerie.

On voit dans la figuré 97 les ouvriers occupés k la maçonnerie du tunnel.

La dernière opération est la pose de la voie.

Nous ne devons pas manquer de faire remarquer que, par suite de l'accum.ulation des travailleurs, de la combustion des lampes, etc., la température du souterrain était toujours fort élevée. Elle augmenta progressivement, et finit par atteindre + 33°. On comprend combien devait être pénible le travail dans une atmosphère viciée, humide et chaude. Les ouvriers allaient à demi nus, et chaussés de grandes bottes, pour traverser les flaques d'eau qui couvraient le sol, dans la galerie inondée d'Airolo ; car si, au montCenis, l'eau fit défaut, au mont Saint-Gothard, les invasions d'eau prirent, du côté sud, comme nous le dirons bientôt, les proportions d'un fléau.

L'ensemble des travaux avait été organisé, au Saint-Gothard, avec tant d'habileté, que la rapidité de leur exécution dépassa tout ce que l'on avait vu jusque-là.

Un axiome de la construction des galeries souterraines, c'est que plus la galerie d'avancement progresse vite, plus on pourra achever rapidement V ensemble du tunnel. En effet, au front de taille, la roche, encaissée de toute part, résiste davantage à l'explosion, surtout on ne peut accumuler là que peu de machines perforatrices et peu d'hommes; tandis que, pour élargir, on peut mettre un plus grand nombre de machines et incomparablement plus •d'ouvriers.

Les progrès réalisés au front de taille par Louis Favre et ses ingénieurs, peuvent, sans aucune exagération, être taxés de merveilleux., si on les compare à ce qui avait été obtenu par les ingénieurs sardes dans des roches de nature analogue. Au mont Cenis, pendant les années 1868, 1869, 1870,1e front de taille avait avancé de 1320, 1431, et 1635 mètres.

Ce dernier chiffre nous donne le nombre de 409 mètres, comme étant,- pour la galerie du Fréjus, l'avancement maximum pour un trimestre., pendant les treize années du percement.

Au mont Hoosac, malgré l'emploi de la nytroglycérine et des perforatrices à action plus rapide que celles du Fréjus, les avancements trimestriels des dernières années furent, pour l'ensemble des deux têtes additionnées : 207 mètres en 1870, 238 mètres en 1871, 237 mètres en 1873.

Entrée du tunnel , Airolo

lac do Sella..

Tritthorn.

Andermatt 1600'?'

"Gccchenen nioq'?.

13 Septembre^ 18 22 (0)

Janvier Wli- (S^C)

1';'' Janvier 1873 (13^3)

l?' Janvier 1876 (2599)

IfJanvicr 1817 (3620)

l'^Jamicr J878

. ITJaTi-ci^v 1879 (Sô^tb)

Janvier 1880 (7701)

ITJanoicr 1880 (7533)

l'^-Janzicr 1373 (6356)

l"^ Janvier 1878 {bQ>i'i)

IT Janvier 1872 (3815)

— r.'-Ja.Tivicr 1876 (2810)

— l'^J-Janvicr 1875 (TCS")

l'^Jamïcr 187 i (600)

— - 0 Viccnibrc.1872 (0)

26i LES NOUVELLES CONQUÊTES DE LA SCIENCE

Voici maintenanl les chiffres d'avancement de cinq trimestres du tunnel du mont Saint-Gothard, du T'' juillet 1874 au 1" octobre 1875.

Du i"' juillet au 1" octobre 1874 Du le'-Qct. 1874 au i'^' janv. 1875 Du l"^' janvier au l^r avril 1875 Du l^' avril au l^'' juillet 1875 Du le-- juillet au 1«'' octobre 1875

GŒSCHENEN

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