‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes (volume 3)Chapitre 36 sur 149 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

LES PAQUEBOTS DE LA MANCHE ET DE LA MER o'iRLANDE.

Nous ne terminerons pas le chapitre de la navigation par paquebots sans dire; qu'à côté des grands paquebots à hélice quej nous avons décrits, il faut mentionner toutj une catégorie de navires à roues, qui font, comme les paquebots à hélice, le service des voyageurs et des postes. Nous voulons parler des paquebots du détroit de la Manche et de ceux de la mer d'Irlande. Ces petits navires, extrêmement rapides, ont, pour actionner leurs roues, des machines à vapeur très puissantes et très perfectionnées.

Le faible tirant d'eau des ports que desservent ces paquebots ne permettant pas de faire usage d'hélices assez grandes pour la vitesse à réaliser (17 à 18 nœuds), les constructeurs ont été forcés de recourir à l'ancien propulseur, c'est-à-dire aux roues.

Tous ces bâtiments, construits avec beaucoup de goût, sont richement aménagés. Ils sont, d'ailleurs, très marins, et d'un aspect heureux. Le plus remarquable et le plus récent de ces paquebots est Vlreland, qui fait le service de Londres à Birkenhead.

Ce navire a été construit en 1885, par MM. Laird, de Birkenhead. Voici ses dimensions principales :

Longueur 116 mètres

Largeur 12 —

Tirant d'eau an if'v i'. .. . 4 —

Jauge 2 600 tonneaux.

La machine de YIreland présente des particularités qu'il est indispensable de signaler. Les constructeurs, comprenant qu'il fallait faire avant tout une machine légère où la consommation de combustible ne fût pas à considérer, en raison de la brièveté des traversées et de la grande vitesse à obtenir, ont adopté le système oscillant, non Compound, c'est-à-dire à deux cylindres à basse pression, marchant avec condenseur à mélange. Ils en sont même revenus aux chaudières à faces planes, qu'il est plus facile d'arrimer à bord. Ce pas général en arrière, justifié d'ailleurs, est d'autant plus à signaler qu'il s'applique au paquebot le plus rapide du monde. La machine développe 6,340 chevaux, à la vitesse de 27 tours, en marche à outrance avec tirage forcé. Les cylindres mesurent 2"°, 75 de diamètre, et ne pèsent pas moins de 32 tonnes chacun. L'arbre moteur, qui mesure 88 centimètres de diamètre, pèse 47 tonnes, et chaque roue pèse 55 tonnes.

La vitesse moyenne de ce paqviebot atteint 20 nœuds 2 dixièmes, c'est-à-dire celle des torpilleurs.

Les aménagements sont particulièrement bien étudiés et très luxueux.

La mâture, très rudimentaire, se compose de deux petits mâts, très inclinés vers l'arrière, propres surtout à recevoir des signaux.

La manœuvre du gouvernail a lieu au moyen d'un servo-moteur.

La plupart des autres paquebots à roues de la mer d'Irlande sont construits d'une manière analogue, mais sous de plus petites dimensions.

Les paquebots qui font le service des voyageurs et des postes de Calais à Douvres, ou de Boulogne à la côte d'Angleterre et à Londres, sont du même type qut, YIreland^ que nous venons de décrire. Tel est le paquebot la Victoria.

Nous représentons (fig. 189) la Victoria.

Avant la Victoria, le meilleur marcheur de la Manche avait été le paquebot Invicta, qui fait la traversée de Calais à Douvres en une heure dix minutes. Il n'en est plus de môme aujourd'hui. Le nouveau paquebot Victoria dont nous donnons le dessin a vaincu VInvicta, en accomplissant la même traversée en cinquante-quatre minutes.

Ce rapide, luxueux et confortable paquebot, qui a coûté près de deux millions, et peut transporter 900 voyageurs, sort des' chantiers de John Elder de Glasgow. Il mesure 94", 25 de longueur, sur 30 mètres de largeur; son tirant d'eau est de 2°, 54; ses machines développent une force de 5,000 chevaux; et il file près de 20 nœuds, soit près de 37 kilomètres à l'heure.

La Victoria possède cinq magnifiques salons, dont un réservé aux fumeurs, 13 élégantes cabines particulières, le tout éclairé à la lumière électrique. Chacune de ses roues pèse 38,000 kilogrammes. Sa largeur, annulant le roulis, supprime le mal de mer.

Le mouvement des voyageurs qui, par la voie de Calais à Douvres, était déjà, annuellement, de 200,000 — chiffre supérieur à celui des ports de Boulogne et de Dieppe réunis, — s'est encore augmenté, depuis le service de la Victoria qui est en correspondance directe, journalière, avec les trains rapides, contenant des v^^agons lits de la Compagnie internationale pour Paris, ] Bruxelles, Bâle, Milan, Rome, Brindisi, Vienne et Constantinople.

De Folkestone à Boulogne, il existe un service de bateaux à vapeur du môme type que ceux de Douvres à Calais. Nous représentons (fig. 190) la Marij-Beatrix qui fait le trajet de Boulogne à Folkestone.

La Marij-Beatrix est un des paquebots que la Compagnie anglaise du South-Eastern railway a ajoutés à sa flotte qui fait le service de navigation entre Boulogne et Folkestone, et qui correspond avec ses trains

et ceux de la Compagnie du chemin d(î fer du Nord français. Actuellement, le voyage entre Paris et Londres se fait par cette voie (terre et mer), en 8 heures 1/2, et comme la Compagnie du South Eastern a maintenant (sans compter ses autres bateaux) trois bateaux à vapeur construits sur le même modèle que celui que novis reproduisons et qui est compris 1 dans le nombre, l'exactitude du service I est assurée.

La Mary-Beatrix a 88 mètres de longueur, et 1,063 tonneaux de capacité. Grâce | à ses puissantes machines, qui développent 2,800 chevaux-vapeur, elle atteint la vitesse de 18 nœuds (plus de 33 kilomètres à l'heure) et fait ainsi, en 1 heure, 20 minutes, la traversée de Boulogne à Folkestone, qui durait près de deux heures avec les anciens bateaux.

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