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CHAPITRE V

LA POSTE PNEUMATIQUE A l'ÉTRANGER.

Les tubes pneumatiques pour le service postal à l'intérieur des villes fonctionnent à Londres et dans plusieurs autres villes d'Angleterre (Birmingham, Manchester, Li verpool, etc.), ainsi qu'à Berlin.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer sur le réseau postal pneumatique de Paris nous permettront de réduire à peu de mots ce qui concerne le même service à l'étranger.

L'administration des postes et télégra^ phes, à Londres, a adopté plusieurs modèles de valves, ou appareils distributeur^

SUPPLÉMENT AU TÉLÉGRAPHE AÉRIEN

de Vair comprimé ou raréfié. Les pre- mières valves, celles du système Varley, étaient très compliquées et fort coûteuses. On leur préfère aujourd'hui celles de M. Villemot, dont la manœuvre est tout aussi simple et le prix moins élevé. Ce ont ces dernières qu'on emploie presque exclusivement aujourd'hui à Londres.

Les étuis qui servent à la transmission des dépêches sont en gutta-percha. Ils ont une longueur totale de 0'°,145 et une épaisseur de 0'",004. Leur diamètre intérieur est de 0'",033, et leur diamètre extérieur, y compris leur enveloppe, de 0",0o7. Afin qu'ils puissent résister aux chocs qu'ils éprouvent à l'arrivée, ils sont recouverts d'une première enveloppe en feutre, qui, en même temps, empêche la gutta-percha de s'échauffer, par suite du frottement contre les parois des tubes. Une série de rondelles, fixées contre la partie antérieure de chaque étui, forment piston ou maintiennent le vide, pour expédier ou pour recevoir, alternativement, au moyen d'un seul et même tube.

Pour recevoir un étui, on ferme l'extrémité de la conduite générale, au moyen d'un clapet à charnière, garni de caoutchouc; puis on ouvre un robinet, qui met la conduite en communication avec le réservoir à vide. Attiré aussitôt par aspiration, l'étui se rend au poste d'arrivée, où il ouvre, automatiquement, le clapet à charnière, maintenu jusqu'alors fermé par la pression atmosphérique, et il reste attiré contre l'ouverture de la conduite. L'employé chargé de la réception ferme alors le robinet, et retire l'étui, pour que l'air de la conduite puisse reprendre la pression ambiante.

Pour expédier un étui, on le place dans la conduite, dont on ferme l'ouverture au moyen d'un obturateur, manœuvré à l'aide d'une manette qui entraîne une glissière, à laquelle cet obturateur est fixé. Le plan

incliné vient alors rencontrer un galet qui ouvre une valve placée à l'intérieur du cylindre, et met en communication les tuyaux avec le réservoir à air comprimé. L'étui est aussitôt poussé dans le tube souterrain, et lorsque la sonnerie électrique annonce son arrivée au poste correspondant, on remet la glissière dans sa position primitive.

On procède donc, dans le premier cas, par aspiration, et dans le second, par refoulement.

Dans les bureaux de quartier, le tuyau débouche dans l'intérieur d'une boîte, dont le fond est ouve^rt, et communique, par un tube, avec les égouts. C'est par cet orifice que l'air s'échappe, sans gêner l'employé. Un grillage, disposé au-dessus, empêche l'étui de tomber dans la conduite.

A Berlin, on emploie, comme à Paris, deux tubes distincts pour la transmission et la réception, l'un fonctionnant par le vide et l'autre par l'air comprimé.

Le système pneumatique qui fonctionne en Allemagne a été exécuté par MM. Siemens.

Les étuis sont analogues à ceux de Londres. Ils en difierent, toutefois, par leurs dimensions, qui sont plus grandes, et par un couvercle en gutta-percha, maintenu par une bande élastique.

Chaque tube est pourvu de sa valve.

Celle-ci se compose de deux bouts de tube, de même diamètre que la conduite, et qui sont portés par un châssis mobile autour d'un axe. L'un ou l'autre de ces tuyaux peut être raccordé avec la conduite, suivant qu'on veut expédier ou recevoir. Pour expédier, il suffit de placer l'étui dans l'intérieur du tube, et d'amener celui-ci dans le prolongement de la conduite, à l'aide d'une manivelle. Le courant d'air entraîne aussitôt l'étui, jusqu'au poste d'arrivée, oii, pour la réception, le tube directeur se trouve placé dans le pi'olongement de la conduite.

Ce tube est fermé par une sorte de grille, qui laisse échapper l'air que refoule l'étui en arrivant. Lorsque ce dernier a pénétré dans le tube^ il intercepte le passage du courant d'air dans ce même tube, et permet ainsi d'expédier simultanément des étuis en des points différents du circuit.

Un tuyau, dit de dérivation, facilite la circulation de l'air. Une valve, qu'on manœuvre à l'aide d'un levier, s'ouvre au moment de la réception, et se ferme lors de la transmission.

Une double tringle fixe relie les deux parties de l'appareil, et limite les mouvements du châssis mobile.

Lorsqu'un étui doit traverser un bureau sans s'y arrêter, l'employé, qui est averti par une sonnerie électrique, met le châssis mobile dans la position de transmission ; en passant, l'étui frotte sur un ressort placé dans la conduite et relié à un petit levier qui frappe sur un iimbre, et il annonce ainsi le passage du chariot.

Dans les bureaux intermédiaires, chaque

tube est utilisé pour la transmission dans un sens et la réception dans le sens opposé. Au bureau central, les tubes sont disposés de façon à pouvoir servir indifféremment à la transmission ou à la réception, et portent par conséquent chacun une valve.

Ce système a été légèrement modifié, do façon qu'aujourd'hui on peut, si on le veut, ne plus employer que le vide. Dans ce but, les deux tuyaux dont nous avons parlé tout à l'heure sont ouverts à leurs extrémités. A l'une d'elles est placé un aspirateur à vapeur, dont le fonctionnement, analogue à celui de l'éjecteur Smith, employé sur les locomotives du chemin de fer du Nord, pour la manœuvre du frein avide, permet la suppression des pompes à vapeur que l'on avait mises en service à l'origine, et qui sont presque exclusivement adoptées à Paris et à Londres . C'est la condensation de la vapeur à l'intérieur du tuyau, qui opère le vide, ou la raréfaction de l'air.

Ce système est économique et n'exige aucune surveillance.

FIN DU SUPPLÉMENT AU TÉLÉGRAPDE AÉRIEN

SUPPLÉMENT

AU

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

La télégraphie électrique, depuis l'année 1870, époque à laquelle s'est arrêtée notre Notice sur cette invention, a pris une extension si considérable qu'il a fallu inventer des appareils et des méthodes nouvelles pour répondre aux besoins toujours croissants de ce mode de correspondance instantanée.

Quelle que fût leur habileté, les employés des télégraphes ne pouvaient suffire au nombre croissant de dépêches amené par l'abaissement des tarifs. On aurait pu, pour répondi'e à cette excessive augmentation de travail, multiplier, sur les lignes les plus encombrées, le nombre des fils et celui des employés. C'est ce que l'on fit d'abord. Mais ce moyen, praticable avec avantage sur les lignes d'un faible parcours, n'était plus possible pour les lignes de très longue étendue ; car l'installation d'un nombre considérable de fils nouveaux sur de très grands parcours aurait amené des dépenses bien au-dessus des recettes de la ligne.

Il a donc fallu chercher une autre solution à cette difficulté, et, en conservant un petit nombre de fils, accroître la capacité de transmission des appareils.

Le génie de nos constructeurs et ingénieurs trouvait dans ce problème une ample matière à s'exercer, et il n'a pas fait défaut à l'attente du public. Aujourd'hui, la rapidité des transmissions télégraphiques dépasse, on peut le dii*e, toute limite, et l'instrument qui sert à l'expédition des messages a subi, sinon de profondes modifications, du moins des appropriations particulières, qui en ont décuplé la portée.

C'est à exposer les perfectionnements de la télégraphie électrique , depuis l'année 1870 jusqu'à ce jour, que ce Supplément sera, consacré.

Les perfectionnements que nous avons à faire connaître, et qui ont permis d'accroître considérablement le nombre de dépêches transmises en un temps donné, sont de trois ordres, constituant trois systèmes bien distincts.

Au premier système se rattachent les transmetteurs automatiques, qui expédient les dépêches au moyen d'une bande do papier perforée à l'avance par l'expéditeur, ou par un employé, et dont les trous corres-

pondent aux caractères de l'alphabet Morse.

Le second système, dit de transmission simultanée^ consiste à envoyer plusieurs dépêches à la fois sur le même fil, dans le même sens ou dans les deux sens opposés, à l'aide d'appareils anciennement connus, mais disposés d'une façon particulière.

Dans le troisième système, ou système des transmissions multiples, on fait usage de plusieurs appareils transmetteurs, manœuvres à la fois par autant d'employés. Dans ce but, on utilise alternativement les courants positif et négatif de la pile, et cela pendant des périodes très courtes; ce qui donne le moyen d'expédier plusieurs dépêches sur le môme fîl.

Nous allons exposer successivement chacun de ces systèmes.

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