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CHAPITRE IV

PREMIRR BATEAU A VAPEUR CONSTRUIT PAR FULTON EN AMéniQUE. — PREMIER VOTAGB DU CLERMONT. — PRO- GRÈS DE LA MARINE A VAPEUR AUX ÉTATS-UNIS. — MORT DE FULTON.

Dès son arrivée à New- York, Fulton s'occupa, de concert avec son associé Livingston, de faire construire le bateau qui devait recevoir la machine à vapeur envoyée d'Angleterre, et leur assurer le privilège promis par le Congrès des États-Unis. Ce bateau fut appelé le Clermont^ nom d'une maison de campagne que Livingston possédait sur les rives de l'Hudson.

Le Clermont^ qui fut construit à New- York, dans les chantiers de Charles Brown, avait SO mètres de long, sur S de large ; il jaugeait ISO tonneaux. Le diamètre de ses roues à aubes était de 5 mètres. C'était donc un puissant bateau de rivière. Sa machine à vapeur était de la force de 18 chevaux. Elle était à double effet et à condenseur. Le piston avait vingt-quatre pouces anglais de diamètre et quatre pieds de course. La chaudière avait vingt pieds de longueur, sept pieds de profondeur et huit de largeur. Le Clermont était muni de deux roues de fonte, placées de chaque côté du bateau. Les aubes de chaque roue avaient quatre pieds de longueur, et plongeaient à deux pieds dans l'eau. Le balancier de la machine à vapeur, qui transmettait son mouvement à Taxe commun des deux roues, était placé a la partie inférieure du bâti de la machine, comme on le fait encore pour les machines de navigation pourvues du système de Watt, et qui font usage du balancier latéral. En un mot, l'appareil mécanique du Clermont^ montrait rcaliscos la plupart des dispositions qui ont été employées plus tard pour les machines de navigation fluviale.

11 nous paraît intéressant de mettre sous les yeux du lecteur, le mécanisme à vapeur

BATEAUX A VAPEUR

qui fut établi par Fulton sur ce bateau, aujourd'hui historique. On voit ce mécanisme représenté dans la figure 98, d'après le dessin qu'en a donné M. Woodcroft, dans l'ouvrage que nous avons plusieurs fois cité : Origin andprogress ofsteam navigation.

il est facile de voir que les dispositions de la machinerie à vapeur du Clermont sont presque en tout semblables à celles de nos bateaux à vapeur actuels. Le balancier latéral^ les roues à aubes, les deux cylindres, qui sont les dispositions fondamentales du mécanisme des bateaux à vapeur de nos rivières, sont manifestement dus à Fulton, qui les avait établis sur son premier bateau, en 1807.

Cette considération suffit bien pour montrer toute la valeur de l'œuvre accomplie par l'ingénieur américain. Fulton profita sans doute de toutes les idées émises avant lui ; mais il sut en composer un ensemble harmonieux, qui avait, on peut le dire, tout le mérite d'une création originale.

Cependant, la belle entreprise de Fulton, qui avait été si mal appréciée en Europe, n'était pas accueillie dans son pays, avec plus de faveur. Toute la ville de New- York condamnait ouvertement une tentative si hardie, et blâmait les proportions considérables de son navire. Il n'y avait pas dix personnes croyant à son succès, et Ton ne désignait son bateau que sous le nom de la Folie-Fulton, Comme les dépenses de construction avaient excédé de beaucoup leurs calculs, Livinsgton et Fulton proposèrent de céder le tiers de leurs droits à ceux qui voudraient entrer pour une part proportionnelle dans les dépenses. Personne ne profita de cette offre, qui fut regardée comme l'aveu secret d'une prochaine défaite.

Au mois d'août 1807, le Clermont était terminé. Il sortit, le 10 de ce mois, des chantiers de Charles Brown, et le lendemain, à l'heure fixée pour son essai public, il fut lancé sur la rivière de l'Est.

Fulton mcata sur le pont de son bateau,

au milieu des rires et des stupides huées d'une multitude ignorante. Mais les sentiments de la foule ne tardèrent pas à changer, et au signal du départ, lorsque le bateau se mit en marche, des acclamations d'enthousiasme vinrent venger l'illustre ingénieur des indignes outrages qu'il venait de recevoir. Le triomphe qu'il éprouva dans ce moment, dut le consoler des critiques, des dégoûts, des obstacles de tout genre qu'il avait rencontrés dans l'exécution de sa glorieuse entreprise.

« Rien ne saurait surpasser, dit Colden, son biographe et son ami, la surprise et l'admiraUen de tous ceux qui furent témoins de cette expérience. Les plus incrédules changèrent de façon do penser en peu de minutes, et furent totalement convertis, avant que le bateau eût fait un quart de mille. T^ qui, à la vue de cette coûteuse embarcation, avait remercié le ciel d'avoir été assez sage pour ne pat dépenser son argent à poursuivre un projet si fou, montrait une physionomie différente à mesure que le Clermont s'éloignait du quai et accélérait sa course ; un sourire d'approbaiion était sensiblement remplacé par une vive expression d'étonnemenU Quelques hommes dépourvus de toute instruction et de tout sentiment des convenances, qui essayaient de lancer encore do grossières plaisanteries, finirent par tomber dans un abattement stupide^ et ce triomphe du génie arracha à la multitude des acclamations et des applaudissements immodérés (i).»

Fulton, qui étai^ demeuré insensible aux marques de mépris de ses compatriotes, ne se laissait pas détourner, en ce moment, par les témoignages de leur admiration. 11 était tout entier à l'observation de son bateau, afin de reconnaître ses défauts et les moyens de les corriger. Il s'aperçut ainsi que les roues avaient un trop grand diamètre et que les aubes s'enfonçaient trop dans l'eau. En modifiant leurs dispositions, il obtint un accroissement de vitesse.

Cette réparation, qui dura quelques jours, étant terminée, Livingston et Fulton firent annoncer par les journaux, que leur bateau, destiné à établir un transport régulier de

(I) The iife of Robert Fulton, bjr bit frieod,a-N. Coldeo. New-York, 1817, lo-s; p. tSS.

"^fW

PIg. 98. — Ëléfation et perspective de la machine à vapeur et de Tarbre des roues du Clermont, construU

par Fulton eu 1807 (page 199;.

New-York à Altmiiy, partirait le lendemain, pour cette dernière ville.

Cette annonce causa beaucoup de surprise à New- York. Bien que tout le monde eût été témoin de Tessai sans réplique exécuté peu de jours auparavant, on ne pouvait croire encore à la possibilité d'appliquer un bateau à vapeur à un service de transports. Aucun passager ne se présenta, et Fulton dut faire le voyage seul avec les quelques hommes employés à bord.

La traversée de New- York à Albany, ne laissa aucun doute sur les avantages de la navigation par la vapeur. New- York et Albany, situés tous les deux sur les bords de THudson, sont distants d'environ 60 lieues. Le Clermoni fit la traversée en trente-deux heures et revint en trente heures. 11 marcha le jour et la nuit, ayantconstammentle vent contraire, et ne pouvant se servir une seule fois des voiles dont il était muni. Parti de New- York le lundi, à une heure de l'après-midi, il était arrivé le lendemain à la même heure à Clermont, maison de campagne du chancelier Livingston, située sur les bords du fleuve. Reparti de Clermont le mercredi à 9 heures du matin, il touchait à Albany à 5 heures de l'après-midi. Le trajet avait donc été accompli en trente-deux

heures, ce qui donne une vitesse de deux lieues par heure. Ainsi la condition imposée par l'acte du Congrès avait été remplie.

Pendant son voyage nocturne, le Clermont répandit la terreur sur les bords solitaires de l'Hudson. Les journaux américains publièrent beaucoup de récits de sa première traversée. Ces relations étaient sans doute empreintes de quelque exagération, mais elles se rapportent à des sentiments trop naturels pour pouvoir être contestées. On se servait, sur le bateau de Fulton, pour alimenter la chaudière, de branches de pin ramassées sur les rives du fleuve, et la conabustion de ce bois résineux produisait une fumée abondante et à demi embrasée, qui s'élevait de plusieurs pieds au-dessus de la cheminée du bateau. Cette lumière inaccoutumée, brillant sur les eaux au milieu de la nuit, attirait de loin les regards des marins qui naviguaient sur le fleuve. On voyait avec surprise marcher contre le vent, les courants et la marée, cette longue colonne de feu étiucelant dans les airs. Lorsque les marins étaient assez rapprochés pour entendre le bruit de la machine et le choc des roues qui frappaient l'eau à coups redoublés, ils étaient

Flg. 99. — Le Ciermoni, premier bateau * vapeur de rullon, naviguant sur VHutlaon, de New^York à Albany(p«ge200J.

saisis de lu plus vive terreur* Les uns, laissant aller leur vaisseau à la dérive, se précipilaient à fond de cale, pour échapper à celle effrayante apparilion; tandis que d'autres se prosternaient sur le ponl, implorant la Providenee contre Thorrible monstre qui s'avançait en dévorant T espace et vomissant le feu.

Nous avons dit qu'aucun passager n*avait osé accompagner Fullon dans son voyage de New- York à Albany. Il s*en présenta un pour le retour. Celait un Français, nommé Andrieux, qui alors habitait New- York. Il osa tenter Tavenlure, et eut le courage de revenir chez lui sur le Ciermont.

On raconte qu^étant entré dans le bateau > pour y régler le prix de son passage, Andrieux n*y trouva qu'un homme occupé à écrire dans la cabine. C'était Fullon* *

« N'allez-vous pas, lui dit-il, redescendre à New- York avec voire bateau?

— Oui, répondit Fullon j je vais essayer d'y parvenir.

— Pouvez-vous me donner passage à votre bord?

— Assurément, si vous êtes décidé à courir les mêmes chances que moi. y*

Andrieux demanda alors le prix du passage, et six dollars furent comptés pour ce prix.

Fulton demeurait immobile et silencieux, conlem|dant, comme absorbé dans ses pensées, l'argent déposé dans s:i main. Le |>assager craignit d'avoir commis quelque méprise:

<t Mais n'est-ce pas là ce que vous m'avei demandé? »>

A ces mots, Fulton, sortant de sa rêverie, porta ses regards sur Tétranger, et laissa voir une grosse larme roulant dans ses yeux :

« Excusez-moi, dit-il d'une voix altérée, je songeais que ces six dollars sont le premier salaire qu'aient encore obtenu mes longs travaux sur la navigation par la vapeur. Je voudrais bien, ajouta-t-il en prenant la main du passager, consacrer le souvenir de ce moment, en vous priant de partager avec moi une bouteille de vin; mais je suis trop pauvre pour vous l'offrir. J'espère cependant être en état de me dédommager la première fois que nous nous rencontrerons, d

Ils se rencontrèrent en effet quatre ans après, et cette fois le vin ne manqua pas pour célébrer un touchant souvenir.

Fulton fit connaître au public le succès de sa belle entreprise, par une note d'une remarquable simplicité, adressée par lui aux journaux de New- York. Elle était ainsi conçue :

« A rÉditeur du Citoyen américain,

« Monsieur,

« Je suis arrivé cette après-midi à quatre heures, sur mon bateau à vapeur, parti d'Albany. Comme le succès de mes expériences me fait espérer que de semblables bateaux sont appelés à prendre une grande importance dans mon pays, afin de prévenir toute opinion erronée et donner aux amis des inventions utiles la satisfaction qu'ils désiraient, je vous prie de vouloir bien donner de la publicité aux résultats suivants :

« J'ai quitté New- York lundi à une heure, et suis arrivé à une heure le lendemain mardi, c'est-à-dire en vingt- quatre heures, à Ckrmont, habitation du chancelier Livingston : distance, 110 milles. J'ai quitté Clermont le mercredi à neuf heures du matin, et Je suis arrivé à Albany à cinq heures de l'aprèsmidi : temps, huit heures; distance, 40 milles, c'està-dire avec la vitesse de 5 milles à l'heure.

« Robert Foi.ton. »

Après ce premier voyage, le Clermont fut immédiatement consacré à un service régulier de New- York à Albany. Comme il se trouva bientôt encombré de passagers, on augmenta sa longueur de plusieurs mètres. Dès le commencement de l'année 1808, il faisait un service quotidien sur l'Hudson avec une vitesse constante de 5 milles à l'heure.

Le Clermont fut le premier bateau à

vapeur qui indemnisa ses propriétaires des dépenses occasionnées pour sa construction.

Ce ne fut pas néanmoins sans difficultés que ce nouveau système de navigation parvint à s'établir sur l'Hudson. On prétendait qu'il serait préjudiciable aux intérêts du pays, en nuisant au développement des constructions navales. Les bâtiments à voiles qui naviguaient sur l'Hudson, endommagèrent souvent le pyroscaphe^ en le heurtant, ou l'accostant volontairement, avec l'intention de le couler. Le Congrès de l'État de New -York fut obligé, pour mettre un terme à ces atteintes, de les considérer comme des offenses publiques, punissables d'amende et d'emprisonnement.

Malgré les obstacles inévitables que rencontre toute invention nouvelle, quand elle surgit au milieu d'intérêts contraires, depuis longtemps établis, l'entreprise de Fulton et Livingston acquit rapidement un haut degré de prospérité.

Le H février 1809, Fulton obtint du gouvernement américain, un brevet qui lui assurait le privilège de ses découvertes concernant la navigation par la vapeur. Pendant l'année 1811, il construisit quatre magniûques bateaux. Le plus grand, qui prit le nom de Chancelier Livingston , était du port de 526 tonneaux; il était destiné au service de New- York à Albany.

En 1812, Fulton établit deux bateaux-bacs mus par la vapeur, pour traverser l'Hudson et la rivière de l'Est. Il construisit, en même temps, divers autres bateaux, pour le compte de quelques compagnies, auxquelles il cédait les droits concédés dans son privilège. C'est ainsi que la navigation par la vapeur put s'établir en quelques années, sur les diverses branches du Mississipi et de l'Ohio.

La création, aux Etats-Unis, de la marine à vapeur, était l'événement le plus considérable qui se fût accompli depuis la guerre de l'indépendance. Les travaux de Fulton imprimet ent une activité nouvelle au génie amé-

BATEAUX A VAPEUR

ricain. Les divers États virent bientôt se resserrer les liens qui les unissaient. Sur les bords de plusieurs fleuves, déserts jusqu'à cette époque, des nations entières allèrent s'établir, pour en défricher les terres et y fonder des villes. Les bateaux à vapeur portèrent ainsi la vie et le mouvement du commerce sur une foule de points où l'on comptait à peine quelques habitations disséminées. Il est reconnu que la culture des districts de l'Ohio, du Missouri, de TlUinois et d'indiana, fut, par cette invention, avancée de plus d'un siècle.

Jusqu'en 1815, Fulton, tout en s'occupant de quelques autres recherches qui ne pouvaient suffire encore à l'activité de son esprit, se consacra au perfectionnement de ses bateaux . Il parvint h faire entrer dans ses vues le gouvernement américain, et sa carrière se termina par la création d'un véritable monument en ce genre. En 1814, dans l'éventualité d'une guerre que pourraient provoquer les difficultés survenues entre l'Angleterre et les États-Unis, le Congrès fit construire, à New- York, d'après les plans de Fulton, une immense frégate, mue par la vapeur et destinée à la défense du port.

Ce bâtiment, dont la construction nécessita une dépense de 1 600 000 francs, et qui fut nommé le Fulton t\ avait 145 pieds de long. Il était formé de deux bateaux, séparés par un espace de 66 pieds de long sur 55 de large; c'estdanscet inte rvalle,et protégée ainsi contre le feu de l'ennemi, que se trouvait placée sa roue à aubes. Un bordage de 5 pieds garantissait la machine à vapeur. Plusieurs centaines d'hommes pouvaient manœuvrer sur le pont, à l'abri d'un fort rempart. Trente embrasures donnaient passage à autant de canons, qui devaient lancer des boulets rouges. Des fauk, mises en mouvement par la machine à vapeur, armaient les côtés du bâtiment, etdevaientempêcher l'abordage; tandis que de grosses colonnes d'eau, froide ou bouillante, vomies par divers tuyaux, alimentés par la machine à vapeur, devaient inonder

ou brûler tout ce qui se trouverait sur le pont, dans les hunes et dans les sabords du navire ennemi qui s'approcherait pour l'attaquer.

Cependant Fulton ne devait pas être témoin des effets de cette forteresse flottante. Malgré le privilège exclusif de navigation que lui avait accordé le Congrès de New-York, il eut le chagrin de voir un grand nombre de bateaux à vapeur s'établir sur les eaux qui lui avaient été concédées (1). 11 fut ainsi amené à soutenir beaucoup de procès pénibles. En revenant de Trenton, capitale de l'État de New- Jersey, où s'était plaidée une des causes de son associé Livingston, il se trouva surpris sur l'Hudson par des froids excessifs. Le fleuve était couvert de glaces qui arrêtèrent son bateau et l'obligèrent à demeurer exposé, pendant plusieurs heures, aux rigueurs de la saison. Sir Emmet, son avocat et son ami, ayant failli périr sous les glaces, il fit des efforts inouïs pour l'arracher à la mort.

Toutes ces causes réunies déterminèrent une fièvre grave, dont on réussit pourtant à se rendre maître. Mais, à peine en convalescence, il voulut aller surveiller les travaux de sa frégate à vapeur, et resta tout un jour exposé, sur le pont, au froid et au mauvais temps. La fièvre le reprit avec une nouvelle violence, et l'enleva, le 24 février 1815, âgé seulement de cinquante ans.

Jamais la mort d'un simple particulier n'avait provoqué, aux États-Unis, des témoignages aussi unanimes de respect et de douleur. Les journaux qui annoncèrent l'événement, parurent encadrés de noir. Les corporations et les sociétés littéraires de New- York, prirent

(I) Daniel Ood éleva la prétentioD de partager arec Fulton le privilège de la navigation par la vapeur, privilège concédé à ce dernier par Pacte du Congrès de Washington. Un comité nommé par la chambre législative, dans un rapport sur cette affaire, ne craignit pas de fouler aux pied? les droits de Fulton, en déclarant « que « les bateaux construits par Livingston et Fulton n'étaient, « en définitive, que l'invention de Fitch. » C'était là une décision fort injuste. L'appareil mécanique employé par Fitch était très-imparfait ; celui de Fulton était, au contraire, irréprochable. C'était, eo outre, le premier qui eût réussi dans la pratique.

le deuil pour un certain temps, ci le Congrès de rÉtatde New- York, qui siégeait alors à Albany, le porta pendant trente jours. C'est le seul exemple d'un témoignage de ce genre accordé, en Amérique, à un simple particulier qui n'occupa jamais aucune fonction publique, et ne se distingua du reste de ses concitoyens que par ses talents et ses vertus. Toutes les autorités de New- York assistèrent à son convoi, et la frégate à vapeur tira, en signe de deuil et d'honneur, pendant le passage du cortège.

Il faut pourtant ajouter, pour rester fidèle à la vérité, que les compatriotes de Fulton laissèrent, après sa mort, sa famille en proie à des embarras pécuniaires, qui résultaient de l'inexécution des conventions passées entre le Congrès des Etats-Unis et l'inventeur de la navigation par la vapeur.

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