‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes. Suppléments. 6Chapitre 55 sur 130 · USAGE DU REVOLVER EN TEMPS DE GUERRE · texte numérisé non relu

USAGE DU REVOLVER EN TEMPS DE GUERRE

Le ministère de la guerre, en France, adopta, dès l'année 4873, un modèle de revolver à six coups, qui est encore en service dans l'artillerie et dans la cavalerie. Ce revolver a 242 millimètres de longueur et pèsel kilogramme 195* C'est une arme de précision. A 40 mètres de distance, un bon tireur peut réussir à loger toutes les balles dansune cible de 50 centimètres de diamètre.

Notre revolver réglementaire pour la cavalerie et l'artillerie (fig. 235) se compose de six parties : le canon, la carcasse, le barillet, la platine, la monture et les garnitures.

Le mécanisme de percussion comprend un chien relié à son ressort par une chaînette, une détente, avec son ressort et une gâchette. En agissant seulement sur la détente, on fait tourner le barillet, qui s'arrête au moment juste où la chambre est en face du canon. On fait alors partir le coup, en armant le chien et en tirant la gâchette. La détente est pourvue dune élévation — came, qui pénètre successivement dans les six échancrures pratiquées sur le pourtour du renfort du barillet, et qui arrête ainsi ce barillet, au moment voulu. Le chien

est maintenu par le cran de sûreté et par le crochet du mentonnet; de sorte que le tir peut être continué sans que Ton ait à redouter aucune interruption ni aucun accident.

Pour charger le revolver, il faut mettre le chien au cran de sûreté, rabattre la chambre mobile en arrière, introduire une cartouche dans chaque chambre, en faisant tourner le barillet avec la main, et refermer la chambre

On peut exécuter, avec le revolver, le tir intermittent, ou le tir continu. Si l'on veut exécuter le tir intermittent, c'est-à-dire faire une pause et viser après chaque coup, on arme en faisant effort sur la crête du chien ; si l'on veut, au contraire, exécuter le tir continu, il suffit, une fois le coup parti, de presser avec l'index sur la queue recourbée de la détente.

La cartouche de ce revolver pèse 16 grammes, et comprend: un étui en cuivre rouge, de llm,n,2 de diamètre intérieur et de llmm,8 de diamètre extérieur, une capsule à double enveloppe en laiton et en cuivre rouge, qui renferme 35 milligrammes de composition fulminante, une charge de 35 centigrammes de poudre de chasse superfine, et une balle en plomb dur, de forme cylindro-ogivale, qui a llmm,7 de diamètre, 1 5 millimètres de hauteur, et qui pèse 1 4 *r , 6 .

Nous représentons dans la figure 235 le revolver français avec les diverses pièces qui le composent.

Le revolver modèle 1873 est une arme à percussion centrale, c'est-à-dire que le chien frappe la cartouche en son milieu.

Use compose, avons-nous dit, de six parties principales : le canon, A ; la carcasse, B ; le barillet, C ; la platine, D ; les garnitures et la monture, E.

Le canon, A, est en acier puddlë; il mesuré d 1 4 millimètres de long et a un calibre de II millimètres. L'intérieur, ou âme, a quatre rayures dont le pas est de 35 centimètres, et qui ont 2 dixièmes de milli-

Fig. 235. — Revolver français (modèle 1873).

A, le CANON. — B, la CARCASSE. — C, le BARILLET. — D, la PLATINE. — E, les GARNITURES et la MONTURE.

• Carcasse, — a, console supportant le canon. — b, rempart portant l'axe du barillet. — e, bande réunissant la console et le rempart. — d, corps de platiue. — E, poignée. — s) calotte ou crosse.

Barillet. — I, trou par où passe l'axe du barillet T. — 1} 2, 3, 4, 5, 6, chambres où se placent les cartouches. — crémaillère à 6 dents. — g{/, échancrures au nombre de 6.

Platine. — h, le chien et la noix. — î, gâchette. — At, détente. — m, grand ressort. — «, ressort de gâchette. ~ o, ressort de détente. — Pi pontet.

Garnitures. — T? l'axe du barillet. — g} le poussoir, — la tête quadrillée de la baguette. — S, plaque de recouvrement. — t, l'anneau.

mètre de profondeur. A l'extérieur il est formé d'un cylindre portant à son extrémité le guidon xr d'une partie centrale à huit pans, et en arrière d'une partie tronconique qui touche le barillet.

La carcasse, B, est, avec le barillet, la partie la plus importante de l'arme, en ce sens qu'elle supporte tous les organes du revolver. Elle est comme la colonne vertébrale d'un animal , car toutes les pièces viennent s'y fixer , et par les points d'appui qu'elles y trouvent, elles y puisent, leurs forces respectives.

s. T. II.

Par la console, la carcasse supporte le canon et la partie d'avant de l'axe du barillet, ainsi que la gaine de la baguette. Le rempart, 6, achève de soutenir l'axe du barillet, et la bande c, qui porte le cran de mire, ?/, réunit ces deux parties, leur donne la rigidité voulue et forme la cage du barillet.

Le corps de platine, d, qui est logé dans

la poignée, sert de support à toutes lespièces

du mécanisme de percussion, et aux deux

parties en bois formant la poignée E.

Il sert aussi à retenir l'anneau iy qui

termine la poignée, et se complète par une partie bombée z, que l'on appelle, pour cela, calotte et qui remplace, dans le revolver, la plaque de couche des fusils.

Le barillet, C, est ce gros cylindre percé de six trous (fig. 235) qui est placé entre le canon et le chien. Il est traversé en son milieu par une tige de fer, T, qui lui sert d'axe, autour duquel il prend son mouvement de rotation. Parallèlement à cet axe, sont percés six trous, appelés chambres, 1, 2, 3, 4, S et 6, dans lesquels on introduit les six cartouches qui forment l'approvisionnement du revolver chargé. Chacune de ces chambres vient successivement se placer, avec son projectile, devant le canon. À l'arrière du barillet, et en son milieu, se trouve une crémaillère /, formée de six crans correspondant à chacune des chambres.

Cette crémaillère donne au barillet le mouvement de rotation qu'elle reçoit du mécanisme spécial de la platine. On a pratiqué sur le pourtour extérieur du barillet six encoches, g, g, permettant de faire mouvoir le barillet avec le doigt, sans le secours de la platine. Seulement ce mouvement de rotation n'est possible que quand le chien est armé et qu'on le maintient fortement avec le pouce pour détruire l'effet des ressorts. Cette opération se fait soit pour retirer les cartouches brûlées, soit pour charger l'arme.

La platine, D, est l'ensemble de toutes les pièces mécaniques qui forment l'âme du revolver, utilisant toutes les forces qui en ont déterminé la forme et l'emploi. Elle se compose de trois parties principales : le chien h, qui frappe les cartouches et les fait brûler; la gâchette i, qui maintient le chien en arrêt ou le fait partir, la détente k, qui reçoit l'effort produit par le doigt du tireur.

Le chien se termine à sa partie inférieure par un demi-cercle, appelé noix, dans lequel se trouvent divers crans où viennent

se fixer ceux de la gâchette, t , et qui permettent de l'arrêter à différents espaces que l'on appelle cran de sûreté et cran de l'armé. Un troisième cran, le plus grand, reçoit la tête du grand ressort, m. C'est ce grand ressort qui, en se détendant brusquement quand la détente^ k, dégage la noix des crans de la gâchette, donne l'impulsion au chien, et le fait frapper la cartouche avec la force voulue pour produire l'inflammation.

La gâchette, i, est une petite pièce formée de deux queues, dont l'une, munie de crans, engrène sur la noix du chien, et l'autre s'appuie sur la détente, pour en recevoir le mouvement d'oscillation, nécessaire au déclanchement du chien.

La gâchette est maintenue rigide par un re*ssort n, qui lui donne toute sa force.

La détente, k, est cette partie découpée en demi-cercle qui dépasse l'arme en dessous et sur laquelle le tireur appuie le doigt pour tirer.

Cette détente a un double mouvement :

d'abord de faire partir le chien et la balle; ensuite, à l'aide d'un mécanisme spécial, placé en o, de faire tourner le barillet au fur et à mesure du tir des cartouches pour en amener une nouvelle devant le canon.

La détente est protégée, comme dans les fusils, par une pièce annulaire P, appelée pontet, qui la garantit contre les contacts involontaires en dehors de ceux du soldat au moment du tir.

Les pièces accessoires ne formeront pas l'objet d'une description plus détaillée, qui serait en dehors du cadre de cet ouvrage. Nous nous contenterons de les indiquer sommairement.

Ce sont : Taxe du barillet, T, tige de fer traversant celui-ci et se vissant à l'arrière dans le rempart b, par une partie taraudée qui lui donne sa stabilité ; — le poussoir q, qui vient s'engager encore dans des crans

Fig. 236. — Revolver allemand,

A, barillet. — B, partie à 8 pans du canon. — T, canoa. — E, axe de rotation du barillet, contenant le mécanisme, — G, crosse. — H, anneau. — D, détente.

— M, chien. — F, carcasse. — C, platine

pratiqués dans l'axe T et l'empêche ainsi de se déplacer en avant ou en arrière ; — la baguette r, dont on aperçoit, dans la gravure, seulement la tête quadrillée. Elle est placée, à droite de l'arme, à la même hauteur que l'axe T, et s'engage au besoin dans une des chambres du barillet pour en paralyser la rotation et rendre Parme hors d'usage. Elle sert aussi, après le tir, à extraire les douilles des cartouches et à laver le canon.

La plaque de recouvrement, S, est une partie métallique qui se visse sur la crosse à l'aile d'une vis vf et met toute la platine à l'abri de la poussière et des chocs qui la détérioreraient.

L'anneau de culasse, tt sert à attacher l'arme à Faide d'une courroie ou d'une corde, soit à la selle du cavalier, soit même à son bras, ou à toute autre partie de son équipement.

La monture, E, est formée de 2 plaquettes de bois de noyer, bombées extérieurement et quadrillées, et s'ajustant avec la plaque

de recouvrement et la queue de culasse, ceci pour la partie gauche. La partie droite est entièrement fixe.

La cartouche du revolver, établie sur les mêmes principes que celle du fusil Gras, se compose (fig. 235, page 273) :

1° D'un étui À, en laiton rougi, de llmm,2 de diamètre intérieur, refoulé à sa base, b, pour former deux épaulements, dont Fun est le bourrelet extérieur, et l'autre intérieur sur lequel s'appuie le porte-capsule ;

2° D'une alvéole porte-capsule, B, percée au fond d'un trou e, pour le passage des gaz qui enflammeront la poudre ;

3° D'une enclume G, en laiton, appuyée à sa base sur Falvéole, B;

4° D'une capsule D, à double enveloppe, chargée de 0gr,03o" de fulminate;

5° D'un tampon h, A, en carton comprimé ;

6° D'une charge de poudre P, de 65 centigrammes. C'est de la poudre de chasse superfine ;

Fjg, 237. — Revolver autrichien (Smith et Wesson). T, canon. — A, barillet. — C, chien. — E, détente. — N, mécanisme de rotation du barillet. — H, baguette.

7° D'une balle N, en plomb pur, de forme cylindro-ogivale, mesurant llmm,7 de diamètre, 15 millimètres de hauteur, et pesant ller,6.

La cartouche totale pèse 16 grammes.

En 1874, le ministère de la guerre a fait fabriquer un revolver spécial pour les officiers. Il ne pèse que 995 grammes, soit environ 200 grammes de moins que le revolver modèle 1873. Pour obtenir cette diminution de poids, on a réduit les épaisseurs des pièces du mécanisme; mais dans son ensemble, comme dans la plupart des détails de sa construction, ce revolver ne diffère pas du précédent. La carcasse, la plaque de recouvrement, le canon, le pontet et le barillet, ont été bronzés au feu.

On a donné ce revolver à tous nos officiers d'infanterie.

Dans l'armée allemande, au contraire, on a longtemps jugé que l'emploi du revolver était, sinon dangereux, tout au moins su-

perflu. Aussi les officiers allemands ne possédaient-ils, pendant la guerre de 1870- 1871 , que des pistolets à canon lisse. Ce n'est qu'en 1879 que le ministère de la guerre allemand s'est décidé à faire fabriquer des revolvers, et à les distribuer aux officiers de toutes armes, à la cavalerie et même aux servants de l'artillerie de campagne, qui, eux, n'ont pas de mousqueton, comme les servants de notre artillerie montée.

Ce revolver (fig. 236, page 275) n'est pas, comme le revolver français, susceptible d'être employé à volonté pour le tir intermittent ou pour le tir continu; il ne se prête qu'au tir intermittent.

Poids du revolver 1^,300

Calibre 10mm,6

Longueur d'âme 181 millimètres

Nombre des rayures.... 4

Comme le revolver français, le revolver de l'armée allemande est à percussion centrale. La charge est de 1 gramme et demi ; la balle pèse 17 grammes, et la cartouche a une longueur totale de 36mm,5.

Fig. 238. — Revolver américain, A, canon. — D, chien. — C, barillet, — a, a, cartouches rejettes par l'extracteur.'

L'armée autrichienne possède deux revolvers : le revolver Gasser, qui est une arme d'arçon, pesant 1 kil. 350, destinée à la cavalerie de ligne et que Ton porte dans les fontes de la selle; et le revolver Smith et Wessori, beaucoup plus léger.

-Le revolver Gasser est de calibre de 1 1 millimètres; il a une longueur totale de 325 millimètres. Le canon, qui est long de 184 millimètres, est muni de six rayures. La cartouche, à percussion centrale, pèse 28 grammes.

Le revolver Smith et Wesson (fig, 237), moins long de 3 millimètres, tire la même cartouche.

L'armée des États-Unis emploie un revolver, dû à MM. Mervin et Hulbert, qui mérite une mention spéciale. Ce revolver se compose d'un canon, de Taxe du barillet, qui se relie à là poignée du chien et de la platine, qui sont portés par la poignée. Quand on a tiré les six coups, on dégage la pièce qui retient à la poignée le canon et le barillet, et alors les étuis vides sortent du barillet. Ce revolver est donc à extracteur automatique.

Les revolvers qui sont en usage dans les différentes armées européennes ont les calibres suivants :

Calibre de -f f millimètres et au-dessus. — Angleterre, Autriche-Hongrie, Belgique, Espagne, France, Suède.

Calibre de 10 millimètres. — Allemagne, Danemark, Hollande, Norvège, Russie, Suisse, Italie,

Page 1