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LES SERVITEURS DE L'HOMME

Le cheval. — Les chevaux sauvages. — Les chevaux tartares. — Mœurs du cheval et ses facultés intellectuelles, — Le cheval arabe. — Le Bédouin et son cheval. -- La race persane. — La race anglaise. — La race normande, — La race anglo-normande, — La race percheronne. — L'hippophagie, — Le koumiss des Tar- . tares. — L'âne, — L'âne sauvage. — Le mulet. — Le bardeau. — L'hémiane. — Le zèbre. — Le buffle. — Le bison. — Migrations des bisons.— La chasse aux bisons. —L'auroch.— Le yack. — Le bœuf musqué. — Le taureau domestique. — Le taureau sauvage. — Les combats de taureaux. — Le bœuf; la vache. — Le mouton et le moufflon.— Le bouc et la chèvre.—L'ægayre. — Le bouquetin des Alpes, — Le cochon domestique et ses habitudes. — Un co-

chon savant. — Manière de nourrir les cochons en Amgleterre. — Le sanglier. — Le chameau. — Le dromadaire ; le réservoir du | chameau. — Le renne. |

De tous les animaux soumis à l’homme, le plus dévoué et le plus utile est le cheval, ce noble animal est asservi à notre tyrannie depuis les temps les plus anciens, les Égyptiens ont prétendu l’avoir dompté les premiers. ‘4

Les chevaux sauvages ont une allure plus gracieuse que les chevaux domestiques. Ils se réunissent en troupes de cinq cents et quelquefois de mille et bon-

dissent librement dans les savanes. La tête toujours tournée du côté du vent, quelques-uns d’entre eux font sentinelle autour de la bande et au moindre signal d'alarme, l’un d’eux s’avance en hennissant d’une façon toute particulière, souffle dans ses na— seaux, agite de tous côtés et avec rapidité ses oreilles

Fig. 19. — Le cheval.

et prend la fuite, les autres le suivent aussitôt, les juments et les poulains toujours en avant, les mâles et les conducteurs de la bande en arrière pour protéger l’avant-carde.

leur fierté et se sou mettent facilement, lorsqu'ils viennent d’être pris; s’ils marquent une résistance trop grande à se laisser asservir, on les attache pen-

Ces animaux natur ellement doux perdent bientôt

dant deux jours ou deux jours et demi, sans leur | È donner ni boisson, ni nourriture, et ils sont après d’une grande docilité. L

Les chevaux se nourrissent d'herbes et de graines et leurs molaires carrées et striées sont parfaitement « disposées pour broyer les aliments, leur mâchoire inférieure est en outre apte à exécuter des mouve- . ments de latéralité. Les jambes de ces animaux sont : terminées par un sabot demi-cireulaire ; ils sont par- » faitement doués au point de vue de la perfection des M organes des sens, le plus léger bruit les éveille,-1ls ont la vue perçante et distinguent même assez bien 4 les objets pendant la nuit, quant à l’odorat il est aussi « très-développé ainsi que le goût. Malgré l’épaisseur : de sa peau, le che val jouit d’une très- grande sensi- « bilité, le moindre contact occasionne chez lui une contraction des muscles peauciers.

Introduit au Mexique et au Pérou par les Espagnols à l’époque de la conquête au Canada et à la Nouvelle- Hollande par les Français et les Anglais, le cheval est 4h maintenant répandu sur tous les points du globe ou sa docilité, sa force et so n courage permettent de l’employer au service de l’agriculture et de l’industrie ; 1l « est brave à la guerre et le bruit des combats semble augmenter son ardeur naturelle.

Il existe actuellement en Tartarie des bandes de M! chevaux sauvages appelés tarpans qui descendent des 4 chevaux élevés dans la domesticité et qui ont pris la 4 fuite, ces animaux ont perdu l'élégance deleurs formes À

primitives, ils ont maintenant une tête trop grosse et ne sont recherchés par les Tartares que comme un mets délicat et très-estimé,

L'éducation rend le cheval doux, susceptible d’attachement ; il a selon nous beaucoup plus de mémoire que d'intelligence, et conserve longtempsie souvenir des mauvais traitements ; beaucoup de chevaux sont vindicatifs.

Le cheval vit vingt-cinq ans en moyenne. Le poulain dès sa naissance a les yeux ouverts et peut marcher.

Le hennissement des chevaux varie avec les causes qui l’occasionnent. Ceux qui hennissent sou— : vent sont supérieurs aux auires en ardeur et en force. Chez les juments et chez les chevaux qui ont subi l’opération de la castration, la voix est un peu moins retentissante que celle des étalons.

Le cheval arabe est considéré comme supérieur à tous les autres, son corps est petit, son ventre peu développé, ses épaules sont épaisses et charnues, il a l’encolure puissante et le pied petit, en un mot, il présente une élégance de formes qu’on ne trouve pas, chez les autres races. Vigoureux, énergique et sobre, il est infatigable. En Arabie, le cheval fait partie de la famille du Bédouin; poulain, il joue avec les enfants de son maître dont il devient plus tard le compagnon et l’ami fidèle.

On peut considérer la race persane et la race tartare, comme très-voisines de la race arabe.

On prétend que certains chevaux tartares peuvent fournir sans s’arrêter une course de 50 à 60 lieues.

La race anglaise, plus haute et plus forte, est remarquable par sa vitesse, les chevaux de course à chaque temps de galop franchissent une étendue de 6 à 7 mètres, en revanche ils ont une intelligence très-bornée et sont impropres à tout autre service.

En France, toutes les races de chevaux sont es— timées et la réputation de ces animaux date destemps M les plus anciens. Les Romains recherchaient beaucoup les chevaux gaulois qu’ils mettaient au-dessus M des fameux chevaux crétois. 4

C’est à la Normandie que les chevaliers du moyen : âce empruntaient ces fiers coursiers si ardents sur « les champs de bataille.

La race normande actuelle se distingue par sa tête osseuse, longue et busquée, par sa forte encolure et

la douceur de son caractère, elle a presque complé-

tement disparu pour faire place à la race anglo— normande, dont les individus se reconnaissent à la

largeur du poitrail, à l’attache puissante et gracieuse L: du cou et de la tête qui est droite, large et animée

par des veux très-vifs. Les narines sont largement 4 dilatées, la croupe est droite et solide, les attaches « du sabot sont bien dégagées. Plus énergiques, plus robustes et plus forts que ceux de l’ancienne race, les chevaux anglo-normands viennent de la Manche, 4

du Calvados et de l’Orne, c’est de ce dernier dépar-

tement que viennent les plus estimés.

- Les chevaux de poste et d’omnibus appartiennent . presque tous à la race percheronne. Ces chevaux . joignent la force à la rapidité, ils atteignent une taille qui varie entre 1 mètre 50 centimètres et 1 mètre 60 centimètres, leur tête est fine, un peu longue, le cou bien proportionné, ils supportent assez bien la fatigue, mais ils s’usent de bonne heure.

Le cheval n’est pas utile à l’homme seulement par . son travail, mais encore par le parti que l’industrie - peut en tirer même quand l’animal est mort. Le sang - et lesos servent à la fabrication du noir animal em— - ployé comme engrais et pour décolorer le sucre. La viande de cheval appréciée maintenant à sa juste valeur est devenue pour les classes pauvres une . source précieuse d'alimentation depuis que la vente en a été autorisée, il s’en fait maintenant à Paris une consommation prodigieuse. Les Tartares em— … ploient le lait de la jument pour préparer le koumiss, . espèce de boisson fermentée très-estimée chez eux. L'âne, qui pour les ignorants est la personnification - de la stupidité, est un animal très-utile à l’homme, - il est d’un naturel doux et patient, et la dégradation physique et morale dans laquelle nous le voyons la - plupart du temps n’est que le résultat des mauvais - traitements qu’on lui fait subir. Chargé de fardeaux, mal soigné, mal nourri, il est en butte à des tra- - casseries de tout genre, et finit par devenir indocile et entêlé. | Ha L'âne cependant ne mérite pas ces traitements in—

justes ; comme le cheval, il a droit à nos soins, et si . au lieu de le battre on se contentait de l’exercer, on

pourrait en tirer un excellent parti. Dans tout

l'Orient, les ânes, bien nourris et moins malmenés, :

sont dociles, plus vifs et plus agiles. | L’âne quand il est jeune est d’un naturel très-gai,

il a des mouvements pleins de gentillesse, mais sous

l'influence de l’âge, des privations et des mauvais traitements, il perd sa gaïîté, devient lourd et têtu. Presque aussi grand que le cheval, l’âne sauvage

se trouve en Tartarie où il vit au milieu des steppes M

en bandes innombrables. Appelés aussi onagres, ces âres sauvages galopent avec une rapidité étonnante, les Tartares les tuent pour manger leur chair qu'ils estiment plus que celle du cheval. Dans quelques contrées de l’Afrique on rencontre des ânes sauvages de couleur grise, si bien disposés pour la course, que les chevaux arabes seuls peuvent les atteindre. Quand un âne sauvage rencontre un

homme, 1l se met à braire d’une façon particulière,

lance quelques ruades et ne prend la fuite que si l’homme veut l’approcher.

L’âne domestique est caractérisé par ses longues

oreilles ; ila sur les épaules une croix noire et sa

queue se termine par une touffe de même couleur ; le pelage est généralement gris cendré, cependant

chez quelques-uns, il prend une teinte noire plus ou 4

moins foncée. Chez l’âne sauvage, on trouve le plus souvent un poil gris de fer très-luisant ou une cou-

LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 71 leur brune jaunâtre presque dorée. L’âne peut vivre de trente à trente-cinq ans, quand il n’est pas soumis aux mauvais traitements, mais chez nous il ne dépasse guère l’âge de dix-huit à vingt ans.

Sous le nom de mulet on désigne l'animal qui nait de l’accouplement de l’âne et de la jument. Le croisement du cheval et de l’ânesse produit un autre animal hybride appelé bardeau, ce dernier a le dos tranchant, la croupe allongée et pointue, l’encolure peu puissante, tandis que le mulet présente des ca- ractères opposés et est beaucoup plus vigoureux. La taille du mulet est quelquefois égale à celle du cheval dont il se rapproche encore par la conformation de la tête qui est cependant un peu plus grosse et plus courte. Le bardeau est de même taille que l’âne ; comme le mulet, il est sobre, vigoureux, supporte admirablement les intempéries de l'air, la faim et la soif, comme le mulet aussi il est entêté, vindicatif, tous deux sont plus précieux que le cheval dans les pays escarpés, ils gravissent les montagnes d’un pied sûr, tout en étant chargés de lourds fardeaux. Les mulets, en général, ne reproduisent pas, les exceptions à cette règle sont extrêmement rares.

La femelle est plus estimée que le mâle et de nos jours encore, deux mules de pelage parfaitement semblable constituent encore, en Espagne, un équi- | page de luxe. Le Poitou, la Gascogne et le Dauphiné . sont les principaux pays de production des mulets, on en exporte chaque année un nombre considérable.

L’hémiane, dont le nom tiré du grec signifie moitié dne, est un animal aux jambes fines, à la … démarche légère et dont l’aspect le rapproche du » mulet. È L’hémiane se trouve tan dans la Mongolie,dans l’Hindoustan,où il habite les déserts; ilest : remarquable par son pelage alezan clair, sa crinière * et sa queue sont formées de crins noirs et la ligne dorsale est de la même couleur.

Ce charmant animal qui vit en troupes nombreuses est difficile à prendre à cause de la rapidité de sa course, il fuit la présence de l’homme et on ne peut s’en emparer qu'en tendant des piéges dans les endroits qu’il IÉQUENE habituellement.

L'hémiane s’apprivoise facilement et PSE rendre de grands services si on l’acclimatait. Les hémianes du Jardin d’acclimatation sont parfaitement dressés et font une charmante paire de bêtes d’attelage, on les conduit à grandes guides, ils paraissent très-durs à la fatigue. D |

Connu au temps des Romains sous le nom pitto-. 4 resque de hippotègre, et de nos jours sous les noms M vulgaires de äne rayé, cheval sauvage, le xèbre est un des mammifères les plus gracieux. Léger comme un cerf, ses formes sont admirablement proportionnées et sa belle robe grise est régulièrement inter— rompue par des bandes noires disposées avec une : symétrie parfaite depuis la tête etles oreilles jusqu'aux 4} membres et à la queue. Il est d’une taille inférieure 4}

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à celle du cheval et supérieure à celle de l’âne. On le trouve en Afrique et principalement en Abyssinie. Le zèbre peut être employé par l’homme pour les mêmes travaux que ceux qu’on exige de l’âne et du cheval, mais il est difficile à apprivoiser et pour y arriver 1l faut employer beaucoup de douceur.

Le taureau est un animal qui paraît descendre du bison ou plutôt de l’auroch. Nous avons à nous occuper d’abord du faureau sauvage, il en existe deux espèces, le buffle et le bison.

Lorsqu'il est élevé dans la domesticité, le buffle est docile, doux et susceptible d’attachement, il faut cependant se garder de l’irriter par des mauvais traitements, car lorsqu'il est furieux c’est un animal redoutable. Il est lent et on s’en sert avec avantage pour labourer ou pour porter des fardeaux ; il ne faut pas quand il est chargé le laisser approcher d’un cours d’eau, car il ne tarderait pas à s’y plonger avec les fardeaux qui lui sont confiés. Les excréments du buffle exhalent une forte odeur de muse.

Comme le buffle, le bison est une espèce de bœuf, Il est rapide à la course, malgré le peu d’élégance de ses formes et son aspect massif. Les bisons vivent en bandes nombreuses dans l'Amérique du Nord, au milieu des vastes plaines restées sans culture, et se nourrissent des hautes herbes qui y croissent en abondance.

Le bison n’est dangereux pour l’homme que lorsqu'il est attaqué, mais à certaines époques des

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bandes, composées d’un grand nombre de cesani= maux rangés en colonnes serrées, se mettent en mouvement pour émigrer ; ils courent alors avec une rapidité incroyable, renversant tout sur leur passage, traversant à la nage les fleuves etles rivières toujours en rangs épais. SE

::Les Indiens ont mis à profit cette habitude qu'ont

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Fig. 20. — Le bison.

les bisons de courir sans se déranger de leur chemin; ils les attirent par divers moyens dans un endroit peu éloigné d’un précipice, puis au moment où tout le troupeau est en train de paitre, ils mettent le feu aux herbes sèches qui les entourent, ou les ellrayent par un autre moyen, les bisons alors prennent la fuite et tombent dans le piége qui leur était tendu, à ce moment la surprise et la frayeur les saisissent, ils ne se défendent qu'avec peine et se

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laissent tuer facilement. Il est assez commun de voir

une tribu indienne s'emparer ainsi de douze ou quinze

mille bisons.

Les Indiens estiment beaucoup ja chair du bison qu'ils trouvent plus tendre et d’un goût plus agréable que celle du bœuf.

L'auroch est un animal énorme, quelques sujets de cette espèce atteignent une hauteur de six pieds ; il se distingue encore par la longueur de sa queue, par la grosseur de ses cornes rondes et par l’inégale répartition des poils qui le recouvrent et qui, longs et pendant au-dessous de la gorge, sont courts sur l'étendue du reste du corps. À l’époque de la conquête des Gaules par César, on en rencontrait encore en France, actuellement ils n'existent plus qu’en Russie et encore ils y sont très-rares.

Le bœuf & queue de cheval ou yack est remarquable par la toufle extrêmement abondante de poils courts et frisés qu’il porte sur le cou, et par sa queue absolument semblable à celle du cheval. On le trouve à l’état sauvage en Tartarie ; réduit à l’état domestique, on s’en sert pour le labour et le transport des fardeaux. Les mahométans attachent une grande valeur à la queue du yack qui est chez eux un emblême de dignité. Plus le pacha occupe un rang élevé, plus il a le droit de se faire précéder par un plus grand nombre d'esclaves portant au bout d’une lance des queues de yacks.

Le bœuf musqué doit son nom à une odeur de | | de

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muse très-accentuée que sa chairexhaleetquien J rend le goût désagréable. Beaucoup plus petit que le 4 bœuf ordinaire, il se distingue encore par la longueur deses poils qui sontbruns, très-épais et qui recouvrent complétement son museau, par le peu d'ouverture de sa bouche et enfin par ses cornes larges en contact à leur base l’une avec l’autre. On rencontre les bœufs musqués par troupes d’une centaine d'individus ; en Amérique, ils sont conduits par deux ou trois mâles qui, l’époque du rut arrivée, se livrent des combats acharnés qui se terminent souvent par la mort.

Le taureau domestique est remarquable par la largeur de son front aplati, ila des cornes rondes, pointues,assez variables par la longueur etla direction. On ne s’en sert jamais pour le travail, il est exclusivement réservé à la reproduction; il est en général farouche et devient dangereux lorsqu'on l’excite car il esttrès. M irascible. Lil

Le taureau sauvage vit en bandes nombreuses dans l’Inde, dans les pampas de l’Amérique du Sud, et souvent il a à se défendre contre les attaques des grands animaux carnassiers. Lorsqu'un tigre, un lon ou tout autre animal chasseur se présente, les « taureaux sauvages se rangent en cercle, dans le milieu du cercle les vaches et les veaux sont à l'abri des attaques de l’ennemi, protégés par le puissant rempart que leur forment les taureaux qui se tiennent tous la tête en avant, il est rare que devant une aussi formidable défense la bête sauvage ne se retire pas.

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La distraction favorite des Espagnols et des habitants de leurs colonies consiste à faire battre dans un cirque des taureaux contre des hommes.

Lorsque l’animal est arrivé au suprême degré de la fureur on voit descendre sur le lieu du combat, un homme de taille bien prise, aux formes sveltes et élancées, de la main gauche il tient la muleta, petit drapeau rouge, sa main droite est armée d’une épée nue, cet homme est destiné à terminer la lutte, en tuant le taureau, on le nomme le matador. La vue du - drapeau rouge irrite de plus en plus l’animal qui se précipite sur lui les yeux fermés, mais par un mouvement aussi adroit que rapide le matador se jette un peu de côté et quand l’animal est passé il lui enfonce son épée entre la base du crâne et la première ver— tèbre, la mort est foudroyante. Lorsque par hasard le taureau parvient à tuer le matador, les applaudissements éclatent de toutes parts, tant il est vrai que l'habitude de ces spectacles horribles habitue les spectateurs aux scènes barbares et peut développer chez eux de mauvais instincts.

C’est vers l’âge de dix-huit mois à deux ans que le taureau subit la castration et devient le bœuf, animal pesant, lent, mais vigoureux, patient et doux en général. |

Comme tous les ruminants, en général, le bœuf mange avec une grande rapidité, se couche ensuite et rum ine tranquillement, malgré son air stupide il ne manque pas d’une certaine intelligence.

La vache est plus douce que le taureau, elle cons- *

titue pour lagriculteur une source de bénéfices énormes, tant à cause de son lait qu’à cause de sa fécondité. Elle porte, en général, deux cent soixante-

seize Jours. tt

La race bovine est très-utile à l’homme: le bœuf est employé aux travaux de l’agriculture, sa chair est un aliment excellent et l’industrie met à profit ses 0$, ses cornes, Son sang, sa peau, et jusqu’au poil, aux tendons et aux intestins. La vache nous donne son lait qui joue un si grand rôle dans l’alimentation et qui sert à fabriquer le beurre et les fromages ; en Angleterre on a bien compris le rôle important que joue la race bovine dans l’agriculture et l’industrie; c'est dans ce pays qu'on rencontre les plus belles races. |

Si nous avons donné place à notre étude sur le buffle, le bison, l’auroch et l’yack, dans le chapitre consacré aux serviteurs de l’homme, c’est que ces animaux ont avec notre taureau domestique, de tels caractères d’analogie, qu’il est presque impossible de les étudier à part, comme letaureau ils appartiennent à l’ordre des ruminants, animaux qui se caractérisent par la faculté de mâcher une seconde fois les aliments qu'ils ont déjà avalés.

Le mouton est aussi un mammifère ruminant qui rend d'immenses services à l’homme, tant par sa laine dont nous nous faisons des vêtements, que par Sa chair qui constitue un des aliments les plus sains

B et les plus agréables. Le mouton semble descendre … du moufflon qui vit dans les montagnes de la Corse, h de la Sardaigne et de l'Espagne ; plus grand que notre mouton domestique, sa laine, tantôt noire, tantôt grise, est longue et soyeuse, il est agile, vif et gra- cieux. Le mouton domestique est massif, lent et B stupide, il ne sait ni se défendre contre les attaques . de ses ennemis, ni se mettre à l’abri des intempéries - de l’air, il est dénué de toutes les qualités morales. Le mâle est appelé bélier et la femelle se nomme brebis. 153: | Le mouton est d’un tempérament très-faible, il supporte mal le froid et la chaleur excessifs, les voyages le fatiguent.

Ce qui prouve la stupidité du mouton, c’est son habitude de suivre partout celui qui conduit le troupeau. Ainsi, que celui qui est à la tête des autres tombe dans une rivière, aussitôt tous les autres se - précipiteront à sa suite et se jetteront également dans . l’eau. Le mouton est doux et docile quand on ne le .maltraite pas, dans le cas contraire il devient entêté et désobéissant. | La brebis montre pour ses petits une grande affection, et si cette affection se change en indifférence, on peut en conclure sûrement qu’elle va mourir. . Le bouc, originaire de la Perse, est un mammifère ruminant, qui aime à gravir les hauteurs; on le trouve toujours sur la cime des montagnes. La chèvre, sa femelle, beaucoup plus intelligente que la

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brebis, est aussi plus affectueuse ; ces animaux s'at- | 4 tachent facilement à l’homme et même à l'état sau- M vage elles le suivent quelquefois avec obstination.

Le capitaine d’un navire anglais, qui faisait relâche \ vers l’an 1700 à l'ile Bonavista, fut tout surpris de »

voir des indigènes de cette île venir lui offrir gratui- » À tement autant de boucs et de chèvres qu’il en vou 4

drait emporter. Ces animaux étaient devenus sinom- *#

breux dans le pays que les habitants en étaient 4}

incommodés, ils les suivaient presque malgré eux. « Il est difficile de conduire la chèvre partroupeau,ces 4}

animaux capricieux vont chacun de leur côté, les uns A}

pour dormir sur la pointe d’un rocher ou sur le bord d’un précipice, les autres pour aller paitre sur les en- « droits les plus escarpés en se suspendant aux brous- «

sailles et aux racines. Ni les orages, ni le vent, ni la M

pluie n’effrayent les chèvres, mais le froid leur est plus difficile à supporter.

Son caractère capricieux, devenu proverbial, se 4}

trahit dans tous les mouvements de la chèvre ; tantôt M broutant tranquillement, tantôt gambadant follement M}

et faisant de ci, de là, des bonds et des sauts sans |

autre motif que sa vivacité naturelle, elle est certai— 4}

nement le type de l’insouciance et de l’inconstance. *

Notre chèvre domestique paraît descendre de M

l’ægayre, espèce de chèvre sauvage qui se rencontre «

dans les montagnes de la Perse. Comme la chèvre de nos pays, l’ægayre a Les cornes prismatiques et diri- 4

gées en haut et en arrière, un corps ramassé, une }

queue et un cou assez courts. Le menton est garni d'une barbe plus ou moins longue. Quant au pelage, ilest d’un gris foncé ou roussâtre et sur le dos on remarque une ligne noire qui s'étend jusqu’à l’extrémité dé la queue.

Le bouquetin des Alpes se distingue de l’ægayre par les cornes, dont la longueur atteint souvent 1 mètre ; le mâle a une longue barbe qui tombe en été.

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