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Fig. 21. — Le bouquetin des Alpes.
Cet animal, extrêmement agile, se précipite des hauteurs les plus élevées pour échapper aux chasseurs; lorsqu'il s’élance ainsi, il a toujours la tête en avant, les pieds portent les premiers sur le sol et les cornes supportent le contre-coup, souvent elles se cassent. Quand le bouquetin trop jeune ne peut suivre sa mère poursuivie par un chasseur, il se cache dans les anfractuosités d’un rocher, s’aplatit de son mieux
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et ne sort de sa retraite que lorsqu'il croit le danger
disparu.
Un certain nombre de végétaux qui sont pour les
autres herbivores un poison mortel ne produisent sur
les chèvres aucun effet toxique ; pour ne parler que des plus dangereux, nous citerons la phellandre aquatique et l’aconit napel que les chèvres dévorent sans en être nullement incommodées.
L'industrie tire un grand parti du poil de here, les plus beaux tissus s’obtiennent avec la toison des chèvres du Thibet. |
Le cochon domestique connu encore sous les noms de pourceau et de porc est un animal que l’homme n’élève qu’en vue de l’engraisser pour s’en nourrir. Sa fécondité est extrême, on a vu des truies faire ms qu’à dix-sept petits d’une seule portée.
Fou de luxure et de gourmandise, le cochon est un être à part parmi les autres quadrupèdes à cause de ses appétits grossiers, de sa malpropreté et de ses goûts immondes.
Les sens sont peu développés chez cet animal, l'épaisseur de sa peau, les poils rudes qui la recouvrent, sa dureté et la couche épaisse de graisse qui lui est sous-jacente expliquent le peu de finesse de la sensibilité tactile ; le goût et la vue sont aussi très-peu développés.
Le cochon domestique est moins intelligent que le cochon sauvage ou sanglier, et cependant quand on ne le tient pas enfermé, il reconnait à la voix et suit
LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 89 ceux qui le soignent ; le cochon est même susceptible d'acquérir comme le chien un certain degré
U d'éducation.
J'ai eu l’occasion de voir un cochon assez instruit
pour lire l'heure à une montre en indiquant les numé-
. ros sur du papier avec sa patte, et jouer aux dominos avec une certaine adresse.
Au salon de peinture, en 1869, parmi les œuvres des artistes vivants, on remarquait beaucoup un tableau représentant des bohémiens faisant danser des cochons devant Louis XI retenu au lit par la maladie. On voyait dans ce tableau un porc qui exécutait avec beaucoup de désinvolture un cavalier seuil, la petite truie se faisait remarquer par la manière gracieuse dont elle relevait son petit jupon.
Comme le cochon est un animal destiné à être en— graissé autant que possible, il ne sera pas sans intérêt de mettre nos lecteurs au courant des moyens que les Anglais, passés maïtres en cet art, emploient pour obtenir ce résultat.
On choisit pour les parquer un endroit bien à l'abri . du vent, protégé contre le soleil par des vieux arbres touflus, on leur construit à cet endroit un hangar cou- | vert en chaume ou en feuillage épais et on en réunit quatre ou cinq cents à la fois, ils ont pour se coucher | une abondante litière de paille, de fougères ou
d'herbes sèches. Le matin, leur gardien les conduit | dans les bois environnants où ils se gorgent de glands | et de graines de hêtre, il a soin de jouer du cor pen-
dant tout le temps que dure le repas. Quand ils sont a bien repus, ils sont conduits au bord d’un ruisseau M pour se désaltérer et ramenés ensuite sous leur ban À 4 gar où ils dorment jusqu’au soir, à ce moment le 4 même exercice recommence et cela pendant plusieurs 4 jours de suite. 1
Ils sont alors habitués à la vie sauvage et re 4 de pourvoir eux-mêmes à leur alimentation. Comme "| l’endroit qu’on leur a choisi est toujours planté d’un A grand nombre de chênes et de hêtres, ces animaux : ne manquent pas de nourriture, quand le vent est . assez fort pour faire tomber les glands et les semences 4 de hêtre, mais quand le temps est calme il faut avoir 4} soin de leur porter à manger de peur.de les laisser * maigrir. Lorsqu'on juge qu’ils ont acquis un certain A degré d’embonpoint, il suffit pour les rassembler de 1 faire entendre-le son de la trompe qui leur rappelle M$ immédiatement les repas abondants de glands pen- M dant lesquels le joueur leur faisait entendre le son de M} l'instrument et on les voit aussitôt accourir de tous #f côtés. On les rentre alors et on achève de les engraisser en leur faisant manger de la farine d'orge.
Le sanglier n’est autre chose qu’un cochon sau- M vage, ce qui le prouve suffisamment c’est que des 4 sangliers élevés dans la domesticité ont fini par perdre 4 leurs caractères distinctifs de génération en génération # et par devenir parfaitement semblables au cochon do- .} mestique. Il en est de même de ce dernier qui, lors= Mk qu'on le met à vivre dans les forêts, a repris \ vers la M
pu né EME
quatrième ou cinquième génération, les mœurs, l’in-
térieur et les habitudes du sanglier.
Le sanglier vit de vingt-cinq à trente ans, son poil de couleur brune noirâtre est raide, dur, surtout le long de la colonne vertébrale où il se dresse quand l'animal est en fureur ; ses oreilles courtes et droites sont très-mobiles, son corps est gros et ramassé ; l'organe de la vue est assez faible, mais il n’en est pas de même de l’ouïe, l’odorat surtout est excessivement développé. |
Les jeunes sangliers sont appelés marcassins, on les recherche beaucoup pour leur chair qui constitue un mets excellent.
La bauge du sanglier est la retraite qu’il se choisit dans les fourrés les plus épais des forêts ; quand on l'attaque, il se défend'avec beaucoup d'énergie et le
bruit des détonations l’effraie à un tel point qu'il prend la fuite, sans savoir de quel côté il se dirige, renver-
sant tout sur son passage, éventrant les chiens et les chasseurs avec ses redoutables défenses. Les chiens habitués à la chasse du sanglier le mordent à l'oreille
Sans lâcher prise, c’est ce que les chasseurs appellent
coiffer un sanglier.
La nourriture de ces animaux se compose de fruits, de glands de chêne, de racines, de reptiles, d’œufs d'oiseaux, de larves de hannetons, de vers, de mulots, de lapins, etc., etc., ils causent souvent de graves préjudices au cultivateur en ravageant les moissons qui entourent les forêts.
Les sangliers vivent par compagnies, ce n’est qu'à … l’époque du rut que la discorde naît souvent dans leur société. Lorsqu'ils sortent la nuit pour aller ra vager les champs environnants, l’un d’eux, le chef de la bande,se tient toujours à une petite distance de ses subalternes et quand son odorat lui indique approche d’un ennemi, il donne l’alarme à toute la bande qui se disperse avec rapidité. Si les sangliers sont surpris à l’improviste, ils se rangent en cercle, les plus faibles sont au milieu, les vieux boutoirs forment les créneaux de cette citadelle vivante et on peut dire que s’ils se laissent vaincre parfois, ils vendent chèrement leur vie.
Parmi les ruminants utiles à l’homme, il convient de citer le chameau à deux bosses, connu encore sous le nom de chameau de la Bactriane.
Ce premier animal appelé à bon droit vaisseau dw désert, à cause de ses aptitudes physiques et morales à traverser les mers de sable qui séparent les pays où on le rencontre, est remarquable à beaucoup de points de vue. Une semelle unique réunit en dessous tous les doigts et facilite aussi la marche à travers les sables mouvants du désert. Tout contribue à donner au chameau un aspect disgracieux, son cou est long, terminé par une tête petite, laide et presque horizontale. Son dos est surmonté de deux bosses graisseuses considérables qui sont pour ainsi dire un fonds de réserve alimentaire pour les longs voyages. En effet, quand l’animal est plusieurs jours sans
prendre d’aliments, la graisse se résorbe et on voit les bosses diminuer de volume, laisser place à un sac de peau, mou et vide, qui se remplit en peu de temps quand l'animal reçoit des aliments en suffisante quantité. Grâce à l’étroitesse de ses narines qni ne sont que deux fentes longitudinales et qui peuvent se fermer au gré de l'animal, le sable du désert ne peut pénétrer dans les voies respiratoires et il y a moins de causes pour provoquer la soif.
Tous les organes des sens sont très-développés chez le chameau, celui de l’odorat surtout, qui lui permet de sentir l’eau à une distance de plusieurs kilomètres, lorsque traversant un désert la soif le tourmente. |
Sa peau est couverte de poils d’inégale longueur et de qualité différente, les uns sont fins et servent à fabriquer des tissus d’un certain prix, les auires plus - gros sont employés à faire des toiles grossières ; au-dessous du cou, le poil est plus long et pend en mêches longues et légèrement crépues ;.la chair du chameau est, paraït-il, saine et agréable au goût.
Le chameau à deux bosses atteint quelquelois une hauteur de 2 mètres 50 ; il supporte aussi bien le froid que la chaleur. |
Le dromaduaire ou chameau à une bosse, plus léger et de formes plus sveltes que le précédent, habite l'Égypte, le Maroc, l’Arabie, l’isthme de Suez et PAfrique du Nord ; il supporte encore mieux la cha leur que le chameau de la Bactriane.
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Le chameau est un trésor pour les Arabes, non! à
seulement à cause de sa sobriété et de toutes les 4
autres qualités qui en font le seul animal propre à traverser le désert, mais aussi parce que, dansleurs « longues pérégrinations, le lait qu’il fournit leur sert de nourriture, ainsi que sa chair. Si au milieu du désert on rencontre une de ces fraiches oasis, qui sontcomme des îles au milieu d’un vaste océan de sables, le cha-
meau s’y arrête et dans une heure ou deux trouve
moyen de prendre assez de nourriture pour plusieurs jours. |
La faculté que possède le chameau de rester plu— sieurs jours sans boire est due à la présence aux côtés de leur panse d’un appareil appelé réservoir qui semble destiné à contenir l’excès d’eau absorbée précédemment par l’animal et à lui servir au moment de la soif, l’eau contenue dans cette poche reste parfaitement pure, limpide et ne se mélange pas aux sucs intestinaux.
Le dromadaire supporte mieux la fatigue que le chameau bactrien, on l’emploie même comme courrier,: il peut faire chaque jour pendant longtemps sans trop se fatiguer, 30 à 35 lieues.
La vie du chameau est de quarante-cinq ans, en moyenne.
C’est surtout par son bois que le renne, mammi— fère ruminant du genre des cerfs, se distingue des autres. Ses cornes sont divisées en ramifcations nombreuses, grêles et aiguës quand l'animal est jeune,
. mais ces ramifications deviennent plus larges et plus … épaisses avec les progrès de l’âge. Plus trapu que - le cerf proprement dit, il a la même taille, mais ses . sabots sont plus larges ; le pelage est variable en cou- . leur, l'hiver le poil au lieu d’être brun et court . comme en été devient long et blanc.
C’est à l’époque du rut, c’est-à-dire à la fin de septembre, que le renne, comme le cerf, jette son
et & .
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