LES ANIMAUX CHASSEURS
. Le lion. — Le lion à la chasse. — Marc-Antoine et l'actrice Cythéris. — Les mille lions de César et de Pompée. — Le tigre. — Le tigre à la chasse. — La peau du tigre. — Le char de l'empereur Héliogabale. — Une chasse au tigre. — La panthère. — Le léopard. — Le guépard. — Les guépards dressés pour la chasse. — Le guépard ami de l'homme. — Le cougouar ou puma. — Kean le tragédien et son cougouar apprivoisé. — Le lynx ou loup-cervier. — Le Iynx des marais. — Le chat-pard. — L'hyène. — Le loup. — L'ours.
Le lion appartient à la famille des chats, il a comme tous les animaux rangés dans cette classe les ongles rétractiles, les dents aiguës, tranchantes, une force musculaire considérable et par sa souplesse il est parfaitement disposé pour lutter. Sa supériorité physique, la majesté de sa tête, la grâce de ses allures et sa prétendue magnanimité lui ont valu le nom de roi des animaux, mais nous verrons plus tard que sa mansuétude et sa magnanimité ont bien vite disparu devant son appétit et que lorsque le lion a faim, sa férocité naturelle a bientôt pris la place de la clémence.
Le lion pris dès le jeune âge est docile et peut
s’apprivoiser facilement, l’histoire est remplie de récits qui le prouvent ; parmi ces animaux, les uns
suivaient leurs maîtres à la chasse ou à la guerre, les
autres étaient attelés à des chars de triomphe. On peut élever les lions au milieu d'animaux domes-
tiques avec lesquels ils jouent, ils ne marquent «
aucune méchanceté ; dans ieur enfance ils sont très-
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Fig. 16. — Le lion.
caressants et pleins de reconnaissance pour ceux qui ies soignent. Mais si le lion a le souvenir des bien-
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faits dont on l’a comblé, il n’oublie pas non plus
les mauvais traitements et cherche toujours l’occasion de se venger des offenses qui lui ont été faites. Il ne faut jamais laisser souffrir de la faim un lion apprivoisé, car il ne tarderait pas à recouvrer sa férocité naturelle et oubliant les bienfaits qu’il a reçus il y aurait souvent un danger certain à s’appro-
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cher de lui. Le lion est supérieur aux petits carnassiers tels que le loup, la fouine, le putois, le furet et le - renard qui tuent pour le plaisir de tuer, tandis que - les animaux puissants comme le lion, le tigre, la pan-
… thère, etc., ne tuent quelorsqu’ils sont pressés par
la faim. |
Type de la force gracieuse, le lion flatte le regard de l’observateur par la fierté qu’expriment ses traits, par l'assurance de ses regards. Sa voix est formidable, ses bonds prodigieux trahissent assez cette force musculaire qui le rend si redoutable aux autres animaux. Il n’a ni la taille épaisse, ni la démarche lourde et disgracieuse de l’éléphant et de l’hippopotame, ses muscles sont bien dessinés, et ses attaches bien dégagées laissent deviner des ten— dons d'acier. Ce qui ajoute encore un plus grand intérêt à sa physionomie, c’est la mobilité de ses traits qui expriment parfaitement ses impressions intérieures. Le lion est-il tranquille et repu? Ses traits ne sont nullement contractés, et n’expriment que la douceur, la majesté et une sorte de satisfaction. Mais si la faim, ou une autre cause, vient l’arracher à son repos, son visage devient terrible à voir, sa face contractée, ses yeux brillants aux pupilles largement dilatées, son front ridé vers le milieu où les sourcils . semblent se joindre indiquent que l'animal est furieux, il rugit affreusement, remue la queue avec assez de force pour renverser un homme et secoue d’une façon menaçante sa large crinière toute hérissée.
La lionne ne met bas qu’une fois par an, au printemps, et chez elle l’instinct de la maternité est trèsdéveloppé, la lionne qui a des petits est terrible et ne recule devant aucun danger soit pour les défendre, soit pour pourvoir à leur nourriture, et à ce moment, elle attaque indifféremment l’homme et les animaux.
C’est pendant Ja nuit que le lion rôde, surtout par les nuits orageuses où les éclairs sillonnent l’atmosphère ; plus la tempêle est grande, plus grande est l'audace du roi des animaux. L’orage, le vent, la pluie ne l’impressionnent en aucune façon, il profite du trouble que les autres animaux éprouvent au milieu du désordre de la nature pour s’en emparer et les dévorer.
En temps calme, les animaux semblent pressentir l'approche de leur terrible ennemi. Quand un lion est dans le voisinage, il est probable qu'il exhale une odeur particulière qui signale sa présence, car à ce moment on les voit manifester leur crainte par divers symptômes, s’ils sont enfermés ou enchainés ils font des efforts inouïs pour prendre la fuite et s’ils y parviennent ils s’échappent avec rapidité.
Quand le lion a aperçu sa proie, il s’en approche avec précaution et lenteur, évitant le moindre bruit capable d’éveiller lattention de sa victime, puis lorsqu'il se trouve à une portée raisonnable il fond sur elle avec une agilité inouïe, l'entoure de ses griffes
puissantes et la broie sous la pression de sa robuste mâchoire.
Au milieu des forêts ou des déserts, le lion se nourrit presque exclusivement de singes et degazelles, il se gorge ordinairement pour trois ou quatre jours, il est susceptible de. supporter la faim pendant un temps assez long, la soif lui est plus pénible, et, comme les chiens, il boit en lapant. L’époque de la . dentition est pour les jeunes lions une époque difficile à traverser, à ce moment beaucoup d’entre eux périssent. Ce n’est qu’à l’âge de trois ans, que la houppe qui se remarque à l’extrémité de la queue et la crinière apparaît. Lorsqu'ils ont été pris dès le jeune âge, les lions conservent presque toujours la même douceur, la lionne seule, si elle vient à mettre bas, devient inabordable et veille sur ses petits avec une sollicitude à toute épreuve.
Ces animaux sont maintenant beaucoup moins nombreux qu’autrefois. C’est en Libye que les Romains allaient chercher les lions qu’ils aimaient tant à donner en spectacle, ce pays en fournissait des quantités considérables. Marc-Antoine promenait l'actrice Cythéris dans un char traîné par plusieurs lions. César et Pompée exhibèrent mille lions dans l'arène principale de Rome.
Comme le lion, le tigre appartient à la famille des chats, et s’il n’a pas les formes aussi parfaites que celles de son supérieur dans l'échelle des carnassiers, il n’en est pas moins un animal plein de grâce et de . majesté. Comme le lion, il devient terrible quand la … faim le presse, mais il n’est pas vrai qu’il tue sans
56 LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. $ | nécessité, il n’est pas plus cruel que le lion auquelon se plait à reconnaître une certaine grandeur d'âme qu'il n’a pas et dont, en général, les qualités ontété singulièrement exagérées aux dépens de celles du tigre. La tigresse, aussi bien que la lionne, aime ses petits et les défend jusqu’à la mort, rien ne peut arrêter son courage quand elle voit leur vie en danger. Lestigre élevé dans les ménageries est très—
apprivoisable et même très-doux, quelques-uns ont pour ceux qui les ont élevés un attachement sans *# bornes ; les prêtres indiens élèvent presque tous des” tigres et vivent avec eux en très-bonne intelligence. Il est très-amusant de voir cet animal fléchir son dos avec douceur, comme les chats domestiques, quand on lui passe doucement la main sur la colonne vertébrale ; comme le chat aussi, il fait plusieurs fois par Jour sa toilette en frottant sa peau avec ses pattes
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et il fait entendre le‘ronron, indice de la satisfaction chez nos tigres de gouttière.
Couché dans son repaire, le tigre n’en sort que pour chasser, il déploie mille ruses pour se procurer des
- victimes. Tantôt il se cache dans un buisson épais,
au milieu d’un bois ou d’une forêt, et là, couché dans une immobilité absolue, il attend le passage d’un animal quelconque, tantôt on le voit caché dans la toufle d’un arbre, sur lequel il grimpe avec une grande agilité. Quand sa victime est à sa portée, il s’élance sur eile en faisant des bonds prodigieux, l’enlève au moyen de sa puissante mâchoire et va la dévorer dans son antre. Le buffle lui-même malgré son poids énorme est incapable de résister à la force du tigre qui l’enlève comme les autres animaux ; l'éléphant se défend à peine contre lui et ne parvient à s’en débarrasser que grâce au sang-froid avec le-
quel il se met en garde contre les attaques de son re-
doutable adversaire. On a prétendu que le tigre et le lion se livrent combat quand ils se rencontrent. Ce fait est d’autant moins prouvé que presque toujours les pays habités par les lions ne le sont pas par les tigres. Il n’est pas rare de voir ces animaux affamés se jeter sur l’homme et en faire leur pâture. Ce n’est que lorsque la faim le presse beaucoup que le tigre cesse de se mettre en embuscade, et alors, comme le lion, il rôde la nuit autour des habitations, enlevant tout ce qui peut lui convenir, hommes ou animaux.
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Les muscles du tigre sont beaucoup plus puissants et mieux dessinés que ceux du lion, ses jambes trop courtes ne lui permettent pas une grande rapidité dans la course, mais grâceaux bonds prodigieux qu'ilfaitil l'emporte en vitesse sur les animaux les plus lestes. Blanche à la région du ventre, sur tout le reste du corps sa peau est d’un beau Jaune, parcourue trans— versalement par des bandes élégamment découpées et d’un noir de jais ; ces bandes noires sont à peu près parallèles, un peu sinueuses, elles sont perpendiculaires à la colonne vertébrale et disposées de chaque côté de la tête, du cou et du dos jusqu'à « l’extrémité de la queue. La peau du tigreesttrès-es— M timée, particulièrement en Chine ; les grands dignitaires du Céleste-Empire en couvrent leurs chaises et s’en servent en guise de coussins. Le tigre aussi bien que le lion a la physionomie expressive ; et, la contraction de ses traits, ses grincements de « dents et l’éclat de ses yeux indiquent bien sa fureur ou sa soif de sang. Son rugissement diffère de celui . du lion, et consiste en un cri rauque qui a été volontiers comparé par ceux qui l'ont entendu, au cri de certains oiseaux de haute taille.
L'empereur Héliogabale aussi célèbre par sa mol- M lesse que par ses débauches et ses excentricités avait fait venir des Indes, deux tigres apprivoisés qu'il attelait à son char pour imiter Bacchus, le dieu de la vigne. |
La chasse au tigre demande de la part de l’homme
une foule de précautions et de ruses et un courage à toute épreuve. À Java, elle constitue une industrie lucrative et les grands personnages la recherchent. Aux Indes, ce pays aux immenses jungles, les Anglais en ont fait un sport de haut goût ; et c’est pour eux une occasion de déployer ce luxe d’apparât dont ils sont si amateurs et qu’ils ont emprunté aux nababs de ce pays.
J'ai eu l’occasion de jouer un rôle dans une chasse au tigre à mon dernier voyage aux Indes. L'un de ces animaux avait été vu rodant autour des habitations, on avait même à lui reprocher l’enlèvement de plusieurs moutons ; comme sa présence pouvait devenir de plus en plus dangereuse, notre hôte résolut de lui donner la chasse, les paysans furent convoqués et nous partimes un matin à la découverte de l’ennemi de la bergerie. Armés jusqu’aux dents, montés les uns sur d'excellents chevaux, les autres sur des éléphants, nous primes le chemin des jungles. Là, nous attendaient des surprises et des émotions. L’herbe était haute et le bruit de nos montures faisait envoler à chaque instant des oiseaux aux riches couleurs. De temps en temps un élan aux longues cornes brunes fuyait avec la rapidité d’une flèche, tantôt c'était une antilope agile et gracieuse qui bondissait au-dessus des buissons, nous avancions toujours, attentifs avant tout et n’oubliant pas le but sérieux de notre éxpédition. Au bout d’une heure de marche environ, les chevaux, les éléphants surtout marquèrent une
frayeur qui nous annonça que l’ennemi n’était pas loin. La trompe levée en l'air, poussant des mugissements, ils faisaient résonner le sol sous les coups répétés et violents de leurs pieds de devant. Le tigre : était près de nous et c’est à moi que devait revenir l'honneur de lui porter le premier coup. L’éléphant sur lequel j'étais monté s’avança encore de quelques pas en continuant de donner tous les signes de la frayeur, et aussitôt un énorme tigre bondit à dix pas en avant en poussant des mugissements rauques, tellement épouvantables que j'en fus profondément effrayé au premier abord, je dois l'avouer. Malgré cette frayeur, je repris bientôt mon sang-froid et saisissant ma carabine J'ajustai le terrible animal. Un rugissement plus aigu, plus effrayant encore que les autres, nous apprit que l'animal avait été blessé, il devint alors furieux et d’un bond énorme il s’élança sur un de nos compagnons, un brave cavalier indien qui roula avec son cheval sous l’étreinte du monstre. Rien ne saurait peindre notre émotion à cette vue, de tous côtés retentit la détonation des carabines, la fu— reur et l’anxiété contractaient les traits de tous ceux qui assistaient à cette horrible scène et leur donnaient une sinistre expression. Les éléphants et les chevaux piétinaient de fureur et de crainte, enfin les rugissements du tigre cessèrent et permirent de le croire mort, nous nous approchèmes avec précaution et nous eûmes la douleur de constater que notre infortuné compagnon de chasse avait succombé subitement, la
LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 61 . puissante pression de la mâchoire du tigre lui avait - broyé le crâne, quant au tigre lui-même il était étendu sans mouvement, onze balles avaient pénétré sa peau . épaisse, et par les onze blessures coulait à flots un . sang rutilant. La joie que nous causait notre victoire . s’effaça devant le deuil que nous occasionnait la mort - de notre courageux camarade, nous n’en fûmes pas moins accueillis avec enthousiasme quand nous arrivàmes au village portant la dépouille de l’ennemi commun. |
* Comme le lion et le tigre, la panthère se distingue . par la férocité unie à la force et à la grâce, mais sa peau est plus belle, et il est difficile de trouver des couleurs disposées avec plus d’harmonie que celles que revêt la robe de cet animal carnassier. La panh thère a la voix forte et rauque du chien en colère, son œil est vif, très-mobile et son regard féroce ; sa M langue, d’une couleur rouge vif, rude comme une n lime, s’abrite derrière une forteresse de dents aussi L blanches que fortes et acérées, les mouvements sont | souples et onduleux, tout en elle annonce un naturel L fier et difficile à dompter ; l’éducation, les bons train ements modifient cependant son caractère féroce. - La panthère habite les forêts et grimpe sur les arbres | avec assez d’agilité pour saisir les singes auxquels | elle fait une guerre acharnée et dont elle se nourrit. | On la trouve dans toutes les parties de l’Afrique, au | sud de l'Asie, dans les Indes et à Java.
Le caractère et les mœurs du léopard sont les
mêmes que ceux de la panthère, il est d’une taie à un. peu plus petite et on le rencontre surtout en Guinée | et au Sénégal. Les léopards sont remarquables par] 4 la variété que présentent les nuances de leur peau, il est rare de rencontrer deux peaux de léopard d’une ressemblance parfaite. Le poil, de couleur fauve : plus ou moins foncée, offre de place en place des : 4
Fig. 18. — Le léopard.
anneaux d’une teinte plus sombre, variable en inten— | sité avec chaque animal. La peau du léopard est très-. { belle et très-estimée, elle a d’autant plus de prix que . les taches qu’elle présente sont plus noires et mieux 4 accentuées. j |
Cet animal habite de préférence les forêts les plus | épaisses, le bord des ruisseaux où il se met en embuscade pour se jeter sur les bêtes sauvages qui. , viennent boire ; quand la faim le presse, on le voit M}
rôder autour des habitations pour tâcher d'y surprendre les animaux domestiques. Le léopard s’appri- voise très-difficilement.
. De tous les animaux chasseurs, le guépard est celui
qui est le plus utile à l’homme et le moins à craindre
pour lui. Ses ongles, peu rétractiles comme ceux du chien, sont en contact direct avec le sol et s’usent
. par le frottement, il ne peut s’en servir pour attaquer,
- ajoutez à cela sa douceur naturelle, la facilité avec
laquelle on peut l’apprivoiser et le dresser et vous
- reconnaitrez en lui un serviteur de l’homme,
Dans les Indes où il se rencontre le plus fréquem— ment, on s’en sert pour chasser et dans cet exercice il montre beaucoup de ruse et d'habileté. Dans les grandes chasses, on emmène plusieurs guépards que l’on tient à la chaine jusqu’au moment où on peut les
| mettre en présence de la proie, on les lâche à ce
moment et on les voit courir en rampant sur le sol, ne poursuivant pas directement le gibier, mais prenant des détours pour arriver à sa portée. Ils s’élancent
| alors avec vigueur, quelques bonds d'une énergie
prodigieuse les rapprochent de leur victime surprise et eflarée sur laquelle ils se jettent et qu’ils étranglent.
| On les met de nouveau à la chaîne jusqu’au moment
où une autre proie se sera présentée, car le guépard
. n’a pas l’odorat développé du chien et le flair ne lui
| sert nullement pour la chasse ; pour poursuivre une . proie, il faut qu'il l'ait sous les yeux.
Le guépard suit l’homme comme le chien, comme
le chien il est très-fidèle et très-susceptible d’un grand attachement. Il à la tête ronde, sa face exprime la
douceur et l'intelligence, ses mouvements précis, ses : formes élégantes et sa démarche légère et gracieuse
en font un animal charmant.
Aussi fort, aussi féroce que le tigre auquel il est 4 | égal en beauté, le jaguar ou tigre d'Amérique attaque «
quelquefois l’homme. Il a une manière toute spéciale de faire mourir ses victimes, il leur rompt la colonne vertébrale d’un seul coup de sa monstrueuse mâchoire et la mort est instantanée. |
Il est difficile à apprivoiser et se distingue en cela M
du cougouar ou puma appelé encore lion d’Amérique.
Ce dernier rôde timidement et pendant la nuit autour
des habitations ; s’il peut pénétrer dans la basse-cour ou dans la bergerie, il massacre tout ce qu’il rencontre avant de songer à assouvir sa faim. Contrairement au jaguar il n’attaque jamais l’homme.
Quand le cougouar est élevé dans la domesticité, ses mœurs, son naturel et ses habitudes se transforment et il devient doux comme le chat, comme le
chat aussi il aime les caresses et manifeste sa satis—
faction par un ronflement doux et prolongé, il n'ya aucun inconvénient à le laisser se promener dans les appartements quand il est apprivoisé. |
Kean, le grand tragédien, aussi célèbre par son M
génie que par ses habitudes de débauche, avait chez « lui un cougouar qui le suivait partout et se promenait «
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toujours dans les appartements de son maître avec la … plus grande liberté.
Le lynæ appelé vulgairement loup-cervier avait chez les anciens la réputation d’avoir les yeux assez per— çants pour voir à travers les corps opaques, la vérité est qu'il a la vue bonne et les yeux extrêmement brillants. Il doit son nom de loup-cervier à ses hurlements semblables à ceux du loup, le surnom de cer— vier lui vient de l’analogie qui existe entre la couleur de sa robe et celle des jeunes cerfs.
Le Iynx a une longueur de 90 centimètres, son pelage est d’un brun clair, parsemé de taches plus brunes et quelquefois noires. Trop faible pour attaquer les grands animaux, il profite de son agilité et de son habileté à grimper aux arbres pour y poursuivre les écureuils et y épier les oiseaux qu'il va prendre souvent sur leur nid. Sa proie favorite est le lièvre, il chasse aussi le lapin; quelquefois il se place en embuscade et quand un jeune faon passe à sa portée, il se précipite sur lui, lui rompt la colonne vertébrale et lui suce la cervelle.
Comme le chat, il marche doucement ou il saute en faisant des bonds d’une assez grande étendue. Le loup-cervier habite la Suède, la Norvége, le nord de
| l'Asie et le sud de l'Afrique.
Le lynx des marais, que l’on rencontre plus parti culièrement en Égypte et en Nubie, se plaît beaucoup dans l’eau, il nage avec la plus grande aisance et
donne la chasse aux oiseaux aquatiques.
La couleur de son pelage varie avec les climats et la saison, sa peau a une plus grande valeur en hiver,
parce qu'à cette époque elle est beaucoup mieux
fournie qu’en été.
Le chat-pard est une espèce de lynx réritidiahle par ses joues garnies de longs favoris, par son poil
brillant de couleur rousse parsemé de taches noires,
il habite le sud de l’Europe.
La hyène est un animal chasseur qui cependant vit plus souvent de charogne que de la chair des animaux qu’elle tue. Grâce aux ongles robustes dont sont
munis ses doigts elle va dans les cimetières déterrer
les cadavres et les dévore avidement, les os eux mêmes ne trouvent pas grâce devant son robuste appétit. Mais quand les cadavres d'hommes ou d’animaux viennent à lui manquer, elle ne rencontre plus d'obstacles pour assouvir sa faim, elle brise .les clôtures des maisons, pénètre dans les écuries ou dans les étables et attaque les animaux les plus forts.
L'hyène habite l'Afrique et le midi de l'Asie, elle se cache le jour dans des cavernes ; elle est remnarquable par l’aspect de son visage qui lui donne toujours un air mécontent, par la force de ses màchoires armées de molaires parfaitement disposées pour le broiement, ses poils sont abondants et au niveau de la colonne vertébrale ils atteignent une longueur plus considérable, de telle sorte qu'ils y forment comme une sorte de crinière ; la langue de la hyène est rude comme celle du chat, le développement de
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l'oreille externe contribue à augmenter la largeur de la tête déjà très-développée par elle-même.
. Le loup, ce terrible ennemi de nos bergeries, offre . une grande analogie avec le chien dont il ne se distingue que par l’obliquité de ses yeux.
Son pelage est fauve et sa taille varie entre 73 centimètres et 1 mètre 50. On le trouve en Europe, en Asie et en Afrique où il habite les forêts caché pendant le jour dans des grottes. C’est un animal bien . doué au point de vue des organes des sens, l’odorat - et l’ouie sont très-développés, aussi ces qualités jointes à sa prudence et sa finesse lui sont très-utiles
pour trouver sa pâture et fuir le danger, 1l supporte la faim et la soif pendant très-longtemps, et quand le | gibier frais lui fait défaut, il se contente de dévorer | des grenouilles, des cadavres en putréfaction et même L des fruits. Ce n’est que lorsque la nourriture lui fait complétement défaut qu’il devient maraudeur et maraudeur féroce. Il s'approche doucement et avec la plus grande circonspection du troupeau, objet de sa convoitise, puis, quand il est à portée d’une brebis, il se précipite sur elle, la saisit par le cou et l'emporte. S'il parvient à entrer pendant la nuit dans une bergerie, il fait un massacre général de tout le troupeau, après quoi il prend une de ses victimes et s’enfuit en l’emportant. Il n’est pas de ruse que le loup n’em- | ploie pour s'emparer du chien, son ennemi le plus | dangereux, les jeunes chiens surtout échappent difficilement à leur ennemi le plus acharné.
Ce n’est que lorsque le loup est poursuivi par une E faim que rien ne peut apaiser qu'il attaque le cheval et l’homme. En Russie, quand la neige, recouvrantle sol, empêche ces animaux de trouver leur pâture, on
les voit en bandes nombreuses se mettre à la pour- |
suite des traineaux, ce n’est que par la vitesse de la … course que les hommes et les chevaux parviennent à se sauver. E |
Vers l’année 1740, un loup de taille cisnall 4 connu sous le nom de bête du Gévaudan, massacra 4 cinquante femmes et enfants et en blessa un nombre presqu’aussi considérable, ce ne fut qu'après de très-
longues chasses que l’on parvint à s'emparer de ce
terrible animal.
La louve met bas chaque année cinq ou six petits pour lesquels elle montre une grande tendresse et qu’elle défend jusqu’à la mort.
L’ours est un animal qui se nourrit de chair ou de végétaux indifféremment, sa fourrure épaisse et ses {ormes trapues accusent une force musculaire considérable, on a donné aux ours le nom de plantigrades à cause de la forme de leurs pieds qui sont larges, aplatis et terminés par cinq doigts armés d'ongles « puissants. Leur tête large et leurs yeux petits, mais vifs, dénotent un certain développement des facultés intellectuelles. Tantôt debout, tantôt marchant sur leurs quatre pattes, ils sont assez rapides à la course et malgré leur poids ils grimpent aux arbres avec une grande agilité. Quand l’homme les attaque, ils se
dressent sur leurs pattes de derrière et l’embrassent . avec leurs membres antérieurs, ils l’étreignent avec
# une vigueur telle qu’ils lui broient la poitrine.
La femelle de l’ours met bas chaque année deux ou trois petits, qu’elle élève avec beaucoup de soins et qu’elle défend contre le mâle qui ne demanderait pas mieux que de les manger. |
Les ours, ceux qui vivent dans les régions trèsfroides surtout, ont une fourrure très-chaude, et en dessous de la peau une épaisse couche de graisse qui les défend contre le froid de l’atmosphère.
Les organes des sens atteignent chez ces animaux à un haut degré de perfectionnement, ceux qui vivent dans les régions froides s’endorment quelquefois pendant plusieurs jours consécutifs.
Les plus remarquables parmi eux sont: l'ours des Alpes ; l’ours des Pyrénées ; l'ours de Sibérie ; l'ours de Norvége ; l'ours gris et l'ours noir d’ Amérique.
L'ours blanc habite surtout le Spitzberg et le Groenland où la difficulté qu’il éprouve à trouver sa nourriture le rend quelquefois féroce ; sa nourriture consiste en coquillages, en poissons, en végétaux et en rennes quand il s’en trouve quelques-uns dans les . bois ; enfin l'ours poursuit à la nage les phoques et | les morses. Les ours blancs, poursuivis par la faim, = n'hésitent pas à attaquer l’homme et à le poursuivre dans les embarcations. L’ours blanc s’acclimate difficilement dans nos contrées à cause de latrop grande chaleur.