‹ Les merveilles de la vie animale. Les mammifèresChapitre 25 sur 33 · LES HIRONDELLES DE NUIT · texte numérisé non relu

LES HIRONDELLES DE NUIT

Structure des chauves-souris. — Mœurs. — Nombreuses tés — La chauve-souris murine ; la chauve-souris pipistrelle; la chauvesouris noctule ; la D uro: -souris oreillard ; la chauve-souris barbastelle. — “a molossiens ; le mulot root ou molosse à ventre brun. — La chauve-souris fer-à-cheval. — Les chauves-souris roussettes ; chasse à la roussette commune, — La céphalote. — Les vampires ou sangsues ailées. — Les phyilostomes. — Les glossophages. — Le desmodus rufus ; le desmodus d’'Orbigny. — Les galéopithécidés.

La famille des chauves-souris comprend un certain nombre de mammifères pourvus d’un appareil spécial, sorte d'expansion membraneuse qui relie entre eux les membres et permet à l'animal de s’en servir pour se soutenir ets’avancer dans l’air comme les oiseaux se servent de leurs ailes.

Linné les réunit dans sa description dans le même

passage que l'homme et les singes ; Pline et Aristote

les ont nommés oiseaux à ailes de peau. Le système

dentaire de chauves-souris varie avec chaque espèce,

les unes ont des incisives, les autres des molaires à couronne plate, selon leur mode d'alimentation.

Ce qu'il y a de plus intéressant chez la chauve-

souris au point de vue anatomique, c’est la structure des organes membraneux qui lui servent d'ailes. Le bras et l’avant-bras ont une grande longueur et se terminent par quatre os métacarpiens d’une grande longueur et très-minces. Chacun de ces os méta— carpiens se termine par des phalanges plus longueset plus minces encore. La membrane passe en les re-

Fig. 33. — La chauve-souris.

couvrant et en passant au point d'insertion sur ces os forme une aile complète.

Les individus qui appartiennent à la famille des chauves-souris sont presque tous nocturnes, suspendus par les pattes pour fuir plus facilement en cas de danger ; ils sont plongés tout le jour dans un sommeil dont ïls ne sortent que lorsque la nuit est venue, quelquefois dans les pays où ces animaux sont très— communs ils se suspendent les uns aux autres. La *

marche leur est presque impossible : quand ils sont à terre, 1ls se trainent plutôt qu'ils ne marchent, le . développement des membres antérieurs étant un di . obstacle à la locomotion.

. Nous allons décrire en particulier chaque espèce de chauve-souris.

. La chauve-souris murine {vespertilio murinus) est celle que l’on rencontre le plus souvent en France. Sa physionomie est hideuse ; elle est insectivore et ne sort que la nuit. Son pelage cendré est formé de poils soyeux noirs à la racine. Elle atteint jusqu’à 40 centimètres d'envergure et chacune de ses mâchoires est armée de douze molaires. Comme celui de toutes les chauves-souris en général, son vol est incertain ; elle s’élève rarement à une grande hauteur ; voltigeant de côté et d’autre, elle saisit au passage les cousins, les phalènes, les moucherons et autres insectes qui sortent la nuit et dont elle fait sa nourriture comme il est facile de s’en assurer en examinant ses excréments qui contiennent les ailes de ces insectes. Elle fuit la lumière et dès le point du jour se réfugie dans les lieux ténébreux d’où elle ne sort qu’à la tombée de la nuit.

Dans l’Inde, en Égypte et dans toute l’Europe, on rencontre la chauve-souris pipistrelle ; elle est plus petite que toutes les autres espèces, elle n’a que dixhuit molaires et son pelage est fauve.

La chauve-souris noctule très-commune en France a les oreilles courtes et largement développées ; son

poil est roux, sa voix rude et perçante ; elle vit dans les vieux châteaux, dans les églises, dans le creux -des arbres et sous les toits. | La chauve-souris oreillard se distingue par la loneueur de ses oreilles dont le bord interne envoie au— dessus du front un prolongement membraneux qui les réunit ; leurs ailes sont plus courtes proportionnellement que celles des autres chauves-souris, le corps est plus petit et le museau plus long et moins gros. On rencontre encore dans les vieux édifices une petite chauve-souris longue de 5 centimètres environ, ayant une envergure de 25 centimètres, dont la tête est aplatie et le museau allongé et conique. | La barbastelle, dont l'oreille est petite et en forme de triangle, est noire ; ses joues forment au-dessus des lèvres un renflement en forme de bourrelet, qui de loin ressemble à des moustaches; son nez est aplati, son museau est très-court et ses yeux sont très-rapprochés de l’oreille. La barbastelle comme la pipistrelle exhale une odeur nauséabonde, elles vivent en société et s’engourdissent pendant l'hiver. Certaines chauves-souris connues sous le nom de molossiens ont la tête grosse, Les oreilles longues et les yeux très-petits; chacune de leurs mâchoires n’est pourvue que de quaire dents, deux incisives et deux canines. Le mulot volant ou molosse à ventre brun est le type des individus de ce genre. Il ne me- . sure pas plus de 5 à 6 centimètres de longueur depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue ;

LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 165 la couleur de son pelage est d’un gris cendré; il est très-commun à la Martinique. |

La chauve-souris fer-à-cheval est très-remarquable -. par la difformité de son visage; la lèvre supérieure - etle pourtour du nez présentent un bourrelet dont la . forme rappelle celle d’un fer à cheval. Cet animal, qui reste engourdi pendant l'hiver dans les maisons ou dans les carrières abandonnées, a le poil jaune en dessous et gris cendré en dessus.

Les roussettes sont des chauves-souris frugivores, comme il est aisé de le voir lorsqu'on examine leur dentition. En effet, leurs molaires, au lieu de présenter des pointes aiguës et des tubercules comme celles des chauves-souris insectivores, ont une couronne lisse et plate dont les deux bords sont surmontés d’une crête peu saillante. Cuvier pensait que ces animaux mangent quelquefois des oiseaux ou des mammifères de petite taille. L’avidité avec laquelle ils recherchent les fruits en fait un véritable fléau de nos vergers. Quelques personnes mangent leur chair avec plaisir. De toutes les chauves-souris, les rous— settes sont les seules que l’on puisse élever en cage ; elles se tiennent constamment suspendues par les membres postérieurs et mangent les fruits qu’on leur présente sans quitter cette position. Le cri de la roussette est semblable au cri de loie : des trente-huit espèces de roussettes une seule présente de l'intérêt, c’est la roussette commune, qui ne mesure pas moins de 1 mètre 50 centimètres d'envergure.

Parmi les roussettes il convient encore de citer la céphalote dont la tête est très-grosse proportionnellement au reste du corps. Elle se distingue des autres rousseties par son cou dont la forme est plus nettement accusée à cause du petit nombre de poils qui le

recouvrent, ses dents semblables à celles du hérisson

indiquent que l’animal est frugivore. La queue de la céphalote est très-courte et cachée au-dessous de la membrane, la poitrine est aussi plus large que chez les autres chauves-souris. |

Les anciens voyageurs s'accordent à dire aue les orandes chauves-souris du Nouveau-Monde sucent,

sans les éveiller, le sang de l’homme et des animaux

pendant leur sommeil. « Les chauves-souris, dit « La Condamine, qui sucent le sang des chevaux,

« des mulets et même des hommes quand ils ne s’en

« garantissent pas en dormant à l’abri d’un pavillon, « sont un fléau commun à la plupart des pays chauds « de l'Amérique. Il y en a de monstrueuses pour la « grosseur ; elles ont entièrement détruit à Borgia et

« en divers autres endroits, le gros bétail que les

« missionnaires y avaient introduit, et qui commen— « çait à s’y multiplier. »

Ces assertions sont exagérées, il est seulement vrai que les vampires profitent du sommeil des chevaux et des mulets pour les mordre à l’épaule ou à l’oreille et se gorger de leur sang. Quand ces animaux suc— combent aux suites de cette morsure, la mort n’est que le résultat de l’inflammation consécutive, car la

dr

f perte de sang est à peu près insignifiante. Les indigènes ont donné aux vampires le nom de sangsues ailées. |

Le vampire a le pelage roux brunâtre ; sa grosseur égale celle d’un pigeon ; son museau allongé, ses oreilles longues, droites et ouvertes, son nez difforme, ses narines en entonnoir, lui donnent un aspect

Fig. 34. — Le vampire,

hideux. Ce qui contribue le plus à rendre sa tête informe, c’est l'espèce de crête ovale qui surmonte son nez.

Les phyllostomes sont des espèces de vampires dont la lèvre supérieure présente deux membranes superposées dont l’une est semblable à un fer de jance et l’autre à un fer à cheval. Comme les vam— pires les phyllostomes sucent le sang des animaux

endormis ; leur langue hérissée de papilles aussi

dures que la .corne leur sert à perforer la peau & 1 leurs victimes.

Les glossophages sucent également le sang des ani-

maux ; ils sont caractérisés par la longueur de leurs mâchoires que garnissent de très-petites dents ; mais

leur langue aiguë,longue et rétractile, est parfaitement disposée pour la succion.

Parmi les autres mammifères du genre vampire 1l convient de signaler le desmodus rufus et le desmodus d'Orbigny dont le doigt médius de l’aile se termine par une phalange unguéale ; à la mâchoire supérieure ils ont des dents longues qui leur permettent de faire

à la peau des animaux des incisions profondes pour

leur sucer le sang ; ces animaux se rencontrent dans l'Amérique du Sud.

Les galéopithécidés sont des vampires qui se disinguent de tous les autres par les ongles tranchants

situés à l’extrémité de leurs doigts ; l'expansion membraneuse qui relie ensemble leurs doigts étant peu développée ne leur permet pas de voler longtemps ; ils ne peuvent s’en servir que comme d’un parachute, lorsqu'ils sautent d'arbre en arbre.

On peut dire qu'il existe entre les hirondelles et les chauves-souris une grande analogie, malgré la distance qui sépare ces deux êtres au point de vue ana— tomique : tous les deux ont une conformation parfaitement en rapport avec les fonctions qu'ils sont appelés à remplir; l’hirondelle détruit les insectes diurnes et la chauve-souris fait la chasse aux insectes nocturnes.

tn nd né EEE à %Æ

Page 1