LA ET LOUP PO TIC ETS
k deux ou trois ans, la digue est devenue d’une solidité À toute épreuve et devient remarquable parla végétation qui s’y développe.
La chaussée traverse toujours la rivière d’un bord à l’autre et il n’est pas rare de voir ces digues at— teindre une longueur de 30 mètres tandis que leur basso mesure-4 ou à mêtres d'épaisseur, on comprend qu’un pareil travail doit demander de la part de ces animaux une bien grande activité.
Quand la digue est bien établie, les castors procèdent à la construction des habitations particulières.
Les cabanes sont ordinairement au nombre de vingtcinq àtrente; elles onttoutes à peu près la même forme, c’est-à-dire ovale ou ronde. La grandeur de chaque cabane est en rapport avec le nombre des habitants ; leur diamètre varie entre { mêtre 50 et 3 mètres ; elle est ordinairement divisée en deux ou trois étages. Le rez-de-chaussée sert de magasin, c’est là que sont entassées les racines, les écorces de bouleau, de peuplier et de saule dont se nourrissent les castors. Quant aux étages supérieurs ils servent de chambres à coucher et de lieu de réunion à ces animaux qui sont toujours en nombre pair, il y a autant de mâles que de femelles et la concorde règne parmi eux. Les huttes sont toutes bâties sur pilotis plein au bord de la rivière et à une certaine hauteur, les murailles courbées avec élégance viennent former un dôme impénétrable à la pluie, grâce à la so- Jidité avec laquelle il est construit et à l’enduit qui le
\ 176 LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. > tapisse intérieurement, cet enduit si proprement appliqué n’est autre chose que de l'argile étendue surles parois du mur par le castor qui se sert de sa queue aussi habilement que le maçon se sert d’une truelle.
Quand les castors établissent leurs villages sur le bord d’un lac, le niveau de l’eau restant constamment le même, ils n’ont pas à se construire de digue, ils bâtissent alors leurs huttes sur des pilotis pleins et près des bords de l’eau.
Les castors restent rarement pendant l’été dans leurs huttes, chaque couple dispersé s'éloigne du village et habite un terrier toujours dans le voisinage du cours d’eau, puis quand l’automne revient, chaque membre. de cette petite république revient au rendezvous ordinaire, pour réparer les avaries que peut avoir subies la digue et pourvoir aux approvisionnements.
On a donné le nom de castors terriers à des castors solitaires qui comme le blaireau vivent disséminés dans des trous creusés sous le sol ; on les reconnait aisément à leur dos presque dénué de poils à cause du frottement de la peau contre les parois de leur terrier, de plus leur fourrure est malpropre, couverte de poussière et presque sans valeur. D’après quelques savants, ces castors solitaires sont des parias que les autres ont chassés de leur société à cause de leurs défauts ; il est plus raisonnable de supposer que ces animaux, qui,: d’ailleurs, ne se rencontrent que dans les contrées habitées par l’homme, ne se
rassemblent pas en troupes à .cause des obstacles
qu'ils rencontreraient de la part du roi de la nature
} qui ne manquerait pas de leur faire la chasse sans . merci et de détruire leurs travaux.
Le castor s’apprivoise facilement ; à l’élat domes-
tique, il est doux, peu familier et triste, il fait en— . tendre parfois des cris plaintifs, si on l’excite il pousse
un cri plus fort assez semblable à l’aboiement du chien, il conserve en captivité son amour de la construction et si, en hiver, la retraite qui lui est réservée pèche par le confortable, il suffit de mettre
à sa disposition quelques matériaux pour le voir tra—
vailler à mettre son rm à l” abri des injures de l'air.
C’est au grand naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, que revient l’honneur d’avoir démontré le premier d’une façon certaine que la taupe n'est pas aveugle. Ce qui a longtemps fait douter de l'existence des yeux chez cet animal, c’est leur très-petit volume, ils ne sont guère plus gros, en effet, que la tête d’une épingle à dentelle et leur couleur noire les fait con-
fondre avec la couleur des poils qui offre absolu-
ment la même nuance. Quand on eut prouvé que les
taupes avaient des yeux, plusieurs savants préten—
dirent que ces organes avaient un volume trop peu
- considérable pour servir à la vision, mais grâce à des
expériences nombreuses, on a reconnu que la taupe y voyait, bien que la vision ne soit pas chez elle trèsparfaite.
Ilest à remarquer que l’absence ou l'imperfection
d’un organe chez quelques animaux est presque tou— jours accompagnée d’une plus grande perfection des autres organes. Cette remarque peut être appliquée à À la taupe en particulier, chez elle l'œil est imparfait, # mais l'organe de l’ouïe est excellent, le plus léger À bruit éveille son attention. Au premier abord on ne | suppose pas ce développement inusité de la sensibilité de l’organe à cause du peu d'expansion que présentent le pavillon et le canal auditifexterne, mais l'oreille interne très-développée est parfaitement disposée à percevoir les sons. | Rangée par les naturalistes parmi les rongeurs insectivores, la taüpe est remarquable par la conformation de sa tête allongée en forme de cône qui présente à son extrémité antérieure un petit os spécial dont elle se sert pour percer la terre et s’y frayer un chemin. Tous ses organes sont parfaitement appro- : priés à sa vie et à ses habitudes souterraines ; examinez la conformation de ses membres antérieurs et vous remarquerez qu'ils sont courts et puissamment musclés comme le cou, et que les pattes sont remplacées par une espèce de main épaisse, large et dont l'animal se sert comme d’une pelle et d’une pioche. Les mâchoires peu développées ont chacune vingtdeux dents petites et présentant la même conforma-— tion que celles des autres insectivores. Comme l’ouïe, le sens de l’odorat jouit d’une sensibilité exquise. I est bon d'attirer l’attention de nos lecteurs sur le développement que présentent chez les taupes les
| ongles qui terminent les doigts ; ces ongles, en effet, sont plats, tranchants par leur extrémité et tellement
| larges qu'ils recouvrent entièrement l’extrémité des
doigts.
Cest à l’aide de ces instruments perfectionnés que la taupe se creuse les galeries souterraines dans les-
quelles elle se réfugie. Les taupinières (c’est ainsi
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Fig. 36. — La taupe.
qu’on désigne dans nos campagnes les travaux souterrains de cet animal) méritent une description particulière. À une certaine profondeur, il existe une pièce principale, large,propre,et dans laquelle se tient ‘ordinairement la taupe. Un nombre variable d’ouvertures donne accès à cette pièce principale et chacune de ces ouvertures communique avec une longue galerie qui vient s’ouvrir à la surface du sol.
Les petits monticules de terre qui surpassent de
place en place le niveau du sol ne sont autre chose que des soupiraux par lesquels la taupe rejette au dehors les matériaux qu’elle enlève en déblayant pour se frayer un chemin à travers le sol.
Quand la taupe est sur le point de mettre bas, elle se ménage un appartement qui n’a pas la même conformation que celui que nous venons de décrire. Après avoir soulevé le sol en le pressant de façon à augmenter sa consistance, ellé le mêle avec des racines, le bat et le presse au moyen de ses larges mains, et finit par lui faire acquérir une consistance telle qu'il devient imperméable à l’eau ; au-dessous de cette voûte, elle élèfe une petite éminence, y entasse des feuillages et des herbes sèches et y dépose ses petits qui sont toujours au nombre de quatre ou cinq. Pour faire communiquer ce nid avec la surface du sol, elle creuse des galeries dont la longueur atteint jusqu’à 25 et 30 mètres et qui en partant de la retraite de ses petits va toujours en s’enfonçant dans le sol jusqu’à une certaine distance à partir de laquelle ce boyau souterrain décrit une courbe à concavité supérieure et prend une direction qui tend à le rapprocher de la surface du sol. Ikest. difficile, comme on le voit, de découvrir le nid d’une taupe qui de plus est parfaitement à l'abri des inon dations.
Quand la taupe est surprise hors de son repaire elle cherche son salut dans la fuite ; si le sol est trop dur pour lui permettre de s’y creuser rapidement un
chemin, alors, saisie de frayeur, elle trotte avec rapidité et fait entendre un cri qu’on ne peut comparer qu’au bruit d’une lime frottée doucement sur un morceau de pierre ou d’acier. Si le sol, au contraire, est friable,elle s’y enfonce en un clin d’œil et disparait complétement. Les blessures les plus légères, le moindre coup sur la tête et surtout sur le museau, suffisent pour la faire périr.
L’homme fait à la taupe une guerre acharnée parce qu’elle cause beaucoup de ravages dans les jar- dins et les champs cultivés, elle coupe les racines des plantes, détruit le niveau des prairies en y élevant des monticules qui empêchent de faucher l’herbe | jusqu’au sol, et dans certains pays peut causer des ravages encore plus grands en perforant les digues et les canaux d'irrigation. Malgré cela, la taupe rend : à l’agriculture des services très-nombreux, elle dé- truit un nombre considérable d’insectes et autres animaux nuisibles, son appétit, en effet, est insatiable. M. lsidore-Geoffroy Saint-Hilaire a fait remarquer que la taupe dévore avidement les oiseaux, les grenouilles, et que le crapaud seul lui cause de la répugnance. À défaut de ses aliments ordinaires, la taupe mange les hannetons, les vers et les larves d’insectes ; ce qui donne la meilleure idée de son ap- pétit vorace, c’est que lorsqu'on enferme pendant | quelque temps, sans leur donner de nourriture, deux taupes du même sexe, la plus forte des deux tue " autre, la dévore, et on ne trouve plus que le squeul
lette de la victime. La soif ne se manifeste pas avec une moindre intensité que la faim, on a remarqué que lorsque ces animaux viennent d’assouvir leur voracité, il suffit de les saisir par le cou et de les approcher 4 d’un vase plein d’eau pour les voir aussitôt s’y préci= | piter et boire avec une grande avidité.
Les heures de travail de la taupe sont toujours les : . mêmeset méritent d’être indiquées. C’est au lever du : soleil qu’elle se met au travail pendant une heure, se : repose ensuite pour reprendre ses travaux à neuf . heures, à midi et à trois heures. Mais quand le jour commence à baisser, elle se remet encore au travail et c’est à ce moment de la journée qu’elle met le plus d’ardeur. |
La taupe de nos pays ou taupe commune a le pelage noir et doux au toucher comme le velours, ce n’est qu'accidentellement qu’on rencontre quelquesuns de ces animaux à poil cendré ou ayant des taches blanches ou jaunes.
Le coudylure étoilé est une espèce de taupe qui habite l’Amérique et qui avec des formes plus légères et plus gracieuses que celles de la taupe d'Europe ! s’en distingue encore par la couleur de son pelage qui est brun foncé, quelquefois grisâtre.
Les chrysochlores sont encore des taupes qui diffèrent des autres espèces par leurs pieds de devant qui n’ont que trois ongles pointus et recourbés de façon à servir de pioche ; le plus remarquable des chrysochlores est le chrysochlore du Cap ou taupe :
dorée du Cap. Chez lui la queue est presque nulle, lo-
reille externe n’existe pas et le pelage est d’un beau vert à reflets métalliques semblables à la couleur du cuivre et du bronze et qu’on ne peut mieux comparer comme éclat qu'aux plumes du paon.
Rangé par les naturalistes dans lordre des carnassiers, le blaireau est un mammifère très-habile à se creuser des galeries souterraines, grâce à la conformation de ses pattes de devant dont les ongles sont très-allongés et très-aigus, son corps est très-effilé et ses jambes très-courtes. Le blaireau rampe plutôt qu'il ne marche.
Le terrier dans lequel s’abrite le blaireau est large, profond et d’une propreté remarquable, plusieurs galeries étroites, longues et en forme de boyau, y donnent accès, il a soin de donner à ces galeries une direction tortueuse pour en rendre plus difficile l'accès aux autres animaux. Le renard qui loge également dans un terrier, mais qui n’a pas comme le blaireau la faculté de creuser la terre, emploie pour exproprier ce dernier et s’emparer de sa demeure un moyen aussi ingénieux qu’efficace. Il connaît la répugnance du blaireau pour les immondices, aussi vient-il y déposer des ordures jusqu'au moment où le blaireau quitte son domicile et alors il s’y installe, db cs et en fait sa demeure.
Le blaireau se nourrit habituellement d'oissht et de petits mammifères, mais à défaut de ces aliments il mange assez volontiers les fruits, les graines, les
sauterelles et tous les autres insectes. Quand il trouve un nid de guêpes ou de frelons, il s’en empare et mange tout le miel qui y est contenu. Il se montre surtout très-friand de raisins, d’œufs, et on l’a vu se frayer un chemin jusqu’au terrier d’un — pour y manger les Jeunes lapereaux.
On prend le plus souvent le blaireau comme on prend le renard, en le fumant dans son terrier ou en creusant des tranchées pour le prendre dans son repaire. On fait entrer dans le terrier un chien basset pour empêcher l’animal de sortir pendant qu’on travaille au déblaiement, mais il faut que le chien reste à une certaine distance du blaireau, car s’il se hasarde à l’attaquer, le blaireau qui est doué d’une très-grande force le terrasse et lui fait des morsures quelquefois terribles. Il arrive parfois que le blaireau, enten-— dant creuser au-dessus de lui, s’élance d’un bond sur le chien, et sort de son trou après l’avoir mis hors de combat, d’autres fois aussi il se sert de ses pattes pour faire tomber entre lui et le chien une certaine quantité de terre et mettre devant lui une barrière infranchissable. |
Le mâle et la femelle vivent solitaires, celle-ci porte six mamelles, met bas en été ; chaque portée se compose de quatre ou cinq petits pour lesquels elle prend beaucoup de soins. Elle leur prépare un lit d'herbes sèches qu’elle réunit en petits fagots et qu'elle traine entre ses pattes jusqu’au terrier,et quand ils commencent à grandir elle va chasser autour
de sa demeure pour leur apporter leur nourriture.
Les blaireaux ont sous la queue une espèce de poche qui laisse constamment suinter un liquide visqueux dont l’odeur est insupportable; ce qui chez eux est le plus remarquable, c’est qu’ils ont presque tous la gale, les blaireaux de France surtout, et ils n'en paraissent pas incommodés ; il est même nécessaire de laver avec soin les chiens au retour d’une chasse au blaireau si on ne veut pas les voir contracier cette maladie.
Les espèces de blaireaux sont le blaireau commun, le blaireau taisson, le blaireau carcajou et le balisaur qui habite l’Hindoustan ; ces diverses espèces ne diffèrent les unes des autres que par des caractères insignifiants.
Les lupins sont des mammifères très-communs dans toute l’Europe et qu’il est facile de reconnaitre à leur pelage fauve clair en dessus et tout à fait blanc en dessous. |
La femelle qui comme celle du lièvre porte le nom de hase est d’une fécondité remarquable ; elle enfante annuellement en moyenne quatre-vingts lape-— reaux. La durée de l'allaitement est de vingt Jours et elle ne porte pas plus d’un mois. Les petits qui grandissent très-vite peuvent reproduire dès l’âge de sept mois.
Il est intéressant d'étudier la facon dont les la— pins sauvages se construisent des terriers. Ces ani- maux vivent en famille et chaque famille entretient de
bonnes relations de voisinage avec celles qui l’en-
tourent. Dans leur terrier où ils se retirent pendant
le jour, ils se mettent eux et leurs petits à l’abri de leurs ennemis naturels, le renard, le loup, le faucon et autres animaux qui leur font une chasse acharnée ; là ils élèvent leurs petits dans la plus grande sécurité et ne leur donnent leur liberté que lorsqu'ils sont capables eux-mêmes de se défendre.
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