DE. L'HOMME
Aptitudes à la station verticale. — Formes extérieures. — Expression de la physionomie. — Les yeux; les sourcils; les lèvres; le sourire; le front. — Développement du crâne. — Cerveau; sa structure. — Supériorité intellectuelle de l’homme. — Libre volonté. —Langage articulé.— Force physique. — Aptitudes à la course. — Les coureurs hottentots, persans, indiens. — La femme ;' son rôle dans la société. — Taille et poids de l’homme. — Le géant Goliäth. — Oreste. — Le géant Gabarra. — Les squelettes de Pusio et de Secondilla. — Le nain du roi de Pologne. — Le gen- ? tilhomme polonais. — Le paysan de Frise. — Le paysan du comté de Lincoln. — Sponer, l’homme le plus gros d'Angleterre. — Les races humaines.
- L'intelligence de l’homme, la perfection de ses organes le placent au sommet du règne animal, Il nous paraît superflu d'entrer dans les détails qui ont fait admettre l’homme dans l’ordre des quadrumanes, car au point de vue anatomique il se distingue par un grand nombre de caracteres des singes les plus parfaits. L'homme est le seul animal bien disposé pour la station verticale, il suffit pour s’en convaincre d’é-tudier avec un peu d’attention la structure du membre inférieur. En effet, le pied de l’homme est plus large que celui d'aucun autre animal, les doigts en sont courts, impropres à la flexion, le talon présente
un renflement à la partie inférieure, le gros orteil plus fort et d’une longueur plus considérable que les autres ne leur est pas opposable, par conséquent le pied est un organe dont la structure est parfaite ment apte à la station verticale, mais impropre aux autres exercices, tels que saisir ou grimper. La station verticale est encore favorisée par la force des muscles qui servent à étendre la cuisse et la jambe et dont l’ensemble forme ces saillies désignées sous le nom de fesse et de mollet. Enfin, nous citerons encore comme conditions favorables à la station et à Ja marche verticales, la structure du bassin qui est beaucoup plus large, proportions gardées, que les autres mammifères, et le mode d’articulation du fémur avec l'os iliaque qui, en occasionnant un écar— tement des pieds, favorise équilibre.
Grâce à l'harmonie qui préside à la disposition de Ja tête, du tronc et des membres, l’homme se tient parfaitement debout et ne pourrait marcher facilement sur ses quatre membres comme le font les quadrupèdes, son pied étant trop court et à peu près im flexible ; ajoutez à ce premier obstacle la longueur exagérée de la cuisse, l’écartement des épaules, et la
pesanteur de la tête due à la pesanteur du cerveau. L'homme bien fait doit avoir les muscles saillants, les éparles carrées, le bassin un peu plus étroit que celui de la femme, ses traits sont fortement accentués, tout en lui accuse la majesté, la puissance et la supériorité intellectuelle.
La femme de son côté se distingue par la finesse des traits, la rondeur des formes et la grâce dans les mouvements. | |
De tous les animaux, l’homme est le seul qui grâce à la station verticale qui lui est spéciale se tient droit, élevé, le regard toujours porté en haut; étudiez la physionomie et souvent vous y trouverez l’expression de son caractère et de ses passions. Chez l’homme aux idées nobles et généreuses, aux aspirations poétiques, vous remarquerez une démarche ma-
. Jestueuse. L’harmonie des traits annonce presque toujours le calme de la pensée, mais si la colère, la jalousie ou toute autre passion violente vient troubler la tranquillité de l’homme, aussitôt la physionomie révèle ces agitations intimes et revêt une forme va— riable avec chaque passion.
De tous les organes, l’œil est le plus apte à trahir les secrets de l'intelligence. « C’est, a dit Buffon, le sens de l'esprit et la langue de l'intelligence. » Il ne faut pas cependant attacher à ce signe une valeur exagérée, car chez l’homme qui cherche à combattre ses impressions et à garder son sang-froid, les yeux, comme les autres organes expressifs de la physionomie, finissent par ne plus prendre part aux impressions perçues par le cerveau. Le célèbre diplomate Talleyrand possédait au plus haut degré le don de conserver un visage impassible.
Après les yeux, ce sont les sourcils qui contribuent le plus puissamment à donner de l'expres-
sion à la physionomie, selon les passions qui nous . agitent, ils se relèvent, s’abaissent ou se rapprochent l’un de lautre.
Sous l'influence des passions les lèvres sont douées de mouvements plus ou moins expressifs. La lèvre supérieure relevée d’un côté exprime l'ironie et souvent le mépris, tandis que l’ambition et la jalousie se manifestent par l'élévation de la lèvre supérieure de . chaque côté pendant que la lèvre inférieure se relève vers le milieu.
Les lèvres s’écartent largement dans le rire immodéré, mais dans le sourire, les angles de la bouche s’écartent légèrement, et à peu de distance de ces angles on remarque chez quelques personnes une petite cavité désignée sous le nom de fossette qui a pour effet de communiquer à la physionomie un aspect gracieux. Le sourire exprime tantôt l'ironie, tantôt une satisfaction intime et le plus souvent la bienveillance. Lorsque le sourire s'accompagne d’une contraction de la lèvre inférieure sur la lèvre supérieure, il exprime presque toujours le mépris, ou tout au moins Ja raillerie.
Le front joue un grand rôle dans la conformation et dans l’expression du visage ; haut et large, il exprime les passions nobles, une intelligence développée ; dans le cas contraire, 1l est souvent l'indice d’un caractère étroit, d’une intelligence bornée, il y a cependant à ces règles de nombreuses exceptions.
Ce qui frappe le plus dans la conformation exté-
rieure de l’homme, c’est le développement de la boite osseuse du crâne. Le cerveau de l’homme diffère essentiellement de celui des autres animaux par le développement relativement considérable de ses hémisphères, par la disposition spéciale et par le nombre de ses circonvolutions. 11 est d’observation que l'intelligence est en rapport direct avec le nombre de ces circonvolutions et avec l'épaisseur de la substance grise qui occupe la partie périphérique de notre cerveau. La conformation et la structure de cette partie du corps de l’homme le séparent nettement des singes les plus élevés dans l’échelle animale. « L’homme et les singes, dit le célèbre phy- « siologiste allemand Wagner, sont des créatures « absolument distinctes, alors même qu’on fait abs- « traction de toutes les données de la sen « gle. »
L'homme, quoique privé des armes puissantes que la nature a données à beaucoup d’autres animaux, est cependant le roi du monde, grâce à son intelligence supérieure, à sa libre volonté, à son pouvoir de distinguer le bien du mal et au don de la parole. Le langage articulé permet à l’homme de transmettre ses impressions à ses semblables, de les faire profiter de l'expérience acquise et de préparer ainsi la voie aux nouveaux venus; de Ià, découlent le progrès, la civilisation et toutes les causes favorables au perfectionnement physique et moral de ia race humaine.
L'âge fait subir à l’homme de nombreuses modifi-
cations et change ses aptitudes ; en passant de l’en- À fance à l’adolescence, et de l’adolescence à l'âge mûr,
la raison et le jugement se perfectionnent.
On a exagéré à tort la faiblesse physique de
Phomme. Comparez la force du lion à celle d’un
homme bien constitué et vousremarquerez qu’en tenant compte du volume et du poids du corps, l’homme est supérieur à ce dernier, seulement le lion a pour lui les griffes et les dents. De nombreuses expériences et des observations attestent que l’homme est pro— portionnellement plus fort que le cheval. Il en est de même pour presque tous les exercices du corps, ainsi, au dire des voyageurs, les Hottentots ont une course plus rapide que les lions et poursuivent avec tant de vitesse et de rapidité certains animaux aussi légers que le cerf, qu’ils finissent par les fatiguer et par s’en emparer. Les coureurs de profession en Perse et dans les Indes parcourent un trajet de quarante lieues en vingt heures, ces forces ne s’acquièrent il est vrai que par l’exercice et ne sont pas compaübles avec les mœurs et les usages de la vie civilisée.
L'homme a une force musculaire supérieure à celle de la femme et abuse trop souvent de cette supériorité physique pour se faire une esclave de celle qui ne doit être que la compagne de ses peines et de ses plaisirs. Chez les peuples sauvages, tandis que le mari reste nonchalamment étendu sous sa tente, la femme se livre aux plus rudes exercices, cultive
la terre, chasse et pêche, le plus souvent encore ê.
elle subit les mauvais traitements de celui qui au lieu de la protéger est devenu son tyran. Les bienfaits de la civilisation tendent heureusement de jour en jour à rendre à la femme la place qu’elle doit occuper dans la société ; outre ses nombreuses qualités mo- rales, la femme se recommande à notre respect par sa grâce et sa fablesse, elle cède à la force et l’homme
Fig. 10, — Type cuivré. — Les Botocoudos.
fléchit sous l'empire de la beaute, la douceur de sa compagne le désarme.
La taille et le poids de l’homme sont variables avec chaque individu, il ‘existé à cet égard des anomalies fort intéressantes. Le géant Goliath tué par David avait 9 pieds 4 pouces. D’après Pline, le corps d'Oreste avait une longueur de 10 pieds et demi. Le Cat de Rouen prétend avoir vu plusieurs géants de 7 pieds et même de 8 pieds, il parle de la géante
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De RE “citée par Goropius et qui avait 10 pieds de hauteur. D'après le même observateur, l'Écossais Funnam “avait 11 pieds et demi. Le géant Gabarra qui vivait Mau temps de Pline était haut de 10 pieds, les sque- Mettes de Pusio et de Secondilla trouvés dans les “jardins de Salluste mesuraient la même longueur.
— Oncite de nombreux exemples d'individus remar- Lo P
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“2 Fig. 11. — Type nègre. — Africain.
. quables par l’exiguité de leur taille. Personne n’ignore . Vhistoire de Bébé, le nain du roi de Pologne,qui était “haut de 33 pouces. En 1760, on remarqua à Paris un gentilhomme polonais qui n’avait que 28 pouces de hauteur et qui se distinguait par son intelligence, son esprit et sa science. À Amsterdam, en 1751, on exhibait, moyennant une faible rétribution, un paysan de Frise qui n’avait que 29 ‘pouces de hauteur.
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On a rencontré parfois des hommes remarquables
par leur grosseur exagérée. On cite un paysan du comté de Lincoln qui vivait vers 1724 ; cet homme,
haut de plus de 6 pieds, avait 10 pieds de circonfé-
rence, pesait cinq cent quatre-vingt-trois livres et
mangeait chaque jour, en moyenne, 18 livres de
bœuf, il mourut à l’âge de vingt-neuf ans.
Fig. 12. — Type blanc. — Européen,
Un autre Anglais également mort à l’âge de vingtneuf ans était d’une grosseur telle que sept personnes
de taille ordinaire pouvaient tenir ensemble dans son
habit, 1l pesait six cent neuf livres.
Sponer, qui vivait vers l’an 1775, était considéré
comme l’homme le plus gros d'Angleterre, il mourut
à à rà âge de cinquante-sept ans; son poids était alors ; de six cent quarante-neuf livres, sa largeur d’une épaule à à l’autre était de 4 pieds et 3 pouces.
- La couleur de la peau, la forme du crâne, la distri- - bution des poils à la surface du corps, la disposition des traits du visage sont autant de caractères qui ont
ë servi à classer les nombreux individus de la famille humaine.