‹ Les merveilles de la vie animale. Les mammifèresChapitre 6 sur 33 · LE MONDE DES SINGES · texte numérisé non relu

LE MONDE DES SINGES

Variétés d'expression dans la physionomie des singes. — L’intelli- # gence et les passions des singes. — Leur agilité; leur gourman- :

dise. — Le gorille. — Le chimpanzé.— Les négresses enlevées par des chimpanzés. — Un chimpanzé à bord d’un navire; ses bonnes relations avec l’équipage. — Le chimpanzé d'Anvers

buveur de champagne. — Le chimpanzé du Jardin des plantes ; plan et exécution d'évasion. — L’orang-outang ou homme des bois; sa taille gigantesque. — L’orang-outang prédicateur. — « L’orang-outang pick-pocket et la bouteille d'eau-de-vie du capitaine. — Les gibbons.— Le gibbon agile. — Le gibbon à mains blanches. — Le gibbon hooloc. — Le gibbon argenté. — La toilette des petits gibbons.— Les semnopithèques. — Les guenons, — La guenon à collerette ; la guenon à paupières blanches ; la guenon à nez blanc; la guenon verte. — Le bonnet chinois ou toque. — La toilette des toques ; leur instinct de nourrice. — Le macaque rhésus.— Les singes cynocéphales; les chacmas:; les babouins ; les mandrills ; le pillage d’un verger. — L'ouistiti. — Les . singes à la pêche.

Rien n’est plus intéressant à étudier que la physionomie variée et les habitudes des nombreux individus qui font partie du monde des singes. Un grand nombre d’entre eux ont une expression de physionomie que nous rencontrons chaque jour chez les individus de l’espèce humaine. Chez l’un la grossièreté | des traits, l’air stupide, indiquent la brutalité, chez 3

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autre on devine la haine et le sentiment de la ven- ,

* geance. Quelques singes, grâce à la coloration noire de leur visage et aux longs cheveux qui l'entourent, semblent conspirer, tandis que d’autres aux yeux vifs

etrenfoncés, au nez pointu et à la mine fütée, semblent

- toujours méditer quelque mauvais tour. Les singes - capucins sont vifs, leurs mouvements sont souples et - empreints d’une certaine élégance, tandis que leur - physionomie indique la gourmandise, ‘ils aiment à

- faire des espiègleries à leurs semblables, et quand ils

ont trouvé le moyen de se procurer du tabac à priser dont ils connaissent les effets la plupart du temps pour

» les avoir éprouvés, ils s’empressent d’en barbouiller le nez de leurs voisins. Jetez-leur des noisettes et

vous les verrez s’armer d’un caillou et en briser l’enveloppe sans écraser la graine.

Les singes ont des habitudes et des mœurs propres

. à chaque tribu, il est rare de voir les individus d’une . tribu fréquenter ceux d’une autre, les singes supérieurs par la force et l'intelligence semblent mépriser

les autres et ils ne leur épargnent pas les mauvais traitements quand l’occasion s’en présente, aussi les

- faibles, tels que les makis et les ouistitis, sont souvent alliés pour opposer une résistance énergique à leurs |oppresseurs.

Après l’homme, le singe est le premier animal de

. l'univers, c’est lui qui se rapproche le plus de notre race par ses facultés intellectuelles et par ses formes,

sus

on trouve chez lui des sentiments qu’on ne trouve

+2 « chez aucun autre animal, la haine par exemple, la 4 vanité, et il est susceptible d’un grand attachement. Le singe a quatre mains ; de là cette facilité avec &

laquelle cet animal grimpe sur les arbres avec une # agilité étonnante. S

Les progrès de l’âge amènent une diminution de @ l'intelligence qui coïncide toujours avec un affaisse-

ment graduel de la face antérieure du cerveau, ce phénomène est normal dans l’espèce des singes, tandis que chez l’homme où quelquefois on observe

un phénomène à peu près semblable, ce n’est rade | exception.

Le singe diffère encore de l’homme par le tempé- …

rament, il vit difficilement dans les régions tempérées "

et ne multiplie que dans les pays chauds. II ne faut :

pas non plus aller demander au singe d’avoir du @ dévouement, cette qualité essentielle à la race hu— maine. La guenon, par exemple, défendra ses petits jusqu’à la mort, mais jetez à la famille une friandise @

et vous verrez l'instinct de la maternité disparaître devant la gloutonnerie, cette mère qui donnerait sa

vie pour conserver celle de ses enfants leur arrachera le morceau de sucre que vous venez de leur jeier. |

On a étudié ces dernières années sur les côtes occidentales d'Afrique, un singe de haute taille auquel @ on a donné le nom de gorille, c’est le plus grand @ de tous les singes connus, il peut atteindre une hau— 4 teur de 1 mêtre 70 centimètres. On connaît peu ses

habitudes et ses mœurs, les nègres paraissent le # Le craindre beaucoup. |

Le chimpanzé est de tous les singes celui qui se roc le plus de l’homme par sa conformation extérieure, par le volume de sa tête et aussi par le . développement de son intelligence. Chez lui 1} y a

Fig. 13. — Le chimpanzé,

[pus d'harmonie dans le volume relatif des membres

et du corps, plus de grâce dans les mouvements que | chez les autres singes ; ses pieds se rapprochent 4 beaucoup de ceux de l’homme par leur conformation, Il: aussi se tient-il dans une position presque verticale. || On rapporte que des jeunes négresses ont été enlevées par des chimpanzés, retenues au fond des | forèts pendant des années entières et qu’elles n’ont

se ,

dû leur liberté qu’à une habile évasion dep Lee

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temps préparée. | Le chimpanzé habite les forêts les plus épaisses, il grimpe aux arbres et passe de branche en branche #4 avec la plus grande agilité, 1l est toujours armé d’un. | gourdin dont il se sert avec une certaine adresse pour M attaquer ou pour se défendre, sa force musculaire est en outre très-considérable. s | Le petit nombre de ces animaux introduits en Eu-. rope ne s'est composé que de jeunes sujets chez lesquels on a observé une intelligence et une docilité M remarquables. Un chimpanzé fut transporté en Angle-#f terre en 1831; en arrivant à bord du navire qui devait le transporter à Londres, il serra la main à quelques matelots et la refusa à d’autres en montrant même un certain sentiment de haine et de colère; peu à peu, il se réconcilia avec tout l'équipage, à l'exception du mousse qui resta toujours son ennemi. Il prenait ses | repas avec les marins qu'il avait l'habitude d’em-#h brasser avant de se mettre à table. Rien n’était Fu | ' drôle que sa manière d'exprimer son contentement ou sa colère, une sorte d’aboiement indiquait qu’ il était en colère, tandis qu’une petite exclamation graves indiquait sa satisfaction. Il se servait fort adroitement | de la cuiller et de la fourchette et s’était habitué à 1; {!

boire dans un verre. Il était heureux quand il pouvait} se promener sur le pont avec des vêtements d'homme.p, En approchant du but du voyage, son caractère

changea : à sa gaieté et à sa vivacité succédèrent 144 |

… langueur et la mélancolie, le froid du climat le … rendit malade, il fallut l’envelopper dans des couver- tures épaisses.

. LaSociété zoologique de Londres acheta, en 1835, … un autre chimpanzé qui avait été pris au sud-ouest de l'Afrique. Sa barbe blanche et courte, ses épais favoris lui donnaient l’extérieur d’un vieux nègre, cependant il n’avait guère plus de deux ans et jouait comme un enfant. Il s’attachait à connaître les objets qu’il voyait pour la première fois et à ses moments de réflexion il prenait l’air grave et réfléchi d’un vieux savant. Ses gardiens lui faisaient chaque jour - Ja toilette, il était d’ailleurs avec eux dans les meil-leurs termes, leur faisant des espiègleries, leur sautant sur le dos et les embrassant, 1l avait pris particu- . lièrement en affection deux des personnes chargées de le soigner, il les reconnaissait à la voix, au bruit des pas et aussitôt qu’il était libre il courait après elles et leur témoignait sa satisfaction par des gestes pleins de gentillesse. La cuisinière surtout avait beaucoup | de peine parfois à se débarrasser de lui, il était cons- | tamment attaché à sa robe.

| Les fruits, le thé et le lait constituaient en grande | partie sa nourriture ; quand on lui offrait un gâteau, | il le prenait avec une grande douceur, et ne marquait pas celte voracité si commune chez les animaux | en général.

| La vue d’un serpent le remplissait de terreur comme celle de tous les animaux nuisibles, mais il

vivait en très-bonne intelligence avec une chienne

dont il partageait le logement. Cette chienne étant

venue à mettre bas, le chimpanzé prit dans ses mains

les petits chiens un à un, les regarda avec curiosité

et les replaça avec une grande douceur auprès de leur mère dont les grognements menaçants ne |

l'avaient nullement intimidé.

Il était vêtu d’une jaquette en laine épaisse et coiffé : d’une casquette ; dans cet accoutrement il avait une

orande ressemblance avec l’homme.

Malheureusement le manque de liberté, la rigueur

du climat le firent mourir peu de temps après son

arrivée en Angieterre.

À Anvers, on remarquait il y a quelques années,au Jardin zoologique de cette ville, un charmant chim- 4%

panzé qui partageait les jeux des enfants du directeur

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et les accompagnait en promenade, il montait dans «

les arbres pour y cueillir des fruits qu'il offrait à ses jeunes camarades et quand le directeur ladmettait à

sa table il se servait de son couvert avec la plus grande A

aisance, les jours de fête il buvait avec plaisir le Æ

verre de vin de Champagne qu’on lui offrait.

Le chimpanzé que possédait le Jardin des plantes ;

de Paris, il y a environ trente ans, était intelligent et plein de malice, quand on le contrariait il se frappait @

la tête contre les murs et pour se venger d’une puni P 8

tion qui lui avait été infligée un jour, 1l conçut le projet de s'évader. Il l’exécuta avec une grande habileté ; après avoir remarqué que la porte de la cage

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}. dans laquelle il était enfermé était fermée à clef et … que la clef était suspendue à un clou, mais que ce fe clou était trop haut pour pouvoir y atteindre, il appro- | cha plusieurs chaises, grimpa dessus, atteignit la clefet ouvrit la porte sans aucune difficulté.

- Moins intelligent que le chimpanzé, l’orang-outang où homme des bois a aussi l’angle facial moins ouvert

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