BIENHBUHEUSE MOUT DE TROIS FRÈRES APRÈS LA COMMUNION
FortUeHutfMrtdileeHo,
«T^amour est fort comme la niprt.»
(CâRt. TIII, «).
' Quelques serviteurs de Dieu ont éprouvé tant de dévotion et un amour si ardent envers le très-saint Sacrement, qu'ils ont trouvé la mort la dIus douce qu^on
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puisse imaginer dans Facte môme de la communion. Le père Bzovius rapporte à ce sujet un fait admirable ariivé à Gracovie dans le couvent des Dominicains. 11 y avait dans ce monastère trois frères utérins qui avaient reçu rhabit de la religion le même jour des mains do glorieux saint Hyacinthe. Le premier , nommé Wenceslas, était honoré du sacerdoce ; le second, Ladislas, était diacre, et le troisième, Wislas, sousdiacre. C'était un ternaire de bénédiction, car ils étaient tous des modèles de Tobservance régulière, des miroirs de toutes les vertus ; il y avait entre eux une telle égalité de ferveur qu'on n'eût pu dire lequel surpassait l'autre. La sainte Eucharistie était l'objet de leur principale dévotion i ils lui rendaient continuellement les plus affectueux hommages.
Quelques années après leur entrée au couvent, lorsque revint la solennité du Jeudi-saint , oi!i l'on célèbre la mémoire de l'institution de ce grand mystère et la morvdile de la divine charité, ils se disposèrent à recevoir la sainte communion en méditant ce grand bienfait et en purifiant leur cœur par la pénitence. Ainsi préparés, embrasés qu'ils étaient du divin amour, et saintement affamés de cette nourriture céleste, ils s'approchèrent de la sainte table en même temps que tous les frères, même les prêtres, pour recevoir la sainte communion des mains de leur supérieur. Aussitôt qu'ils l'eurent reçue, selon l'usage du couvent et en signe d'humilité, tous les frères se prosternèrent le front contre terre pour rendre grâce à Dieu qui s'est tant humilié pour nous dans cet auguste mystère. Après l'action de grâces l'assemblée se releva pour îiîcofflpfigner le très-saint Sacrement au sépulcre pré-
paré pour le recevoir, comme il est d'asage. Mais les trois frères demeurant prosternés et sans aucun mouvement, on crut que c'était Tefifet d'une humilité excessive : quelques-uns blâmaient cette conduite comme une singularité ; mais ensuite tous furent dans l'admiration en voyant qu'elle se prolongeait indé6niment. Tous les chants avaient cessé, les saintes cérémonies étaient terminées, et les trois frères demeuraient toujours dans la même posture. Le prieur s'approchant d'eux leur ordonna de se lever, et comme ils demeuraient immobiles, il ordonna de les secouer et de les tirer fortement par les bras, aGn de les faire se lever. Mais ce fut en vain : on s'aperçut alors qu'ils étaient morts. Il s'éleva aussitôt un grand tumulte dans l'assemblée des frères : beaucoup attribuaient cette mort subite à un châtiment de Dieu : sans doute, disaientils, dans un jour aussi saint ils se seront présentés à la sainte table sans s'être puriQés de quelque faute grave, et Dieu les a frappés sur-le-champ. Sous le coup de cette injuste prévention suggérée par le démon, les trois cadavres furent privés de la sépulture ecclésiastique et enterrés dans un lieu profane, sans aucune des cérémonies que l'Eglise accorde à ses enfants. Il fallut des miracles pour détruire cette erreur irréfléchie, qui se répandit bientôt dans toute la ville. Dieu permit, en effet, que les trois frères apparussent au même prieur tout rayonnants de gloire et de félicité : ils lui firent connaître que leur mort subite, au lieu d'être le châtiment de quelque péché, était, au contraire, la récompense du grand amour avec lequel ils avaient reçu la sainte Eucharistie de ses mains. D'autres apparitions vinrent confirmer ce premier témoignage: En consé*
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qaence, ces corps vénérables furent retirés du lieu pro- (aneoù ils gisaient , et transportés dans Téglise comme des religieux dignes de tout respect. Cette translation se fit avec Fappareii le plus magnifique et au milieu du concours de la plupart des habitants de Gracovie. Désormais il demeura avéré que ces trois pieux frères étaient morts par un effet de Tardent amour dont ib brûlaient pour le très-saint Sacrement : cet amour, ne pouvant se renfermer dans Tétroitesse de leurs cœurs, avait brisé son enveloppe par une douce violence et avait comme forcé leurs âmes à s^envoler dans le sein de Dieu, source de cet amour. C'est par cette douce et prompte mort qu'ils avaient obtenu la vie éternelle que Dieu a promise à ceux qui reçoivent dignement le pain des anges, qui est à la fois le mémorial de la mort du Sauveur : Mortem Domini annunliabitis ; et le gage de la félicité éternelle : Pignus futurœ gloriœ.
(Bzovics, in Annal., ann. 1172).
XLl* MERVEILLE.
PESTIFÉRÉ MOURANT SB LÈVE DU MILIEU DES MOQT^ POUR DEMANDER LE SAINT VIATIQUE,
Mevixit homo et êtetit fupra pedes tuos. «L'homme revint à la vie et sç tint sur •es pieds. » (I Rbg. xiii, 24).
Dans la ternble peste qui, en Tannée 1560, désola ntalîê et principalement la ville de Milan, le saint
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archêvêqae et cardinal , Charles Borromée , voulut administrer de ses propres mains les sacrements à ceux qui étaient atteints du mal : ce qui leur procurait une vive consolation. La sainte Eglise le loue de ce déyouement dans la légende du saint (4 novembre). Or, pendant qu'il procurait ainsi aux pestiférés les secours •de la religion, soit par lui-même, soit par ses prêtres, il arriva plusieurs faits miraculeux. Je n'en rapporterai toutefois qu*an seul pour exemple.
11 y avait, en dehors des murs de la ville, un h6pi- >tal dit de saint Grégoire -le-Grand. Là, au milieu d'un ^rand nombre de morts, se trouvait un hommie de ^grande vertu qui n'avait pas encore rendu le dernier .soupir, bien qu'il en donnât tous les signes extérieurs : il avait les yeux fermés et sa respiration avait cessé. vLes fossoyeurs, le croyant bien mort, le placèrent sur le char funèbre et le conduisirent avec les autres au lieu de la sépulture publique. Il y fut déposé sur la terre nue, au milieu d'autres cadavres déjà en putréfaction, et y passa toute la nuit accablé du poids des -corps «morts qu^on avait jetés en tas sur lui ; il devait nécessairement y périr. Le jour suivant, tous ces défunts devaient être enterrés, avec toutes les cérémonies de TEglise, d'après les ordres formels de l'archevêque. Le matin venu, un prêtre de Saint-Grégoire, qui avait la coutume de porter le saint viatique aux moribonds, vint à passer auprès de ces morts. Alors le malheureux dont nous parions se réveille, se remue, lève la tête, parvient à se mettre à genoux au milieu de ces cadavres, et manifeste le désir qu'il éprouve de recevoir le pain de vie, en disant d'une voix plaintive, humble et affectueuse.: ^ Ah ! bon prêtre, par amour pour le Dieu
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que voas avez dans les mains^ daignez me faire participer aa iriès-saint Sacrement : mon ftme en a si grand besoin, ponr se purifler des sonillures da péché et résister aux assauts de Tennemi infernal, afin qn^elle soit en état de se présenter pure et pleine de confiance devant le tribunal du juge étemel. > Il ne pot pas en dire davantage, car la respiration vint à lui manquer; mais ce peu suffisait pour faire connaître le grand désir qu'il ressentait de recevoir avant de mourir Taliment de Timmortalité. Le prêtre, émo de compassion, s^approcba pour lui procurer la consol%|tion qu'il demandait : le pauvre mourant reçnt son Dieu avec le phs profond respect, puis retomba étendu an milieu des cadavres, remercia la divine Providence de ce secoars inattendu et rendit paisiblement son âme à son Créateur, laissant ainsi la plus grande confiance qu'il était monté au ciel, puisque Dieu Tavait tant favorisé, et lui avait procuré le saint viatique par nn moyen si extraordinaire. '
Les Annales ecclésiastiques de Sponde rapportent uni autre fait semblable arrivé à un nommé Henri de Mae^ stricht. Cet homme avait échappé à un terrible incendie, dans lequel il fut brûlé des pieds à la tète et devint; horriblement difforme dans tous ses membres, tellement qu'il paraissait plutôt un squelette qu*nn homma vivant : il n'avait que la bouche intacte, ce qui lui permit de demander et de recevoir le saint viatique. (Spond. Annal,, dinn, U48, n. 14).
n ne serait pas facile de décider lequel de ces deux miracles est le plus digne d'admiratioB, sinon q^ celui de Milan ne nous montre pas seulement l'ardent désir de la sainte communion, mais encore la promptitude
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du prêtre à administrer les sacrements au péril évident de sa vie par le contact avec tons ces cadavres de pestiférés qui exhalaient une odeur mortifère. Ce dernier fait fut bientôt connu dans toute la ville de Milan, et saint Charles, pour #n perpétuer le souvenir , te ût enregistrer dans le livre qu'il intitula : Mémorial à mon peuple chéri. De plus, il en ôt Féloge public dans un concile provincial, devant tout le clergé réuni, proposa ce prêtre comme un modèle de chanté et conclut son discours par ces paroles : c Quel est le fidèle qui ne serait pas toyché d*un pareil exemple? Le bon pasteur donne sa vie pour ses brel»s. t B(mu$ pastor animam suam dai pro ovibus suis,
{Act. EccL Medioi:-^ Giossaro^ Vie de S. Charîet),
XLIl* MERVEILLE.
Olf itiHON TROMPEOU TROMPÉ LUr-MÊME.
Consummata omni tentationet diabohÊf ttceuit ab xllo^
a Après avoir éptilsé fontes ses tentations, le diablt <ie relira. » (Loc, iv, tS)^
Il n'y a point de mystère de notre sainte foi sur lequel le diable rusé et pervers cherche tant à tromper et séduire les âmes que le mystère de la sainte Eucharistie l heureux serions-nous s'U ne réussissait trop souvent ffiaire déchoir de la vraie religion quelques Gdèles trep faibles dans la foi, ou au moins à jeter le doute dans quelques âmes l
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Vn Doblc seigneur de Naples, dont la famille porte un iwm historique, avait contracté une danmable familiarité avec le diable; depuis ce moment il était son esclave soumis et il obéissait ponctuellement aux moindres signes de la volonté de son dur maître, surtout quand il s^agissait de choses mauvaises, comme des amours illicites ou d*autres péchés où la malice et la ruse avaient le plus de part. Souvent le diable se montrait à lui plein de courtoisie et de bienveillance, amenait, à Toccasion, des discours même de piété, tout en élevant des doutes fort subtils sur les divins mystères de la religion. Un jour il le mit sur le chapitre du très-saint Sacrement et fit briller jà ses yeux une foule de sophismes pour lui démontrer que ce mystère répugnait aux lumières d'une saine raison : que c'était une pure invention des prêtres et non une vérité révélée ; qu'en un mot dans Fhostie consacrée il n'y avait ni le vrai corps ni le vrai sang de Jésus-Christ. Le tentateur /énssit si bien dans ses attaques, que ce seigneur demeura une année entière dans la fausse persuasion que l'Eucharistie était une chimère pour servir d'appÀt aux Ames crédules et effrayer le pauvre peuple ignorant.
Le hasard, ou pour mieux dire, la divine miséricorde, voulut qu'un jour ce gentilhomme, sous le coup de cette illusion diabolique, entrât dans une église où QBe niultitudfr de fidèles recevaient la sainte communion, à l'occasion d'un jubilé. Il se prit aussitôt à rire et à se moquer de cette foule crédule et niaise si empressée d'aller recevoir une parcelle de pain. Il eût voulu avoir la permission de prêcher pour les tirer de «ette funeste erreur. Ainsi pensait-il en lui-même, lorsque Dieu, mu de compassion, lui inspira la pensée de jeter
UQ regard sur les personnes qui rentooraient : beau* conp parmi ceux qui s'approchaient de ia table sainte étaient des personnages fort connus pour leurs dignités^ leur sagesse, leur renommée. Ce regard lapide lai fit faire aussitôt ce raisonnement : < Comment osé-je me comparer à tant d'hommes savants, sages et de mœurs rîrréprochables ? comment les croire dans Terrear? n'est-ce pas moi plutôt qui suis le jouet d'une illusion? C'est vraiment une belle prudence que d'ajouter foi, dans un mystère si relevé, au démon qui a coutume de se transformer en ange de lumière. » Rentrant aussitôt dans sa maison il condamnait déjà son erreur, et méditait quelque bonne réponse au tentateur quand il se présenterait. De fait, il lui apparut bientôt, et par ses paroles rusées et ses raisonnements captieux il essaya de le désabuser de la mauvaise opinion qu'il avait conçue de lui, et de lui démontrer de nouveau qu'il était impossible qu'un peu de pain devint la chair, le corps et le sang du Fils de Dieu. Le seigneur se mit en devoir de soutenir la vérité catholique ; et comme sa science était courte, à défaut d'autre preuve il s'appuyait fortement sur l'enseignement de l'Eglise. L'ennemi, voyant sa cause perdue, proposa adroitement une conclusion qui devait rendre le malheureux coupable d'un sacrilège: il lui dit de prendre deux hosties, dont l'une aurait été consacrée, par les paroles du prêtre, l'autre sei*ait da pain ordinaire ; le diable se faisait fort de lui prouver qu'il n'y avait aucune différence entre l'une et l'autre. Le gentilhomme ayant accepté témérairement cette proposition, se rendit, le matin suivant, à l'église muni d'un petit vase d'argent, s'approcha sacrilégement de la sainte table avec le peuple fidèle et reçut dans sa
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bouche une sainte hostie ; puis, se retirant à part il la mit dans le petit vase. Rentré dans sa chambre, il prit nne antre hostie non consacrée qu'il s*était procurée, et aussitôt il appela son esprit familier qui se présenta iocontinent avec un faux air de hardiesse et comme assuré de la victoire. On reprit la question qui avait éfë débattue le jour précédent, puis les de ux hosties forent séparées et ensuite rapprochées et confrontées ; les yeux n'y purent découvrir la moindre différence, t Vous voyez bien, » dit alors le diable d'un air triomphant, f il n'y a que du pain ordinaire ; croyez donc à mes paroles. » Le gentilhomme, un peu confus, lui répondit: « Ne vous fâchez pas si je fais un nouvel essai pour faire voir la différence qui existe entre ces deux hosties. — Faites-en cent , repartit l'esprit infernal, vous trouverez toujours la même chose, i Le seigneur prit alors un bassin d'argent , le remplit d*eau et y plaça les hosties. merveille 1 celle qui n'était point consacrée s'enfla à l'instant, se fondit et perdit bientôt sa première forme, tandis que l'autre demeura au-dessus delà surface de l'eau, parfaitement intègre et sans la moindre humidité. Bien plus, pour mieux manifester qu'elle n'était plus du pain mais le vrai corps dn Sauveur, elle prit visiblement la couleur de la chair, f Voyez, I dit alors notre homme en se tournant vers le démon, < la vérité est évidente, il suffît d'avoir des yeux pour s'en convaincre. Dites donc encore que ce paiu sacré n'est pas le vrai corps du Sauveur. — Erreur,, erreur, « répondit le séducteur en colère : t vous avez les yeux de travers et vous voulez que je voie comme Vous? t Alors ce seigneur, pour s'assurer davantage que ses yeux ne le trpmpaient pas^ prend une épingle et en
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perce avec une crainte respectueuse cette chair divine, et ii en jaillit du sang. A ce coup, le diable ne Touiaot pas être confondu davantage, disparut soudain avec des frémissements et des blasphèmes horribles.
Le chevalier oontril et repentant de son manque de foi, tira respectueusement de Teau la sainte hostie, la remit dans son vase et la rapporta à un chanoiâe de grande vertu, en lui confessant son péché et tout ce qui s'était passé entre lui et le démon. Le chanoine crut qu*il était prudent d'en prévenir Tarchevéque de Capoae, lequel, bien informé, ordonna de déposer Thostie miraeulense dans le trésor de Saint-Janvier. Elle y reprit aussitôt sa forme ordinaire. Le seigneur qui avait été Fobjet de ce prodige abjura son pacte avec le diable, se jQt absoudre de tous ses péchés, et commença dès lors une vie nouvelle qu'il poursuivit Gdèlement dans la pratique de toutes les vertus, et principalement dans une grande dévotion envers la sainte Eucharistie.
(ANC. Màiinus, Bist. ielec. c. 243).
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Là SAINTE EUCHARISTIE TRIOMPHE DES FLAMMES.
Exivit de altari qui habebat potettatem * siÊpra ignem.
a 11 sortit de Tantel un ange qui avait puissance sur le feu » (Apoc. ziv,* i 8).
Les annales de Baronius et de Sponde rapportent un grand nombre de prodiges que la sainte Eucharistie a opérés à Toccasion du feu :^ tantôt Fliostie demeure intacte au milieu des flammes, tantôt elle éteint subitement des brasiers ardents, d^autres fois elle allume d'elle-même des lampes éteintes ; on Ta vue aussi éloigner des églises de terribles incendies qui devaient, selon toute apparence, les réduire en cendres. Entre toutes ces merveilles il en est peu d'aussi authentiques que celle qui arriva, à la vue de tout un peuple, dans nn bourg de la Champagne, le 25 mai i608.
Dans une des chapelles de l'église des moines Bénédictins, on avait exposé le très -saint Sacrement à la vénération publique: l'autel et le tabernacle surtout étaient splendidement décorés d'ornements d'or et d'argent ; de magniQques tapisseries couvraient les murs ; tout le chœur et le sanctuaire reflétaient la vive lumière d'innombrables flambeaux. Mais toutes ces richesses furent bientôt anéanties. Le feu prit, on ne sait comment, à des vieux lambris , et de là se communiqua rapidement et réduisit en cendres non-seulement les
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précîeax ornements de Tantel^ mais encore les boiseries de la chapelle et les travées du toit ; tous les efforts humains furent impuissants pour arrêter Fimpétuosité des flammes, tout devint la proie du feu, à Fexception de Tostensoir qui renfermait la sainte hostie. Cet ostensoir^ d*un travail et d^une richesse merveilleuses, Releva aadessus des flammes et demeura ainsi suspendu dans les airs soutenu uniquement par la vertu de celui qa^il renfermait et qui a posé des lois aux éléments ; et, afin que le miracle fût plus évident, Tostensoir demeura ainsi suspendu durant trois jours entiers, à la grande admiration des habitants. Cet insigne miracle, dont le bruit se répandit comme un éclair dans toute la contrée, attira sur les lieux plus de deux cent mille personnes, tant de la Francerque de la Bourgogne, parmi lesquelles on remarqua de nombreux hérétiques qui nient la présence réelle. Un bon nombre d'entre eux furent convertis à la vraie foi à la vue de ce double prodige de la conservation du très-saint Sacrement aa milieu des flammes, puis de cette élévation continue de Tostensoir dans les airs durant trois jours consécutifs, et ils confessèrent tous avec grande sincérité et en répandant des larmes que Jésus-Christ notre Seigneur et rédempteur est véritablement et substantiellement dans la divine Eucharistie. On peut croire que ce fat dans ce but que Dieu opéra un miracle aussi éclatant. Ce spectacle durait ainsi depuis trois jours, lorsque le prêtre qui avait coutume de célébrer dans cette chapelle devenue la proie des flammes, se présenta pour recueillir cette hostie miraculeuse. 11 apportait un corporal qu'il plaça directement sous l'ostensoir. On vit aussitôt l'ostensoir descendre peu à peu j mais parfois
ILIII^ UERVRILLE. 449
il s'arrêtait immobile dans les airs, aGn sans doute d'être mieax aperçu de cette grande multitude : enûn Tostensoir vint se placer sur le milieu du corporal, eomme dans un lieu déjà consacré par le contact du divin Sacrement. Alors io prêtre tira respectueusement riiostie de l'ostensoir, au milieu des crb de joie de tout ie peuple, et la reporta processionnellement dans un labemacle qu'on avait magnifiquement décoré. Elle s'y conserva longtemps, pour le glorieux souvenir d'un si mémorable événement. Le père Théophile Biiynaud a rapporté ce nairacle, ainsi qu'un autre arrivé peu auparavant, d'une hostie qui avait xépandu du sang, pour confondre un hérétique, et les a célébrés par les vers solvants:
Impie, quid dubitas bominem Deumque fateri?
Se probat esse homiDem sanguine, et igné Oeum«
« Impie, comment oses-tu encore douter que celui qui est dans cette hostie est à la fois Dieu et'homme? Par ce sang qu'il répand il prouve qu'il est homme; par ce feu qu'il éteint, il démontre qu'il est Dieu. »
(P. THEOPh. RayNaud, Euchar., de Candel Sanct. sect. viii, 9).
LE VASE EUCHAEISTIQDE UIBACULEOSEUENT POBTÉ SUB L^EAU.
Spfrttu* Domini fèrebatwr super aquu.
« L'Esprit du Seigneur planait au-dessus des eaux. » (Gbr. i, 5).
Ce prodige du feu que nous venons de raconter est fort admirable sans doute, les eaux ne se sont pas montrées moins respectueuses envers le très- saint Sacrement : tantôt elles se sont affermies comme le cristal pour soutenir Tadmirable sainte Christine de Liège, qui, fortifiée par la sainte communion, traversa à pieds-seCs le grand fleuve de la Meuse sans mouiller même le bas de sa robe; tantôt, au milieu d^une grande pluie, elles ont respecté saint Pierre d*Alcantara qui célébrait dans une forêt sansqu*une seule goutte tombât sur Fautel ; d'autres fois, renouvelant le .miracle des noces de Cana, elles se sont changées en vin, pour permettre de célébrer les saints mystères au bienheureux Thomas, de Tordre des CamaJdules, au bienheureux Simon Stock, et au bienheureux Jean Bono, de Tordre des Aagustins. Mais je me contenterai de rapporter ici le prodige des eaux qui très-fîdèlement portent les vêtements sacrés du prêtre, et rapportent le très -saint Sacrement.
Le saint abbé Senan menait une très-sainte vie dans une petite lie d'Irlai^de appelée Istiat; il était aussi uni
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au ciel qu'il était séparé de la terre. Daus une aatre partie du même pays, sur les bords du fleu?e Senyo, sainte Brigide, grande servante de Dieu, habitait un petit ermitage et goûtait mille délices dans son désert. Une seule chose lui causait de la peine, c'était d'être privée de la sainte communion, dont elle était saintement affamée. Pour calmet en quelque chose sa douleur, elle s'occupa à façonner une belle chasuble avec la matière qu'elle avait sous la main. Elle la destinait à saint Senan, dont elle connaissait la demeure, pour qu'il s'en revêtît au saint autel. Lorsque l'ouvrage fut achevé, elle ne savait comment le faire parvenir au saint abbé ; elle n'avait ni barque ni porteur. Elle prit alors le parti de s'en remettre à la divine Providence ; et ce ne fut point en vain : Dieu lui inspira un moyen ^ bien admirable de parvenir à son but : elle eut l'idée de faire un léger berceau avec de petits branchages, dans lequel elle enferma avec grand soin le vêtement sacré, avec une petite lettre par laquelle elle suppliait le saint de se servir de cette chasuble qu'elle avait faite pour lui et de lui renvoyer en échange, avec le berceau, une hostie consacrée; car elle brûlait, disait-elle, dji désir de communier. Elle ferma le tout avec grand soin et le con6a au fleuve après avoir fait sur les eaux le signe de la croix et s'être recommandée de tout son cœur jau Dieu qui commande aux vents et à la mer. Chose /admirable! cette barque d'un nouveau genre, sans pibte ni gouvernail, descendit lentement le fleuire jusqu'à on vaste bras de mer, le traversa paisiblement, et innt s'arr^r sur la rive tout près de Toratôire du saint jabbé. Senan averti par une révélation du ciel envoya
fon diacre sur le bord de la mer pour recueillir ce prêta
i$% XLIV* MERVEILLE.
sent céles(te. Le messager trouva snr le bord de Feâo ce bateaa d*one construction tout extraordinaire et rapporta aa saint «ibbé. Gelni-cir lut la lettre, se réjouit l)eaucoup du présent qu*on lui faisait, et voulut se servir de cette chasuble pour la messe du lendemain. Songeant ensuite au mojen de témoigner sa reconnais- «ance à sa bienfaitrice, il se sentit intérieurement pressé ■de condescendre au désir qu'elle lui avait exprimé et de loi envoyer la sainte Eucharistie par là mênie voie qui lui avait amené la chasuble. Il faisait là une action que dans ces heureux temps de foi, simple et naïve, les canons de TEglise n'avaient point encore prohibée et que les saints se permettaient quelquefois par inspiration divine. Saint Senan déposa donc la sainte hostie dans un petit vase' convenable qu'il enferma soigneusement dans le petit berceau de sainte Brigide, la conGa à Tonde, en la recommandant aux soins de la divine Providence, et après ravoir bénit de sa main il lui ordonna de retourner vers la sainte.
Le berceau reprend sa course sur les eaux de la mer, la traverse paisiblement, rentre dans le fleuve qui baigne Termitage de la sainte et vient y aborder sans encombre. Brigide, qui était dans une anxieuse attente, aperçoit de loin s©n berceau voguer sur Teau, court au rivage, ouvre la nacelle et y trouve le trésor incomparable qu'elle désirait si ardemment. Elle se sentit ravie de joie, et on ne pourrait exprimer avec queUe révérence, avec quels transports d'amour elle adora son Dieu caché dans cet^ hostie. Après avoir satisfait à sa tendre dévotion pour se préparer à ce céleste festin, elle prit la particule sacrée avec les plus vifs sentiments de foi, de respect, d'humilité et d'amooP
XL^« MERVEILLE. i53
et la porta à sa bouche pour en nourrir son âme. C'est ainsi que le Seigneur Jésus porté sur les eaux alla visiter sa bien-aimée pour se donner à elle en nourriture ; c'est ainsi qu*il accomplit la promesse qu*il a faite par sen prophète : Ecce ego ipse requiram oves meas, et vi— sitabo e&s; ego pascam oves meas, c J*irai moi-môme à la recherche de mes brebis, je k» visiterai, je serai leur nourriture. » (fizech. xiziv, il).
{Acta SS. Mart. vila S. Smani).
SUABEZ RESSUSCITÉ POUR DONNER LÀ COliMUNION A UN VOYAGEUR.
Dédit quoidam doetàre», in opui minitU' riif <n itdifietUiotum eorpori» Christi.
« Il en a établi qatlqaes-uas doetears, pour rœuvre do ministère, poar former le corps da Christ. » (En. it, U).
Il serait difficile de décider ce qu'il y a de plus remarquable dans rillustre théologien François Suarez, OU sa grande piété et son tendre amour envers le trèssaint Sacrement, ou bien la manière admirable dont il ' a écrit et fait connaître les grandes merveilles de ce profond mystère. Ce qui est hors de doute, c'est que, soit comme écrivain, soit comme adorateur de la sainte Eucharistie, il fut favorisé par Dieu de grâces surnaturelies, d'extases, de ravissements et du don de prophé-
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tie. J*ajoote que, comme iX le déclarait lai-méme, il faisait plus de cas des moindres sentiments de dévotion qnll épronyait qae de ces flots de lumière et de science qiù coulaient de sa plume. Mais laissant à d'autres Fexamen et la solution de ce problème, nous noas eontentons de rapporter une grande merveîtle dans laquelle il fut acteur et qui se rapporte à notre sujet.
Le frère Jérôme^de Sjlva, de la compagnie de lésas, portier du collège de Goîmbre, eut le bonheur de voir ce saint père Suarez élevé dans Pair après avoir célébré la messe et tout inondé de rayons célestes qui sortaient des cinq plaies d*un cruciGx. Aussi il avait une tello vénération pour ce père qu'après sa mort il se recommandait fréquemment à lui avec ferveur et confiance. Dieu agréa cette dévotion et lui en donna des preuves par la faveur que nous allons raconter.
Vingt ans après la mort de Suarez, c'est-à-dire en Fan i 637, le frère Sylva, déjà vieux, se trouvant dans la ville de Porto, fut pris pour compagnon de voyage par le père Antoine de Layna , recteur du collège de cette ville, qui allait faire une absence de quelquesjours pour le salut du prochain < Sur ces entrefaites arriva la fête de la Présentation de la très-sainteVierge au temple. Le frère aimait beaucoup cette solennité et ne manquait jamais d'y communier ; car il avait pour Marie une singulière dévotion. Mais cela n'était pas possible, car ils se trouvaient pour lors dans une vaste forêt. Gomme le père recteur était à cheval, il avait pris les devants, et le frère marchait derrière à une certaine distance, tout désolé de ne pouvoir satisfaire son désir. En marchant ainsi, il aperçoit un ermitage abandonné : il se sent inspiré d'y pénétrer pour soulager son cœur dans de
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pieuses effusions. A peine y est-il entré qn'il voit de ses propres yeux s'ayancer Vers lui revêtu d«s habits sacerdotaux le père Suarez avec lequel il avait vécu de si longues années. Il tenait dans sa main gauche un beau vase d*or, et, jetant sur le frère un doux r^ard, il lui dit : « Voici que le miséricordieux Seigneur Jésus m'envoie vers vous dans cette fôte de sa sainte mère pour vous accorder la grâce que vous désirez si vivement. > En même temps il tira du vase une hostie consacrée, et la lui donna. Cela fait, il le bénit amoureusement et disparut aussitôt. Le frère, au comble de la joie, demeura quelque temps plongé dans une extase d'amour, rendant de trè.s-ferventes actions de grâces tant â la bonté divine qu'au saint religieux. Il lui fut bien dur de se séparer des doux embrassements de son bien-aimé pour se remettre en route, mais il connaissait les lois de la sainte obéissance : il se leva donc, doubla le pas et rejoignit son supérieur. Celui-ci, qui Pavait un peu attendu et ne pouvait soupçonner la cause de ce retard, lui en fit.quelqqes reproches. Le frère les accepta avec paix et môme avec joie, sans faire connaître la merveille'qui s'était opérée, et poursuivit sa route, le tteur inondé de délices en contemplant la grand bienfait qu'il avait reçu , et le visage tout rayonnant de joie.
De retour au collège de Porto, nos deux voyageurs trouvèrent un billet adressé au père recteur par une religieuse de Sainte-Claire, qui était en odeur de sainteté dans toute la contrée et que Dieu favorisait singulièrement. Dans cet écrit on, recommandait de prendre un soin particulier du frère Jérôme de Sylva, qui faisait de tels progrès dans la vie spirituelle, que Dieu avait
i^ XLV1« MERVEILLE.
daigné envoyer du ciel le père Suarez pour lui donner la sainte communion. Sur un tel avertissement, le recteur fit venir le frère Sylva et lui compaanda en vertu de la sainte obéissance de lui manifester tout ce qui lui était arrivé Un tei jour. Le pauvre frère, consterné et fort humilié, mais très -soumis à Tobéissance, raconta la chose telle qu'elle s'était passée et comme nous Tavons rapportée. Cet événement donna à tout le monde la plus haute idée de la dévotion du père Suarez envers le très-saint Sacrement, puisque, entre tant de grands serviteurs de Dieu qui vivaient alors sur la terre et tant de bienheureux qui régnaient dans le ciel, il avait mérité d'être cl^oisi pour administrer la sainte Eucharistie à un saint religieux.
(J. Maffei, Vie du P. Suarez, ch. Si; 34).
XJ.VI- MERVEILIE.
UNE BÊTV EiE SOMME VÉNÈRE LB TRÉS-SAINT SACREMENT.
Doeet nos tttper jumenta terrœ.
a Di»a nous instruit même par les béte»
de somme. » (Joi xxxv, ii).
Le saint roi David avertit les pécheurs de ne pas se rendre semblables aux animaux qui n'ont poiat d'intelligence : Nolite fieri sicut equus et mulus, quitus non est intellectus. (Ps. xxxi, 9.) Malheureusement trop souvent il serait à désirer que certains impies pu hérétiques fussent semblables aux bétes, puisque Dieu so
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sert quelquefois de celles-ci pour montrer à ceux-là le respect qui est dû au très-saint Sacrement. En l'année 1453, le 6 juin, la ville de Turin fut témoin d*un miracle |de ce genre, et le récit authentique en fut bientôt connu par toute la France et Tltalie.
Une dispute s'était élevée entre des Français, des Savoisiens et des Piémontais à l'occasion du prix de certaines marchandises : elle devint si vive que le bourg dlviglio fut' livré à un horrible pillage, dans lequel on n'épargna même pas les églises et les choses saintes. Un forcené, plus audacieux que les autres et probablement hérétique, entra dans Téglise, s'avança jusqu'au maître-autel , et, sans respect pour le trèssaint Sacrement, força le tabernacle, qui était de bois précieux artistement sculpté, et emporta avec lui la custoçle d'argent qu'il renfermait et dans laquelle se trouvait l'hostie consacrée ; puis il cacha le tout dans un ballot de marchandises et le chargea sur son mulet, pour en faire ce que Dieu seul sait. Cet homme se mit aassitût en route avec son butin sacrilège et traversa ainsi Suse, Vigliano et Rivoli sans mésaventure : Dieu, pour opérer ses merveilles, attendait un théâtre plus vaste et plus convenable. Il entre à Turin : mais, à peine était-il- arrivé devant l'église de Saint-Sylvestre située au milieu de la ville, que le mulet s'arrête et plie les genoux jusqu'à terre en signe de respect. Aussitôt, sans que personne y portât la main, le ballot de marchandises s'ouvre de lui-même : le tabernacle sort de son enveloppe, s'élève dans les] airs et y reste suspendu, entouré d'une lumière plus éclatante que celle du soleil. Le muletier, aussi effrayé qu'étonné, ?oujâssait de voir son indigne larcin découvert ; car il.
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ne pouvait plos le dissimuler. En effet, cette apparition d*uii tabernacle rayonnant au milieu des airs au-dessus de la ville, jeta tous les habitants dans une stupéfaction qui ne se peut exprimer, et presque tous s'assemblèrent en un instant devant Téglise.
Au milieu des spectateurs se trouvait un «aînt prêtre nommé Barthélémy Ciconico : persuadé que ce prodige ne pouvait avoir que Dieu seul pour auteur, il alla sur-le champ en donner avis à l'évêque Louis llomagnano. Le prélat, après s'être inforpaé du feit et de ses circonstances, convoqua son clergé et se rendit au lieu indiqué précédé de la croix. En y arrivant, il fléchit les genoux pour adorer le très-saint Sacrement. Au même moment le tabernacle se met à descendre doucement au milieu du clergé : mais la sainte hostie demeurait suspendue dans les airs, répandant de toutes parts une lumière éblouissante.
L'évêque, comprenant alors que Dieu ne voulait pas que ce trésor divin descendit sur la terre nue, se fait apporter un calice, le tient élevé au-dessus de l'hostie : elle descend aussitôt du haut des airs et vient se poser sur le bord, puis dans Tiatérieur du calice, aux applaudissements de la multitude. On entonne alors des chants d'allégresse et de reconnaissance, et on se rend processionnellement à l'église cathédrale, où Ton mit à paurt cette hostie miraculeuse en un lieu convenable. Peu après on fit un tabernacle fort élégant et d'un grand irix pour l'y renfermer.
Elle y fut conservée longtemps, et toujours entourée de la plus grande vénération du peuple. Pour en perpétuer le souvenir, on construisit dans cette église une chapelle splendide du Corpus Domini, où Ton peignit
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TadmirablQ prodige que noas venons de raconter, et Ton y érigea une confrérie du très-saint Sacrement dans le but de réparer par ces hommages et ces dévotions les outrages que reçoit trop souvent, hélas I la sainte Eucharistie.
(^zovics, ann. 4453, n. 46).
GQNDikUNÂTTON MEBVEILLEDSfi DE L^CCEPTION DES PERSONNES DANS L^ADMINISTRATION DES SACREMENTS.
NoUte in personarum acceptione ht^erê fidem.
« Que voire fol ne fasse pas ceception des personnes » (Jac. ii, 2).
Dans l'administration des sacrements on ne doit point avoir égard au rang et à la qualité que les personnes tiennent dans le monde. Nous pouvons apporter en preuve de celte vérité une des merveilles les plus extraordinaires qui se rencontrent dans les annales de l'Eglise. Nous l'empruntons au Miroir historial de Vincent de Beauvais.
Un curé, qui malheureusement n'avait de pasteur que le nom, avait dans sa paroisse deux malades en danger de mort: l'un était riche et noble, et l'autre une pauvre veuve bien misérable^ Lorsqu'on vint le chercher pour le personnage susdit, il se rendit en toute hâte à son château, entendit tant bien que mal une confession telle quelle, afin, disait-il, de profiter du
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temps et de ne pas fatiguer le malade. Mais ensuite, sans se mettre en peine du temps ni de la' gravité de Fétat du gentilhomme, il lui tint de longs discours flatteurs et fort déplacés dans la bouche d'un prêtre et en une circonstance aussi critique ; il lui donna même une espérance assurée de sa prompte guérison, bien qu'il fût condamné par les médecins. Toutes ses paroles semblaient dictées par la. charité; mais on s'aperçut aisément que la ruse et Thypocrisie jointes à un vil intérêt les lui avaient toutes inspirées. Au même moment on vient lui dire que la pauvre veuve touchait à sa fin et qu'elle demandait instamment les sacrements de FEglise. Mais il ne daigna pas même répondre au messager de la veuve. Le vicaire, qui était présent, fort étonné d'un refus aussi dédaigneux, lui représenta doucement et à l'oreille que son devoir l'appelait auprès de cette pauvre femme pour la soulager, la consoler et la disposer à paraître devant Dieu ; il l'engagea donc par d'hbmbles supplications à se rendre en son logis, ajoutant que son ministère était pour le moment inutile auprès du malade, qu'il avait confessé. Le curé, indigné de ces observations si justes, en reprit vertement son vicaire, et finit par lui dire : c Voyez vousmême s'il est convenable d'abandonner pour une vile femmelette un noble personnage. » Le zélé vicaire, sans i'émouvoir, fit de nouvelles instances; mais voyant qu'elles ne servaient qu'à irriter davantage son curé, il le pria de lui permettre au moins,de le remplacer pour cette fois et d'aller administrer cette pauvre femme. Le îurA, plutôt pour se débarrasser d'un censeur importun que par zèle pour les âmes, lui donna la permission qu'il sollicitait. Le bon vicaire se rend aussitôt à l'église,
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prend le très-saint Sacrement, et dirige ses pas vers la maison de la veuve. C'était une pauvre chaumière délabrée et dépourvue de tout ameublement ; la moribonde gisait sur un méchant grabat, privée de tout secours et plongée dans la misère, et la violence du mal la mettait comme hors d'elle-même. Le bon prêtre, à la vue de telles souffrances et d'une si grande indigence, né put retenir ses larmes; il se rappela aussitôt le puissant seigneur qu'il avait laissé dans son palais , quoique souffrant, jouissant de toutes les consolations humaines, entouré de serviteurs empressés, de médecins habiles et d'amis dévouée ; et il avait là devant les yeux une veuve pauvre, délaissée, en proie à la souffrance, sans tx)nsolation aucune. Mais il s'aperçut promptement qu'il était dans l'erreur et que ce chétif réduit était pour lors la résidence de personnages tout autrement nombreux et illustres que ceux qu'il avait vus dans la maison de l'autre malade. En effet, lorsqu'il s'apitoyait ainsi sur le triste sort de cette veuve, il vit un grand nombre de vierges bienheureuses venues du ciel pour l'assister et la consoler, et qui lui servaient de gardes etd'inOrmières. Bien plus, il vit la mère de Dieu elle-même, la reine du ciel, essuyer de sa propre main avec un linge la sueur froide qui baignait le front de la pauvre moribonde. Cette âme avait mérité de telles faveurs par sa vie pieuse et pleine de bonnes œuvres et par sa tendre et constante dévotion à la très-sainte Vierge. Le prêtre, saisi et comme effrayé à la vue de tant de merveilles, demeurait immobile à l'entrée de la chaumière; mais la glorieuse Vierge, le regardant d'uti œil de bonté, s'approcha de lui, rendit d'abord hommage et aiioration au très-saint Sacrement qu'il tenait
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dans ses mains, en fléchissant les genoux et inclinant le front jusqn^à terre ; en quoi elle fut imitée par tout son céleste cortège. Le vicaire, toujoprs ému du spectacle qu*il avait sous ses yeux, n'osait s'approcher da lit de la malade : mais la très-sainte Vierge Tencouragea à accomplir son auguste ministère et à donner le viatique pour réternité à cette âme qui l'attendait avec de si ardents désirs. Â peine eut-elle reçu le corps du Sel* gneur, qu'dle quitta cette habitation terrestre pour s'envoler vers les régions éthérées, au milieu de chœur de vierges ajant à leur tête leur auguste reine. Le prêtre, ravi au delà de toute expression, de tout ce qu'il venait de voir et d'entendre, songea enGn à retourner dans la maison du riche, où il espérait recevoir aussi la consolation des bonnes dispositions du mourant. Malheureusement un spectacle toiit différent devait frapper son esprit, et lui donner une nouvelle et terrible preuve de la différence qui existe entre ceux qui se disposent comme il faut à la réception des sacrements et ceux qui ne craignent pas de les recevoir indignement.
Cet infortuné avait bien, il est vrai, confessé ses fautes, mais il n'en avait pas conçu une sincère repentance, et n'avait nul ferme propos de s'amender, parce qu'il ne s'était pas préparé comme il devait, à ce sacrement. C'est pourquoi Dieu permit qu'il tombât entre les mains d'un curé peu zélé et présomptueux, et qui, n'ayant en vue que son propre intérêt temporel, se mit peu en peine d'assurer le salut de son pénitent en le disposant, par une bonne confession, à recevoir dignement le saint viatiqne. Aussi, en PentreteiiaDt dans le fol espoir d'une prompte guérison et d'une longue vie,
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espoir dont les mourants se bercent trop souvent jnsqu*à la ia, ce prêtre ne contribua pas peu à le détourner des < ndotaires pensées qui pouvaient le ramener et le conduire à Dieu. Or, lorsque le vicaire arriva au château, plein du désir et même de Tespérance de sauver um autre ftme, un spectacle formidable vint frapper ses regards. En entrant dans la chambre du malade, il vit tout autour du lit plusieurs chats noirs qui sautaient et Causaient près de ce pauvre homme et menaçaient de rétrangler.Le malheureux se débattait péniblement contre ces animaux, et d*une voix lamentable il criait : f Chassez, chassez ces chats. > Au milieu d*eux il voyait on grand nègre difforme et horrible qui tenant à la main une longue fourche, l'enfonça dans le gosier du monrant, et comme il i*en arrachait violemment, son &me quitta en même temps son corps ; et, saisie aussitôt par ces suppôts du diable , elle fut jetée dans les noirs abîmes^
(VmCENT DE BEâUTAIS, JftfOt'f hUtOfial, 1. TUb
(1) Nous devons prévenir le lecteur que ce récit a été plus oi moins amplifié par divers auteurs, mais le fond historique n*ea a nullement été altéré. (U TainvcrBua).
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XLVIIP MERVEILLE.
Excès d'amodr et de jubilation envers