‹ Les Merveilles Divines dans la Sainte EucharistieChapitre 16 sur 35 · LES MERVEILLES DE DIEU DANS LE SAINT SACEIFICB DE LA MESSE · texte numérisé non relu

LES MERVEILLES DE DIEU DANS LE SAINT SACEIFICB DE LA MESSE

UN aOI ET TOUTE SA CODB œNVERTIS PAR UNE APPABITION DE NOTRE-SEIGNEUR A LA SAINTE MESSE.

Kegeg videbunt et adorabunt Dominutn.

a Les rois verront et adoreront Je Seigneur. (Is. xiT, 7).

La foi est le premier des dons de Dieu dans Tordre surnaturel, c'est le principe de notre justification, c'est par là aussi que nous ouvrirons le récit des Merveilles de Dieu dans le saint sacrifice de la Messe.

Au milieu du xiii® siècle , au plus fort de Théroïque croisade de 800 ans , au moyen de laquelle la catholique Espagne reconquit son indépendance, le prêtre Jean Perez tomba entre les mains des Maures do royaume de Murcie , et fut amené devant Fémir Zeit- Àbulet. a Qui es-tu ? » lui demanda le roi barbare : car son babit différent de celui des autres habitants et oa certain air de dignité répandu sur son visage démontraient assez qu'il n'était pas d'une condition ordinaire. « Je sub chrétien et {)r6tre, répondit Perez avec intré-

pidité. — Qu'est-ce qi\e le prêtre chez les ehr^tiens> repartit Abulet, .quel est son pouvcfir? quelle est soa autorité? — Le prêtre du vrai Dieu, dit alors Ferez , remplit un ministère sublime : son pouvoir surpasse celui des plus grands potentats ; il peut, au moyen de quelques paroles changer le pain dans le corps du roi du ciel et de la terre et le vin en son sang. > Le roi et ceux qui Tentouraient souriaient à une telle déclaration» qu'ils prenaient pour une pure forfanterie, et répétaient à Tenvi que la chose était de toute impossibilité ; puis ils se mirent à manifester hautement le désfr de voir une action si mystérieuse. Le prêtre se sentit intérieurenoent pressé de condescendre à leurs désirs : mais comme il n'avait rien de ce qu'il fallait pour ofTrir le sacriGce, ni vêtements sacerdotaux, ni vases sacrés, ni les autres choses indispensables, il fit savoir à l'émir qu'il célébrerait la messe pourvu qu'il envoyât à la ville voisine un messager auquel il donnerait unç lettre de recommandation, et qui lui en rapporterait tout ce dont, il avait besoin. Le roi désirait si vivement la chose qu'il dépêcha sur-le-champ un courrier à Cuenta. Quelques jours après le messager était de retour et apportait tout ce qu'on avait demandé. Donc, le jour de la Sainte- Croix, le prêtre se revêt des ornements sacrés et se disposée commencer la messe. Mais, au moment démonter, à Faute], il s'aperçoit qu'il y manque l'image du Sauveur attaché à la croix. 11 s'arrête fort attristé, et se demande s'il doit, malgré cela, commencer la sainte action du sacrifice. Mais la divine Providence, qui voulait opérer des merveilles dans la célébration de cette messe , vint aussitôt dissiper ses anxiétés. Deux anges,, à la vue du roi et de sa cour, entrèrent par la fenêtre de

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la tour où tout le roonâe était assemblé , se dlrigèreat vers Tautel et remirent entre les mains du prètfe une fort belle croix en le prévenant qu*dle contenait une parcelle du bois sur lequel le Sauveur fut crucifié^ pré» sent de Robert, patriarche de Jérusalem : circonstance qui ne contribua pas peu à ranimer la dévotion du ministre de Dieu à Tautel. Cependant Témir considérait tout ce qui se passait à Tautel avec une attention singulière : son cœur était sous le poids d'une impression dont il ne se rendait pas com]pte; le prêtre revêtu des ornements sacrés lui paraissait plus qu'un homme. Mais il fut comme hors de lui lorsque, le célébrant ayant prononcé les paroles de la consécration, il vit dans rhostie un très-bel enfant environné de rayons de lumière. Cette lumière extérieure qui frappa ses regards n'était qu*une faible image de Tillumination soudaine qui se répandit en même temps dans son esprit et dans son cœur , et lui fit comme toucher au doigt la vérité des mystères de notre foi. Après la messe , il alla trouver le prêtre, lui exposa ce qu'il avait vu pendant le sacrifice et les sentiments qui l'animaient pendant ce moment, et le pria instamment de l'instruire lui et sa cour, de tout ce qui concerne la religion chrétienne. Le missionnaire se hvra avec zèle à leur instruction ; et pen de temps après l'apparition de Notre^Seigneur dans reucharistîe , il eut la consolation de conférer le baptême au prince , aux grands du royaum'e et à ano grande partie du peuple. Le roi Zeit donna jusqu*à la fin de sa vie les plus grands exemples de vertu , et à l'âge de 82 aifs, le joar de la fête de la Sainte-Croix, anniversaire de Fapparition miraculeuse , il termina heureusement sa carrière dans la paix du Seigneur.

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C'est ainsi que fut glorifiée notre sainte foi, aibsi fut étendu le royaume de Jésus-Christ. Cette croix merveilleuse a été conservée avec un soin religieux ; toute TEspagne l'entoure d'une grande vénération : c'est la célèbre croix connue sous le nom de croix de Caravaca.

(AtPH. Gucomiios. De Signis S. Crucis, p, n, I. 2o, c. 23).

LXin* MERVEILLE.

LA VALBUR d'ONB MKSSE SOURCE D*UN GRAND BIENFAIT.

Emti ettis pretio magno.

«Vous avei été acUetés A un grtndprls.»

(l Coft. vt, SO).

C*est la doctrine universelle de l'Eglise, consignée dans les écrits du docteur angélique saint Thomas, et do docteur séraphique saint Bonaventure, que le saint saciûfîce de la messe a par lui-même une valeur infinie, puisque on y ofi're à Dieu le corps et le sang de celui qui est vrai Dieu et vrai homme. Et cependant il est des chrétiens, hélas ! trop nombreux, qui en font peu de cas et s'en privent sans scrupule pour un vil intérêt; , comme si leur Intérêt le plus cher, pour ne pas dire Tanique, ne devait pas être celui de leur âme qu'ils 8*exposent ainsi à perdre éternellement; tandis que oenx qui savent estimer et apprécier le divin sacrifice y puisent sans cesse d'abondantes grâces de salut. L'une et Taotre vérité se trouvent confirmées par un prodi-

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gieux événement qne nous allons raconter d*aprèsle témoignage d'une autorité irréfragable, le cardinal iEneas Sylvius, qui fut plus tard le pape Pie H.

Un grand seigneur d^AlIemagne était en proie à une npire mélancolie et sans cesse poursuivi par Thorrible projet de se suicider^ pour^se débarrasser des ennuis de la vie. Mais Dieu^ qui n'abandonne jamais les siens, lui inspira la pensée d'aller découvrir à un sage religieux la tentation qui l'obsédait et lui Gt trouver dans cette humiliation et dans les conseils qu'il reçut de ce prudent directeur le remède qui le guérit de sa tristesse et l'arme qui lui donna la victoire sur Sataa. Or, le conseil que le saint prêtre lui donna c'était de ne laisser passer aucun jour sans entendre la messe, et il l'assura qu'il puiserait daas les mérites infinis de ce sacrifice la grâce de dissiper le trouble et Tagitation de son esprit. Le chevalier accepta cette proposition avec grande jok et se mit à l'œ livre éans tarder. Sa résolu^ tion de ne jamais manquer d'entendre la messe fat prise d'une manière irrévocable; et pour n'y pas être infidèle, il eut désormais un prêtre parmi les gens de sa suite et de sa maison. Cette droiture de cœur et cette générosité de résolution lui obtinrent les heureux fruits qu'il en espérait : il fut peu tourmenté par les tentations de désespoir, et il triompha aisément des autres qui loi Burviarent, quel qu'en fût l'objet ou l'intensité, de sorte que son âme goûtait la paix et le bonheur, après avoir été si violemment agitée. 11 arriva qu'un jour le chapelatn de ce seigneur partit de grand matin pour aller, dans «n vilk^ voisin, assister un prêtre pour sa première messe. Le seigneur, craignant d'être, ce jour-là, exposé à ne point entendre la messe , se rendit aa

môme lieu 9 espérant assister à une messe pour le moins^

Chemin faisanl, il fit la rencontre d*un paysan de sa connaissance, qui après Favoir interrogé sur son dessein, lui dit: « Vous pouvez retourner sur vos pas, . je viens de Féglise, la messe est terminée, et c^est la dernière pour aujourd'hui, i Ces paroles plongèrent le bon gentilhomme dans la tristesse et la désolation : < Quel malheur I s'écria-t-il, moi qui ai promis à Dieu d'entendre tous les jours la sainte messe; j'en suis privé aujourd'hui; quel moyen pourrai-je trouver pour y suppléer ? — Ce n'est pas bien difficile, repartit le p^san, donnez-moi votre manteau, et je vous cède à l'instant la messe que je viens d'entendre. » Notre gentilhomme crut, dans sa simplicité, pouvoir faire un tel pacte : il se dépouilla donc de son manteau et le donna au paysan, dans Tintention de montrer à Dieu qu'il avait la meilleure volonté de tenir sa promesse. Le paysan, au contraire, imitant en quelque sorte Judas et Simon le magicien, et aveuglé par la soif d'un misé-* rable gain terrestre, commettait une faute grave, en estimant de moindre valeur qu'un vêtement les ineffables mystères du corps et du sang de Jésus-Christ. Mais il ne jouit pas longtemps de son sacrilège échange. Le gentilhomme, se trouvant peu éloigné de l'église du village, s'y rendit pour prier Dieu et le remercier. En retournant au château, un horrible spectacle s'offrit à sa vue: le paysan cupide et impie était pendu à un arbre, et ses traits contractés laissaient apercevoir toutes les marques du désespoir. Le malheureux avait mérité que la tentation du pieux seigneur s'attachât à 8on âme et qu'il y succombât, privé qu'il était par sa

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faute des secours qu'il avait puisés dans Tassistance à la

messe. Le gentilhomme en prit occasion de bénir Diea

des grâces admirables qu'il lui avait ménagées dans le

saint sacrifice et de le confirmer de plus en plus dans

ses résolutions. *

(JEitEis. Stlvios, Detci, Europa, c. Si)^

LES HOBS s'fiNT|t*<K)VBENT AU MOMENT DE L'ÉLÉVATION.

In foraminibus pftrtc ostenda miM faeùm tuam.

« Dans l6s trous de la pierre moDUtsmol votre faee. » (Cait. ii}.

Ni la distance des lieux, ni tout autre obstacle matériel ne peuvent empêcher le Seigneur de se commaniquer à ceux qui Taiment de tout leur cœur ; il a fait souvent des prodiges pour leur permettre d'assister à la messe, quoiqu'ils fussent corporellement absents de l'église.

Frère François de Durazzo, convers de l'ordre sénphique de Saint-François, au couvent d'Oiera et préposé à l'office de la cuisine, avait une dévotion eztraordinaire pour le saint sacrifice, et aurait volontiers passé toute la matinée à servir la messe, si son ofiice le loi avait permis. Quoiqu'il s'acquitt&t avec soin de son eoh ploi, il s'échappait néanmoins de la cuisine le plos qu'il pouvait pour entendre ou servir un plus gtaxA

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nombre de messes. Or, il arriva-un jour qu'en rentrant à la cuisine, il trouva les aliments, préparés pour le repas de la communauté, entièrement perdus. D'autant plus désolé de ce fâcheux accident, que les frères avaient jeûné ce jour-là, il va en faire sa coulpe au père gardien. Celui-ci, après Favoic admonesté comme il devait, lui défendit de sortir de la cuisine après avoir entendu une seule messe le matin. Le bon frère obéit ponctuellement àTinjonction de son supérieur; mais il gémissait de ne pouvoir plus satisfaire sa dévotion et consoler son jâime en visitant Tauguste Sacrement. Il s'en dédommageait cependant en quelque sorte, en s'unissant de cœur et d'intention aux messei qui se célébraient à l'église : lorsqu'il entendait sonner l'élévation, il se prosternait à terre et adorait profondément le Seigneur Jésus, qui alors descendait du ciel sur Fautel. £t Dieu, pour témoigner combien ces pieux hommages de son serviteur lui étaient agréables, daigna opérer un prodige metveilleux. Un jour de fôte, dès qu*il entendit le son de l'élévation de là grand'messe, il se prosterna, selon sa coutume, tourné vers l'église et fit à Dieu cette prière : c Seigneur, mon Dieu, la sainte obéissance ne me permet pas d'aller vous voir et vous adorer, ce qui me prive de la grâce et de la consolation que j'éprouvais en assistant à la sainte messe. Mais béni spit toujours votre divin vouloir. > A peine avait-il achevé sa prière que les quatre murs qui séparaient la cnisine de réglisB s'entr'ouvrirent, et par cette ouverture il put commodément voir le prôlre à l'autel et Télévalion de riiostie et du calice, et rendre ses humbles liommogC3 à son Sauveur, Les murs se rejoigni-

ïenl ensuite, comme ifc^ étaient auparavant : il resla

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cependant au lieu même de Touverture miraculeuse, comme pour en perpétua le souvenir, certains indices qu\)n peut apercevoir encore aujourd'hui au susdit couvent ë'Oiera, où Ton conserve le corps de cet admirable serviteur de Dieu. ,

La bienheureuse Jeanne de la Croix, religieuse du même ordre en Castille, reçut du ciel une faveur À peu près semblable. Un jour qu'elle se confessait pendant la messe conventuelle, son confesseur lui dit d'aller vite à Tadoration du très-saint Sacrement. Elle partit aussitôt, et comme elle arrivait dans une loge oontignë à l'église, elle entendit sonner Télévation de la messe; die se jette à genoux pour adorer de loin de toutes les ufTections de son &me la victime immolée qu'elle ne |)Ouvait contempler des yeux du corps. Tandis qu'elle se tenait ainsi agenouillée, le vbage tourné vers l'autel, tout à coup il se fit une large ouverture dans le mur qui séparait le cloître de l'église. De là elle voit de ses yeux le prêtre qui élève le calice, les sœurs qui piient dans le chœur, enfin tout le reste des saintes cérémonies. Après qu'elle eut satisfait sa dévotion, en se relevant elle s'aperçut que le mur avait repris sa premièro forme ; seulement, la dernière pierre où les deux par» ties dii mur se rejoignirent demeura plus blanche que les autres et portant la figure d'une croix. Cette pierre fut depuis, recouverte d'un grillage doré et fut toujours tenue en grande vénération par les religieuses, qui . allaient volontiers y faire leurs prières.

La même religieuse, se trouvant le samedi-saint re* tenue au lit par une grave maladie, et entendant son* ner la cloche qui annonçait la fin du deuil sacré et l'approche des joies pascales, se mit à prier le Seigoeor

Jésas et à lui rendre grâces de tout ce qu'il avait fait et souffert pour le salut des hooames. Depuis ce moment jusqu'à la un de Ja cérémonie, elle entendit, de sa couche, toutes les paroles que prononçaient le prêtre à Tautel et les religieuses dans le chœur, comme si elle s'y fût trouvée elle-même présente. Notre-Seigneur daigna la favoriser d'une même grâce encore plus précieuse : il lui apparut sortant du tombeau plein de gloire et de majesté et environné 'd'anges innombrables qui célébraient les louanges de leur Créateur et invitaient la sainte et tous les hommes à s'unir à eux en leur disant : c Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde et éternelle. » (Ps, cxvii, 1).

(Marc de Lisbonne, Chronique des Frères Mineurs. part H, I, 8, c. 38. — Barthei. Gimahollo, Chr. des Frères Mineurs^ p. iv, 1. % c. 7).

UN ANGE COMBAT A LA PLACE d'DN NOBLE CHEVALIER QUI ASSISTAIT A LA MESSE.

Dominui Deus tester pro vobis pugnabit.

«LeSeigneur votre Dieu eombattra pour voas. » (Jo8. XXIII, 10).

Le saint abbé Thibaut dut son entrée dans la vie

monastique au zèle qu'il eut pour entendre la messe,

et voici de quelle manière eut lieu cet événement. Ce

grand seigneur était un des preux de l'époque; il fré-

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qaentaît assidûment les tonrnois et aatres exercices de ce genre. Un jour qu*il se rendait à ane joute solennelle qui devait réunir les plus nobles seigneurs de la contrée et combler de gloire les vainqueurs des jeux, il entendit sOBiler la messe à relise voisine consacrée à la reine des deux. Il s*arrète soudain et délibère suç ce qa^il doit faire : après avoir invoqué Dieu, il triompha de Fardenr impétueuse qui Fentralnait au rendez-vous des combaté et de la gloire, pour entrer dans cette église et y entendre une première messe, puis une seconde qui suivit immédiatement, selon sa louable habitude; après quoi il reprit sa route en toute hâte. Gomme il approchait du lieu du combat, quel fut son étonnement de voir tout le monde Tentourer, le couvrit d'applaudissements, le proclamer vainqueur de la lice et lui donner tout Thonneur de la journée ! Le bon chevalier crut qu'on se moquait de lui, qu'on voulait lui reprocher son absence et TinCdélité à sa parole. Mais il se trompait, ces applaudissements étaient aussi sincères qu'unanimes. Cependant il ne pouvait s'expliquer comment, tandis qu'il était dans une église assez éloignée, il avait pu se trouver simultanément sur le lieu du combat, lorsqu'il lui vint en pensée qu'un ange de Dieu avait peut-être pris sa forme et sa figure pour coQil»altre à sa place. Ce guerrier d'un nouveau genre avait déployé une force, une adresse et une habileté sans égale; il avait désarmé tous ses adversaires, puis il s'était évanoui comme une vapeur légère au moment même où le personnage dont il portait les traits apparut sur la scène.. Thibaut se félicita d'avoir cédé à l'impressloo qu'il ressentait d'entendre la messe et remercia Dieu de la miséricorde dont il avait fait preuve à son égard. Ce

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merveilleux trait de la divine bonté en son endroit ramena insensiblement à mépriser la gloire dn monde, ses richesses et ses plaisirs et à le dégoûter dn métier des armes, qui était chez lui une passion indomptable. Il résolut donc de s*enrôler dans une nouvelle et meilleure milice et d*entrer dans les rangs de Farmée bénédictine. Peu de temps après, en effet, il se retira ao monastère de Vaux-de-Cernay, en France. Là il fit d^" si grands progrès dans la vertu qu'il fut élu abbé du monastère. Il remplit cet office pendant de longues années, pour le plus grand bien de tous ses religieux. Mais cette haute'dignité du cloître ne diminua en rien sa grande dévotion envers la sainte Eucharistie, principe et source de sa vocation religieuse, elle ne fit que s^accroltre avec les années. Aussi rien ne lui paraissait vil et bas quand il s'agissait du service des autels : son bonheur était de balayer Téglise de ses propres mainf ^ il se réservait ordinairement le soin de la lampe qui brûlait devant le très-saint Sacrement. Quelques-uns de ses moines lui reprochant un jour de se dégrader et d^avilir Féminente dignité abbatiale en s'occupant de ces humbles ofiices, bons pour les valets, il leur feraia la bouche par ces paroles du saint roi David : • Je me rendrai encore plus vil que je n'ai été devant le Seigneur qui m'a choisi pour chef du peuple du Seigneur, et je serai humilié à mes propres yeux. Ante Dominum qui elegit me ut essem dux super populum Damini, vilior fiam plus quam foetus sum, et ero humilis in oculis meis. » (II Reg. vi , 21 , 22). Enfin le grand esprit de piété qui l'animait pour Tauguste Sacrement de l'autel se manifestait par les profondes et longues génuflexions qu'il ne manquait jamais de faire en

passant devant le très-saint Sacrement; il disait alors la prière suivante, à la gloire de Jésus et de Marie : c Béni soit Jésus-Christ fils unique du Père étemel, qui par sa naissance a couronné d'une gloire ineffable sa très-digne mère Marie notre dame, b Benedictus sit Christus Jésus, unigenitus œlemi Patris, qui per nalm- UUem suam ineffabili gloria dignissimam matrem suam Mariam, dominam nostram, decoravit. Il lui fut révélé que cette formule de prière plaît àKotre-Seigneuret qu'il en reçoit beaucoup de gloire.

(Bccuiir, Ménoîoge Bénédictin, 8 juillet).

LXyi« MERVEILLE.

DIEU BBND HIBÂCULEUSEMENT LA SANTÉ A DES PRÊTRES POUR LEOR PERMETTRE DE CÉLÉBRER LA MESSE.

Erumpet quasi mane tumm tnam, etcm»tas citiM orietur,

a Votre lamiére surgira comme celle de Paarore et la santé toqs reviendra iocontlnent. » (Is. ltiii, 8).

Dieu exauce avec bonté tous ceux qui Tinvoquent» mais il lui est encore plus agréable d'écouter les pieoi désirs de ces prêtres qui s'efforcent d'offrir dignement le saint sacrifice pour sa plus grande gloire. Mille fois il en a guéris pour leur procurer cette consolation, et parmi tant d*exemples que nous en pourrions rapporter, nous n'en citerons que trois, que nous empruntons aux annales des capucina.

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Le père Ange de Canobe, que tout le monde regardait comme un saint, même pendant sa vie, devint aveugle sur la fin de ses jours par suite de ses méditations qui étaient toujours accompagnés de beaucoup de larmes. Ce qui lui rendait sa cécité extrêmement pénible, c'était de ne pouvoir offrir la victime de propitiation. Dans sa détresse, il priait Dieu d'avoir pitié de lui et de lui rendre Fusage de ses yeux ; il se recommandait aussi à la mère de miséricorde et à son séraphique père saint François. Des prières si ferventes et si justes ne pouvaient manquer d'être exaucées. Un matin ce bon religieux fut fort étonné quand le père gardien, qui connaissait son pieux désir et la fermeté de son obéissance, vint lui dire : c Je veux que vous nous mettiez en devoir de célébrer la sainte messe aujourd'hui ; vous ferez comme vous pourrez : j'ai mes raisons pour cela : obéissez. » Le père Ange ne savait pas hésiter quand il s'agissait d'obéir, et son obéissance était vraiment aveugle : il supposa que le supérieur cédait à une inspiration du ciel. En conséquence, se confiant dans la miséricorde divine et donnant la main à son compagnon. Use rendit à la sacristie, y revêtit les ornements sacrés et se dirigea vers l'autel. Mais au moment où il en touchait les premiers degrés, à la lumière des cierges, le YoUe qui couvrait ses yeux tombe, ses yeux ont recouvré leur ancien éclat, et lui permettent de lire très-facilement et d'accomplir toutes les cérémonies, comme il le faisait autrefois. La messe terminée, comme il descendait de l'autel, les ténèbres s'emparèrent de nouveau de ses yeux, et sa cécité redevint complète; Dieu manifestait ainsi clairement qu'il n'avait fait ce miracle que pour donner à ce bon religieux la

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consolation qnll avait si ardemment souhaitée de celé* brer le sacnfifse da salot.

Ce qni arriva an père Alphonse Lupus, capocio, n*e.st pas moins digne d*admiration. C'était un religieux d*une grande vertu, d*0D zèle tout apostolique ; il avait opéré de grands fruits de saint par ses prédications. Saint Charles, le grand archevêque de Milan, dans le diocèse duquel il résidait habituellement, avait tant d'estime pour lui, qu'il répondait à un évoque qui Tavail prié de le lui donner pour une mission : « Je ne pub vous accorder votre demande, ce loup (Lupus) est trop nécessaire à la garde de mon troupeau. « Ce religieux à lasuitede ses courses, apostoliques et de toutes les fati* gnes que lui imposait son zèle pour le salut des âmes, fut attaqué d'une paralysie très-intense, puis d'un tremblement nerveux des bras et des mains, qui ne lui permettait plus de célébrer le saint sacrifice.

Il eût volontiers supporté ces souffrances et d'autres plus grandes encore pour se conformer à la divine volonté; mais la privation de la célébration des diWns mystères lui était inCniment plus pénible, parce qu'il nepouvait plus s'entretenir cœur à cœur avec son bienaimé Jésus et goûter les joies spirituelles dont il étai^ inondé en célébrant. C'est pourquoi il ne cessait de supplier la divine bonté de vouloir bien lui Vndre l'nsage de ses membres seulement pour cette acticm. Olen eut cette prière pour agréable : après avoir éprouvé son serviteur par cette inQrmité pendant quelques mob, il lui inspira la pensée de faire l'essai de la puis* sance divine et de ses propres forces. Il se rendit donc à la sacristie, et dès qu'il eut commencé à se revêtir* des ornements sacrés, il sentit que son tremblemeot

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diminnait ; quaBd il fut arrivé à Tantel il cessa complètement, en sorte qu'il put faire toutes les cérémonies de la messe avec autant d'aisance que par le passé. Mais à peine avait-il quitté la sacristie après la messe^ que son infirmité reparut. Et c'est ainsi qu'il passa le reste de sa vie : quand il disait la messe il n'éprouvait plus aucune infirmité ; dès qu'il avait quitté les ornements , elle le reprenait et le tourmentait jusqu'à la messe du jour suivant.

A ces merveilleux exemples nous ajouterons celui du père Michel de Naples, professeur distingué de théo* logie, parce qu'on y trouvera un sage enseignement. Ce religieux, par je ne sais quel accident, se trouva privé de l'usage d'un bras, en. sorte qu'il ne pouvait plus, à la messe faire l'élévation de l'hostie ni du calice. Il se vit par là même hors d'état de dire la messe. Sa piété en fut vivement attristée, et il ne cessait de prier Dieu de guérir son bras afin qu'il pût s'en servir au moins dans la célébration du saint sacrifice. La bonté de notre Sauveur ne tarda pas à exaucer sa fervente prière, et il sentit que son bras reprenait son ancienne souplesse. Plein de joie de sa guérison, il se rend à la sacristie et commence à revêtir les ornements de la messe. Mais, cooime il mettait le manipule, un scrupule, une espèce de remords, le saisit; il se rappelle que dans sa prière pour la guérison de son bras il n'a pas dit qu'il ne la désirait qu'autant qu'elle serait agréable à Dieu et pourrait contribuer à sa gloire. Il se rend donc devant le très-saint Sacrement, et en renouvelant sa première prière, il ajoute qu'il est parfaitement résigné à la volonté du Seigneur pour la maladie comme pour la santé, et qu'il le conjure de ne lui accorder que ce qui

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pourra procurer sa, plos grande gloire. A peine avaitil achevé sa prière que son bras redevint estropié et desséché comme auparavant. Ce qui lui fit comprendre qoe indubitablement la volonté de Dieu était qu'au lieu do sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ, ii devait offrir à Dieu le sacrifice de lui-même en souffrant avec résignation son infirmité corporelle et la peine cuisante qu*il ressentait de ne pouvoir plus monter an saint autel. 11 pouvait dire, avec le prophète royal : Si v(h luisses sacrificium y dedissem utique: holaucauslis non delectaberis: sacrificium Deo spiritus coiitribulatus. t Si vous eussiez voulu de mes sacrifices, je vous les aurais offerts d*un grand cœur ; mais mes holocaustes ne vous sont plus agréables; c'est le sacrifice d'un cœar souffrant que vous voulez désormais, de moi, ô mon Dieu. > (Ps. L, 18).

(BoERics, 1. 1, ann. 1579, d. 4; t. ii, ano. 1593; t. I, aoD. 1585, o. 56).

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