AUTRES MERVEILLES DO MÊME GENRE
Dominu» erïgit etùoê , Dominuê diligH
«Le Seigneur relève ceax qal Mmt brisés, le Seigneur aime les Jastes. n (Ps.
CZLV, 7).
Pour montrer comment Dieu protège admirablement ses prêtres, et quel prix il attache à Toblation du saint sacriGce, nous pensons faire plaisir au lecteur en ajoutant quelques autres miracles du même genre que ceux qui remplissent le chapitre précédent.
Il y avait au monastère deSaint-Genès, de Tordre de Saint-Benoit, dans la province de Liège, un saint moine grand dévot à la sainte Eucharistie. Après avoir célébré la messe pendant de longues années au milieu de faveurs célestes en rapport avec sa grande piété, il devint perclus des mains. Une subite attaque de goutte saisit et replia vers la paume tous les doigts de ses deux mains, de sorte qu'il ne pouvait ni les étendre ni les redresser, ce qui le rendait complètement incapable de célébrer la messe. Affligé plus qu'on ne le saurait dire de cette impuissance, il recourut avec foi et amour à la Hère de miséricorde, îa suppliant de lui rendre au moins Tusagç libre des quatre doigts indispensables pour consacrer les saintes espèces. La mère de Dieu écoula favorablement une si pieuse supplication et lui M. s. E.
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rendit Tusage libre et entier da poace et de Tindei de chaque main ; désormais il put, à son gré, les étendre et les ployer ; mais les autres doigts de ses mains demeurèrent sans mouvement.
Le bienheureux Thomas Lerna, de Tordre de Saint- Dominique, prédicateur apostolique de grand renom, fut atteint d*une maladie qui lui ôta Tiisage des yeux, Dieu le voulant ainsi pour mettre sa patience à l'épreuve. Dès lors, il ne pouvait plus se livrer à Tétude, ni même distinguer les caractères et les lettres d*un livre. Réduit à ce triste état, il disait avec le saint homme Tobie : i Quelle joie peut-il désormais y avoir pour moi qui suis dans les ténèbres et ne puis voir la lumière du ciel? > £t cependant il supportait sa cécité avec joie et' même avec bonheur : une seule chose lui était fort 4)énible, c'était de se voir hors d'état d'offrir le saint sacrifice. Tant qu*il jouit de l'usage de ses yeux, son âme vivait plus du pain eucharistique que son corps D*était sustenté par le pain matériel ; il passait de longues heures dans la célébration de la messe et y éprouvait d'ineffables délices. Toute sa joie lui était subite* ment enlevée : bien que parfaitement résigné à son triste sort^ il résolut de recourir à la misénoorde da Seigneur Jésus, qui durant le cours de sa vie mortelto avait rendu la vue à tant d'aveugles : c Seigneur, loi dit-il, faites donc que je voie, non point, puisque vous le voulez, comme un homme qui a les yeux sains, mais du moins d'une manière suffisante pour pouvoir célébrer vos augustes mystères. » Gela dit, bien que ses yeux fussent toujours fermés à la lumière du jour, il se sent inspiré d'en faire l'essai sur un missel. Le livre est apporté. merveille! il en distingue parfaitement les
caractères, il lit couramment et sans fatigue. Âiissitût> bénbsant Dieu de cette faveur qu*il lui accorde, il célè- Jbre à l'heure môme le saint sacriOce en actions de grâces ; et il eut ainsi la consolation de dire la messe tout le reste de fies jours. Mais la vue ne lui avait été rendue que selon la mesure de sa demande, et en dehors du «aînt autel, il demeurait complètement aveugle. Sa vie était ainsi un miracle perpétuel.
Nous avons vu un miracle qui se rapporte aux mains, un autre aux yeux ; celui que nous allons raconter a pour objet la langue, organe plus indispensable que toat autre dans cette sainte action, puisque c'est la
£Dgue qui a la vertu de créer en quelque sorte le corps le sang de Jésus-Christ. Deux prêtres passant par la province d'Alby où il y avait un grand nombre d'hérétiques nommés à cause de cela Albigeois, arrivèrent' à une pauvre église de campagne à demi-rninée, où l'on d'eux eut la dévotion de célébrer la messe en l'hon- «eur de la très-sainte Vierge : c'était un samedi. Mais au moment où il la commençait, survint une bande d'hérétiques armés qui l'arrachèrent violemment de 2'antd, l'accablèrent de mauvais, traitements, et, en haine de Notre-Seigneur et de nos saints mystères, lui coupèrent la langue jusqu'à la racine, avec des raffinements inouïs de cruauté, aGn, disaient-ils, qu'il ne puisse plus jamais dire la messe. L'autre prêtre, après •le départ de ces misérables, 'conduisit son compagnon ainsi mutilé au monastère de Cluny, et le conGa à la charité des moines, qui lui prodiguèrent les soins les pins empressés. Le malade y était depuis quelques jours, quand arriva la fête de l'Epiphanie. Ce Jour-là, au milieu de la nuit, pendant que les moines chantaient les
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matines, le prêtre si matoaité par les hérétiques, ao liea de se livrer aa sommeil, écoutait dn fond de sa cellule les chants sacrés et s*y unissait de cœur et d'affecUon, ne pouvant faire autre chose, car la voix et la langue lui manquaient. Il voulnt cependant se rapprocher des thons religieux et se rendit aussitôt à Téglise. £n j am- •vaut, il va se prosterner devant un autel, et là il implore en gémissant Faide de la mère de miséricorde et la snp- (pUe d'avoir [ûtié de lui et de lui rendre la langue, qu*!! (n'a perdue que pour honorer son divin Fils dans l'adorable sacriOoe de nos autels. La très-doace mère de Dieu ne lui laissa pas le temps de prolonger la prière, car aussitôt elle se montra à lui d'un jaic souriant et lui dit avec amour : c Puisque vous avez en la langue coupée à cause des hommages que vous rendiez k mon 4nen-aimé Fils dans TËucharistie, comme doit faire un bon et fidèle serviteur, je viens vous la réintégrer dans son premier état, afin que vous puissiez continuer de Ile glorifier dans la célébration des saints mystères. • Après ces paroles, elle lui fait ouvrir la bouche, où de ses bénites mains elle place une langue qu'elle tenait, l'attache à son gosier et referme si bien l'ancienne blessure, qu'il n'en resta d'antre marque qn^un léger fil blanc comme souvenir perpétuel du miracle qui s'était opéré; puis elle lui dit: « Maintenant, immolez chaque jour à Dieu le sacrifice de louange et rendez an Très- Haut vos vœux et vos louanges. » En achevant ces paroles elle dbparut dans une lumière éblouissante.
L'heureux prêtre, pénétré de reconnaissance, se mit aussitôt à bénir Dieu et à louer sa clémente bonté, eo chantant à haute voix : Misericordias Domini in œternwm cantabo* c Je chanterai éternellement les miséri*
cordes du Seigneur. » Les religieux qui eortaient alors du chœur^ entendant cette voix insolite» accoururent au lieu d'où elle partait. En voyant ce prêtre qu'ils croyaient condamné à un mutisme irrémédiable, ils furent stupéfaits et ne pouvaient en croire ni leurs yeux ni leurs oreilles. Cédant enfin à l'évidence du prodige, ils se joignirent à lui pour rendre au Seigneur de vives actions de grâces.
(J. Bagata, Âdmir, orbis, t. ii, 1. 8, c. 3).
LXVllP MERVEILLE.
MERVEILLEUSE PROTECTION DE DIEU SUR ^EUX QUI AIMENT A ENTENDRE LA MESSE.
incidit in foveamquam fecit.' «Il est tombé dans la fosse qa*Il avait creusée. » (Ps. vu, 16)^
Ce n'est pas en vain que le prophète royal a dit du méchant : € Celui qui creuse la fosse y sera précipité ; l'iniquité de celui qui commet le mal retombera sur sa propre tête. » Aman attaché à la potence qu'il avait fait dresser pour Mardochée n'est pas le seul exemple des terribles châtiments que la justice divine exerce souvent dès cette vie. Entre beaucoup de faits analogues que nous pourrions rapporter , nous en choisirons un, où l'on voit tout à la fois comment l'assistance à la messe délivra le juste de la mort qui lui était destinée et la fait retomber sur le coupable.
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Un jeune seigneur portugais avait reçu de son père mourant, comme un legs de dernière volonté, la recommandation de ne passer aucun jour sans faire son possible pour assister au saint sacri6ce. Cet avis resta profondément gravé dans le cœur du jeune homme, qui y fut toujours Gdèle ; et Dieu récompensa cette dévotion par une protection et des grâces toutes particulières. Ayant été envoyé à Lisbonne pour/ètre page d'honneur de la sainte reine Elisabeth , il ne tarda pas à s*attirer toute se confiance par son caractère doux et aimable, par sa prudence et surtout par sa grande piété : peu de temps après son entrée à la cour, elle lui confia la distribution de ses immenses aumônes.
Cette haute fortune excita la jalousie d'un antre page favori du roi Denys , et ce méchant homme résolut de se défaire à tout prix de celui en qui il voyait un rival. Il ne recula pas devant la plus infâme calomnie, et osa faire entendre au roi , naturellement jaloux, soupçonneux et colère , que la reine entretenait des relations peu convenables avec ce jeune page, et qu'elle lui don* nait des témoignages on ne peut plus familiers de bienveillance. Le roi , qui était esclave de ses passions , ne soupçonna point la perfidie de son favori ; mais, en examinant la conduite de la reine et voyant comment elle traitait familièrement avec le page en question, il en conclut aussitôt que le rapport qu'on lui avait fait n'avait rien d'exagéré. N'écoutant alors que sa cdôre et sa jalousie, il prit le parti de faire disparaître de devant ses yeux cet odieux objet de ses taoirs soupçons, et du cœur de la^ reine celui qu'il croyait y oocoper sa place.
Etantdonc sorti un jour arec quelques seigoeurspoor
se livrer au plaisir de la chasse > il vint à passer près d*un four à chaux qui était allumé; ce lieu lui parut tout à fait convenable pouir exécuter le noir dessein qu'il avait conçu. 11 tir$i à part le chaufournier et lui dit d'un ton de maître : < Demain au matiir je vous enverrai un page qui vous demandera si vous avez exécuté mes ordres. Dès qu'il vous aura fait cette question, saisissez-le et jetez-le au milieu de la fournaise^ en sorte qu'il soit promptement réduit en cendres et que je n'en entende plus parler. Âin^ l'exige moi;i service royal. • Le lendemain matin le roi lit appeler le page de là reine, et lui donna Tordre de se rendre sans retard au four à chauxy pour savoir si les ordres de sa majesté étaient acconiplis. Il obéit incontinent. Mais la divine Providence, qui aime à prendre la défense des innocents, avait disposé les choses de manière que, passant devant une égUse, il entend sonner la cloche qui annonce la consécration et l'élévation de la sainte hostie. Il se rappelle aussitôt le dernier avis de son père^ entre à l'église, entend la fin de cettp messe ; puis, inspiré par son bon ange, il assista à une seconde et à une troisième qui se siMXséclàrent immédiatement. Tandis que le pieux jeune homme se livrait à sa dévotion, oubtiant les ordres du roi, celui-ci, impatient d'apprendre sa mort, rencontre ^atr hasard le page calomniateur et l'envoie au four à chaux pour s'informer de l'exécution de ses ordres de la veille, et pour obtenir une plus prompte réponse, il lai fit part de la nature de ses ordres. Le misérable, ravi d'appfendre le sort destiné à cehii qu'il jalousait et dont la vue lui était devenue insupportable, s'empressa de courir vers la fournaise. Mais c'était là qu^ r4ttçDdait dès ce monde la justice divine. 11 arrive le
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cœur plein d*une joie féroce, et voyant la fournaise embrasée plus qu*à Tordinaire, il s'approche d'un air satisfait du chaufournier, et lui demande, le sourire sur les lèvres, si les ordres du roi ont été parfaitement exécutés. Ma^s à peine s'est-il déclaré le messager da roi qu'on se saisit de sa personne malgré ses clameurs et ses résistances désespérées, et on le jette, pieds et poings liés, an milieu du brasier ardent : dans un din •d'œil il devint la proie des flammes qui le dévorèrent et le consumèrent entièrement. Peu après survint le page innocent, celui qui était parti le premier, mais que nous avons va retenu par la dévotion à entendre la «ainte messe : il demande, lui aussi, si les ordres du roi sont accomplis; et sur la réponse aôirmative du «haufonmier, il retourne au palais la joie dans l'âme et satisfait de savoir qu'on a obéi au roi. U va aussitôt en porter la nouvelle au monarque, qui attendait impatiemment le retour de son propre page. Etonné et hors de lui en voyant le page de la reine sain et sauf, il soupçonne d'abord la fidélité du chaufournier et la véracité du page; puis, dissimulant les pensées qli l'agitent, il l'interroge pour s'assurer si ses ordMs sôBft exécutés. « Ponctuellement, sire; telle est la réponse que Ton m'a donnée an four à chaux ^ dit alors le jeune homme. — N'avez -voue point rencontré mon page? reprend le roi. — Non, Sire.— Pourquoi étesvous arrivé si tard? ajouta le roi. — Sire, que votre majesté pardonne à votre serviteur ; je veux lui toat BYouet avec simplicité, et j'espère qu'elle agréera mes excuses. Chemin faisant, je suis arrivé près d'une ^lise pendant que l'on célébrait la messe, je me suis rappelé alors la dernière volonté que mon père m'exprima sor
son Ut de mort : il me recommanda d*assister chaque jour à autant de messes que je le pourrais. Je suis dono entré dans cette église, j'y ai assisté à la fin de cette messe, puis à deux autres qui Font suivie immédiatement; après quoi j'ai repris ma route 01 je me suis acquitté fidèlement de ma mission. » Ce récit fut un trait de lumière pour le roi, il se dit : « Un homme de ce caractère ne peut être coupable des crimes qu'on lui impute ; c'est, sans aucun doute, mon page qui est un envieux et un calomniateur. Mais qu*est-il devenu? je ne puis douter qu'il ne soit victime de ses propres machinations, c'est sur lui que sera retombée la sentence que j'avais prononcée. » A l'instant même il fait appeler le page, on le cherche par tout le palais, mais en vain. 11 envoie de nouveau s'enquérir à la fournaise : les renseignements qu'il reçoit Confirment parfaitement ses prévisions : l'innocent avait été délivré de la mort par la vertu des messes qu'il avait entendues, le calomniateur était devenu la proie des flammes. Et c'est ainsi que se trouva confirmée cette sentence du sage: Facienti ne^ms$imum cansilium, super ipsum devolvetur. c Le niAavi^ dessein retombera sur celui qui l'a formé. » (Ecclû XXVII, 30). Le roi adora et admira la miraculeuse intervention de la Providence en cette circonstance et résolut d'examiner les choses mûrement à l'avenir avant de rendre un jugement quelconque.
{Chroniq^e de Saint-Françoi», p. ii, 1. viii, c. 13).
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Lxix» merveillî;.
LE Sacrifice de la messe délivre de la mort