‹ Les Merveilles Divines dans la Sainte EucharistieChapitre 25 sur 35 · LES ANIMAUX SARS RAISON SE MONTRANT RESPECTDEOX AU SAINT SACRIFICE · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX SARS RAISON SE MONTRANT RESPECTDEOX AU SAINT SACRIFICE

Menedieite, omneê bt$Ha et peeon^ Do* mim ; benedieite, fitii hominmm, Dommo.

« BéÉes privées, Mte« ssarages, béaissa toutes le Seigneur : eofaBU des hommes, bénisses le Seigneur. » (Dab. in, 81).

II est assez remarquable que, dans le beau cantique des enfants dans la fournaise, les animaux et les bmtes sont invités à bénir le Seigneur avant les hommes doués de raison. Cest peut-être parce que la chose en soi est merveilleuse, que des êtres privés d^intelligenoe puissent louer Dieu. On peut dire aussi, en un certain sens, que ces créatures sans raison, en remplissant instinctivement, et san^ jamais s'en écarter, la destination que leur a faite le créateur, et le glorifiant ainsi à leur manière, méritent la préférence sur bien des hommes qui non-seulement ne pensent jamais à bénir, à adorer, d'esprit, de cœur et d'actions ^ le Dieu bon auquel cependant ils doivent tout ce qu'ils sont» mais plutôt Toutragent et ToiTensent, quand ils ne blasphèment pas son saint nom. Enfin, TEsprit-saint a peutêtre voulu par là nous faire entendre que les animaux des champs et des forêts nous servent souvent de motif et d'exemple pour glorifier le Seigneur et maître de

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tout Tanivers. Et certes les preuves de cette vérité surabondent Sans les histoires et dans la' vie des saints.

Leséraphique docteur, saint Bonaventure, atteste que son glorieux patriarche saint François avait coutume de mener avec lui à la messe un agneau blanc qui lui était très-cher, parca qu'il lui /appelait le souvenir du doux et innocent Jésus immolé ponn le salut du genre humain et que l'Evangile appelle TAgneau de Dieu qui efface les péchés dn monde. Pendant la première partie de la messe, cet agneau se tenait tranquillement couché aux pieds du saint. Mais, dès qu'il entendait la clochette qui annonçait le moment de 1 élévation, il se levait subitement et se plaçait devant le saint, regardant vers Tau tel. Au moment où le prêtre élevait la sainte hostie, l'animal ployait les genoux et baissait la tôtjB. Il répétait les mêmes actes de révérence à Télévation du calice. Saint François était tellement touché des démonstrations de cet agneau, qu'il en versait des larmes de dévotion, et on vit plus d'une fois des gens iodévots ou irrévérencieux éprouver une salutaire confusion à la vue des gestes de cet innocent animal.

Non moins prodigieuse est la merveille rapportée dans la vie de sainte Iraconde. Elle possédait une brebis privée qui était si obéissante qu'on l'aurait presque crue douée de raison. Cette bienheureuse prenait plai* sir à voir en sa brebis comme les apparences de vertu. la, ^ceur, l'innocence, la vigilance, et même la patience lorsqu'elle se laissait tondre sans se plaindre. Mais elle éprouvait surtout une grande consolation en songeant qu'elle était le symbole et la figure du Sauveur, qui, comme un innocent agneau, selon la prophétie d'Isaïe, ^'est laissé tourmenter et conduire à la

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mort sans ouvrir la bouche ; Tamquam ovis ad ocdsionem ducius est, et coram tonderUe se, sitie voce, sic non aperuit os suum. (Act. vni, 33). Cette brebis accompagnait la sainte lorsqu'elle se rendait à Téglise pour assister à l'auguste sacriûce de Tautel. Là, sans avoir jamais été dressée à cela, mais de son propre instinct, sinon par un mouvement qu'elle ne tenait pas de sa nature, elle prepait une posture convenable au lieu saint et ne faisait entendre aucun bruit. Comme l'agneau de saint François d'Assise, au iboment de l'élévation on la voyait ployer les genoux et incliner la tête en signe d'adoration. Elle restait ainsi agenouillée jusqu'à la fln de la messe. Alors elle se levait et paraissait joyeuse et contente.

Ces merveilles si étonnantes sont peut- être surpassées par celle qu'on raconte de la bienheureuse Ida, de Lou* vain. Avant qu'elle entrât dans l'ordre de Saint-Benoit, elle s'était fait constrjiire, dans un palais, uue chapelle particulière où elle entendait ordinairement la naesse. Elle désirait vivement y réunir le plus de monde possible, afin que le divin Rédempteur immolé sur l'autel eùi un plus grand nombre d'adorateurs. Mais, comme trop souvent personne ne répondait à son invitation, à défaut de créatures raisonnables, elle appelait et eottduisait avec elle dans l'enceinte sacrée des cetoffibes et autres oiseaux domestiques ou privés qu'elle Dotirrissait. C'était une chose vraiment adniirable de voir t08s ces vi^tiles accourir à son appel et voler simultanément vers l'oratoire. Mais la surprise redoublait, nan sans une certaine émotion, lorsqu'on apercevait tons ces oiseaux, d'espèces (JJverses et naturellement volages, frélillaHits et criants, se tenir «Jors paisibles et

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immobiles, comme pour témoigner leur humble révérence envers le très-saint Sacrement. Bien àes âmes à ce spectacle, se sentaient portées à voler vers Dieu dô tonte leur affection, à s'élever au-dessus des choses terrestres et à honorer par leur vénération et leur amour un si grand mystère que des êtres sans raison vénéraient à leur msfnière. On peut bien leur appliquer ces vers d'un poète profane et dire avec lui :

Adsintquod tacitœ piaeque sacro, Nulla hoc obsequium paratur arte, Sed noscent cui serviant volucres.

« Si vous voyez ces oiseaux tenir une posture paisible et pieuse dans le sanctuaire, sans y avoir été formés par Tart, c'est qu'ils savent quel est celui qu'ils servent, t (Martial, 1. 1, épît. 103).

(J. B. Bagacta, de admir. Orb. 1. vu, c. 3, § 1» J. SoLiHtN. decomt. Euchar. 1. x, etc., 7, § 3).

ffOO CIV" MERVEILLE.

iN PRINCB PAIEN VOULANT SE MOQDER DES CÉRÉMONIES % DU SAINT SACRIFICE, SE CONVERTIT A LA VRAIE FOL

Auditt verbum Domfni^ viri iUutore».

« Ecoutei la parole du Seilgneur, homnci moqueurs- » (Is. xxviii, 14).

L'admirable Provideuce^ui #'élail plu à convertir aa christianisme un Genès comédien dans Tacte même où il contrefaisait, pour les tourner en ridicule, les saintes cérémonies des prêtres chrétiens, a voulu renouveler les mêmes merveilles de grâce dans un prince idolâtre au milieu même de Texécution do dessein pervers qu'il avait formé d'aller à Téghse^des fidèflBs du Christ pour se moquer des cérémonies de la messe et en faire d'amères plaisanteries.

Près de la basihque du saint sépulcre, à Jérusalem, se trouvait une autre église très-fréquentée ; les fidèles aimaient à y entendre la messe et y recevoir les sacrements. Un jour, c'était le jeudi -saint, parmi un grand nombre de gentils qui se rendaient à cette église pour admirer les cérémonies du culte divin, ou pour en faire des risées, se trouvait un prince païen, grand persécuteur de la religion chrétienne. 11 entre à l'église, se place en un endroit d'où il puisse aisément apercevoir tout ce qui se passait dans le sanctuaire, et de là n regarde attentivement los cérémonies, dont il se moqa*

en ricanant et par des paroles bouffonnes ou grossières, surtout lorsqu'il aperçoit les signes de croix, les inclinations, les génuflexions et autres gestes si variés du prfttre qui célèbre. Mais ses sarcasmes redoublent en voyant les assistants se frapper la poitrine au moment de l'élévation. Cependant une chose merveilleuse vient tout à coup , frapper ses regards curieux : lorsque le prAtre élève les espèces consacrées, il voit sur Fautel un beau petit agneau plus blanc que la neige qui répandait des rayons de la plus vive clarté. Au moment de la communion il voit le prêtre s'approcher des assistants, tenant à la main un vase sacré, d'où il tire de petites formules d'un pain blanc, qu'il leur met dans la bouche. Mais il lui semble que tous ne reçoivent pas précisément la même chose. Car l'un a l'air de mâcher une coquille d'œuf, peut-être parce que son hypocrisie lui fait chercher les apparences plutôt que la réalité de la vertu ; un autre lui paraît recevoir des scx)ries d'or, sans Houte parce qu'il avait l'âme livrée à l'avarice, n'aspirant qu'à. se gorger de richesses périssables; un troisième semble recevoir un charbon ardent qui répand sa Aamme dans ses entrailles, ce qui pouvait signifier que le feu impur de la concupiscence brûlait tout son corps; un quatrième ne recevait que de la cendre, et un cinquième nn morceau de chair pourrie, pour montrer que celui-ci était dominé par la crapule, et celui-là par l'orgueil et la vanité. Kn un mot, ce que chacun recevait était comme nn indice, sinon des péchés actuels, dont ils avaient peut-être reçu la rémission, au moins des habitudes vicieuses vers lesquelles ils se sentaient entraînés. Finalement, il en aperçut plusieurs dont la bouche recevait comme une pierre précieuse très-bril-

lànta qui les îlkHitmsit tcmt entiers 4'^iOuissantes clarté; oe q«i iDdiquait la candeur de leur inooceiiûeet les ezoeHentes dispositions qu'ils a|>porUieQt à la réeep- 4ion du sacrement.

Le prince infidèle, qui était stupéfait et hors de lai «9 voyant soit les imposantes céréoionies de la messe, •ou la diversité des objets qui entraient dans la bouche de ceux qui communiaient, tira à part le prêtre qoi venait de célébrer la «esse et lui demanda la cause ^u changement si surprenant qm sV>pérait, entre ses mains, dans le pain qu'il distribuait à plusieurs des assistants. A quoi le ministre du SeigneuB répondit que cette variété qu'il avait remarquée dénotait les dispositions diverses de ceux qui s'étai^t présentés à lai pour recevoir une parcelle du pain pris sur Fautel, les* quels étaient, sans doute, entachés ou souillés de quel- «[ue vice particulier; que pour ceux qu'il avait vus o^cevoir une éclatante pierre précieuse, cela voulait dire qu'ils étaient non-seulement exempts de vices, mab de plus ornés de vertus. Il prit de là occasion de lui expliquer le$ mystérieuses cérémonies de la messe, qui est UE sacrifice comme celui de la croix, par lequel le Rédempteur, Fils de Dieu, a racheté le monde de lenfer; il lui fit aussi con^iattre les principaux articles de la foi chrétieObe. Le prince fut si frappé de cette exposition nette et précise, il en sentait si bien la rectitude et la vérité, qu*au moment même, édairé d'une lumière surnatureSe, ii détesta et désavoua le culte des idoles, se déclara servftenr 4a vrai Dieu et demanda avec une vive instance le saint baptême.

Lorsfu'il Ict conduit aux fonts baptismaux et que l'eau sacrée eeiila sur son front, une Uancbe colombe

symbole de la sainteté de vie qu'il allait commencer, vint se poser sur sa tôte. On lui donna le nom de Paul \l, parce que, comme le glopeox apôtre des geatils, de persécuteur insigne du christianisme, il en devint le fauteur et le défenseur le plus zélé et le plus intrépide. Bès le commencement de sa conversioH, il e'adonna avec courage aux exercices de la vie chrétienne, il aimait surtout à assister au saint sacrifice de la messe. Une mort sainte vint couronner une vie si chrétienne. Après qv'il eut rendu l'âme, son corps parât tout éclatant d'une lumière surnaturelle, et répandait la plus suave *odeur. Lorsqu'on le dépouilla de ses vêtements p0ur l'ensevelir, on aperçut une croix qu'il avait gravée s«r sa poitrine avec son propre sang 5 elle était entourée de ces mots : t Paul il, serviteur de Jésus- Christ. »

, (Théophile Latmand, tom. Euchar., dissert. d6 . Apparit., p. 3).

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