ONION INTIME DU CŒUR DE JÉSOS AVEC LE CŒUH *0N£ PIEUSE VIERGE
Uni manduetit meam camem et bibit mntm ttmguinetHf in me manet et ego in Hlo.
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en mol , et moi en lui. »
(JoiR. VI, 5C)«
La vie de la vénérable Marie Vêla, religieuse de Tordre de Giteaux, est remplie de grâces extraordinaires qu'elle recevait de Jésus présent dans le très-saint Saccement. Un matin , après s'être nourrie du pain des anges, elle fut ravie en extase; Notre-Seigneur en ce moment se présenta à elle, lui prit son cœur de sa main sacrée, le plaça dans la plaie de son divin côté, et l'unit à son propre cœur, de manière à ne faire qu'un cœur des deux, en sorte que ces deux cœurs «v^aient les mêmes amours, les mêmes désirs, le même zèle à ne chercher en tout que la gloire de Dieu. Une autre fois qu'elle s'était préparée à la communion par un grand acte de mortification et d'amour de Dieu, il lui sembla voir le Sauveur lui montrer l'ouverture de son côté, et lui répéter plusieurs fois cette douce invitation qu'il fit autreibis à Abraham : < Sors de ton pays ; » Egredere de terra tua. ma bien-aimée, quitte toute affection terrestre ; entre ici, vient te reposer sur mon cœur. » Au même instant elle sentit s'éteindre en elle toute afibo*
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tion étrangère^ afin de céder la place aux flammes ardentes de Famour divin , qui sortant du cœur de Jésus, remplissaient le sien. Aussi resta-t-elle fermement persuadée que lésus-Christ dans le Sacrement de Tautel est un foyer de charité qui consume toute f affection terrestre : Deus noster ignis consumens est, (Heb, XII, 25). Ce qui lui faisait croire que de tous les autels où repose le très-saint Sacrement s'échappaient des torrents de flammes comme de fournaises embrasées.
Le diable, jaloux de ce prodigieux amour que la vierge puisait dans la sainte communion pour s^attacha* uniquement à son divin époux, dressa toutes sortes de pièges pour Tempêchér de participer au sacré banquet. Un jour qu'elle se trouvait ao chœur avec les autres religieuses, an moment de la communion, tout à coup et sans avoir éprouvé auparavant le moindre mal, mais sans aucun doute par Feffet de là méchanceté da démon, ses lèvres et ses dents se trouvèrent tellement contra^ées et pressées qu'il lui était impossible d'ouvrir la boudie pour recevoir la sainte hostie. D'autres fois, elle ' devenait immobile au milieu du chœur comme une statue de marbre, en sorte que pendant que ses sœurs allaient communier, il lui était impossible de bouger de sa f^ace; et cette pénible immobilité ne cessait qu'au moment où toutes les messes étaient terminées : alors il né lui était plus possible d'approcher de la sainte table. Mais ces oppressions corporelles lui paraissaient légères en comparaison des fâcheuses tentations qu'elle souffrait dans son âme, lorsque sept démons lui apparaissaient visiblement, vomissaient mille blasphèmes exécrables contre la sainte Eucharistie, et attaquaient devant elle
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par les sophismes les plus subtils la présence réelle de Jésus Christ dans le Sacrement.
Mais au txiilieu de toutes ces luttes cpntre les esprits de ténèbres, la pieuse vierge demeurait ferme et calme dans la ferveur de sa dévotion, et ne répondait aux raisons fallacieuses du tentateur que par des actes de foi plus vifs et plus fréquemment réitérés. Aussi, pour récompenser son courage, le Sauveur ne tarda pas à la bénir et à la consoler. Ainsi le jour où ses lèvre^ fermées Tempêchèrent de recevoir la sainte communion, Notre-Seigneur lui apparut attaché à la colonne; et pendant que ravie en extase elle se prosternait à ses pieds et voyait sortir des Ûots de sang de ce corps couvert de plaies, elle entendit intérieurement une voix qui lui disait : « Bois, et apaise ta soif. • Un autre jour Jésus lui apparut après la communion couronné d'épines et les mains liées, et i\ lui disait intérieurement : « Je veux être ton époux ; à mon imitation, il faut que ta te remettes, les mains enchaînées, an bon plaisir de Dieu, afln que s'accomplisse parfaitement en toi cette parole: «Qui mançe ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui. Qui manducat tneam camem et Mbit 'neum sanguinem, in me manet, et ego in Ulo. i
{Viedtla vénér, Mario Vêla, 34 septembre^ .
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NOTRE-SETGNEUR PAB PLUSIEURS APPARITIONSy REND LA PAIX { A UN CŒUR TROUBLÉ PAR LES SCRUPULES.
Anima in angustii* et spiritm amsiui etomat ad te : miserer* «et. Domine.
m L''âme dans la tribulation et le cœar dans Tangoisse toos crient: SeigneQr,aje?
pitié de moi. » (Baioc. it, t).
De toutes les peines qui viennent assaillir les serviteifrs de Dieu, il n'en est peut-être pas de plus grande que celle que leur causent les scrupules. £n effet, ces âmes qui aiment Dieu plus que toutes choses, qui désirent par-dessus tout le servir et lui plaire, qui ont horreur du péché et de l'ombre même du péché, semblent avoir fait divorce avec la paix ejt sont en proie à la plus cruelle amertume, toutes les fois que s'élève en elles le terrible doute si elles sont en état de grâce, ou si elles n^ont point fait quelque diction qui déplaît à Dieu. Nous en avons an exemple mémorable dans le curé de Moncade au royaume de Valence en Espagne.
Ce bon prêtre avait toujours célébré la sainte messe avec une grande tranquillité d'esprit, et rien ne semblait devoir troubler sa conscience, lorsqu'un jour il fut soudain assailli de scrupules terribles. 11 vint à douter s'il avait réellement reçu la prêtrise, et si par conséquent il ne commettait point un sacrilège chaque foi^ qu^il montait à l'autel. Depuis ce moment son âme se
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trouva plongée dans un afotme dlnquiétudes, de raraintes, de terreurs < plus il se recueillait en Dieu, plus ses^pmpules redoublaient. 11 eût volontiers renoncé à la célébration des saints mystères si un sage et pieux directeur n'avait ranimé son courage, en rengageant à ne tenir aucun compte de ces vaines terreurs. Mai^, tout en continuant à célébrer, ii avait toujout's Tesprit inquiet et le cœur troublé ; on voyait même ses mains toutes tremblantes lorsqu'il sacrifiait. Enfîo ne voyant aucun autre moyen de se débarrasser de ses inquiétudes, il prit le parti de recourir à Tévêque de Valence et de se faire réitérer sous condition Tordre de la prêtrise. Mais Dieu, toujours bon et miséricordieux envers ceux qui le cherchenty voulut rendre la lumière à son esprit et la paix là son cœur par de signalés miracles. Durant la nuit de Noël, « oti Dieu, • <x>mme chante TEglise, « a fait briller sur nous l'éclat de la véritable lumière: » Deus fecit veri luminis illvstratione clarescerey (Miss. Nativit, Dom,}^ comme il célébrait la première des trois messes, une jeune enfant de cinq ans, au moment de Télévation, aperçut cîaii^emeht dans Thostie qu'il venait de consacrer un cbarmant petit enfant ; le même prodige so renouvela à la seconde messe, puis à la troisième. L'enfant, surprise mais toute joyeuse de ce qu'elle avaii vu, le raconta à sa mère, qui en parla à plusieurs personnes. Le bruit de cette nouvelle parvint bientôt aux oreilles du prêtre. Il en éprouva, commç on le pense bien, la plu» vive consolation, car il en résultait pour lui qu'il était véritablement prêtre et qu'il avait réellement la puissance de consacrer le corps et le sang de Jésus- Gbrist. Toutefois, comme il n'était pas encore pleinement rassuré, car, dis«iit-i}, cette enfant se trompe peut-
être sur le porsonnage qoi M est apparo^ il la fit ▼«dir et rinterrogea lengaein^t, loi disaôt : § Comment avez -vous va cet enfant? àqael moment? quelle était sa forme? etc. t Mais il la trouva toujours ferme dans ses réponses et donnant des signes manifestes de la réalité d'ane apparition divine. Malgré une preuve si rassurante, il ne s'en tint pas là, et afin de se délivrer une bonne fois de ses anxiétés, se disait-il à lui-même, il lui ordonna d'assister à «a messe le jour de fête qui suivrait, et de bien observer si cet aimable enfant se montrerait encore. La petite fille obéit au prêtre, et Notre- Seigneur, qui aime à ne révéler aux petits, voulut bien renouveler la même apparition danë la sainte hostie.
Mais les scrupules ne cèdent jamais, même devant révidence, tant ce mal est tenace; tant de témoignages et de manifestations ne purent porter la conviction dans l'âme de notre scrupuleux. Ne sachant plus quel moyen employer pour acquérir la certitude qu'il désirait si vivemeut, il lui vint une pensée assez étrange, qu'il résolut Se mettre à exécution le plus tût possible. U prit trois hosties toutes semblables qn^il plaça sui^Fai^^l pendant IdFtnesse ; mais il eut soin de n'en consacrer que ^nx : Tune, qu*ii présenta à la lacération des fidèles et qu'il consomma à la communion; la seconde fut réqnie à celle qui n'était pas consacrée. Api^ la messe il fait venir Tenfant, et, lui montrant les deux hosties, il lui demande s'il n';^ aperçoit point le divin enfant qpi lui était déjà apparu. La petitç fille, toute ébahie, répond sans hésiter qu'elle le voit dans celle-ci, qu'elle indique da doigt, et point dans l'autre. Pour le coup le prêtre ne put tenir contre une évidence pour ainsi dire palpable, et renonça tout de bon à ses scrupules : son âme, si
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longtemps agitée, se rasséréna, et de pais i^ moment il jouit de la plus douce tranquillité en célébrant le saint sacrifice.
Dieu permit dans ce bon prêtre de si terribles sernpules afin de confirmer plus efficacement dans la foi à ce profond m^rstëre les fidèles, qui sont quelquefois exposés à des tentations sur bet article de la croyance catholique. On peut lui appliqo^ ce que saint Grégoire dit de Tapôtre Thomas : « Son incrédulité a été plus utile à notre foi, que la foi des autres apdires. • Plus nobis Thomœ infidelitas ad fideni, qumn fides crtderUium, profiUt. (HomU. 26).
(Od. RAtifALOi, Annal,,
UN ËNPANT JUIF QUI AVAIT COMMUNIÉ PBÉSfiaVÉ DES FLAMME
Bie est panis vitœ, «i H qui* ex ipio monducaverit, non moriatur,
«C^est ici le pain de vie, en sorte qas celui qui eo maoge ne mourra point. »
(JoAH. VI, 48, 50).
La sainte Eucharistie ne nous préserve pas seule^ ment de la mort éternelle, souvent elle nous protège dans cette vie temporelle contre des dangers de mort, ou bien elle prolonge notre existence.
Sons lè pontificat de saint Âgapet et le r^oe de Vem-
perenr Jastinien, Mennas, patriarche de Gonstantinople^ avait introduit parmi'son peaple la pieuse coutume de communier cuvent, et quand il restait dans le vase sacré quelques fragments ou parcelles d'hosties, on faisait venir des enfants de Técole voisine dont Tinnocence était bien connue, puis on distribuait ces précieux restes à ceux d'entr'eux qui étaient à jeun. Evagre le Scholastique rend témoignage de ces faits dans son Histoire, et il ajoute qu'il a été lui-même un de ces heureux enfants. CTétait alors une faveur autorisée dans cette cité impériale ; depuis elle a été retranchée pour de Justes motifs.
Or, il advint qu'un jour parmi ces jeunes écoliers se trouva le fils d'un juif, vitrier de profession, laquelle consistait à cuire et à façonner le verre dans une grande fournaise. Ce jeune enfant alla avec les autres à l'égUse, s'approcha comme eux de l'autel avec une simplicité toute enfantine, et reçut les précieux fragments de la sainte Eucharistie ; mais, comme la cérémonie fut assez longue, il rentra à la maison plus tard que de coutume. Son père, irrité, lui en demandant la cause avec instance , il répondit ingénument qu'il avait été à l'église des chrétiens avec ses camarades, et qu'il y avait reçu comme eux le pain eucharistique qu'on a coutume de . leur distribuer. En entendant cesparoles,le Juif entra dans une extrême colère ; ne se possédant plus de fureur, et oubliant tout gentiment humain , il saisit l'innocent enfant et le jette au milieu de la fournaise incandescente, afin de l'y brûler tout vif.
Cependant la mère attendait toujours le retour de son fils : ce long retard lui faisant appréhender quelque malheur, elle se mit à parcourir la ville afin de savoir
ce qa'était devenu sou enfant. Peine inutile : après trois jours de recherches elle n'avait encore recueilli aucun indice. Alors, le cœur gros de soupirs et les yeux pleins ^ de larmes, elle ée retira dans un coin de la maison contignê à la fournaise. Dans son désespoir et comme hors d'elle-même, elle appelle instinctivement son fils par son nom, d'une voix plaintive et désolée. Quelle ne fut pas sa stupéfaction, lorsqu'elle entendit distinctement une voix sortant du milieu de la fournaise, qui lui disait: c Ma mère, ma mère, me^ voici. » A l'instant même elle court à la fournaise, l'ouvre et voit son fils debout au milieu de brasiers ardents, tout entouré de flammes, et n'en éprouvant pas plus les atteintes que s'il se fût trouvé au milieu des roses les plus fraîches. Ainsi Dieu renouvelait en faveur de cet enfant le miracle des trois enfants de Babylone, que l'impie Nabuchodonosor fit jeter dans la fournaise ardente. Mais, dit la sainte Ecriture : « Le feu ne les toucha en aucune façon et ne leur fit aucun mal. > Non ietigit eos omnino ignis, neque corUristavity nec quidquam moUstiœ intulit. (Dan* m). La similitude des faits eût été parfaite si cette flamme eût dévoré ce père dénaturé^ comme elle consuma les ministres du roi.
L'enfant étant interrogé, au sortir de la fournaise, comment il se faisait qu'il fût demeuré au milieu du feu un si long espace de temps sans en ressentir aucun dommage, il répondit avec candeur: « Une grande dame vêtue d*un manteau d'azur et d'une robe de pourpre, la tête ceinte d'un diadème de gloire dont l'éclat surpassait celui du Soleil, est venue plusieurs fois me rafraîchir en répandant autour de moi une <3au délicieuse, puis elle éloignait les flammes qui m'en-
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tonraient : enfin elle me donnait une nourritnre délicieuse et me remplissait d'une consolation toute céleste, t Le brdt de ce miracle se répandit, comme un éclair, par toute la ville. L'empereur Justinien et le patnarche Mennas voulurent connaître cet enfant béui et son heureuse mère. Quelque temps après, ils furent tous deux admis au saint baptèine et se consacrèrent au service de Dieu. Toute la ville s'unit à eux pour rendre mille actions de grâces à la très-sainte mère de Dieu, qui protège si miséricordieusement et délivre de tous maux ceux qui reçoivent son divin fils dans le très-saint Sacrement avec un cœur pur et orné d'innocence. Pour célébrer cet éclatant miracle, on a composé les vers suivants:
Ante aras pastum sacrato numine natum
Projicit iD medios ira paterDa rogos.
Sacrilego pia flamma patris servira furori ' Horruit : innocuus ridet in igné puer. «
Très olim puBri vicere incendia, solus
Vincere qui poiuit, par fuit ille tribus.
< Un père irrité jette dans an brasier /ardent son enfant innocent, parce qu'il s'est nourri du Dieu de nos autels : mais la flamme, plus sensible que ce père bar-* bare, refuse de se prêter à son crime horrible ; l'enfant TÎt et joue au milieu de la fournaise. Autrefois les trois enfants de Babylone passèrent sains et saufs au milieu /de la fournaise embrasée ; celui-ci est seul, mais il est ^'égal des trois, car lui aussi a vaincu l'incendie. »
(Evagr. HisL 1. iV, c. 9. 4. «- S. Greg. Turon. . Mirac. 1. iv, c. 10).
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UNE AME QOB L'OBÉISSÂNCB PRIVAIT DB LA COMMUNION liA REÇOIT MIRACULEUSEMENT.
Bgo nm ptmi$ vita. Qui venii ad «i« non
«Je suis le paiD de vie, celai qui vient à moi n^aura plas faim. » (Joai. ti, iS).
Jésus-Christ, qni a promis de rassasier tous ceux qui recourent à lui avec une sainte avidité, a merveilleusement réalisé cette promesse à Fégard de deux frères convers de Tordre de Saint-François, du couvent de Gaête.
Ces deux religieux, recommandables par leur grande simplicité, s'étaient préparés par des actes de pénitence et de dévotion à recevoir la communion le jour solennel du Jeudi-saint : mais malheureusement ce matin-là, le pain étant venu à manquer pour le repas de ce jour d'allégresse commune, le père gardien ordonna à ces bons frères lais d'aller mendier par la ville, afln de recueillir la provision nécessaire. Un pareil ordre leur était bien quelque peu pénible, parce qu'il interrompait leurs exercices spirituels, et les privait du bonheur d^assister avec les autres aux saintes solennités, et peutêtre de recevoir la sainte Eucharistie; toutefois ils prirent sur-le-champ leur besace et s'en allèrent demander l'aumône accoutumée. Mais le malheur voulut que plusieurs personnes ayant refusé de les assister, ils furent
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ooDlraints d'aller frapper à bien des portes avant de pouvoir recueillir le pain nécessaire pour un si grand nombre de frères ; ce qui fut cause qu'ils rentrèrent assez tard.
En effets lorsqu'ils arrivèrent au coulant, la messe était terminée, et par conséquent la communion avait été distribuée à tous les frères et au peuple : on faisait en ce moment la procession pour porter la sainte Eucharistie à un autel^réparé à cet effet pour Vj renfermer dans un* sépulcre. Les religieux allèrent ensuite prendre leur réfection, un bienfaiteur d'un lieu éloigné avait pourvu la table convenablement de tout le pain nécessaire. Nos deux convers, peu soucieux de réparer les forces de leur corps, mais très-affligés d'avoir été privés de la nourriture de leur âme dans ce jour solennel où Notre-Seigneur nous a laissé le don de son propre corps, allèrent droit à Féglise, et se prosternant 4evant le sépulcre où se trouvait le désiré de leur cœur, ils s'abandonnèrent aux soupirs et aux larmes, suppliant leur Dieu d'avoir pour agréable la sincérité de leur affection et de suppléer par l'abondance de sa grâce à la privation qu'ils éprouvaient et qui ne provenait que de leur obéissance.
Ils priaient ainsi dans leur amère tristesse, quand, à leur grand étonnement, ils virent sortir du sépulcre et s'avanceV vers eux un jeune homme d'un aspect modeste mais d'une beauté sans égale, qui leur dit qu'il était le Sauveur du monde, et leur présente en môme temps la sainte communion. A cette vue, stupéfaits et confus d'une telle merveille et se réputant indignes d'une si grande faveur, ils songeaient à se retirer. Mais encouragés par une bonté si amoureuse, ils reçoivent avidc-
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ment ïe pain de vie de la main da Sauveur f'^qnî dans celte occasimi était à la fois et le don et le donateur. Après avoir donné à ses amis "^tte consolation, le Seigneur rentra dans le tabernaclid, qui se renferma de lui-même. Mais, comme marque incontestable de sa miraculeuse apparition, il laissa empreinte sur le pavé de ]a chapelle la trace de ses pas ; ainsi fit-il sur la montagne des Oliviers, lorsqu'il s'éleva triomphant au plus haut des cieui. Ces traces sacrées furent entourées d'une grille de fer, et sont demeurées en grande véné- , ration auprès des habitants de Gaête. Ainsi se trouve vériûé l'oracle du prophète : « Nous l'adorerons dans le lieu où ses pieds se sont arrêtés. » .Adarabimus in loco ubi steteruYit pede^ ejus. (Ps. cxxxi, 6),
La place où les deux frères priaient à genoux quand ils reçurent cette insigne faveur de Jésus-Christ, est également jusqu'à ce jour l'objet du respect des fidèlea, et on l'a ceinte de forts treillis. Ces lieux sacrés sont fréquemment visités par la piété chrétienne, aussi Inen que les tombeaux des deux vénérables convers, à cause de l'opinion qu'on a généralement de leur sainteté.
(WADDiifG, Annal, des mineurs, an. 1221^ n. ^
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