‹ Les Merveilles Divines dans la Sainte EucharistieChapitre 6 sur 35 · LES EMBUCHES DU DÉMON DÉCOUVERTES AU MOYEN DU TRÈS-SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

LES EMBUCHES DU DÉMON DÉCOUVERTES AU MOYEN DU TRÈS-SAINT SACREMENT

Extrieat omn» genni deemonionm, ita ut mttn nom meetdtU.

« Elle ehasse toa te espèce de démoBS< co sorte qu^ils n'osent plus approcher. » (Joi.

Tl, 8).

L^ataae la plus puissante pour déjouer les ruses des démons et détruire leurs noires malices, est sans contredit la présence du très-saint Sacrement ; l'exemple suivant en fournit une preuve sans réplique.

Le bienheureux Conrad, religieux de Tordit de Saint- Dominique, prêchait en AUemagne contre Thérésie avec un zèle tout apostolique, et ses prédications ramenaient à la vraie foi beaucoup d'hommes égarés. Mais un des ministres de Terreur, qui était aussi un grand magicien, résolut de lui faire une vive opposition par des menées occultes. Ce méchant homme, dans le dessein de réparer, autant qu'il était en lui, les pertes qu'éprouvait son parti par les sermons du Dominicain, pe négligea aucun moyen pour séduire un prêtre qui accompagnait le prédicateur. Un jour il le tira à part et lui parla en ami dévoué comme à une vieille connaissance; et quand il crut s'être adroitement insinué dans ses bonnes grâces, il lui exposa sans détour plusieurs raisons plus ou moins plausibles pour lui persuader que

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la doctdne que prêchait son maître n'était pas conforme à renseignement de FEvangile. Le serviteur de Dieu, Conrad, informé des entretiens du ministre, ne s'étonna nullement de ses assertions. Il alla le trouver pour tâcher de te convaincre, à son tour, des eipreurs qu'il avait proférées devant son disciple ; afin de mieux réussir, il mit en avant les arguments les plus solides. Mais Thérétique n'en devint que plus obstiné dans ses opinions : puis, prenant un ton de fierté qui ne lui convenait guère, il reprocha aux catholiques de s'opiniàtrer aveaglément dans des erreurs manifestes et de contredire noD-seulement les plus simples lumières de la raison, mais encore le rapport naturel du sens de la vue, qui n'aperçoit pas autre chose que du pain là où ils croient qu'existe réellement le corps du Rédempteur, i Pour ne point ^'exposer à se tromper, ajouta-t-il, il ne faut ajouter foi qu'aux faits vrais et patents et que tout le monde peut voir et vérifier. » Et son orgueil augmentant à mesure que son imagination s'échauffait, il se fit fort de faire apparaître le Sauveur du monde et l'auguste reine du ciel, accompagnés d'anges et de bienheureux qui lui feraient connaître de la manière la plus ' certaine la croyance qu'il devait tenir pour ne point s'écarter de la vérité. Le bon religieux rejeta d'abord une proposition aussi odieuse que téméraire ; mais s'étant ravisé, il l'accepta, dans le but de se jouer de cet homme et de ses prestiges.

Le jour marqué étant arrivé, le bienheureux Conrad se rend à l'église, et après une prière fervente, il prend la petite custode déposée près du saint ciboire dans 1& tabernacle, y met une hostie consacrée, la place rêvéremment sur sa poitrine par-dessous sa tunique et sort

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de féglise. ÂÎDsi armé et conforté contre toute attaque de reoDemi du salujb, il va trouver le ministre magicien et se laisse conduire sur le jsommet d'une montagne écartée. A peine y étaient-ils arrivés, que rhérélique, an moyen de quelques paroles magiques, Ût apparaître nn palais et un jardin enchantés où ne manquaient ni les pierreries lés plus étincelantes ni les Ûeurs les plus éclatantes ; sur deux trônes non moins brillants siégeaient un roi et une reine le diadème en tête et vêtus d'ornements les plus resplendissants; des personnages . chamarrés d'or et de rubis formaient leur cour. Le magicien s'approchant d'abord du trône de la reine, init les genoux en terre et Tadora très-respectueusement, puis il s'approcha du roi et lui rendit les mêmes hommages ; après quoi, se tournant vers le prédicateur qu'un pareil spectacle mettait hors de lui, il Finvita par ' signes à s'avancer vers la reine pour apprendre d'elle les mystères de la foi nouvelle. Celui-ci s'approche san$ se faire beaucoup prier, mais avec la précaution de tirer d'abord de son sein la sainte custode : présentant alors le saint Sacrement à ce fantôme qui était devant lui : ff Si vous êtes la mère de Dieu, lui dit-il , reconnaissez et adorez votre divin fils que je vous présente, comme la plus agréable offrande que vous puissiez désirer, i II n*avait pas achevé que toute cette fantasmagorie avait disparu, roi, reine, palais et jardin. Le religieux et l'hérétique se retrouvaient seuls en présence sur une montagne inculte et rocheuse, pleine de ronces et de broussailles: ils se virent en même temps plongés dans de si épaisses ténèbres, qu'ils eurent de la peine à retrouver le chemin de la ville. En s'y rendant, comme l'hérétique était tout bouleversé de ce qui venait de s&

paâser, le saint prêtre en profita pour le «onvainére de ses erreurs et lui- faire embrasser la doctrine catholique. Il y réussit par la vertu du Seigneur, qu'il portait sur son sein. %

Ainsi celui qui était venu dans Tintention d'enrichir Venfer d'une belle proie devint lui-même une proie -^utaire pour le ciel , comme dit le |)rophète : Qui ^rœdaris, nonne et ipse prœdaberis ? « Vous qui faites du butin 9 ne serez-vous pas conquis à votre tour?i

(Thomas Gartivprb. MiracuL memor, t. xxi^ c.

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