SUPPLICATION MERVEILLEUSE
Pauperi porrige manum tuam , ut pe> ficiatur propitlalio : Ouvrez la ninin au pan vre, afin que votre sacrifice d'expiation soit parfait. (Eccli. vu, 36.)
Parmi les nombreux prodiges accomplis par le Seigneur à l'occasion des prières solennelles pour les morts, l'un des plus célèbres est celui qui eut lieu à iMantoue, Jans le monastère de Saint-Vincent, en présence de toute /a communauté. Une religieuse nommée Paule, de l'ordre ie S. Dominique, après une vie sanctifiée par les plus excellentes vertus et une mort précieuse aux yeux des hommes, montra que, devant le Seigneur qui sonde les cœurs et les reins, il n'y a point de perfection humaine qui n'ait des taches. Le corps avait été apporté à l'éijlise
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et placé, selon l'usage, au milieu du chœur; toutes les sœurs, faisant autour du modeste catafalque une couronne, cliantaient pieusement les prières ordinaires du Requiem. On avait exhorté spécialement la bienheureuse Etiennette Quinzana, favorisée de dons singuliers, à intercéder avec tonte la ferveur dont elle était capable pour le salut de la défunte, et à d'autant meilleur droit que ces deux saintes filles avaient été liées d'amitié spirituelle, toute au profit de leurs âmes.
Etiennette donc, mue d'un sentiment personnel d'affection, s'approcha de la bière les mains jointes, et se mit à réciter avec grande ardeur les psaumes de circonstance. Tout à coup la morte laisse tomber un petit crucifix qu'elle tenait, étend la main gaucho vers la droite de sou amie et la serre de telle façon, qu'aucun effort ne la lui peut arracher, l.a communauté entière, qui était présente, demeura stupéfaite. Pendant plus d'une heure, ces deux mains restèrent étroitement enlacées. Au bout de ce temps intervint le supérieur, qui commanda à la défunte, au nom de la sainte obéissance, de laisser la sœur Quinzana. Instantanément il fut obéi, comme si la vertu d'une telle personne n'eût subi aucun change' ment au delà du tombeau.
Que signifiait ce serrement de main? Etiennette le tomprit parfaitement, soit que Paule lui eût adressé miraculeusement la parole, soit qu'elle eût agi sur son esprit. L'histoire n'a point éclairci ce détail. Toujours est-il que celle-ci interpréta la chose par ce discours : « Secourez-moi, ma sœur, secourez-moi dans les supplices auxquels je' suis vouée ! Oh 1 si vous saviez la rage de nos ennemis invisibles pour nous tenter à l'heure de la mort 1 si vous saviez couibieu sévprp. est le juge qui
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exige notre amour parfait I quel examen ! quelle discussion des moindres fautes 1 et puis, quelle expiation avant la récompense! comme il faut être pur pour ceindre Ttiternelle couronne! Priez donc pour moi maintenant; placez-vous entre le Seigneur et sa servante! priez, priez, faites pénitence à ma place I •
Etiennelte entendit ce touchant langage, et se mita accomplir toutes sortes d'oeuvres méritoires pour son amie, jusqu'au moment où elle sut par révélation que la porte du ciel était ouverte à Paule, et que Dieu l'avait enOn reçue dans son sein.
Comment donc, ô Seigneur, ne tremblerions-nous pas pour nous-mêmes! et quel est le sacriGce (|ue nous ne consentirions point à faire pour vous apaiser, nous dont la vie ne se compose guère que d'ofîenscs 1
(V. Franc. Seghizzus, Vila B. Slephanœ, p. 110; J.-B. Manni, Sacr. Trig , dfsc. vi, n. 27.)
XI Ml" MKRVEfLLE.