BIENFA17S DES AMES DU PL'BGATOIRE ENVERS CEUX QUI LES AS>1STENT
Exto mixcricors : prœmium enim bonurh tibi thcsniirizn» in die ncccxsitatis : Soyp?, miséricordieux, car vous amasserez ainsi uu trésor pour le jour du besoin. (Tob. i v, 10.)
Plusieurs aateurs ont rapporté le merveilleux secours que nçtit des âmes du purgatoire Christophe Sandoval, archovôque de Séville. N'étant encore qu'un enfant, il avait l'habitude de distribuer aux pauvres, en leur
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fiivcur, une partie de l'argent qu'on lui remettait pour ses menus plaisirs. Devenu grand, sa piété envers les morts augmenta avec les années; il donnait pour eux tout ce dont il pouvait disposer, jusqu'à se priver de mille choses qui lui eussent été utiles ou nécessaires. Lorsqu'il suivait les cours de l'université de Louvain, où il exerçait les mêmes œuvres, il arriva un jour que, les lettres qu'il attendait d'Espagne ayant tardé, il se trouva réduit à une véritable extrémité, n'ayant pas même de quoi prendre son repas. Sa peine augmenta beaucoup en se voyant obligé de refuser un pauvre qui lui demandait l'aumône au nom des âmes du purgatoire, ce qu'il n'avait encore jamais fait. Il en conçut un si vif chagrin, qu'il entra aussitôt dans une église : c Au moins, se disait-il, si je ne puis donner d'argent au nom de ces jauvres ûmes, je prierai pour elles, étant pauvre moimême et dénué de tout. »
Il n'avait f^as fini sa prière, qu'il vit venir à lui un b«^au jeune homme, en habits de voyageur, qui lui aJressa un salut à la fois respectueux et empressé. Christophe resta tout interdit, effrayé même, comme s'il se trouvait en [irésence d'une apparition de l'autre monde. Mais il se rassura bientôt lorsque celui-ci, lui parlant avec beaucoup de politesse, lui donna des nouvelles du marquis de Dania son père, de ses autres parents, de ses amis, absolument comme s'il arrivait à l'heure même de la Péninsule. Il finit par le prier de venir avec lui à rhôtel, oii il l'invitait à dîner. Sandoval ne refuse point cette ofi're, parce qu'il n'avait pas mangé de la journée. Ils se mettent donc à table, et continuent de s'entretenir pendant le repas, après lequel l'étranger lui remit une certaine somme, lui disant d'en faire tel usage qu'il lui
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plairait, parce que, quand il le voudrait, il se la ferait rendre par le marquis son père, en Espagne. Puis il prétexte quelques affaires et se retire. Or, quels que fussent depuis les soins et les démarclies de pieux Christophe, il ne put découvrir son inconnu ; ni à Louvain ni en Espagne, personne ne l'avait vu ; jamais l'argent ne fut réclamé auprès de sa famille, et il se trouva que c'était exactement la somme dont il avait besoin pour attendre SCS lettres en relard. Il se persuada donc que le Ciel avait fait un miracle en lui envoyant une de ces âmes que ses prières et ses aumônes soulageaient habituellement, et il le crut à d'autant meilleur droit, que ce fut aussi l'avis du pape Clément VIII, auquel il raconta l'histoire en allant à Rome pour ses bulles d'évôque. Ce pontife, frappé de ces circonstances, lui ût un devoir de les publier, afin que les fidèles fassent encouragés par là à intercéder [K)ur les défunts et à faire grand cas de cet acte de charité. Le saint archevêque, on le conçoit, fut toute sa vie rempli de zèle à promouvoir dans sa patrie une si généreuse dévotion, et il réussit à l'inspirer à une foule de cœurs autour de lui.
(V. Martin d3 Roa, De Statu anim., c. xxi.)
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