‹ Les merveilles divines dans les âmes du purgatoireChapitre 28 sur 62 · KG · texte numérisé non relu

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anges, qui ont mission de museler la bête infernale, et de l'empêcher de déchirer le troupeau de Jésus-Christ.

AQn de se montrer vrai père spirituel, le bon et saint abbé dit la Messe pendant toute l'année suivante en faveur d'Osbern ; il désirait d'abréger les peines du purgatoire auxquelles il ne doutait guère qu'il n'eût été condamné, pour la tiédeur et les infidélités de quelques-unes de sm années de religon ; s'il était empêché de célébrer luimôme, il se faisait remplacer dans cet office de charité, De plus , il recommanda la môme intention à diven monastères. Et ainsi, non-seulement les défunts en obtinrent du secours, mais les vivants apprirent de ce bel exemple à prier pour les âmes souffrantes, que nous sommes trop disposés, hélas 1 à oublier.

(V. Acta Sanctorum, 21 avril n. 70.)

DN PURGATOIRE PLUS LONG A OUI n'a PAS PRIÉ POUR LES MORTS.

Qui non diligit mnnel in morte: Celui qn n'aime point demeure dans la mort. (/ Joan in, 14.) ,

Dans la belle Vie de S. Malachic, archevêque d'ArmaglV S. Bernard loue hautement la dévotion du prélat enver les âmes du purgatoire, mais il blâme au môme degré i; sœur de Malachie, animée de tout autres sentiments Etant encore diacre, l'archevêque aimait à assister au; funérailles des pauvres, afin de prier pour eux; il le accompagnait au cimetière; souvent même il les enseve

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\i de ses propres mains, cet office lui paraissant

jire à développer l'humilité autant que la pratique de

'larité. Mais, comme le saint homme Tobie, il devait

éprouvé et tenté par la femme, ou plutôt par l'an-

.0 ennemi du genre humain. Sa sœur, toute aux

uc.3 du monde, tenait à déslionncur qu'un membre de

a noble famille se consacrât à des œuvres si basses,

it elle lui disait avec colère : « Heau métier tu fais là,

bu et grossier personnap:e ! est-ce l'occupation d'un

lomme de ton rang? Laisse les morts ensevelir leurs

norts, selon le mot du Seigneur.... > Et, abusant de ce

.cxte évangélique, elle le tourmentait de ses reproche?

^t de ses plaintes. Malachie lui répondait avec douceur,

7iais non sans fermeté : « Pauvre fille, que dis-tu? Tu

;ais les mots du texte sacré, mais tu n'en pénètres guère

e sens. « Et il continuait de s'acquitter de l'humble

"■onction, où Dieu le récompensait par de grandes conso-

ations intérieures.

Cependant le Ciel ne laissa pas impunie l'imprudente témérité de cette femme. Elle mourut assez jeune, et parut devant le Juge terrible, qui lit jusqu'au fond du 2œur et demande compte de ses moindres mouvements. Malachie avait eu à se plaindre d'elle; mais, quand elle Fut morte, il ne pensa plus qu'aux besoins de son ûme, 2i pria pour elle avec tout le zèle dont il était capable- Une nuit, pendant son sommeil, longtemps après, il lui sembla la voir dans la cour de l'église, triste, vôtue de noir, sollicitant sa compassion, parce qu'il y avait trente jours qu'elle n'éprouvait plus de soulagement. Le saint lionime s'éveille en sursaut, tout plein de ce rêve, et il se rappelle en effet que depuis un mois il n'a pas dit la sainte Messe pour sa sœur. On oeut croire que Dieu avait

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encore permis cet oubli en punition de son insensibilité ancienne envers les défunts.

Le pieux frère se remet donc à ses suffrages, et ôib le lendemain, il monte à l'autel et offre dans ce but le saint sacrifice. Peu après, la morte se fit voir à lui dans une autre vision : elle se tenait sur le seuil de l'église, comme s'il ne lui était pas encore permis d'entrer, et elle gémissait. 11 persévéra donc dans ses prières, n'omettanl pas un seul jour l'auguste sacrifice. Alors il la vit entrei-, mais elle ne pouvait avancer jusqu'à l'autel, malgré tous jL'S efforts. Bref, le saint ne cessa point de célébrer qu'il ne l'eût revue admise auprès de l'autel, magnifiquement parée, brillante, heureuse, parmi une foule d'âmes éclatantes comme elle, qui paraissaient quitter aussi le lieu de l'épreuve, après leur expiation terminée. Ce qui démontre une fois de plus, comme l'observe S. Bernard lui-môme, la puissance de la sainte Messe pour nous purifier de toutes nos fautes et nous rendre agréables à Dieu : i Hoc plané sacramentum, dit-il, potens est peccala consummare, dchellare obvias potestales, inferre cœlis revertentes de terra. »

Mais nous ne devons point ici omettre le récit de la grâce que valut à S. Malachie sa grande charité envers les âmes du purgatoire. Il avait un jour convoqué le! personnes dont il dirigeait la conscience à une conférence spirituelle, où, discourant du dernier passage, il demandait à chacun oi!i et quand il lui serait plus agréable de mourir. Les uns indiquaient une fête, les autres une autre; ceux-là un endroit, ceux-ci tel autre, etc. Quand ce fut au tour du saint de manifester sa pensée, il dit que, quant au lien, il ne finirait nulle part plus volontiers sa vie, hors de l'Irlande, qu'au monastère de Clairvaux

(dirigé par S. Bernard), afin de jouir tout de suitp des saints sacriOces de ces fervents religieux; et que, quant au temps, il préférerait le jour de la fête des morts, afin d'avoir part à toutes les prières qui se font ce jonr-là dans le monde catholique pour les défunts. Ce souhait de sa piété fut accompli de point en point. Comme il se rendait auprès du souverain-pontife Eugène 111, il fut surpris par une grave maladie à Clairvaux même, et comprit que le Seigneur l'exauçait, car il s'écria avec le prophète : c Voici mon repos pour toujours : je l'ai choisi et j'y demeurerai : Hœc requies mea in sœciihim sœculi : hic habUabo, quoniam elegieam. » (Ps. 131.) En effet, le lendemain de la Toussaint, il rendit son âme au Créateur, et courut recevoir la récompense de ses vertus.*

(V. S. Bernard, Vila S. Malachiœ.)

(l) Nous avons connu une pieuse religieuse, Zénatde Pauline P..., qui, attaquée d'une maladie affreuse depuis plusieurs années, suppliait Notre-Seigneur de lui accorder de mourir le jour de la Commémoration des fidèles défunts, pour lesquels elle avait eu toujours une grande dévotion II lui fut accordé comme elle désirait. Le 2 novembre au matin, après deux ans de souffrances supportées avec le courage le plus chrétien, elle se mit à chanter un c mtiqua i'actions de grâces, et expira doucement quelques instants avnnt l'heure où commence la célébration des messes d^ns toutes les feglises. {^l^ole du irad.)

LVIP MERVEILLE*.

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