RIGUEUR DE LA JUSTICE DIVINE
Juslitia et judiclum prœparalto sedis lum ; Le jugement et la justice sont l'appui do volro trône. (P«. lxxxvhi, 15.)
Telle est la sainteté de notre Sauveur, qu'il ne saurait souffrir la moindre souillure dans ceux de ses enfants qu'il appelle à l'éternelle couronne. Nous avons à lui rendre compte de tout sans exception : pensées, actions, omissions volontaires, paroles, aspirations, etc. Qui donc ne tremblerait à la pensée de ce jugement que nul ne pourra éviter? Qui ne s'appliquerait à préparer une sentence favorable, en se ménageant des intercesseurs? Voici un fait, tout récent, qui donnera à penser aux plus insensibles.
En Amérique, grâce aux progrès consolants du catholicisme, presque tous les ordres religieux ont fondé de? maisons florissantes, oii l'on travaille généreusement, pa' la prière, l'aumône et les labeurs de l'apostolat, à étendra le règne de Jésus-Christ. Les bénédictins, entre autres, ont une abbaye du nom de Saint-Vincent, au village de Latrobe. C'est en 1846 que le P. Doniface Wimmer fonda ce monastère, lequel dix ans après, était élevé à la dignité d'abbaye et agrégé au Mont-Cassin d'Italie. Le bruit courut, au commencement de 1860, qu'une âme était
(2) Ajoutée par le traducteur-
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apparue à l'un des religieux, afin de rédamer ses prières. Aussitôt les mauvais journaux de se répandre, selon leur coutume, en plaisanteries et en grossières impiétés. Le vénérable Wimmer, atlligé de ces scandales, crut devoir faire et publier, le 26 février 18G0, la déclaration suivante :
« Voici la vérité. Dans notre abbaye de Saint-Vincent, près de Latrobe, le 18 septembre 1859, un novice a vu apparaître un moine bénédictin en costume complet de chœur. Cette apparition s'est renouvelée chaque jour, depuis le 18 septembre jusqu'au 19 novembre, soit de onze heures à midi, soit de minuit à deux heures du matin. Le 19 novembre seulement, le novice a interrogé l'esprit, en présence d'un autre membre de la communauté, sur ce qu'il demandait. L'esprit a répondu qu'il souffrait depuis soixante-dix-sept mis, pour n'avoir pas dit sept messes d'obligation ; qu'il était déjà apparu, à diverses époques, à sept autres bénédictins, qu'il n'avait pas été entendu; qu'il serait contraint d'apparaître encore dans onze années, si lui, novice, ne venait pas à son secours. L'esprit demandait que ces sept messes fussent dites pour lui ; de plus, le novice devait pendant sept jours demeurer en retraite et garder un profond silence; en outre, et pendant trente-trois jours, il devait réciter trois fois par jour le psaume 50 (Miserere mel, Dens), les pieds nus et les bras élevés au ciel.
• Toutes ces conditions ont été remplies, à dater du 21 novembre jusqu'au 25 décembre, où, après la célébr.ition de la dernière messe, l'esprit a disparu. Pendant cette période, l'esprit s'était montré encore plusieurs fois, exhortant le novice, dans les termes les plus touchants, à prier pour les âmes du purgatoire, disant qu'elles souffrent
affreusement, et qu'elles sont profondi^inent reconnaissantes envers ceux qui concourent à leur rédemption. L'esprit a ajouté, chose bien triste à dire, que, des cinq prêtres qui sont déjà morts à noire abbaye, aucun n'était encore au ciel, que tous souffraient dans le purgatoire. Je ne tire pas de conclusion, mais tout ceci çst exact. »
Telle est la déclaration de l'abbé, signée de sa main. Les conclusions frappent le plus distrait des lecteurs. Préparons-nous avec tremblement à cette discussion sévère de notre vie, et, si nous voulons être secourus un jour, secourons nous-mêmes ceux qui souffrent et qui s'adressent à notre charité.
(V. le journal Le Monde, 4 avril 18G0, n. 47.)
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PBOTECTION MIRACULEUSE.
Si consistant adversàm me castra, non timebit cor meum : Quand même je serais attaqué par les forces ennemies, mon cœur ne tremblera point. (Ps. XXVI.)
Déjà nous avons rapporté le secours miraculeux accordé par les ûmes du purgatoire à un soldat dévot pour elles. Mais, de même que la Sainte-Ecriture nous montre plusieurs fois les légions célestes volant à la défense des Israélites contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie, de même dans les annales de l'Eglise nous lisons plus d'une intervention de ce genre de la part des pauvres âmes souffrantes en faveur des princes qui son-
geaicnt à leur soulagement. Eus^be, duc de Sardaigne, est un de ces ttîinoins.
Ce prince était tellement dévoué aux âmes du purga- \oire, que, indépendamment des aumônes considérables qu'il faisait à leur intention, il avait consacré à celte œuvre les rerenus d'une ville entière où la piété était en honneur. On l'appelait pour ce motif la Ville de Dieu, et tout l'argent qui en provenait pour le trésor de l'Etat servait aux œuvres saintes, à l'entretien d'un certain nombre de prêtres et de chapelains chargés de célébrer journellement en faveur de ces âmes. Le démon ne put souffrir une si belle institution, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait de grandes richesses et des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de frivoles prétextes. Ostorge se mit donc en route, assiégea cette ville et s'en empara. Dès que le duc apprit celte nouvelle, il en éprouva une aussi vive douleur que s'il eût perdu la moitié de ses États. Aussitôt il assemble ses uflîciers, tient conseil avec eux, et se résout à tout entreprendre pour chasser l'ennemi de cette place. L'armée se foroae, bien inférieure à celle des Siciliens, et l'on marche.
Ce n'était pas sans crainte, à cause de cette grande infériorité. Mais voici que les sentinelles avancée? signalent au loin des légions de cavalerie et d'infanterie vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit : d'une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens; de l'autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il sû décide à expédier des hérauts d'armes, au nombre de quatre, pour faire une reconnaissance et découvrir à qui Von a affaire. Dès qu'ils furent à égale distance des deux
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nrmées, quatre hérauts c^es nouveau-venus se détachèrent, et, marchant vers eux, les sahièrcnt en disant : « N'ayez aucune crainte : nous sommes la milice du souverain Roi, et nous accourons au secours de votre prince : qu'il vienne s'entendre avec notre chef. » Le duc s'avança. ( t joignit ses soldats à ceux que le Ciel lui adressait ainsi miraculeusement. Dès qu'Ostorge aperçut les troupes [u'il avait à combattre, ces vêtements blancs, ces légions inartiales qui lui étaient inconnues, il fut saisi de terreur ; des éclaireurs envoyés à la découverte lui rapportèrent '|ue ces nouvelles légions ne pouvaient apparaître que par miracle, personne dans le pays ne comprenant d'où ni comment elles étaient venues. En môme temps, il fut sommé de restituer la Ville de Dieo à son légitime souverain. Il s'empressa d'accéder à toutes les propositions, répara le dommage qu'il avait causé, et se retira en toute hâte. Eusèbe rendit à Dieu ses actions de grâces et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : « Sachez, prince, que presque tous ces soldats que vous voyez sont des âmes tirées du purgatoire par vos 5uEfrages; le Seigneur leuV a confié le soin de vous protéger dans cette extrémité. Continuez donc cette charitable dévotion, et n'oubliez jamais qu'autant d'âmes vous délivrez, autant vous acquérez d'amis et de défenseurs au ciel. > Puis tout disparut. Le duc se jeta à genouj et bénit le Dieu de toute miséricorde, qui n'abandonne jamais les siens.
(V. Henri Grandgermain, Magn. Specul. exemp., dist. 9. ex. 184 J
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