‹ Les merveilles divines dans les âmes du purgatoireChapitre 31 sur 62 · MÉRITE DE LA SAINTE OBÉISSANCE · texte numérisé non relu

MÉRITE DE LA SAINTE OBÉISSANCE

Erit velul filiut Alllssimi, obediens, et miserebitur : Vuus serez comme un enfant du Très- Haut, obéissant, et il aura piti^ de vous. (^Eccll. ly, 11.)

Parmi les grands avantages de la vertu d'obéissance, si fortement recommandée par la sainte Ecriture et par les saints Pères, l'un des principaux est de délivrer des peines du purgatoire, ou du moins de les adoucir. Cela

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se comprend aisément : celui qui obéit, en suivant les ordres du Seigneur qui lui sont intimés par son supérieur, entre en conformité parfaite avec la divine volonté. C'est pourquoi, il ne saurait être puni pour des actions accomplies selon les lois de l'infaillible sagesse. S. Jean-CIimaque dit de la sincère obéissance qu'elle est le bouclier de nos œuvres au grand tribunal. Voici un exemple.

La bienheureuse Emilie, . dominicaine, prieure du monastère de Sainte-Marguerite à Verceil, aimait à développer devant ses religieuses le mérite de l'obéissance, au point de vue spécial du purgatoire. Un des articles de la règle interdisait de boire entre les repas, à moins d'une permission expresse de la supérieure, et celle-ci avait pour pratique ordinaire de la refuser, afin de fournir à ses sœurs une occasion de pénitence facile. Seulement, elle s'efforçait de leur adoucir ce refus en les invitant à offrir leur soif à Jésus en croix, tourmenté de. la même façon, et à un degré bien plus insupportable; elle leur conseillait de réserver cette eau pour l'autre vie, où les ardeurs du purgatoire la leur feraient désirer, et d'en confier le dépôt à l'ange gardien jusqu'à ce moment-là.

Une des sœurs, Cécile Avogadra, étant un jour pressée d'un besoin de ce genre, vint demander à la servante dd Dieu l'autorisation de boire. Mais, inspirée d'en-haut, elle ne la lui accorda pas et l'exhorta à s'imposer pour Jksus en croix cette légère privation. La religieuse n** la trouvait pas légère, car elle se sentait très-altérée ; toutefois, elle se rendit à l'obéissance et fit son offrande de bon cœur au divin Époux. Elle mourut peu de temps après. Il y avait trois jours qu'elle était ensevelie, lorsqu'elle a[)parut toute resplendissante à la mère Emilie.

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VMe lui raconta avec mille actions de grûces que, devant sr»u(îrir en purgatoire pour un attachement déréglé à ses I parents, elle avait été délivrée très-promptement en ■ récompense de ces quelques gouttes de rafraîchissement qu'elle avait sacrifiées à l'obéissance ; le troisième jour son ange gardien était descendu dans le lieu des tourments, portant cette eau offerte au Seigneur, et, la versant sur les flammes, les avait éteintes, pour la conduire avec lui dans l'éternel séjour.

Nous devons rapporter aussi ce que fit notre bienheureuse à l'égard d'une autre sœur, appelée Marie- Isabelle, qui éprouvait du dégoût pour le chœur, auquel eile préférait la conversation et d'autres amusements; elle était toujours la première à sortir, après le dernier verset des spaumes. Or, la prieure l'arrêta un jour sur la porte et lui demanda quelle grande affaire la pressait ainsi de s'éloigner à la hâte, avant toutes les autres, môme avant les anciennes. La bonne religieuse, sans chercher à feindre, avoua qu'elle s'ennuyait un peu à foffice et qu'elle trouvait trop lente la marche de la rommunauté. — « C'est très-bien, reprit la prieure: •nais dites-moi, s'il vous en coûte d'être commodément assise au milieu de nous à chanter les louanges divines, comment donc ferez-vous dans le purgatoire, lorsque vous serez détenue au milieu des tourments? Je juge nécessaire de vous éviter pour l'avenir cette terrible épreuve, et je vous ordonne de ne plus à l'avenir quitteï votre place que la dernière. » La sœur se soumit avec grande simplicité. Dieu bénit cette obéissance pieuse en lui ôtant le dégoût et l'ennui dont elle se plaignait; elle éprouva, au contraire, une consolation extrême à prier longuement et à rester au chœur après toutes les autres.

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Ce n'est pas tout: elle obtint encore, à cause de cela d'être délivrée du purgatoire avant le temps d'expiation imposé à ses défauts, et que les heures qu'elle avait ainsi passées en oraison d'obéissance fussent comptées pour heures de purgatoire. En quoi sans doute elle fui aidée par les prières de la bienheureuse Emilie, trèsefficaces pour les âmes souffrantes. Nous savons par son historien qu'elle avait obtenu de la sorte, par sa fervente intercession, que son propre père vît changer en trois heures seulement les trois jours de purgatoire prononcé? contre lui.

(V. Diario Domenicano, 3 mai.)

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