‹ Les merveilles divines dans les saints du Moyen ÂgeChapitre 15 sur 54 · DÉVOTION ENVERS LA VIERGE GLORIFIÉE PAR DES SYMBOLES WERVEILLECX · texte numérisé non relu

DÉVOTION ENVERS LA VIERGE GLORIFIÉE PAR DES SYMBOLES WERVEILLECX

. Fillette me floribus quia amore langueo.

Soutenez-moi avec des fleurs, parce que je languis d'amour. Cantic. 2. 5.

Les naturalistes disent que là où l'arc-en-ciel repose ses extrémités, là germent des fleurs d'une beauté et d'un parfum incomparables. Quoi quil en soit, il est parfaitement vrai de dire que là où la véritable iris, je veux dire, la Vierge bénie porte et fixe les regards de sa miséricorde, là naissent les lis de la pureté et les roses de la cbarité.

C'est ce que nous pouvons admirer dans la vie de saint François de Sienne, religieux de l'ordre des servîtes. Sa mère Réginalda qui était fort dévote à Maiie, ut un songe mystérieux. 11 lui sembla donner naissance à un lis magnifique qui en produisit une foule d'autres. De toutes ces fleurs réunies, une couronne se formait, couronne qui allait se placer sur le front d'une image de la divine .Mère.

L'événement justiDa la vision. Saint François de

Sienne donna des marques de satisfaction, en recevant

le baptême. Au lieu de pleurer et de crier comme les

autres enfants, on le vit, pendant la cérémonie, attacher

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fixement un regard plein de sérénité et de complaisance sur l'image de la Mère de Dieu, placée en regard des fonts baptismaux. C'était un présage de la tendre dévo- ^ tion que François devait professer envers l'auguste Vierge.

La suite de sa vie répondit à ces heureux commencements. A mesure qu'il grandissait, il se mit à fréquenter les églises , et prit pour pratique de réciter cinq cents Ave Maria devant l'image de la Reine des anges ; mais c'était avec une telle piété que les paroles sortaient bien plus de son cœur que de sa bouche. Il conçut le désir de se retirer dans un désert; mais la Vierge lui révéla, qu'en récompense de sa piété pour elle, elle l'avait enrôlé au nombre de ses serviteurs. Aussitôt François se mit en devoir d'exécuter les volontés de sa Souveraine et de se présenter dans une de ses maisons. Lorsqu'il eut fait profession, ses supérieurs le chargèrent du ministère de la prédication. C'était un délice de l'entendre célébrer les louanges de Marie. Quelquefois pendant qu'il en discourait, on vit avec surprise son front environné d'un arc-en-ciel lumineux. Enfin, un jour, lorsqu'il allait à Arezzo pour y prêcher, chemin faisant, il fut pris d'un évanouissement qui retendit sur le sol. La Reine du ciel lui apparut, en ce moment, entourée d'une lumière très-pure, et elle lui présenta un bouquet de roses fort belles dont le parfum le fit revenir à lui et lui rendit toute sa vigueur. Ensuite la Vierge lui dit de retourner au plus tôt à son couvent, parce que son divin Fils voulait l'appeler à lui pour être témoin de sa triomphante ascension.

Le religieux obéit sans délai. Rentré dans son cou-

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vent, son premier soin fut d'aller saluer la Vierge et de suspendre aux pieds de "son image le bouquet de roses qu'il avait reçu de ses mains. De là, il se transporta à rinQrmerie, où il se mit au lit, mais sans pouvoir prendi^e de sommeil, tant la joie surabondait dans son âme. Près de mourir, il entonna d'une voix suave les psaumes de David. Au moment où il allait expirer, la glorieuse Vierge lui apparut de nouveau avec son divin Fils, et, de l'air le plus gracieux : François, lui dit-elle, mon fidèle serviteur, que te rendrai-je pour l'amour que tu m'as porté? — • l.'humble serviteur n'osa répondre ; mais Jésus prit la parole pour lui : il faut, ma mère, que celui qui nous a tant aimés, vienne régner avec nous dans le ciel. — Tous deux alors lui dirent de concert : Viens, viens, serviteur Gdèle, avec nous en paradis. — François obéit, et vers l'aurore du jour de l'Ascension, il alla dans la société des anges contempler le triomphe glorieux du Sauveur.

Toute la ville fut à ses funérailles, attirée par un prodige extraordinaire. La naissance du Saint avait été présagée par un lis ; sa vie , soutenue par un bouquet de roses; sa mort fut glorifiée par un autre lis qui sortit de sa bouche, au moment où il exhala son dernier soupir. Ce lis, d'une merveilleuse beauté et d'un parfum tout céleste, portait écrits sur chacune de ses feuilles en caractères d'or les deux mots : Ave, Maria! C'était la récompense de son assiduité à réciter la salutation angélique et de la singulière affection avec laquelle il avait tant de fois célébré ses louanges. Ce lis miraculeux se conserva avec respect dans l'église des Servîtes, jusqu'au temps où les ambassadeurs du roi de France, qui a, comme on sait, un lis pour

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Mrtson, vinrent le soUicitei' des magistrats de Sienne. Ils IVilttinrent, malgré les habitants, et il fut transféré dans la sainte chapelle, où se garde aussi la couronne d'épines, i.à, il fut l'objet d'une haute vénération, de sorte que les Français qui se rendaient à Rome pour révérer le tombeau des Apôtres, ne manquaient pas de passer par Sienne pour révérer aussi les reliques de saint François. Plusieurs ont assuré que ce lis verdoyait et fleurissait d'ordinaire chaque année, au jour anniversaire de la mort du Saint, et que le lendemain, il redevenait pâle et sec.

Enfin, en mémoire des roses que le saint reçut, malade, des mains de la Vierge, on avait coutume à Sienne de répandre sur son corps des feuilles de rose. Elles tiraient de ce contact une vertu surprenante pour la guérison des diverses maladies. On les distribuait aux malades, et ils recouvraient fréquemment la santé.

Dans ces éminentes vertus et ces grâces miraculeuses dont saint François fut doué, qui ne voit l'accomplissement de cette parole de l'Ecclésiastique au sujet du juste : 11 sera semblable à cet arc glorieux qui brille au milieu des nues, à ces bouquets de roses que le printemps fait épanouir, à ces lis qui croissent le long des ruisseaux. Quasi arcus refulgens inler nebiilas gloriœ, et- quasi fios rosarum'in dicbus vernis, et quasi lilia quce sunt in transitu aqiice. (cap. 50. 8.)

p. Godefrid. Ilonschen. S. J. ex chroiiico Servorum, 1C maii, Vila B. Francisci Senensis.

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