‹ Les merveilles divines dans les saints du Moyen ÂgeChapitre 6 sur 54 · LE CIEL AIDE CEUX A QUI LES SECOURS HUMAINS FONT DÉFAUT · texte numérisé non relu

LE CIEL AIDE CEUX A QUI LES SECOURS HUMAINS FONT DÉFAUT

Factm est Dominus refugiiim pauperi, adjutor in opportunitatibus, in tribulatione.

Le Seigneur s'est fait le refuge du pauvre et son protecteur dans la tribulation et le besoin. PS. 9. 29.

La vie de sainte Ildégonde , vierge originaire de Cologne, fut un tissu de péripéties merveilleuses. Je ne veux en citer qu'un seul trait. Ayant pris un costume

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d'homme et cbangtj son nom en celui de Joseph, celte jeuno vierge entreprit le pèlerinage de Jérusalem pour visiter les Saints Lieux. Là, elle séjourna plusieurs années, vivant da^s l'hospice des chevaliers du Temple, tout occupée des exercices de piété et de l'étude des langues. De retour dans sa patrie, avant de rentrer au château de Nussia , qui était son berceau , elle alla loger à l'hospice des pèlerins de Cologne, où elle fut accueillie avec charité par le prêtre qui en était le recteur. Celui-ci, en conversant avec lldégonde qu'il prenait pour un jeune étranger du nom de Joseph, (uom que nous lui donnerons dans la suite de ce récit,) remarqua que ce jeune homme était doué de grands talents, qu'il possédait plusieurs langues et paraissait apte à une foule de choses. 11 en fut si charmé qu'il l'invita à se Qxer auprès de lui dans l'hospice. Joseph accepta de bon cœur l'invitation, et servit à merveille, tant par ses avis que par ses œuvres, l'ecclésiastique, son hôte. Ce dernier, augmentant toujours son estime et son affection pour lui, désira l'avoir pour compagnon et pour auxiliaire dans un voyage qu'il eut à l'aire à Rome, pour appeler au jugement du pape d'une sentence prononcée par l'empereur Frédéric. Ils se mirent donc secrètement en route, afin de tromper les mesures de l'empereur qui, mécontent de l'appel, cherchait à intercepter toute correspondance et toute relation avec Rome. Arrivés près de Vienne, l'ecclésiastique, voulant éviter la rencontre des officiers impériaux, lança son cheval à toute bride, et laissa derrière son compagnon qui , fatigué de la marche , devait le rejoindre à pied un peu plus avant, lorsqu'il aurait pris quf.lque repos.

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Or, il arriva que notre Joseph, en poursuivant sa marclie, se trompa de chemin et entra dans une forêt. Là, il voit venir à lui un passant qui dépose à ses pieds un pai|uet d'effets précieux, le priant (^ le garder un moment, parce qu'il ne tarderait pas à venir le reprendre. C'était un voleur qui avait presque assassiné un voyageur, et qui était recherché et poursuivi par les habitants de l'endroit, armés contre lui. Pour fuir plus librement, ce brigand se déchargea de la sorte de son vol et alla se cacher dans un épais fourré, d'où il pouvait tout observer. Cependant ceux qui le poursuivaient, arrivent et tombent sur le paquet que Joseph gardait. Ils ouvrent et reconnaissent les effets dérobés. 11 ne leur en fallut pas davantage pour se persuader qu'il était l'assassin. Ils èe saisissent de lui et l'accablent de reproches et de mauvais traitements. En vain tâchat-il de se disculper; ces gens ne comprirent ni son lang;ige, ni les signes qu'il leur faisait pour leur indiquer la retraite du brigand ; ils crurent même que c'était autant d'artifices pour leur donner le change. Notre Joseph fut donc traîné au village voisin, et le vol trouvé entre ses mains servant d'accusateur et de témoin, il fut condamné à la potence. Quelle déplorable e?:trémité ! N'ayant aucun moyen de l'éviter, linlortuné se résigna entre les mains de la divine Providence. Pour toute grâce, il demanda et obtint un prêtre à qui il pût se confesser. Le confesseur comprenait sa langue. Il reconimt l'innocence de l'accusé- et la fourberie du larron qui s'était caché dans le bois; il s'empressa d'engager les villageois à surseoir au supplice , les assurant que Joseph était un voyageur venu de Cologne et un homme inoffensif, taudis que le vrai voleur

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