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t'taitcachc^ dans la forêt voisine; que pour échiircir la chose, ils feraient bien de recommencer leurs recherches. Dieu, le protecteur de Tinnocence, voulut qu'on ajoutât foi à ce discours. Voilà donc de nouveau les paysans sur les traces du brigand. Après quelques tours, ils le découvrent blotti sous un buisson, ils le tirent de là, le mènent au magistrat. On le confronte avec le colonais; et il nie tout avec effronterie. Comme il paraissait impossible de démêler la vérité, l'ecclésiastique proposa d'en venir à l'épreuve du fer rougi, moyen qui était en usage à cette époque, al)n d'obtenir des aveux de la part des accusés. Cet expédient fut admis. Joseph loucha le premier le fer chaud, sans la moindre lésion ; il le mania même à plusieurs reprises, sans en ressentir la moindre douleur. 11 n'en fut pas ainsi du véritable voleur qui n'eut pas plutôt cincaré le fer que sa main en fut l)rùlée. Ainsi convaincu du crime, il fut condamné au supplice de la corde, et suspendu à un arbre au voisinage de l'endroit où il avait commis son méfait.
L'innocent Joseph fut donc relâché avec de grandes marques de joie, et put se remettre en route; mais à peine un mal a-t-il cessé, que souvent un autre commence : Finis aUerius mali gracias esl fuluri, comme dit Sénèque. Sorti d'un mauvais pas, il tomba dans un pire. Les parents du brigand conçurent une telle rage contre celui qui l'avait trahi, qu'ils jurèrent d'en tirer vengeance. Us le guettèrent sur le chemin par où il devait passer, et l'ayant surpris à l'improviste, ils lui jetèrent une corde au cou et le traînèrent près de l'arbre auquel était suspendu le cadavre du br'gand. Là ils le pendirent lui-même à une branche, et serré-
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ront la corde sans pi lié, jusqu'à ce qu'ils le crurent étranglé. Mais Dieu , le défenseur de l'innocence , envoya soudain du ciel un ange qui lui soutint le corps en l'air, et empêcha que la corde ne l'étranglât et lui fit éprouver le moindre mal. 11 éleva même son esprit à une extase très-douce, pendant laquelle il vit des choses si agréables et entendit des concerts si harmonieux , ^{u'il lui semblait être en paradis. Il demeura ainsi suspendu quelque temps, jusqu'à ce que la divine Providence conduisît vers ce lieu quelques bergers, lesquels voyant que ce pauvre pendu semblait encore respirer, le détachèrent par compassion et le descendirent de l'arbre. Us se mettaient en devoir de couper le nœud, lorsqu'un accident étrange vint tout à coup les interrompre. Une bande de loups assaiUit et dispersa leur troupeau, si lùen que pour courir à la défense de leurs brebis, ils laissèrent riufortuné jeune homme étendu sur l'herbe avec sa corde au cou. Sa parfaite délivrance était réservée à son ange gardien. En effet, cet ange vint de nouveau pour le dégager de la corde et le remettre sur pied, après quoi, il lui présenta un très-beau cheval blanc qui le porta heureusement et rapidement à Vérone.
11 y fut accueilli avec de vifs transports de joie par l'ecclésiastique qui l'attendait, plein d'inquiétude, dans la crainte qu'un accident ne fût la cause de son retard. 11 ne tarda pas à apprendre que ses craintes étaient fondées. Joseph lui raconta les mésaventures qui avaient failli deux fois lui coûter la vie, si le Ciel n'était venu miraculeusement à son secours. Le reste du voyage jusqu'à Rome fut heureux. Ils y expédièrent promplement l'affaire qui les y avait
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amenés, et eurent une occasion favorable pour retourner en Germanie. Lorsqu'ils y furent arrivés, Joseph, fatigué de tant de courses, résolut de se retirer dans un monastère, afin d'y mener une vie sainte et plus paisible. Pendant qu'il délibérait sur le choix du lieu, i) rencontra, par hasard ou plutôt par une disposition de la Providence, un saint moine esclavon, nommé Berthold, qui lui apprit quelle perfection régnait parmi les l'eligieux de sou monastère ; ce qui le détermina à s'y présenter. Il y fut reçu comme un pèlerin avide d'un saint repos, y fit profession et y mena une vie très-parfaite. Au bout de deux ans, il fut attaqué d'une maladie mortelle, pendant laquelle il fit une confessiou générale au même Berthold, son directeur et lui rendit un compte exact de toute sa vie. Après avoir reçu les derniers Sacrements, il rendit sa sainte âme à Dieu et sa mort fut extrêmement douce. Lorsqu'il fut question de l'ensevelir, les religieux se disposèrent, selon la coutume, à lui laver le corps. Mais le confesseur, usant de la faculté qu'il avait après la mort de son pénitent, leur déclara que ce prétendu religieux était une personne d'autre sexe. Ce fut un grand sujet d'étonnCment pour tout le monastère. Chacun s'cnquérait des qualités du sujet. On apprit en partie par le rapport de Berthold, en partie par une relation venue de Cologne, que ce Joseph n'était autre qu'une jeune vierge, nommée ildégonde, issue d'une famille noble, qui, pour l'amour de Dieu, avait fait le pèlerinage de la Terre- Sainte, et s'était ensuite vouée à la vie religieuse par amour de la perfection. Ces saints religieux conservèrent donc le corps comme un dépôt précieux qui leur était envoyé du Ciel.
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Nous voyons dans cette vie plusieurs traits merveilleux de cette Providence que Dieu exerce sur ses élus, et qui nous apprennent, comme dit saint Jean Chrysostùme, qu'il ne les laisse pas jouir constamment de ses consolations, mais qu'il entrelace le cours de leur vie de tribulations et de joies. Deus sanctos siios neque tribulationes , neque jiicunditates sinit habere continuas; sed tum ex adversis, ium ex prosperis jiistoriim vitam, quasi admirabili varieiale conLexit. (Hom, 8 inMatth.)
P. Mathieu Raderus, S. J. In Virid. Sancl. p. i . ojl .
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