DU REPOS ET DU SOMMEIL
L'exercice et le repos, la veille et le sommeil ne peuvent se prolonger au delà de certaines limites, sans nuire aux rouages de l'organisation ; aussi, des intermittences d'action et d'inaction viennent-elles partager la vie de l'homme.
Le sommeil est plus que le repos, plus même que l'interruption complète de nos fonctions de relation. Quand l'exercice et la veille ont dépensé nos forces, le sommeil arrive pour les réparer, et nous le sentons d'autant plus réparateur qu'il a été plus paisible, plus profond.
Si d'ordinaire le sommeil lourd est l'apanage des constitutions athlétiques, le sommeil léger est réservé aux constitutions délicates et nerveuses.
Les causes prédisposantes du sommeil sont l'obscurité, le silence, le calme de l'âme, le coucher horizontal, une température chaude et humide.
Parmi les causes déterminantes, nous mentionnerons d'abord le besoin de réparer les forces après les travaux du corps et de l'esprit , le retour de la nuit , la puissance de l'habitude, les sensations monotones , le désœuvrement , la lecture d'un ouvrage ennuyeux. La chaleur et le froid excessifs, les éva-
ciiations sanguines ou alvines abondantes, les fortes douleurs^les spiritueux et les narcotiques déterminent aussi le sommeil , mais un sommeil factice ou morbide, qui n'est plus ce repos bienfaisant produit dans les conditions ordinaires. -
Étudions maintenant les phénomènes précurseurs du sommeil 9 ceux qui l'accompagnent, ceux enfin qui ont lieu au moment du réveil.
Aux approches du sommeil^ surtout si l'on n'est pas couché, une douce langueur, un accablement irrésistible s'emparant peu à peu de notre être, appesantit la tête et le cou, le tronc et les membres; en même temps , la voix devient faible et peu assurée, l'ouïe moins sensible, le regard incertain; et les paupières tremblotantes finissent par se clore avec lenteur. Il n'est pas jusqu'à l'âme qui ne semble participer à l'engourdissement de son compagnon de voyage. Â. cet instant, en effet, les sensations émoussées arrondissent tous les objets et n'en présentent plus que des images mal déterminées. Mais les pensées ont à peine perdu leur enchaînement et la volonté son empire, que l'imagination, libre du frein de la raison, nous a déjà transportés dans ses mondes fantastiques.
— Pendant le sommeil^ les fonctions de la vie nutritive éprouvent de notables variations. En effet, tandis que la respiration, la circulation et la digestion se trouvent ralenties, l'absorption et la nutrition proprement dite augmentent d'énergie. Quant aux fonctions de relation dont nous venons de signaler l'engourdissement à l'approche du sommeil, elles sont loin de se trouver toutes dam un repos