‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 43 sur 70 · DU R£P06 ET DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

DU R£P06 ET DU SOMMEIL

absolu quand le sommeil est complet : les léves, les songes, le somnambulisme, sont là pour attester que c'est parfois le moment où la torpeur de certaines facultés semble communiquer un surcroit d'activité à celles qui restent en exercice.

— L'habitude, le retour de la lumière, le bruit, viennent*ils faire cesser cet état de demi-mort appa* rente, le r^m/ s'annonce par des bâillements et des pandiculations, qui aident les forces vitales à retourner du centre à la circonférence; les mouvements, d'abord indécis, se régularisent ; les sensations, momentanément obscurcies, recouvrent leur I ucidité ; et,, loin d'avoir laissé dans cette torpeur périodique la moindre partie de notre être, nous nous retrouvons d'autant plus forts et plus gais que notre sommeil a été plus calme et plus profond.

Les physiologistes expérimentateurs ont reconnu que, pendant le sommeil, beaucoup de fonctions s'exercent mieux que pendant la veille ; qu'il y a surtout perfection de la digestion, complément des autres fonctions nutritives, activité des absorptions, répartition du sang plus égale, abaissement de sa température, détente et réparation nerveuse, enfin, calme de cette agitation de la journée, connue sous le nom àe fièvre du soir.

Après une marche fatigante de jour et de nuit, surtout dans le désert, la lutte de la volonté contre le sommeil fait tomber les voyageurs dans un état particulier qui n'est plus ni le repos ni la veille ; les yeux restent ouverts, l'oreille perçoit les sons, la main sent et agit, le raisonnement a lieu, et pourtant le pauvre voyageur est le jouet des hallucina-

lions les plus bizarres. Cet état, auquel M. Escayrac de Lanture propose de donner le nom arabe de ragle^ offre beaucoup de rapport avec l'ivresse produite par les liqueurs alcooliques, avec celle due à Tusage de Téther, de l'opium, du hachich, du café, du safran, de l'ambre gris, de la belladone, etc. ; avec le délire de la fièvre et les hallucinations de quelques fous. C'est une espèce bien caractérisée du même genre.

La vision du ragle a bien lieu, comme celle du mirage, en dehors du sommeil ; mais avec cette différence que, dans le mirage, ce que l'on aperçoit au milieu du désert existe réellement. Pendant ce dernier phénomène, si l'on croit voir de l'eau, cela tient à ce qu'il s'est réellement produit l'image d'une surface bleue miroitante et un peu agitée; ^seulement, l'esprit se trompe en supposant l'existence de l'eau inséparable de la production de l'image perçue *.

Conseils et Réleiions bygiéoiqoes.

1. Ne perdons jamais de vue que si le travail, le repos et le sommeil, pris alternativement et avec modération, favorisent notre développement physique et moral, un travail excessif, aussi bien que le repos et le sommeil trop prolongés, a pour effet de nous énerver, de nous abrutir, d'abréger même la durée de notre existence.

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