TROISIÈME PARTIE
La génération est la fonction mystérieuse par la- C|ueIIe rétre humain est appelé à transmettre la vie à Vin être semblable à lui-même ; son but providentiel ^st donc de propager Tespèce, en réparant les ravages tque la mort fait chaque jour sur la terre. Ajoutons cjue si les animaux doivent reproduire leur espèce, l'homme seul a mission de créer la famille en perpétuant sa race. De la régularisation de cette fonction importante, c* est-à-dire de son accord avec l'hygiène, les lois et la Religion, naissent la vigueur des complétions, la force et la tranquillité des États, ainsi que l'accroissement des vertus de famille; tandi» qiie les écarts habituels de Tinstinct génésique amènent les plus grands maux, et sur l'individu qu*elle dégrade et sur l'espèce qu'elle appauvrit.
Contraint par les convenances de modifier ici le
plan suivi dans l'étude des fonctions de nutritio^^^/ de relation , nous nous bornerons à donner ^//j^ suite de réflexions ou de préceptes usuels, dont Te/ichainement pourra suppléer au laconisme que nom avons dû nous prescrire * ,
De la transmission de la vie.
I . Comment a lieu le phénomène de la transmission de la vie ? Mystère non moins impénétrable que les phénomènes qui la conservent et que ceux qui la détruisent : les dernières recherches faites sur Tovologie soulèvent à peine un coin du voile dont est couvert la merveilleuse fonction chargée de prolonger l'œuvre du Créateur.
a. Partisans des divers syirtèiBres imaghiés poijr expliquer la génération et la différeînce 'dés sexes; savants aussi bitea qulgriofànts, c'est toujours dans le récit biblique qu^il vous faut aller puiser les notions premières sur Ja préexistence des germres *, sûr
^ Les parents et les personoefif qat ent pour mission â'ël«mr la jennene, pourront consulter la seconde é^iUon de la Jf^dedned^&Paw'oM, Texcelr lente Hygiène des Familles, publiée par le docteur F. Deyay, et VAnthfopohgie da docteur Aatonîn Bossn, ouvrage préseiitant une étude succincte des organes, fonctions et maladies de l'hocBiae et d^ la fenune- Booseos trois' traités, dont nous avons extrait quelques passages présentés ici sooi ferme dUplKMsmes, le lecteur trouvera tes développements désirables sur cette parti» de ^hygiène mosate» qai embrasse les intérêts les plu& saerè el les pins ehers de rhumanité.
• « On ne peut disconvenir, dit Cuvier, que de tous les systèmes imaginés pour expliquer la génération des êtres organisés, eeioi de la préexlstenëedei germes ne soit le plus tranquillisant p(»ir l'imaginatioa : il ne fjûl qm reculer la diilhculté, mais il la porte si loin qu'elle semble dispardître. »
DE LA nAKSWSilOK DE. là tIE. U\\
la formation du genre humain et sur les causes providentiellea de son dévelopfpement.
3. Ne la voitron pUs s^aecomplir à la lettre, cette sentence portée par le Créateur contre nos premiers parents apms leur déchéance : a Homme ^ tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ; et loi, femme, tu enfanteras a^ec douleur * ? » LV^poque de la puberté n'est pas encore arrivée que déjà i^hômme a commencé l'apprentissage du travail, et la femmir celui de la soufiSranee.
4. Outre les maladies coihmnnes aux deux sexes, la femme n'est-*elle pas exposée à des maladies particulières et fréquentes , à des îndi^ositions conti-
^ Sur 32,173 accouchements qui ont eu lieu à la Maternité de Paris, du 1*' juillet 1342 au 30 juin 1852. Ton compte, il est vrai, 31,644 accouchements naturels; mais il a fallu avoir recours à la version de l'enfant 282 fois; à ri#9KMltoa Os fircept, %H f»i»; à li cépkaloMpito, 31 Ms , à hipéni^^ ration césarienne, 2 fois, dont une après la mort. Ajoutons que, sur ce chiffre de 32,173 accouchements, 1,647 femmes ont succombé : quelquesunes pendant le travail ou peu d'heure» après ; presque toutes les autre» à la siiitd de InàMdks puerpérHfts.
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Je dois ce relevé statistique à Tobllgeance si connue de noli}e s^v^t coo». Mttlt docteur Danyau, ehinr^err«n chef de cet hôt^liâl.
412 rœiCTiONS géii£ratbige&
quelles dépendant^ de près ou de loin, des doulc:>//. reuses fonctions de la maternité? Ce qui a fait ^ire ail Père de la médecine : Propter utermn muUer tota morbus est.
5. Oh! oui, la vie de la femme apparaît an pbito* sophe chrétien comme une longue expiation :
Elle souffre pour devenir nuhile ;
Elle souffre à chacune des époques périodiques où elle Test le plus ;
Elle souffre pendant les neuf mois qu'elle porte dans ses entrailles le fruit de son amour;
Puis, pour le mettre au monde, il faut encorequ'elle perde des flots de sang, au milieu des spasmes et des cris de douleur où elle laisse quelquefois la vie.
Hérédilé par voles de spénénatoii et d'albillei
6» Tristes suites du péché originel, les passions, les maladies et la mort sont un héritage que tous le^ pa« rents transmettent à leurs enfants avec la vie. Seule entre les femmes, Marie a été conçue immaculée; aussi , après sa mort , son corps virginal n'est-il pas resté sur la terre : pour la Mère de THomme^Dieu, la nature a dû s'arrêter devant la grâce.
Chez l'homme comme chez toutes les espèces d'êtres organisés, les modifications et les anomalies physiques survenues dans une lignée tendent à se reproduire par voie de génération. Aussi, les variétés de l'espèce humaine n'indiquent-elles pas une diversité d*origine, mais, seulement des altérations
DE l'hérédité. 413
causées par le climat, par la manière de vivre, et par suite des difformités sporadiques devenues héréditaires.
7. Les maladies les plus susceptibles d'être ainsi transmises sont les suivantes : le crétinisme\ la syphilis ^, les scrofules, la phthisie pulmonaire, les
' « Une commission de savanU, iosUluée en 1850 par ie roi de Sardaigne, a constaté qae le crétinisme était presqae toiijoors accompagné d'une conformation défectueuse du crâne, de l'absence de toute énergie musculaire, de l'impoisMoce et d'un idiotisme plas ou moins complet. Des observations faites sur le cadavre de quelques erétins lui ont démontré que, chez ces êtres incomplets, la matière cérébrale se trouvait en bien plus faible quantité que chei les autres hommes. Elle ne croit pas que le crétinisme et le goitre soient nécessairement liés : la preuve qu'elle en donne, c'est que dans la population sarde alpestre, qui se trouve presque entièrement atteinte de goitre, tm ne rencontre aucune trace de crétinisme, tandis que dans certaines vallées supérieures, où le crétinisme est fréquent, on ne trouve pas de goHres. Selon la commission sarde, le crétiDisme endémique se rencontre seulement dans les vallées et dans les plaines voisines des plus hautes élévations alpestres ; il produit une espèce dégénérée^ tantôt racûtique, tan-* tôt monstrueuse dans ses proportions et dont l'aspect réalise tout ce que l'imagination peut concevoir de plus hideux. Comme s'ils avaient Tinstinet de la répulsion qu'ils inspirent, ces êtres disgraciés recherchent les endroits les plus sombres, les trous sous les rochers, les marécages environnés d'arbres : l'abri le plus misérable leur suffit.
Sur une population de 2,650,905 habitants, la Sardaigne compte 5,07S crétins avec goitres, et 2,014 crétins sans goitres ;
2,165 de ces malheureux ne possèdent absolument aucune faculté raisonnable et n'ont pas même conscience de leur sexe ,-
3,518 otnt quelque faculté de langage, mais leur intelligence, si on peut ici employer ce mot, est limitée à leurs besoins corporels ;
EnÛn, 1,414 sont un peu moins imparfaits au moral et au physique. On poorrait, avec beaucoup de soins, leur apprendre un métier quelconque. Us ne sont pas, comme les précédents, absolument dépourvus de pudeur.
On a cru jusqu'à présent que le crétinisme ne se rencontrait pins dans les âévations supérieures à 1,000 mètres an-dessus du niveau de la mer; mais cette opinion semble réfutée par la commission sarde qui a trouvé qu'à 1,600 mètres, la proportion des crétins goitreux était généralement de 9 pour cent de la population totale. » (Fotr le Rapport de la Commission sarde,)
' C'est dans un de ses traités sur cette maladie à la fois contagieuse et héréditaire que le docteur Desruelles a dit : « 11 faut que la pensée se purifie pour que le corps se dépouille de la souilinre qu'A a contractée^ »
hih FONCTIORS GÊNÊBATRICES.
dai ttvs, les affections organiques du cœur^ ia paraljfsie, Tépilepsie, les convulsions épileptiformes^ la manie, la mélancolie-suicide, l'hypochondrie, Thystérie, la migraine, la goutte, la gravelle^ les calculs ou pierres, enfin les diathèses squitreuse et carcinomateuse.
8. Les penchants caractéristiques des races, si frappants chez nos animaux domestiques, notamment chez le cheval de course et le chien chasseur, n'ont d'autre origine qiie les habitudes acquises par les premiers parents, habitudes dont leurs descendants^ héritent, et qui constituent les penehanis instinctifs^ héréditaires,
9. Les monstres ne sont que des aberrations de 1^ fonction génératrice, et jamais le produit d'être-^ d'espèces différentes. Quant à l'admissioii des g€s nérations spontanées^ elle ne repose sur rien : \.m putréfaction pouvant bien être une cause de développement, mais non une caase productrice de germeration.
10. Les enfants sont-ils prédisposés au même genre de passions que les auteurs de leurs jours ? Le raisonnement m'avait d'abord conduit à une conclusion affirmative; l'observation d'un grand nombre de faits n'a depuis laissé aucun doute dans mon esprit :1a peur, la colère, l'envie, la jalousie, le libertinage, la gou^ mandise et l'ivrognerie sont les passions dont j'ai vu le plus fréquemment la transmission héréditaire, su^ tout quand le père et la mère en étaient atteints tous les deux*
1 1 . Dans le cours ordinaire des choses , la complexioui la constitution et le caractère des parents se
propagent à des générations entières^ et se manifes«» tent souvent bien plus chez les petits-fils que chez les propres enfants. C'est ainsi qu'une génération peut se trouver exempte d'une maladie héréditaire, qui ne se développe que chez la génération suivante.
12. Quand Thomme et les animaux domestiques ont été placés dans certaines conditions qui ont fait subir à leur nature une modification particulière pendant plusieurs générations, Thabitude devient pour la race comme une seconde nature.
i3. Une des preuves les plus irrécusables de cette hérédité, c^est, de nos jours, Teffrayant accroissement de la prédominance nerveuse chez les masses. Quel en est le résultat? Plus d'esprit sans doute, plus d'activité et de besoin d'émotions; mais, par une triste compensation, moins de bon sens, de force, de santé, et de ce calme qui contribue tant au bonheur.
1 4- Une autre loi, bien consolante par l'application qu'en peut fs^ire l'hygiène pour prévenir les maladies héréditaires , c'est la tendance de chaque type à reconquérir ses caractères primitifs, lorsque les causes qui l'en avaient fait dévier ne se trouvent plus peser sur lui.
i5. Que cette question si grave de l'hérédité ne soit donc jamais perdue de vue dans le choix respectif dçs époux : l'infiuence héréditaire s'exerçant à la fois sur la santé et sur le caractère, par conséquent sur tout l'avenir des êtres auxquels ils peuvent donner la vie. Chose consolante ! l'espèce humaine ne porte pas uniquement en elle le germe de la n^aladie,
/»i6 FONCTIONS GÉNÉRATRICES.
mais aussi celui de la guérison, témoin ces paroles de rÉcriture : Dieu a créé guérissables toutes les nations répandues sur la terre (Sagesse, I, i4).
i6. Ai^ec le lait y les enfants sucent encore leur constitution, aussi bien que leur caractère. C'est une considération assez grave pour délerminer les mères à nourrir elles-mêmes, pourvu qu'elles ne soient affectées d'aucune maladie constitutionnelle^ ni d'aucune passion invétérée, ici doublement transmissibles par voie de génération et d'allaitement.
17. Une mère, atteinte d'une des maladies hérédi^ — taires ci-dessus mentionnées, et qui s'obstinerait ^= vouloir nourrir, ne ferait qu'empirer la constitutioi — z morbide de son enfant.
18. Quant aux femmes bien constituées, et qii^ i s'abstiennent de nourrir pour des motifs plus om^ji moins frivoles, elles ne manquent guère de paye^^r cette infraction aux lois de la nature : outre qu'elles compromettent l'existence de leurs enfants, ellts sorx t mille fois plus exposées que d'autres aux accident'^ consécutifs d'une fonction dont la marche a été contrariée.
19. En nourrissr^nt l'enfant à qui elle vient de donner le jour, la femme complète sa maternité; en lui faisant prendre un lait étranger, elle n'est réellement mère qu'à demi.
!io. Les parents se trouvent-ils dans là triste nécessité de confier leurs enfants aux soins d'une nourrice , c'est un devoir pour eux de ne pas la prendre au hasard , comme cela se pratique joilrnellement, mais de la choisir d'après l'avis d'un médecin éclairé, qui examinera si la constitution de cette femoûiey son