‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 49 sur 70 · j4ge. — Dans l'état actuel d'affaiblissemei^. t · texte numérisé non relu

j4ge. — Dans l'état actuel d'affaiblissemei^. t

* Voir les éloquentes Réflexions sur le Mariage Hvil et reUgieux, M. P. Sauzet, Lyon, 1853, in-8» ; et la Lettre de N. 5. P. le Pap€ Pie à S. M, le roi de Sardaigne, 19 septembre 1852. Depuis Tannée 1826 jusqu'au 81 décembre de l'année 1854, 28,610 ménages inscrits, 26,624 piariages justifiés, 18,424 enfants légitimés, tels sont les encourageants résultats obtenus par la Société charitable de Saint-François-Régis de Paris, pour le mariage civil et religieux des pauvres du département de la Seine et la légitimation des enfants.

DU HAKIAGE. 421

physique produit par la prédominance nerveuse chez Jes masses, l'âge de vingt ans pour la femme, et celui de trente pour Thomme, sont ceux qui peuvent former les unions les plus avantageuses au point de vue de la vigueur et de la viabilité des enfants. I..es mariages plus précoces, et ceux qui ont lieu entre âges par trop disproportionnés, sont rarement favorables au bonheur domestique.

38. Constitution, — Évitez, autant que possible, d'associer des constitutions tout à lait semblables, surtout si la prédominance nerveuse est extrême : de cette prédominance à la maladie, il n'y a qu'un pas.

39. Santé. — Le bonheur conjugal est tout aussi compromis que la santé des enfants, quand Tun des époux apporte dans la communauté une complexion excessivement débile, ou le germe de quelque maladie contagieuse.

40. En prohibant les mariages consanguins , les institutions canoniques ont fait preuve d'une grande sollicitude et d'une science profonde des lois de la vie : la dégénération de l'espèce et la rapide extinction des familles sont choses frappantes , quand de proches parents s'obstinent à ne permettre les unions qu'entre eux, soit pour accroître leur fortune, soit pour conserver la ipvélenàwe pureté du sang*.

' Ëeoatons ce que dit à ce sujet un de nos plus savants prélats : « Gardei- V0U8 de murmuFer contre les prescriptions de TËglise, qui défend les mariages entre proches parents : elle le fait non-seulement dans rintérét des bonnes mœurs, mais encore pour rendre un immense service à Thumanité. L'appauTrissement des races» la décadence des intelligences, un esprit d'égoîsme, un mur de séparation élevé entre les habitants d'une même localité, tels sont les résultats ordinaires de ces mariages, devenus trop communs dans nos provinces. Comprenez donc mieux l'esprit de rf^glisc, et ne loi

&Si FOlfCTimS GtlfÉRÀTRlCES.

f\i. Caractères. — Après les garantie physiques , premières conditions de l'existence, viennent les garanties morales , conditions essentielles du bonheur domestique. Pour assurer ce bonheur, 6n recherchera certains contrastes dans le caractère, avec de grandes harmonies de cœur entre les époux.

Du reste, comme le voulait Napoléon , on ne devrait pas permettre le mariage à des individus qui ne «e connaîtraient pas au moins depuis six mois.

4a. Ptincipes. — Les principes religieux, base de toute société, sont Tun des plus fermes appuis du bonheur conjugal, pour le maintien duquel le devoir exige de part et d'autre tant et de tels sacrifices que la Beligion peut seule aider à les accomplir.

l\Z. Éducation. — L'éducation , qui estpourrhomme ce que la culture est pour la terre, disposera les époux, à une vie calme et vertueuse si elle a été bonne.

reprochez pas les foibles aumônes qn'eUe vous demande, anmAnei^iil eom — pensent si imparfaitement la brèche faite à sa prudente disoipliiie. » (Son Èminence le cardinal Domnet, Instruction pMwalesur le Mariage envisagé tomme contrat civil et comme sacrement,)

Il y a quelques années, le pape Grégoire XYI disait à un de mes confrère» que la plupart des mariages entre proches parents sont stériles, on que parmi le petit nombre d'enfants débiles qui en proviennent, on comiite souvent des sourds-muets, des aveugles, et des difformités plus ou moins grandes. Âussi^ ajoutait le Souverain Pontife, est -ce à regret que l'Église accorde des dispenses pour quelques-unes de ces alliances de familles. Ces craintes ne sont que trop justifiées par les recherches statistiques des physiologistes contemporains.

On lit dans le Rapport de t850 sur l'admhilstration de la justice dvlle : «< De 1831 à 18S0, le nombre des dispenses pour mariage a augmenté de près de deux cinquièmes. En voici le nombre moyen annuel , suivant leur nature : de 1846 à 1850, la loi civile a accordé 851 dispenses, lesquelles se partagent ainsi : dispenses d'âge, 9 ; — de parenté, 93 ; — d'alliance, 749; total, 851. C'est, par année, 87 dispenses déplus que pendant la période 1841-1846.

DU MARIAGE. Zl28

c'est-à-dire si elle a eu en vue le développement harmonique des forces physiques, de Tinlelligence et de la sensibilité.

44- Position sociale. — Autant que possible, ne la prenez ni trop basse ni trop élevée ; préférez-la modeste et bien assortie. Si le vrai bonheur pouvait se rencontrer quelque part , ce serait dans une honorable médiocrité.

45. Fortune. — Sans doute, la richesse ne fait pas le bonheur, mais elle y contribue beaucoup, et par le confort qu'elle répand dans la famille, et par tout le bien qu'elle permet de faire aux malheureux.

46. Esprit. — Recherchez plutôt le bon sens que Pimagination , cette folle du logis : mieux vaut un jugement droit qu'un esprit vif; gardez-vous surtout de deux esprits pour une seule maison. Ici encore il faut un certain contraste qui, avec le temps^ finira par produire V aimable raison.

47. Beauté. — La beauté, fort souvent placée en pretnière ligne, est si passagère, si fragile, qu'on ne doit pas, raisonnablement, y attacher trop d'impjrtance. Jointes à la grâce, leur compagne ordinaire, les qualités du cœur et de l'esprit sont bien autrement durables, et beaucoup moins dangereuses.

48. Ces diverses conditions ne se rencontrant réunies que fort rarement , on s'attachera aux plus essentielles, surtout au caractère, cette empreinte physique et morale de l'individu. Quand deux caractères se conviennent parfaitement et depuis longtemps, l'avenir conjugal peut espérer plus de beaux jours que quand les mariés se sont à' peine connus avant leur union : c'est, en effet, le frottement journalier

des caractères qui produit le calme domestique^ ou, trop souveut, ces tempêtes conjugales suivies de scandaleuses séparations ' .

De U Polygamie.

49* On conçoit la pluralité des femmes dans la religion mahométane, religion toute sensuelle, dont le but politique est la fusion des races de couleurs différentes en une seule grande famille. Mais, chez les peuples chrétiens , qui présentent même forme et même couleur, la loi civile, d'accord avec la loi religieuse, a dû n'assigner à l'homme qu'une seule compagne : loi bienfaisante qui épure son cœur» favorise le développement de ses facultés physique et intellectuelles, relève la condition de la femme, et ménage aux deux époux des douceurs morales inconnues dans la polygamie.

5o. Le nombre des individus, à peu près égal dans les deux sexes, vient encore militer en faveur de la monogamie, qui, seule, permet l'établissement d'une société basée sur l'estime mutuelle et sur la reconnaissance des droits de l'humanité.

5i. Reposant sur la déconsidération du sexe féminin asservi par le despotisme *, et sur la vieillesse

* De 1841 à 18&0, les tribunaux civils français ont reçu 10,616 demandes en séparation de corps, ce qui donne une moyenne annuelle de 1,062 unioi» mal assorties, sans compter un bien plus grand nombre de séparations sani formalités légales. Sur ces 10,616 demandes, 725 seulement (7 snr 100) ont été introduites par les maris, et 9,891 (93 sur 100] par les fenmies.

' En Algérie, par exemple, les femmes arabes sont réduites à un tel degré d'abjection, qu'il n'y a plus pour leurs maris de différence entre elles et lei

DES ENFANTS ET DE LA STtlUUTft. ^35

précoce des. femmes de l'Orient , la polygamie brise une partie des liens de la famille, sans aucun profit pour la population : l'économie politique démontre qu^en dépit du choix brillant des femmes, la population ne gagne rien ni en quantité ni en qualité à ces sortes <l'unions, communes seulement chez les riches^ et qu'on pourrait qualifier de liberliruige légal.

Ainsi la promiscuité des sexes fait dépérir les races, la polygamie les abaisse, la monogamie, ou plutôt le mariage, peut seul les relever.

Des fiafaais et de la Stérilité.

5a. £n général, les enfants seront d'autant plus nombreux, plus forts, et ils offriront avec leur père une ressemblance d'autant plus grande que celui-ci aura apporté plus de franchise dans l'expression de sa tendresse.

53. A-t-il voulu se jouer de la nature, la nature ne manque guère de se venger, en lui donnant, au lieu d'un autre lui-même, un enfant débile, souvent difforme, et presque étranger à ses goûts comme à son caractère * .

54. On a encore remarqué que les enfants survenus à la suite de ces grossesses inattendues ^ tiennent

bètes de somme; et encore ont-ils plus d'égards pour leurs chevaux. » Les quatre femmes qui vivent sous la tente d'un Arabe, dit le commandant Charles Richard, n'ont que trois choses à faire, et elles s'en acquittent avec une inaltérahie périodicité : travailler, se battre entre elles, et être battues par leur époux commun. » {Voir V Annuaire de V Algérie,)

' Lire, à ce sujet, le passage d'une Instruction pastorale de Mgr Affre, cité dans la Médecine des Passions, p. 480 et 48 1 .

lii% FONCTIONS GÉNÉRATRICESé

beaucoup plus de la mère que du père, tarit soûs le rapport physique que sous le rapport moral.

55. Certes , les complexiohs des masses seraient bien autrement robustes, la viabilité plus gratide, les difformités congéniàles moins nombreuses, si le vœu de la nature était toujours rempli comme il doit Têtre^ c'est-à-dire aved une prévoyance conforme aux lois de rhygiène, de la morale et de la Religion.

56. Quant à la stérilité, si elle dépend parfois d'un vice de conformation, elle est dtie, le plus souvent, à des excès antérieurs, ou à un désordre habituel dans le rôle de Tinnervation.

57. La tempérance , le calme physique et moral, la navigation, les bains de mer; un changement de ]}osition sociale, de fégitlie alimentaire, de climat ou simplement de résidence, ont plus d'une fois fait disparaître lastérililê, véritable infirmité qtli cause le désespoir de tant d'honnêtes £similles.

De lu Grossesse, eoasidérée coaime édueatlM première de VenimmU

58. La gestation ou grossesse est l'état de la femme qui à conçu, et qui, terihe moyen, porté pendant 270 jours dans ses entrailles Vœuf humain (embryon et membranes enveloppantes), produit lîiystérieux du concours des deux sexes.

59. Que Ta grossesse soit naturelle Ou contre-natare, c'est-à-dire utérine ou extra^utérine, l'ovule fécondé commence par recevoir le nom A^ embryon;

DE LA GROSSESSE. hH

— depuis \e quatrième jusqu'au neuvième mois, il est appelé fœtus; — dès Tinstant où il a jeté son premier cri dans le monde, c'est V enfant {infans) ^ rétre humain ne jouissant pas encore du privilège de la parole, qui consiste^ comme nous Tavons dit, dans là voix articulée et inteiligente.

60. Le voile é()ais répandu ici ne nous empêche pourtant pas d*entrevoir quelques-uns des soins pris par Téternelle Sagesse. Et d^abord, pendant que ToVule fëcdtidé dans l'ovaire même s'achemine à travers là trompe de Fallope pour se rendre dans Vutérus, la mu(jueuse de ce viscère donne naissance à une poche remplie de liquide, afin de recevoir plus mollement le dépôt délicat qui va lui être confié. Cette poche a été nommée membrane caduque , parce qu'elle tombe, en se réfléchissant sur elleméHie, quand l'ovuIè, qui Ta traversée, s'est suffisamment greffé aux parois utérines.

61. Outre ce premier berceau, deux autres membranes protectrices viennent envelopper* l'ovule : l'une, externe et résistante (le ckorlon); l'autre, interne, lisse, transparente (Vamnios)y remplie d'iih liquide albumineux et aromatique. C'est au milieu des eaux de Famnios que nage Tembryoïi, comme dans un fleuve en miniature (amnis).

62. Plus tard, garanti par ce bain général et continuel, le fœtus aura moins à souffrir des chocs extérieurs; ses petits mouvements se produiront avec phis d'aisance; enfin, sa tête, à proportidh très-volumineuse, obéissant aux lois de la pesanteur, devra naturellement se présenter la première à travers des organes qui, au moment du travail, seront

rafraîchis et peu à peu dilatés par une poche présentant à la fois résistance et mollesse.

63. Rien certes n*a été négligé pour que le foetus (ut parfaitement abrité; mais quels liens assez in^^ times peuvent lui permettre de vivre aux dépens de sa mère pendant le long terme de neuf mois ? Une masse rougeâtre, \q placenta, sorte de gâteau vasculaire et charnu, se trouve implanté sur les parois utérines; puis, vers le centre de cet arrière-faix ou délwrej existent deux artères eX une veine qui, sous le nom de cordon ombilical, vont établir la circulation sanguine entre ces deux existences momentanément confondues.

64^ Voici donc Thomme futur qui sç développe en absorbant les eaux de Tamnios dans lesquelles il est plongé, et en recevant par Tombilic les matériaux bien autrement réparateurs que lui apporte le propre sang de sa mère.

65. Ce n*est guère avant trois semaines que le produit vivant de la conception commence à ofirir quelque forme rudimentaire de l'espèce humaine; et pourtant , cette petite masse vermiforme porte déjà parfois le cachet physique et moral des aïeux, des deux aïeuls, et surtout des époux auxquels il doit Texistence.

66. Oui, le corps humain prend le développement qui lui est propre, sous l'influence de Tâme, principe insaisissable, mais coexistant avec les organes ; de même Tàme, dans le développement de ses facultés, subit l'influence des organes auxquels elle est unie.

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