‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 51 sur 70 · EMBRYOLOGIE SACRÉE. 4SS · texte numérisé non relu

EMBRYOLOGIE SACRÉE. 4SS

de ces compressions vaiiileuses que nous avons déjà stigmatisées; enfin, de toute espèce d'excès ou d'émotions pouvant amener de funestes suites.

85. Chez les peuples dits sauvages, les femmes enceintes sont dispensées de tous les travaux péni*^ blés ; nos agriculteurs civilisés suivront-ils enfin la règle que leur commande le sentiment de la nature et même leur intérêt bien entendu ?

86. C'est surtout dans les premiers huit jours qui suivent les conceptions, vers la fin du troisième mois et aux approches du terme de la gestation, que les fausses couches et les accouchements prématurés ont lieu le plus fréquemment : raison de plus pour que les époux s'abstiennent de toute imprudence i ces époques, que l'expérience a signalées comme particulièrement critiques.

87. Une fausse couche a-t-elle lieu malgré toutes les précautions, le premier soin du médecin ou de )a sage-femme doit être d'examiner si la masse expulsée ne renferme pas un embryon ou un fœtus vivant, qu'il faudrait se hâter de baptiser *.

88. Aurait-on des doutes sur la vie de l'avorton, qu'on doit encore le baptiser sous condition. Loin de tenir cette prudente conduite, combien de petits corps humains auxquels l'ignorance s'empresse de donner une immonde sépulture , en risquant de priiver leurs âmes de l'éternelle vue de Dieu !

89. Ainsi , règle générale , quelque récente que soit la gestation, on doit baptiser conditionnellement

^ Des embryons d'à peine six semaines ont été trouvés vivants quelqii^s heures après Texpulsion de l'œuf, et ont pu recevoir le baptême.

k^U FONCTIONS GÉNÉRATRICES.

tout ce qui paraît être un fœtus, à moins qu'il n'y ait déjà putréfaction, décomposition ou désorganisation manifeste.

90. Dans le doute sur la vie de Tavorton, on dira : Si tu es vwanty je te baptise^ etc. Dans le doute sur la nature : Si tu es hommeyje te baptise^ etc. Enfin^ le doute porte-t-il à la fois sur la vie et sur la nature du corps examiné, il faudrait dire : Si tu es homme, et si tu i^is, etc.

91. Le fœtus se présente-t-il enveloppé de sesa ipembranes^ de crainte que l'impression de Tair n^ le fasse périr, on commence par le baptiser enve — loppé en disant : Si tu es susceptible de recevoir i^ baptême ; puiSf les membranes ouvertes, on lebapti^K de nouveau sous condition : Si tu n'es pas baptisé y j^t te baptise, etc. \

92. Pourquoi,dans cecas, baptiser deux fois? C^st qu'il n'est pas certain que le baptême donné sur les membranes soit valide, l'eau devant être en contact avec la tête de l'enfant.

93. Si la femme meurt dans le cours de sa grossesse, il faut promptement recourir aux hommes de l'art pour tirer l'enfant de son sein par l'opération césarienne abdominale (gastro-hystérotomie). Est*il vivant, on le baptisera absolument, c'est-à-dire sans condition, ou, en cas de doute, conditionnellement comme nous l'avons déjà indiqué.

94. Si, pendant un accouchement laborieux, on craint que l'enfant ne meure dans le sein maternel.

^ On baptise ces avortons en les trempant dans de l'eau dégourdie, mise sur une assiette ou dans un \erre.

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on peut le baptiser, en faisant parvenir de Teau naturelle sur sa tête 9 par le meilleur moyen qu'on imaginera; dans l'impossibilité d'atteindre la tête, et, dans un péril imminent, on pourrait baptiser sur le membre sorti, sauf à réitérer le baptême après la naissance.

95. Quelque difformité que présente le nouveauné de la femme, quelque soi-disant ressemblance qu'il ait avec la brute, on doit lui conférer le baptême comme à Tenfant le mieux conformé, parce que c'est toujours un être humain; la nature ne permettant pas les monstres dans le sens que donne à ce mot Tignorance du vulgaire.

96. Quant à Vanité personnelle ou à la pluralité de personnes, l'Église, jugeant qu'il y a deux êtres animés si le nouveau-né présente deux têtes ou deux poitrines bien distinctes, elle prescrit de les baptiser séparément en disant sur chaque personne : Je te baptise, etc.; et, s'il y a pressant danger de mort, le Rituel wmain autorise à verser de l'eau sur chacun^ et à dire en même temps au pluriel : Je vous baptise. Mais, si les têtes, si les poitrines, ne sont pas asse^ distinctes pour dénoter deux personnes, il faut en baptiser une absolument; puis baptiser l'autre sous condition : Si^tu nés pas baptisé, je, etc.

97. On ne doit pas conférer le baptême aux nouveau-nés des Juifs ni d'autres infidèles, contre le gré de leurs parents, à moins qu'un abandon barbare ne les expose à périr. Dans ce cas, les parents ayant répudié leurs droits naturels, la Religion chrétienne, mère de tous les humains, est bien libre d'adopter ces malheureuses créatures, en leur donnant l'inno-

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ceiice baptismale. Telle est la règle de conduite suivie en Chine par nos vénérables missionnaires ; telle devrait être celle d'une sage-femme chrétienne qui, dans ces contrées, recevrait ou connaîtrait Tordre cruel d'exposer le nouveau-né.

98. Pour le salut de l'enfant, il n'est permis de pratiquer aucune opération qui pourrait déterminer ou hâter la mort de la femme en travail. Si elle meurt avant d'être délivrée, les chirurgiens doivent l'ouvrir et tirer l'enfant de son sein le plus promptement possible, afin de tâcher de lui conférer le baptême.

99. Dans le cas où il ne se trouverait aucunes personne de l'art pour pratiquer l'opération césa-

rienne, un prêtre serait-il obligé de la faire, ei admettant qu'il eût quelques connaissances anato — miques ? Non : cette opération, peu convenable pou r son caractère, l'exposerait encore à être inquiété par la justice. Le cas serait tout différent pour un ancien médecin devenu prêtre.

100. Une femme étant dans l'impossibilité d'accoucher naturellement, et les hommes de l'art ayant jugé l'opération césarienne nécessaire pour saui^r la mère et t enfant, quelle est la conduite à tenir si la femme refuse formellement de s'y soumettre? I^es hommes de l'art s'abstiendront. — Quant au prêtre, quelle que soit son opinion sur une question aussi délicate, il n'obligera pas sa pénitente à se Faire opérer, sous peine de refus de l'absolution ; car, dit Mgr Gousset : « En supposant qu'elle fut obligée de subir l'opération , il faudrait la laisser dans la bonne foi. »

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