DU CÉLIBAT
107» De ce que la grande majorité des humains est appelée au mariage^ le célibat n'en est pas moins exceptionnellement dans la nature. Choisie pour de graves motifs et chastement gardée, cette solitude du cœur devient digne de nos respectSt comme toute espèce de sacrifice fait au devoir, à la vertu.
108. Sans doute, le célibat n'est point d'inâti^ tution moderne; mais le christianisme l'a élevé à un plus haut degré de vertu. Par le sacrifice de la chasteté, le religieux rend d'abord un mariage possible à la place du sien ; puis il encourage ceux à qui la maladie ou la misère interdisent une imion dont les suites eussent probablement été aussi tris* tes pour la famille que pour la société.
109. Affranchis des soins incessants d'une famille, les célibataires peuvent consaci*er bien plus de temps, soit à de profondes études qui réclament toutes les forces de leur intelligence, soit à des oeuvres charitables qui reversent leurs affections sur la grande famille des pauvres, des malades , des ignorants et des autres infortunés * .
1 10. Ajoutons qu'au point de vue de l'économie
* C'est ainsi qu'en France des milliers de Frères se vouent entièrement à Féducation des enfants du peuple, et qu'un nombre plus grand encore de Sceurs de divers Ordres consacrent leur chaste vie au soulagement des malades, à l'instruction des filles, à la visite des pauvres et des prisonniers, enfin à toutes les œuvres charitables que la Religion seule peut si bien faire accomplir. Entrez, par exemple, dans ce bel établissement ouvert à de pauvres petites créatures délaissées par la misère ou par le vice, vous y verrez les saintes ûlles de Vincent de Paul les couvrir de leurs caresses et leor prodiguer les soins de la charité la plus tendre : merveilleuse institution du christianisme qui a su réunir les douceurs et les gloires maternelles avec lea honneurs précieux de la virginité !
kUO FONCTIONS GÉNÉRATRICES.
politique, la création d'ordres religieux adonnés à Tinduslrie agricole, serait une condition des plus favorables à l'organisation du travail, en même temps qu'elle servirait de digue au flot croissant de la population.
I X ï . Grâce aux vœux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté, les Ordres religieux aideraient puissamment à résoudre ce difficile problème, dès que vivre du travail de ses mains serait l'une des perfections de la vie monastique *.
I J2. S'il est beaucoup d'individus gardant le céli — bat par vertu, il en est un bien plus grand nombres qui le choisissent comme se prêtant mieux au débor — dément de toutes les mauvaises passions»
r i3. Le célibat des gens du monde est aussi dangereux pour la société que pour l'individu, quand il ne peut pas se justifier par un surcroît d'activité morale ou intellectuelle utilement dépensé. Aussi, trouve-t-on proportionnellement plus de malades , d'aliénés, de suicides et de grands criminels parmi les célibataires que parmi les personnes mariées: c'est que la vie de famille fait l'homme plus robuste, plus rangé, plus moral, surtout moins égoïste^.
^ Voir la République chrétienne, Lois du travail; par J.-B. Buisson, Paris, 1862» in-S".
' Sur 185,075 accusés jugés contradictoirement par les Cours d'Assises des 86 départements de la France, pendant 25 années, 104,197 individus (563 sur 1 ,000 ) étaient célibataires : c'est plus de la moitié de la totalité des accusés.
Sur 1,346 aliénés admis en 1853 aux deux hospices de la vieillesse (Bicétre et la Salpétrière), on compte 595 célibataires des deux sexes, 542 hommes et femmes mariés, et 209 yeufs ou veuves.
D'après le Rapport triennal publié en 1855 sur l'administration de ia justice dans les colonies françaises, on compte le chiffre énorme de 2,145 célibataires sur 2,277 accusés. 95 seulement étaient mariés ou veufs. Quant aux
DES PHASES DE LA VIE. Uki
1 14. Toutefois, si vous êtes affecté, soit de quelque anomalie constitutionnelle, soit d'une de ces nsaladies héréditaires ou acquises, fatalement transinissibles ; si vous ne travaillez pas à dompter votre penchant habituel à la colère, à la jalousie, au jeti^ à l'ivrognerie, à la débauche ; enfin, si vous ne vous sentez capable d'aucun effort ni d'aucun dévouement, oh! restez, restez célibataire! Vous ne prendriez une épouse que pour la vouer au malheur, et rendre votre sort encore plus misérable.
Des différentes phases de la vie dans les deax sexes, depuis la eeneeplloa Jusqu'à la niort.
Embryogénie ou mode de développement de F être humain dans le sein maternel. — On ne peut guère distinguer l'être humain avant le i>ingtième jour : jusque-là, le produit animé de la conception ne se montre que sous l'aspect d'un flocon gélatineux , demi-transparent, au centre duquel apparaît un linéament blanchâtre, rudiment du système nerveux ganglionnaire, le premier-né de nos organes.
^ trente Jours y l'embryon offre le volume d'une petite guêpe; et, à quarante^cinq, celui d'un taon. On commence j)ourtant à entrevoir la forme du fœtus, dont la tête est alors plus volumineuse que le tronc, bien que la moelle épinière apparaisse avant le cerveau.
yi deux mois y les diverses parties de la face sont
nombreux suicides que j'ai été appelé à constater pendant vingt ans, plus des trois quàits appartiennent à des célibataires.
kh2 FONCTIONS GÊN£RATRi€SS.
indiquées : deux petits cercles noirs sont les rudiments des yeux; la bouche est visible , quatre pe* tits orifices désignent remplacement du nez et des oreilles; les membres offrent l'aspect déjeunes bourgeons; le cœur 9 qui d'abord contenait du sang blanc, se décèle par un point ronge qui s'agite, et d'où partent des lignes rougeâtres, forméesvpar les troncs des principaux vaisseaux. Le foie occupe presque toute la cavité abdominale. Le tronc, qui s'est beaucoup allongé, forme déjà les.deux tiers du corps. La longueur de l'embryon est, à cette époque, de dix-huit lignes, et son poids, d'une demi-once, à peiïie. Quant au cordon ombilical, tuyau, ou plutôt torsade vasculaire, par lequel la mère transmet à son fruit les matériaux de la nutrition , il a déjà cru de deux pouces.
A trois moisj toutes les parties extérieures de l'embryon sont bien distinctes; il a; en moyenne, quatre pouces de longueur, et pèse environ deux onces et demie. On lui donne alors le nom de fœtus.
Pendant la première quinzaine du quatrième mois, le fœtus a grandi de deux pouces ; sa peau rosée se couvre d'un léger duvet, et ses petits musclés exécutent déjà des mouvements qui font délicieusement tressaillir sa mère.
Quinze jours plus tard, à cinq mois, sa croissance, devenue plus rapide, lui fait atteindre en longueur plus de dix pouces, et en poids dix à douze onces. Alors, son sexe est distinct, et ses musclés, plus prononcés, impriment à sa mère des mouvements assez forts pour être aisément visibles à l'iei^térieur.