‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 62 sur 70 · ASPHYXIÉS PAR SUBMERSION ( NOYÉS · texte numérisé non relu

ASPHYXIÉS PAR SUBMERSION ( NOYÉS

Règles à suivre par ceux qui repêchent un noyé. — 4° Dès que le noyé est retiré de l'eau, on doit le coucher sur le côté, de préférence sur le côté droit. On incline légèrement la tète en avant , en la soutenant par le front; on écarte doucement les mâchoires , et Ton facilita ainsi la sortie de Teau qui pourrait s'être introduite par la bouche et par les narines. On peut même , immédiatement après le repêchage du noyé, pour mieux faire sortir Veau, placer à différentes reprises la tête un peu plus bM que le corps, mais Une faut pas la laisser chaque fois plus de quelques secondes dans cette position*.

2<» Pendant cette opération , qui ne doit pas être prolongée au delà d'une minute, on comprime doucement et alternativement le ba»*ventre de bas en haut, ainsi que les deux côtés de la poitrine, de manière à faire exercer à ces parties les mouvements qu'on exécute lorsqu'on respire.

3*^ Immédiatement après ces premiers soins , qui n'occuperont que quelques instants, le noyé doit être' enveloppé, suivant la rigueur de la saison , de couvertures, ou, à défaut de couvertures, de foin ou de paille, et transporté au bureau de secours , promptement et sans secousses.

Pendant ce transport , la tête et la poitrine seront placées et maintenues dans une position plus élevée que le reste du corps; la tète restera libre et le visage découvert.

4° En même temps, on fera prévenir un médecin.

Des soins à donner lorsque le noyé est arrivé au dépôt des secours médicaux. — 4** Aussitôt après l'arrivée du noyé , on lui ôtera ses vêtements le plus promptement possible. Il sera essuyé, revêtu d'une chemise ou peignoir en laine , coiffé d'un bonnet de laine , et posé dou-

* 11 faut bien se garder de la pratique suivie par quelques personnes, et qui oontlstê I suspendre le malade par les pieds, dans Pintentioa de lui Aire rendra l*«ao qu*i pourrait avoir avalée. Cette pratique est excessivemeat dangereuMi

^76 NOTES COMPLÊMfilNTAIRES.

cernent sur une paillasse ou un matelas , entre deux oouvertures de laine.

t'^ On couchera de nouveau une ou deux fois le corps sur le côté droit ; on fora légèrement pencher la tète en la soutenant par le front , pour faire rendre Teau. Cette opération . comme il a été dit, ne devra durer que quelques secondes chaque fois. 11 est inutile de la répéter s'il ne sort pas d'eau, de mucosités ou d'écui^e. Daps le cas où les mucosités ou glaires ne s'écouleraient qu'avec peine , on en faciliterait la sortie à Taide du doigt, des barbes d'une plume , ou d'un bâtonnet couvert d'un linge.

3° On cherchera à imiter les mouvements que font la poitiûne et le ventre lorsqu'on respire , en exerçant avec les mains, sur ces parties, des pressions douces , lentes et alternatives. On laissera , entre ces pressions, un intervalle d'environ un quart de minute ; <m les réitérera quhize à vingt fois de suite, et on les suspendra pendant environ dix minutes* Il conviendra d'y revenir à plusieurs reprises *,

4** Aussitôt que la respiration tend à se rétablir, <)'est-à-dire dès qu'on s'aperçoit que le noyé happe pour ainsi dire Tair, il faut cesser tout moyen spécialement dirigé vers le rétablissement de cette fonction.

5*^ Si les mâchoires sont serrées , il convient de les écarter légèrement et sans violence , en employant un petit levier en buis. On maintient l'écartement obtenu en plaçant entre les dents un morceau de liège ou de bois tendre.

&" Pendant les opérations qui viennent d'être décrites , on s'occupera de la préparation de tout ce qui est nécessaire pour réchauffer le corps. A cet effet, on remplira d'eau un caléfacteur, et l'on versera dans la galerie inférieure l'alcool nécessaire pour porter celte eau àrébullition: une fois ce résultat obtenu , on introduira l'eau chaude dans la bassinoire, que l'on promènera ensuite (par-dessus le peignoir de laine) sur la poitrine, le long de l'épine du dos et sur le bas-ventre, en s'arrêtant plus longtemps au creux de l'estomac et aux plis des aisselles.

7** Quels que soient les moyens qu'on emploie pour réchauffer le corps d'un noyé , il faut se régler sur la température extérieure. Tant qu'il ne gèle pas , on peut être moins circonspect. Cependant, il ne faut jamais , particulièrement dès le début des secours , exposer le corps du

*■ On peut même, à de longs intervalles, imprimer des secousses brusques à la poitrine, avec les mains largement étendues sur les côtés de cette cavité. Mais ce moyen ne peut ^re mis en pratique que par une personne habituée à l'administration des secours.

Il en est de même de VVisufHation, qui doit éire pratiquée de booebe à boucbe, i>a par rinterroédiaire d'une canule.

190nS COMPLÊIIENTAIBES. 477

noyé à une température dupéneure à trente*cmq degrés centigrades. La bassinoire a , il est vrai , un degré de chaleur plus élevé ; maif^ comme elle agît à travers une couverture ou une chemise de laine, et ne reste pas longtemps appliquée sur la même place , son action se trouve par cette raison suffisamment affaiblie.

8*" Tout en employant les moyens nécessaires pour réchauffer le noyé et pour rétid)lir la respiration, on le frictionnera avec des frottoirs de laine chauds , sur les cuisses, les bras, et principalement le long de répine du dos et sur la régi(m du coeur ; on brossera doucement, mais longtemps y la plante des pieds ainsi que le creux des mains. On pourra aussi frotter avec les frottoirs en laine le creux de Testomac , les flancs, le ventre et les reins , dans les intervalles où Ton n'y promènera pas la bassinoire.

9^ Si le noyé donne quelques signes de vie , il faut continuer les frictions et l'emploi de la chaleur. S'il fait des efforts pour respirer, il faut discontinuer pendant quelque temps toute manoeuvre qui pourrait Comprimer la poitrine ou le bas-ventre et contrarier leurs mouve* raents.

40* Si pendant les efforts plus ou moins pénibles que fait le noyé pour restpirer, on s'aperçoit qu'il a des envies de vomir, il faut provoquer le vomissement en chatouillant le fond de la bouche avec les barbes d'une phime.

1 4* Il ne faut pas donner de boisson à un noyé , à moins qu'il n'ait repris ses sens et qu'il ne puisse facilement avaler. Cependant , on peut, en vue de le ranimer, lui introduire dans la bouche quelques gouttes d'eau-de-vie ordinaire, d'eau-de-vie camphrée, d'eau de mélisse ou d'eau de Cologne.

4V Si le ventre est tendu , on donne un demi-lavement d'eau tiède , dans laquelle on a fait fondre une forte cuillerée abouche de sel.

43** Dans le cas où , après une demi -heure d'administration assidue, tes secours indiqués plus haut auraient été inutiles , et où le noyé ne donnerait aucun signe de vie , si le médecin n'était pas encore arrivé , OB pourrait recourir à l'insufiftation de la fumée de tabac dans le fonde* ment.

Voici la manière de la pratiquer :

L'appareil qui sort à cet usage se nomme appareil fumigatoire. Pour le mettre en jeu , on humecte du tabac à fumer, on en charge le fourneau formant le corps de la machine fumigatoire , et on l'allume avec im morceau d'amadou ou avec un charbon ; ensuite, on adapte le soufflet à la machine : quand on voit la fumée sortir abondamment par le bec du chapiteau, on ajoute la canule, qu'on introduit dans le fonder ment du noyé.

A78 NQTP9 COMPI^SMTAlliSft.

Oo fait mouvoir le souSlet , afia de pousser la fiunée dap^ l^s iotog^ tins. Si la canule se bouohe an rencontrant des matières dans lelimdement, ce qu'on reconnaît à la sortie de la fumée au travers des jointures de la machine , ou à la résistance du soufiOet , on la nettoie à Taide de V aiguille à dégor§0r, et Ton recommence, en ayant soin de ne pasijdtroduire la canule aussi profondément*

A défaut de V appareil fumgatoire, on pourrait se servir de deux [Hpes : on en charge une , que Ton allume, et dont on introduit Is tuyau dans le fondement du noyé, en guise de canule ; on souffle par k tuyau de l'autre , qui est appliquée sur la première, fourneau contre fourneau.

Chaque injection de fumée devra durer une ou deux minutes «u plus, et, dans aucun cas, elle ne devra être portée jsui point qu'on s'aperçoive que le ventre /se gonfle et se distende.

Après chaque opération, qu'on pourra répéter plusieurs fois de quart d'heure en quart d'heure, on exercera à plusieurs reprises une légère prejMiim sur le bas* ventre , de haut en bas ; et, avant de procéder à une nouvelle fumigation , on introduira dans le fondement une canute fixée à une seringue ordinaire, vide, dont on tirera le piston vers soi, de manière à retirer l'air ou la fumée que les intestins pourraient contenir de trop.

4 4° Quand le noyé revient à la vie , il faut le coucher dans un lit bassiné et l'y laisser reposer pendant une heure ou deux. Si l'on ne peut pas disposer d'un lit, on porte le noyé à l'hôpital , en prenant les précautions convenables pour le soustraire à l'action du froid.

Bi la face» de pâle qu'elle était, se colore fortement pendant le sommeil , et qu'en réveillant le malade il retombe ausaitdtdiDiaiiB éÇat de somnolence , on doit préparer des sinapismes (pâte de farine de moutarde et d'eau tiède) et lui en appliquer entre les épaules , ainsi qu'à l'intérieur des cuisses et aux mollets. On lui posera en même temps 6 à 8 sai^sues derrière chaque oreille. Il est enten<|u qu'on n'aura recours à ces moyens qu'autant qu'il n'y aurait pas de médecin présent; car, dans le cas contraire, ce serait à lui à décider s'il faut tirer du sang, en quelle quantité , sur quel point, et par quel moyen.

ASPHYXIÉS PAR LES GAZ HÉPUmQUES.

On comprend sous la dénomination générale d^asphyooie par Us gaz méphitiques, les asphyxies produites par la vapeur du charbon, par les émanations des fours à chaux , des fosses d'aisances , des puits , des puisards, des citernes , des égouts, des cuve? à vin , bîère, cidre >

N0TEB COMFLÊMSNTilMft. *79

viiuûgre ; deacaveBrettfermaiii de ladrèche, en un mot, par les ga« impropres à la respiratioii.

Toutes peuvent être traitées par les moyens qui suivent :

4° Il faut retirer le plus promptemeni possible Tasphyxié du lieu méphitiaé, et Texposer au grand air,

if> Aussitôt arrivé à Tair libre, on le débarrassera de ses vêtements* Cependjmt, si Fasphyxie a eu lieu dans une fosse d'aisances, et si Ton a de l'eau chlorurée * à sa disposition , il faut , tout d'abord, et avant de dé^abîller Tasphyxié, l'arroser largement avec cette eau.

Z** Le n^ade , dépouillé de ses vêtements , placé dans un lieu d*une température modérée, doit être assis dans un fauteuil ou sur une chaise, et maintenu dans cette position en soutenant la tête verticalement. On lui jettera dès lors , avec force, de l'eau froide par potée sur le corps , et principalement au visage ; cette opération doit être continuée long* temps, surtout dans l'asphyxie par la vapeur du charbon, des Cuves éà fermentation, en un mot, dans l'asphyxie par le gaz acide carbonique.

4^ De temps à autre , on s'arrêtera pour tâcher de provoquer la respiration, comme il a été dit précédemment, à l'occasion des noyés.

S"" Si l'asphyxié commence à donner quelques signes de yie , fl né faut pas discontinuer les affusions d'eau froide ; seulement, il faut faire attontkm à ne pas lui jeter de l'eau , principalement sur la bouche , pendant qoTû h\i des mouvements d'inspiration.

6* S11 tait quelques efforts pour vomir, il faut les favoriser en chatooiOant l'arrière-bouche avec les bati)es d'une plume.

7* Dès que l'asphyxié pourra avaler, on devra lui faire boire de l'eau vinaigrée.

8^ Lorsque la respiration sera rétablie , il faudra , après avoir bien essuyé le malade, le coucher dans un lit bassiné, et lui administrer uo lavement avec de Teau dégourdie , dans laquelle on aura fait fondre gros comme une noix de savon , ou encore à laquelle on aura ajouté , pour chaque lavement, deux cuillerées à bouche de vinaigre.

Ensuite, c'est au médecin à juger s'il y a lieu de donner un vomitif, de faire Inspirer de l'ammoniaque, et surtout de pratiquer une saignée:

* Srépmtifon de Pm* chlorurée. Prenez :

adonuedechavuec , 36 grammes.

Eao 1 litre.

On verse d*abord sur le chlorure de chaux une petite quantité d'eau pour l'amener à l'iétat pâteux; puto w délaie dans la quantité d'eau indiquée. On tire la liqueur à clair, et OR Ja cottserve dans des vases en verre ou eu grès bien fermés.

Qb ptoi mtÊÊi enplofer avec avantage l'eau chlorurée préparée avec Je cbtorurf d'oxyde de aodlimi, en mctunt 40 grammes de chlorure dans un demi-Uls^ d'eau.

480 NOTES CMPLÊMEIlTAIftBS.

c'est à loi seul qu'il appartient de prescrire les moyens de traitement i employer après que l'asphyxié est revenu à la vie; "

ASPHYXIÉS PAB Lai FOOlttlB.

lorsqu'une personne a été asphyxiée par la foudre , il faut immédiatement la porter au grand air , la dépouiller promptement de ses vêtements , faire des affusionS d'eau froide, comme il a été dît à l'art. 3 du paragraphe précédent, pratique^ des frictions aux extrémités, et chercher à rétablir la respiration par des compressions alteniatî\'es de là poitrine et du bas-ventre, comme pour les noyés.

ASPflYXiis PAR LE PRX>ID.

1" On portera l'asphyxié , le plus promptement possible, de l'endroit où il a été trouvé , au lieu où il devra recevoir des secours ; pendant ce transport, on enveloppera le corps d'une couverture, ou bien, à défaut de couverture, on se servira do paille ou de foin, en laissant la face libre. On évitera aussi d'imprimer des mouvements brusques au corps et surtout aux membres.

t* Dans l'asphyxie par le froid , il est de la plus haute importance de ne rétablir la chaleur que lentement et par degrés. Un asphyxié par le froid qu'on approcherait du feu , ou que , dès le commencement des secours, on ferait séjourner dans un lieu échauffé , même médiocrement, serait irrévocablement perdu. Il faut , en conséquence, le porter d'abord dans une chambre sans feu , et là lui administrer les premiers secours que réclame sa position ^

Z° Si l'asphyxie ou la submersion ont eu lieu par un froid de plusieurs degrés au-dessous de zéro, et que le malade conserve encore de la souplesse, on le déshabillera , et l'on couvrira tout le corps , y compris les membres , de linges trempés dans l'eau froide , qu'on rendra plus froide encore, en y ajoutant des glaçons concassés.

4° Si le corps était tellement frappé par le froid qu'il fût dans un état de rigidité prononcée , il y aurait avantage à le plonger dans une baignoire contenant assez d'eau pour que le tronc et les membres en fussent couverts. C4ette eau devrait être aussi froide que possible , et on en élèverait la température, par degrés , de dix en dix minutes.

ly'* Lorsque les membres auront perdu leur roideur et offriront de la

* Dai» quelques localités, on a riiabitnde de mettre les asphyxiés par le frolë dan» des tas de fumier s celle pratique est extrêmement dangereuse, sous le double rapport de la chaleur produite et de Pacid" carbonique dégagé sous rinfluence de la flénneiKation de ce fumier.

souplesse, on fera exercer à la poitrine et au ventre quelques mouvements , dans le but de provoquer la respiration , comme il a été dit à l'occasion des noyés. On continuera en même temps des frictions sur le corps et les membres , soit avec de la neige , si Ton a pu s*en procurer, soit avec des linges trempés dnns Teau froide.

6** Lorsque le malade commence à se réchauffer ou qu'il se manifeste des signes de vie , il faut l'essuyer avec soin et le placer dans un lit , ({ui ne doit pas être plus chaud que le corps lui-môme. On se gardera bien d'allumer du feu dans la pièce où est le lit, avant que le corps ait recouvré entièrement sa chaleur naturelle.

7^ Aussitôt que le malade pourra avaler, on lui fera prendre un demiverre d'eau froide, rendue stimulante avec une cuillerée à café d'eau de mélisse, d'eau de Cologne, ou de tout autre spiritueux.

8<* Si , au contraire , l'asphyxié avait de la propension à l'engourdissement, on lui ferait boire un peu d'eau vinaigrée ; et, si cet assoupissement était profond , on administrerait des lavements irritants , soit avec de l'eau salée S soit avec de l'eau de savon.

Il est utne de faire observer que , de toutes les asphyxies , l'asphyxie par le froid est celle qui laisse , selon l'expérience des pays septentrionaux, le plus de chance de succès, même après douze ou quinze heures de mort apparente.

Mais , d'un autre côté , cette asphyxie exige aussi , plus que toute autre , une grande précision dans l'emploi des moyens destinés à la combattre, et notamment dans le réchauffement du malade.

asphyxiés par strangulation ou suspension (pendaison).

4** La première opération à pratiquer consiste, dans ce cas , à détacher, ou plutôt y pour aller plus vite, à couper le lien qui entoure le cou, et, s'il y a suspension (pendaison), à descendre le corps en le soutenant , de manière qu'il n'éprouve aucune secousse. Tout cela doit être fait sans délai , et sans attendre l'arrivée de V officier public. Il faut ensuite enlever ou desserrer les jarretières, la cravate, les cordons de jupes, le corset, la ceinture de culotte, en un mot, toute pièce de vêtement qui pourrait gêner la circulation.

"i^ On placera le corps, toujours sans lui faire éprouver de secousses et selon que les circonstances le permettront, sur un lit, sur un matelas, sur de la paille, etc., de façon cependant qu'il y soit commodément,

* Une euillerée de sel dans un demi-laTement.

. et que la tète, ainsi que la poitrine, soit plus élevée que le reste du corps.

3^ Si le corps est dans une chambre , on doit veiller à ce qu'eli»; ne soit ni trop chaude, ni trop froide, et à ce qu'elle goit aérée.

i"* II est nécessaire d'appeler le plus tôt possible un homme de Tart , parce que, la question de savoir s'il faut ou non pratiquer la saignée , reposant en grande partie sur des connaissances anatomiques, et sur Texamen de la direction de la corde ou du lien * , il n'y a que le médecin qui puisse bien apprécier les circonstances de ce genre, et ordonner ce qui convient.

&* Après l'enlèvement du lien , si les veines du cou sont gonflées, la face d'un rouge tirant sur le violet; si l'empreinte produite par le lien est noirâtre, et si l'homme de l'art tarde d'arriver, on peut mettre derrière chaque oreille, ainsi qu'à chaque tempe, six ou huit sangsues.

6° Si la suspension ou la strangulation a eu lieu depuis peu de minutes , il suffit quelquefois , pour rappeler le malade à la vie , de faire des affusions d'eau froide sur la face , d'appliquer sur le front et sur la t4tedes linges trempés dans de l'eau froide, et de faire en même temps des frictions aux extrémités inférieures.

7* Dans tous les cas , il faut, dès le commencement , exercer sur la poitrine et le bas-ventre des compressions intermittentes, comme pour les noyés , afin de provoquer la respiration.

8*" On ne négligera pas non plus de frictionner l'asphyxié avec des flanelles ou des brosses, surt^^t à la plante des pieds et dans le creux des mains.

9» Dès qu'il peut avaler, on lui fait prendre , par petites quantités , de l'eau tiède additionnée d'un peu d'eau de mélisse, de Cologne, de vin ou d'eau-de-vie.

40» Si, après avoir été complètement rappelé à la vie, le malade

* Les pendus ou sU'angulés meurent fl*apoplexie, lorsque le iien a été placé autour du cou de manière à comprimer de préférence les gros vaisseaux de cette partie, €t I empêcher ainsi le retour du sang des régions supérieures au omir. ]|*auti«8, •« contraire, meurent par suffocation, parce que le lien» placé entre le larynx et l'os liyolde, ferme aussitôt, par l'abaissement de l'épiglotte, Tentiée du larynx, et que, d'une autre part, ce lien, en s'appuyant sur l'angle de la mâchoire et sur l'apjphyse mastolde, ne comprime pas assez les vaisseaux du cou pour empêcher le retour du sang du cerveau. Quant au genre de mort mixte, produit à la fols par l^poplexie et par la suffocation, il a lieu, vraisemblablement, lorsque le lien est placé de manièi«à interrompre la tortie ainsi que l'entrée de l'air, et en même temps le retour du sang de la tête. Ce double effet peut être produit par la constriction placée au-dessous du larynx, dans une direction horizontale autour du cou. Dans ce cas, la trachée-artère et les vaisseaux du cou sont comprimés en même temps.

?iOTË8 COMPLÊMENTAIRBS. 69S

éprouve de la stupeur , des étourdissements , les applications d'eau froide sur la tète deviennent utiles.

1 4<' En général , il doit être traité , après le rétablissement de la vie , avec les mêmes précautions que les autres asphyxiés,

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