ASPHYXIÉS PAR LA CHALEUR
40 Si Tasphyxie a eu lieu par Tefflet du séjour dans un lieu trop chaud , il faut porter l'asphyxié dans un endroit plus frais , mais pas trop froid , et le débarrasser de tout vêtement qui pourrait gêner la circulation.
%^ Dans toute asphyxie par la chaleur, la première indication à remplir est de débarrasser le cerveau , en tirant du sang. S'il n'y avait pas là un médecin pour pratiquer la saignée, et que quelqu'un des assistants fût apte à la faire , il ne devrait pas hésiter un seul instant, principalement dans les contrées et les saisons chaudes.
3" Les bains de pieds médiocrement chauds , auxquels on peut ajouter des cendres et du sel , sont indiqués.
i^ Tout aussitôt que le malade peut avaler, il faut lui faire boire , par petites gorgées, de l'eau fraîche , acidulée avec du vinaigre ou du jus de citron , et lui donner des lavements d'eau vinaigrée , mais un peu plus chargée en vinaigre que l'eau destinée à être bue.
Les boissons aromatiques ou vineuses sont toujours nuisibles an pareil cas.
5° Si la maladie persiste , si elle fait des progrès , et si aucun des assistants n'est apte à pratiquer la saignée , on peut , sans attendre l'arrivée du médecin , appliquer huit à dix sangsues derrière chaque oreille, ou quinze à vingt à l'anus.
6° Si l'asphyxie a été déterminée par l'action du soleil , comme cela arrive surtout aux moissonneurs et aux militaires, le traitement est la même; mais il faut, dans ce cas, insister sur les applications d'eau froide sur la tète : il est à noter que c'est surtout dans ce» circonstances que la saignée est efficace.
{Imtruciion approuvée, en 4850, par le Comeil de Salubrité du département de la Seine, sous la présidence de M. le docteur Bégin.)
— Les notion» hygiéniques que renferme cette Instruction sont de la plus haute importance; elles devraient être souvent portées é la connaissance des habitants des campagnes, par les soins de MM. les curés, les maires et les instituteura.
af.
Noie F. Page 1S3.
Instruction concernant les moyens (t assurer la salubrité des habitations (il novembre 1853).
La salubrité d'une habitation dépend en grande partie de la pureté de Tair qu'on y respire. Tout ce qui vicie Fair doit donc exercer une influence fâcheuse sur la santé des habitants.
L'insalubrité d'une habitation peut être locale ou générale : locale, quand elle existe seulement dans le logement de la famille ; générale, lorsqu'elle a sa source dans la maison tout entière.
Dans ces diverses conditions, locales ou générales, l'air peut être vicié au point de faire nailre des maladies graves et meurtrières. S'il est moins altéré, il minera sourdement la constitution; il causera l'étiolement et les maladies scrofuleuses.
Enfin, l'expérience a démontré que c'est dans les habitations dont Tair est insalubre que naissent et sévissent avec plus d'intensité certaines épidémies dont les ravages s'étendent ensuite sur des cités entières.
Notons ici que l'insalubrité peut exister, aussi bien dans certaines parties des habitations les plus brillantes , que dans les plus humbles demeures; comme aussi ces dernières peuvent offrir les meilleures conditions de salubrité.
MOYENS d'ASSDBER LA SALUBRITÉ DES LOGEMENTS.
Aération. — L'air d'un logement doit être renouvelé tous les matins, les lits étant ouverts ; ce n'est pas seulement par l'ouverture des portes et des fenêtres que l'on peut opérer le renouvellement de Tair d'un logement ; les cheminées y contribuent efficacement aussi ; les cheminées sont même indispensables dans les maisons simples en profondeur et qui n'ont qu'un seul côté : les chambres où Ton couche devraient toutes en être pourvues. On ne saurait donc trop proscrire la mauvaise habitude de boucher les cheminées, afin de conserver plus de chaleur dans les chambres.
Le nombre des lits doit être, autant que possible, proportionné à l'espace du local, de sorte que, dans chaque chambre , il y ait au moins 4 4 mètres cubes d'air par individu, indépendamment de la ventilation.
Mode de chauffage, — Les combustibles destinés au chauffage et à la cuisson des aliments ne doivent être brûlés que dans des cheminées, poêles et fourneaux qui ont une communication directe avec VcUr extérieur, même lorsque le combustible ne donne pas de fumée. Le coke.
NOTES COIIPLÊIIENTAIRES. 485
la braise et les diverses sortes de charbons qui se trouvent dans ce dernier cas, sont considérés à tort , par beaucoup de personnes , comme pouvant être impunément brûlés à découvert dans une chambre habitée. C'est là un des préjugés les plus fâcheux ; il donne lieu tous les jours aux accidents les plus graves , quelquefois même il devient cause de mort. Aussi doit-on proscrire T usage des braseros, des poêles et des calorifères portatifs de tout genre qui n'ont pas de tuyaux d'échappement au dehors. Les gaz qui sont produits pendant la combustion de ces moyens de chauffage et qui se répandent dans l'appartement sont beaucoup plus nuisibles que la fumée de bois.
On ne saurait trop s'élever aussi contre la pratique dangereuse de fermer complètement la clef d'un poêle ou la trappe intérieure d'une cheminée qui contient encore de la braise allumée. C'est là une des causes d'asphyxie les plus communes. On conserve , il est vrai , la chaleur dans la chambre, mais c'est aux dépens de la santé et quelquefois de la vie.
Soins de propreté, — Il ne faut jamais laisser séjourner longtemps les urines , les eaux de vaisselle et les eaux ménagères dans un logement. Il faut balayer fréquemment les pièces habitées , laver une fois la semaine les pièces carrelées et qui ne sont pas frottées, les ressuyer aussitôt pour en enlever l'humidité. Le lavage qui entraîne à sa suite un état permanent d'humidité est plus nuisible qu'avantageux ; il ne doit donc pas être opéré trop souvent.
Lorsque les murs d'une chambre sont peints à l'huile, il faut les laver de temps en temps, pour en enlever les couches de matières organiques qui s'y déposent et qui s'y accumulent à la longue.
Dans le cas de peinture à la chaux , il convient d'eu opérer tous les ans le grattage et d'appliquer une nouvelle couche de peinture.
Tout papier de tenture que l'on renouvelle doit être arraché complètement ; le mur doit être gratté et les trous rebouchés avant do coller le nouveau papier.
Les cabinets particuliers d'aisances doivent être parfaitement ventilés, et, autant que possible, à fermeture au moyen de soupapes hydrauliques.
MOYENS d'assurer LA SALUBRITÉ DES MAISONS.
Indépendamment du mode de construction d'une maison, quel que soit l'espace qu'elle occupe , et quelle que soit la dimension des cours et des logements , cette maison peut devenir insalubre :
^^ Par l'existence de lieux d'aisances communs mal tenus ;
2<» Par le défaut d'écoulement des eaux ménagères , le défaut d'en-
4S6 {«OTIS COm^LÉMEfilTAIBES.
lèvement d'immondices et de fumiers , le mauvais état des ruisseaux ou caniveaux ;
3** Par la malpropreté ou la mauvaise tenue du bâtiment.
Cabinets d'aisancei communs, <— Il n'est guère de cause plus grave d'insalubrité . un seul cabinet d'aisances mal ventilé , ou tenu malproprement, sufiQt pour infecter une maison tout entière. On évite, autant qu'il est possible, cet inconvénient, en pratiquant à l'un des murs du cabinet une fenêtre suffisamment large pour opérer une ventilation et pour éclairer ; en tenant , en outre , les dalles et le siège dans un état constant de propreté à Taide de lavages fréquents. On doit renouveler souvent aussi le lavage du sol et celui des murs, qui doivent être peints à l'huile et au blanc de zinc : chacun de ces cabmets doit être clos au moyen d'une porte ; enfin , il faut , autant que possible , éviter les angles dans la construction desdits cabinets.
Eaux ménagères. — Les cuvettes destinées au déversement des eaux ménagères doivent être garnies de hausses, ou disposées de telle sorte que les eaux projetées à l'intérieur ne puissent saillir au dehors. Il faut bien se garder de refouler à travers les ouvertures de ta grille qui se trouve au fond des cuvettes , les fragments solides dont l'aocunulation ne tarderait pas à produire l'engorgement des tuyaux.
On doit placer une grille à la jonction du tuyau avec la cuvette, afin d'empêcher Tobstruction par des matières solides.
Il ne faut jamais vider d'eaux ménagères dans les tuyaux de descente pendant les gelées.
Lorsque l'orifice d'un de ces tuyaux aboutit à une pierre d'évier placée dans une chambre ou dans une cuisine, on doit le tenir parfaitement fermé au moyen d'un tampon ou d'un syphoA.
Il y a toujours avantage à diriger les eaux pluviales daaales tuyaux de descente de manière à les laver.
Lorsque ces tuyaux exhalent une mauvaise odeur, il faut les laver avec de l'eau contenant au moins un pour cent d'eau de Javel.
Une des pratiques les plus fâcheuses dans les usages domestiques et contre laquelle on ne saurait trop s'élever, c'est celle de déverser les urines dans les plombs d'écoulement des eaux ménagères.
Les ruisseaux des cours et les caniveaux destinés au passage des eaux ménagères doivent être exécutés en pavés , en pierre ou en fonte; les joints doivent être faits avec soin , et les pentes régulières , de manière à empêcher toute stagnation d'eau et à rendre facile le lavage de ces ruisseaux et caniveaux *.
* Un des moyens les plus puissants d'assainir les maisons et leurs dépaidaiices, c'est d*aYoir de l'eau en abondance. Beaucoup d« propriécaicfft Ignorent q«^?ec wm somme
Les immondices des cours doivent être enlevées tous les jours ; les fumiers ne doivent pas être conservés plus de huit jours en hiver et de quatre jours en été.