‹ Les merveilles du monde invisibleChapitre 17 sur 32 · LE TORRENT CIRCULATOIRE · texte numérisé non relu

LE TORRENT CIRCULATOIRE

afin que le sang puisse franchir cett*^ infinité de défilés semés dans toutes les parties du corps. Sans les enseignements de cette anatomie subtile, on n'ajouterait jamais foi aux calculs des physiciens qui ont comparé la puissance motrice du cœur à celle d'une petite machine à vapeur.

On ne croirait point que la tuature a eu besoin de donner à la pompe cardiaque une force suffisante pour soulever par jour trois mille kilos à la hauteur d'un mètre. En un an, c'est de quoi monter de la cale sur le pont toute la cargaison d'un trois-mâts de force ordinaire.

La plupart des animaux inférieurs jouissent de la propriété de transparence à peii près parfaite sous un éclairement convenable. Les détails de leur système circulatoire ne gardent donc de secret que si nous dédaignons de les placer sur le cristal, où ils deviennent eux-mêmes translucides.

Nous verrons l'irrigation du polype, le mouvement oscillatoire de la sangsue, flux et reflux, semblable i celui que les anciens croyaient exister dans nos veines. Nous étudierons la circulation purement artérielle de certains mollusques qui sont pourvus d'un cœur unique. Les reptiles et les poissons ne nous cacheront pn», comme on Ta vu plus haut, les mystères de leur cœur imparfait, qui semble rudimentaire quand on regarde en dessus, et merveilleuse quand on porte les yeux sur les degrés inférieurs. Rien ne nous empêchera de suivre toutes les étape3 de la nature vers

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l'organisation en quelque sorte intellectuelle des hommes civilisés. Alors le cœur a cessé d*être uniquement- un organe de propulsion; c'est en quelque sorte le complément du cerveau , tant il participe à toutes les affections, tant il influe sur toutes les pensées. Il est devenu un moteur de la vie affective, il s'est en quelque sorte idéalisé!

Encore une fois, le microscope ne permettra pas de faire directement l'analyse de l'organisme humain. La lumière n'est point à notre service pour pénétrer nos tissus, pour nous montrer ce qui s'y passe. Mais la vue de la circulation en activité dans les animaux inférieurs où le microscope peut pénétrer, suffit i notre raison pour nous mettre sur Id voie ; l'étude anatomique des êtres plus parfaits, mais plus obscurs, nous permet de reconstituer par la pensée des phénomènes vitaux dont notre système veineux et artériel est le théâtre. Ajoutons au microscope le scalpel, et nous arriverons à comprendre comment le sang parcourt sa double orbite avec autant de régularité que la terre roule dans son ellipse.

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