‹ Les merveilles du monde invisibleChapitre 24 sur 32 · LA RESPIRATION DES PLANTES · texte numérisé non relu

LA RESPIRATION DES PLANTES

i leur permette de puiser le gaz qu'ils doivent barrasser de son carbone et de le relancer dans tmosphère. Notre conseiller ordinaire nous montra comment il se fait que les plus humbles cônes au grand banquet de la vie terrestre soient issi bien servis que ceux qui trônent au bout istocratique de la table où chacun mange jusl'au jour où il est dévoré à son tour. * L'épiderme de la plante peut être considéré )mme un toit recouvert de tuiles assez serrées les nés contre les autres pour ne laisser entrer ni ne goutte d'eau du dehors , ni sortir un atome de ^ apeur. Le commerce extérieur avec le monde aélen serait donc impossible s'il n'existait dans ce issu protecteur une multitude de cheminées , de icames aussi bien pourvues que les tabatières de os mansardes établies de la façon la plus satislisante. Car chacun de ces orifices possède un apareil à deux faces qui empêche l'eau d'entrer. Il faut aussi que chacun de ces orifices soit garni 'un appareil spécial pour empêcher Teau d'entrer uand elle est trop abondante au dehors, ou la valeur de sortir quand elle est trop rare dans Tat- Qosphère. Cette espèce de fenêtre possède en outre i faculté de s'ouvrir et de se fermer d'elle-même u moyen d'un mécanisme d'une simplicité efpayante.

; Quatre cellules susceptibles de se gonfler se rouvent sur le bord de cette cavité qu'elles doi- ^.ent protéger; leur gonflement suffit pour pfo-

doirc une fermeture aussi hermétique que si

la petite caTeme eût été close avec un chisài

Tilr*.

Ouant au nombre de ces ouvertures , il est à grand qu'il brave toute énumératîon. En effet, aa les trouve par dizaines de mille dans chaque c^ limètre carré de surface de feuille.

Mais ce n*est pas tout , car ces réduits dont l'ori* fice montre ud art si parfait ont quelquefois niw

Stomates de feuilles.

trame s liceuse qui parait destinée à leur donner une forme plus nette et plus précise. Enlevez au moyen de l'acide nitrique la partie vé{i;étale, il restera un véritable squelette conservant avec une surprenante délicatesse les moindres détails de 11 plante vivante.

Si nous analysons le contenu de ces cavités innombrables, nousserons bientdtconvaincus qu'elles

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sont de vivants laboratoires où s'élabore la matière colorante des feuilles, la gomme qui coulera aa moyen d'une incision , l'huile qu'on exprimera des baies mûres, le sucre dont on s'emparera par évaporation.

Tantôt vous admireiez de petites glandes , montées sur des tiges délicates, colorées de teintes rariables , tantâtvous les verrez briller comme autant de diamants lorsque les rayons du soleil viennent se briser à la surface des géraniums , des aaiifrages, des rosiers. Tantôt votre attention se portera sur les taches dorées qui couvrent le dos

de plsnte.

des feuilles du raisin noir , sur les marbrures argentées du houblon ou de la rue. Tantôt vous trouverez dans l'épaisseur des fruits, dans le tissu imprégné de chlorophyle, dans la feuille de myrte , dans l'écorce d'oranger, des millions de petits ré-

servoirs remplis de produits spéciaux élaborés par les organes de la plante. Mais ce qui vous jettera, dans la plus vive surprise , ce sera de découvrir* dans les profondeurs intimes de certains végétaux: de véritables diamants, de merveilleuses stalactites quand la lumière polarisée viendra les revêtir de teintes éthérées, qui semblent ne plus appartenir à la terre-.'

Vous croirez rêver en étudiant la concrétion cylindrique de la Jacinthe ! Les aiguilles des Cactus ne vous jetteront point dans une surprise moins vive. Que direz-vous quand vous admirerez les prismes rectangulaires de la Rhubarbe , et surtout le cristal qui habite les cellules de rOrtie ?

Des micrographes ont eu la patience d'observer la formation de ce chef-d'œuvre. Ils ont vu apparaître au plafond de la cellule un léger gonflement qui va toujours en s'allongeant jusqu'à ce qu'il puisse servir de support à la concrétion minérale. Alors se montre triomphalement un cristal d'oxalate de chaux suspendu comme un lustre au milieu de cette crypte déserte.

Rien ne nous permet de hasarder la moindre conjecture sur le caractère des actions que ce merveilleux pédoncule sert à accomplir. Peut-être faut-il croire qu'elles nous resteront constamment inconnues comme tant de mystères au miheu desquels notre raison doit se mouvoir sans se briser. Nous sommes comme des oiseaux élevés dans un sanc-

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