GEBEL SILSILIS
C'est ainsi qu'on appelle de grandes carrières de grès situées entre Etfu et Ombo , en Egypte , et taillées dans les montagnes qui aboutissent au Nil j^des deux côtés de ce fleuve. C'est à la beauté de ce grès , qui , étant d'un grain égal et d'une masse entière , donnait la facilité d'en couper des morceaux de la grandeur qu'on désirait , que l'on doit les formes gigantesques et la conservation des monumens qui , après tant de siècles , excitent encore notre admiration. En voyant les immenses excavations de ces carrières , et la quantité de débris qui les couvrent, il est facile de juger qu'elles ont été exploitées pendant des milliers d'années , et qu'elles ont pu fournir les matériaux qui ont été employés à la plus grande
( 59) partie des monumeus de l'Egypte. Vainement voudrait-on opposer la dislance qui existe entre ces carrières et plusieurs des monumens à la construction desquels nous sommes persuadés qu'elles ont concouru : les accroissemens du Mil ,.en soulevant d'abord naturellement lesbatardeaux charge's, dans un temps convenable, des masses à transporter y et les conduisant ensuite à leur destination , ont dû lever tous les obstacles.
Ces carrières offrent la preuve la plus évidente de la manie monumentale qu'avaient les Egyptiens ; car on voit clairement qu'après avoir servi à l'érection des temples , elles ont été consacrées eUes-mêmes par des monumens. On trouve sur la rive du Nil, non seulement des portiques avec des entablemens et des corniches couverts d'hiéroglyphes , taillés et pris dans la Hiaisse 9 mais encore un grand nombre de tombeaux creusés aussi dans le rocher, et qui, malgré les fouilles destructives qui onjhété faites , n'en sont pas moins curieux.
Ces tombeaux se composent de petites chambres particulières ornées d'hiéroglyphes Iracés sur la roche , et terminés en stuc colorié , repré- ^ntant des offrandes . de pain , de fruits , de liqueurs , de volaille , etc.^ Les plafonds , aussi en stuc, sont entourés de peintures d'un goût exquis. Dans ces petites chambres sont de grandes figures assises : celles qui représentent des hommes ont de petites barbes carrées , avec des coiffures pendantes derrière les épaules ; celles des femmes
C 6o )• dlit les rhémest coiffures , mais pendantes en avant sur leur gorge nue. Ce sol est entaille* de plusieurs tombes de diihdnsion s justes , et delà même forme que les caisses de momies. Ces tombes sont toujours en même nombre que les figures sculptées.
Plusieurs singularités qui se font remarquer dans ces tombeaux , donnent lieu aux suppositions suivantes. Les chambres dans lesquelks il n'y a qu'une figure doivent avoir contenu les corps des personnes mortes célibataires , tandis que celles où l'on en voit trois étaient peut-être le dernier asile des maris qui avaient eu deux femmes à la fois , ou l'une après l'autre. Quant à celles où Ton rencontre la figure d'une femme dans l'attitude de la douleur, tout porte à croire que c'était celle d'une veuve qui avait survécu à son époux. Quelques recherches qu'on ait faites pour connaître la manière dont ces tombeaux s'ouvraient et se fermaient , il n'a pas été possible de la découvrir. Mais cependant on peut encore distinguer dans les parties restantes , que toutes les portes étaient décorées d'un chambranle couvert d'hiéroglyphes, surmonté d'un couronne-ment à gorge formant une corniche , et d'un ental)lement sur lequel un globe ailé était toujours stulpté.
(6. ) TERRACINA.
C'est le nom d'un énorme rocher coupé à pic par les Romains , et au bas duquel passe la célèbre Via Appia , la F'oie Appienne , appelée aussi Via Regina, à cause de sa solidité et de son étendue. Cette voie est encore parfaitement conservée , et aussi entière qu'elle pouvait l'être du" tempo du censeur Appius. Près du rocher de Terracina sont d'autres roches moins élevées sur lesquelles on aperçoit quelques constnrctiotia antiques : l'une d'elles est couronnée par les ruines du palais de Théodoric , roi des Goths , et le premier roi d'Italie, dans le cinquiènie siècle.
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TOMBEAU DE MAMMIA, GRANDE- PRÊTRESSE, A POMPEIÏ.
Par les fragment et les colonnes renversées que l'on voit aujourd'hui de ce tombeau , il est probable qu'il était plus élevé qu'il ne le parait. La partie supérieure était de forme circulaire, et ornée de colonnes et de statues de marbre. Cependant on n« pourrait pas assurer que ce moimment n'ait servi qu'à la grande-prêtresse ^ car plusieurs niches destinées à mettre des none»
s'y trouvent encore; elles annoncent que d'autres personnes y ont joui des honneurs de la sépulture. Parmi ces niches, il y en a une plus grande que les autres, et qui est sans doute celle de Mammia.