‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 76 sur 134 · LA GRANDE MURAILLE DE LA CHINE · texte numérisé non relu

LA GRANDE MURAILLE DE LA CHINE

Cette muraille , à laquelle les Chinois donnent Ifi nom de Ouanti-U'Ckang-Ching, la grandç

muraille de dix mille ly , doit être cotisiderëè comme une merveille de l'art. Son étendue , en y comprenant les divers contours qu'on lui a fait prendre , n'a pas moins de cinq cents lieues. Elle passe sur le sommet des plus hautes montagnes de la Chine, à travers de profondes vallées et sur de larges rivières. De distance en distance il y a une tour ou un ouvrage fortifie'. Lorsque le passage, est mal défendu par la nature , elle est doublée et même triplée ; mais , dans les endroits qui se protègent d'eux-mêmes, elle ne consiste qu'en un rempart de terre. A Koopekoo son élévation est de trente-cinq pieds , et sa largeur, sur son sommet, de quinze. Parmi les tours dont elle est flanquée , il y eu a quelquesunes qui sont carrées , et dont la hauteur est de quarante-huit pieds , et la largeur de quarante. Les fondations et les angles sont de gros granit. Quant aux matériaux qui composent le reste , ce. ^OBt des toriques cuites unies ensemble avec un mortier remarquable par sa blancbeur et sa pureté.

Quelques auteurs ont prétendu, que cette fameuse muraille , qui borde la Chine au nord , avait été bâtie par l'empereur Tsin-Chi-Wang- Si , deux cent vingt-trois ans avant la naissance de Jésus-Christ, afin de protéger les provinces de Pé-Che-Li , de Chan-Si et de Chen-Li contre les irruptions des Tar tares. Mais il en est d'autres , et notamment M. Bell , qui a résidé pendant quelque temps en Chine, et dont les

( i87 ) Voyages sont généralement esthnés , qui assu>rent que ce n'est que vers Fan 1 160 que cet étonnant ouvrage a été élevé par un des empereurs chinois , dans la vue de prévenir les fré*quentes incursions des Tartares, dont la nombreuse cavalerie ravageait les provinces, et avait le temps de s'enfuir avant qu'une armée pût leur être opposée. Renaudot observe judicieu*sement qu'aucun géographe oriental, dont les écrits remontent à trois cents ans , n'en fait mention. Mais quand de telles autorités ne suffiraient pas pour démentir l'oi'igine reculée qu'on veut à toute force donner à cette muraille, il serait difficile de comprendre comment il se serait fait que Marc- Paul, qui a résidé pendant très long-temps dans le nord de la Chine , eût gardé le plus absolu silence sur un monument si vieux et si digne d'admiration. De ce confiUt de conjectures il paraît résulter que le plus sage est de croire qu'un pareil mode de défense a été adopté à des époques différentes , et que la muraille , plusieurs fois ruinée , a été plusieurs fois restaurée; ce qui d'ailleurs s'accorde parfaitement avec l'état de conservation dans lequel elle est aujourd'hui.

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