‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 86 sur 134 · NOTRE-DAME DE LORETTE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE LORETTE

A quatre lieues d'Anc6ne , sur une montagne très escarpée , se trouvent Iç village et Téglise de Notre-Dame de Lorette. L'église est bâtie sur une grande place qui devait être entourée de bâtimens réguliers , avec des arcades au rez-dechaussée ; mais la partie gauche est la seule qui soit finie. L'architecture en est estimée : c'est un mélange des ordres dorique et corinthien. Une statue en bronze de Sixte V est placée à côté du portail. Une fontaine en marbre , dont les ornemens , ainsi que les figures qui jettent de l'eau , sont en bronze , est au milieu de la place. La façade de l'église se fait remarquer par trois portes de bronze dont les bas -reliefs, très estimés,

offrent des tmits de l'ancien et du nouveaci testa-* ment.

Au milieu de Téglise est la Santa-Gasa, ou Maùon-'de'la'f^ierge, Elle est construite en briques , auxquelles le temps et la fumée des lampes ont donne une teinte noirâtre. Sa longueur , qui est de quarante pieds environ , est divisée en deux parties : Tune forme une «spèce de nef, etFautre un sanctuaire dans lequel il y a un autel où Ton célèbre le divin office de la messe. Au-dessus dé cet autel , et à la lueur d'une infinité de lampes , on aperçoit à travers une grille la statue de la Vierge , toute couverte de pierreries , et la tète ceinte d'une couronne qui lui a été' donnée par l^ouis XUI. Au bas de la staUie de la Vierge , et dans un intervalle qui se trouve entre le mur et Tau tel, est la SantO'Camino,o\i Xdi Cheminée^ de-la-^ Fierge, Tous les murs de ce petit édifice sont garnis à^ ex-voto les plus précieux, consistant £n lames d'or et d'argent. On y voit aussi des diamans d'un prix immense , et des figures parmi lesquelles on distingue le grand Condé (en argept), rendant grâce à la Vierge de sa sortie de la bataille , et Louis XIV, exécuté en or, du poids précis qu'ii était lorsqu'il naquit. Au bas du petit coussin d'or, semé de fleurs de lis , sur lequel l'enfant est posé, on lit ces mots :

jicceptum a P^irgine tlelphinuni G allia Virgini U)\a\ Fianci* rend à la Vierge le dauphin <jireHo en a reçu.

t ai9 ) POLA EN ISTRIE.

Lorsque les Romains firent la conquête dePola, il parait que cette ville tenait un rang considérable parmi celles de .l'Istrie , puisqu'ils en jugèrent les habitans dignes du titre de citoyens romains et du droit de cité , faveurs qu'ils n'accordaient pas facilement. La chute de Rome a entratôé celle de Pola. Dans cette ville , près de laquelle on admire encore un amphitéâtre capable de contenir plusieurs milliers de spectateurs, à peine reste-t-il aujourd'hui six à sept cents habitans épars dans sa vaste enceinte. Les murailles du monument dont nous venons de parler sont entières ; il est composé de trob étages , dont chacun est percé de soixante-douze arcades ; eu tout, deux cent seize. Il ne reste que la cage de cet édifice, que quatre jconti*e-forts^ placés aux quatre angles d'un carré supposé , distinguent des autres bâtimens pareils , en le faisant sortir du style qui leur est propre. L'autre partie était en bois. Selon toute apparence , ces bâiimens auront été enlevés ou brûlés , ou peut-être , vermoulus par le temps^ seront-ils tombés en p6Vissière à la place qu'ils oo:upaient.

Cet amphitéâtre n'est pas la seule antiquité de Pola. Cette ville possède un temple dédié 'à Rome et à Auguste, ainsi que le prouve Tinscri pr-

( iîK) )

tion que Ton voit encore sur la façade de ce temple. Cette espèce d'association entre Auguste et Rome se retrouve ailleurs, et ne pourrait étonner que ceux à qui l'histoire ne serait point familière.

L'architecture de ce temple, du plus beau temps et du meilleur style , est de l'ordre corinthien. <Juatre colonnes soutiennent le fronton , et forment^ avec deux colonnes latérales, un portique ouvert qui jnrécède Tintérieur du temple.

Page 1