AURORES BOREALES ET AUSTRALES
L^URORft boréale est une masse de lumière dont la couleur est ordinairement blanchâtre et fai-* ble près de l'horizon , rougeâtre et plus éclatante à 20 ou 3b degrés au-dessus ; alors elle devient ondoyante, et semble entraîner des traînées de flammes du coté du zénith , semblables à celles d'un^^lcan. Ce phénomène se manifeste près du pèle arctique , et s'observe très fréquemment pendant l'hiver dans les contrées septentrionales. Quelquefois on aperçoit directement au pôle une portion de cercle comme un arc-en-ciel , mais qui ne s'élève que de 10 à r5 degrés au-dessus de l'horizon. Le centre en est obscur, et une multitude de traits lumineux et flamboyaus partent de sa circonférence. Une particularité quia été re-
marquée, c'est que pli^s le froid est vif, plus cer sortes d'aurores sont éleve'es et lumineuses. Lorsqu'il excède 3o d^res , elles approchent du zénilh, et souvent même elles le dépassent.
Il parait certain que l'électricité est la source immédiate du phénomène des aurores boréales^ puisque leur foyer se trouve au pôle même , où il y a une affluence prodigieusement abondante de matière électrique ^ qui , d'une part , porte la vie dans les êtres organisés , et de l'autre embrasse lies fluides superflus de l'atmosphère.
Quelques sa vans , et notamment le célèbre Botaniste Gmélin l'ancien ,. qui a été à même^ d'observer plusieurs aurores boréales pendant le séjour qu'il a fait en Sibérie, ont cru remarquer qu'elles produisaient un pétillement sensible dan» tes airs. Mais un autre savant , qui crsûnt , avec raison ,.que Gmélin ne se soit laissé tromper par , de fausses apparences , raconte à ce sujet , qu'étant un soir dans le village près du fleuve de Xeûessey, et sortant par hasard de là maison oàil devait passer la nuit, il aperçut une grande clarté du côté du nord , ce qui le surprit beaucoup , attendu que l'air était un peu brumeux y ce qui n'arrive jamais lorsqu'il parait des aurores boréales. Pendant qti'il observait ce phénomène ,il crut entendre Un pétillement ; il redoubla d'attention , il l'entendit de manière à ne pas pouvoir en douter. Toutes ces circonstances le sur-' prirent étrangement; mais lé lendemain tout fut éclairci , Ibrsqu'en passant près d^ùne foret«
incendiée , dont la vue lui avait été interceptée i^ar une colline qui ne lui permettait pas de voir les flammes et les bluettes qui se perdaient dans les airs , il aperçut les débris de son aurore bo* réale.
L'aurore australe est un phénomène à peu près semblable à celui des aurores boréales. Il a été observé par quelques navigateurs dans les régions • polaires antarctiques. Nul doute que les unes et les autres ne proviennent de la même cause.
RASSINOF.
Cette ville (i) renferme plusieurs ruines curieuses de monumens qui y ont été élevés par les princes tartares lorsqu'ils y faisaient leur résidence. Elles* consistent, i^ en une grande tour ronde, nommée Misguir^ faisant partie d'unje ancienne mosquée détruite ; 2** en un grand arc de triomphe chargé d'ornemens d'un goût go-, thique et d'inscriptions arabes ; 3° en un édifice qui présentait un carré long, avec un tombeau souterrain de même forme ; 4** en un bâtiment destiné à la sépulture des kans, et qui est assez
(i) Kassinofy aaciennemeiit Gorodzetz, est à deux cent ttfente werste» de Moscow. Son nom vient de Kassin , prince tartarc, qui se soittnit à la Russie,. et qui eut cette TiUecn apanage.
bien conservé. Ce dernier monument, situe au midi , a aussi la forme carrée ; 'mais il n'offre rien de gothique : c'est un massif de murs très épais, qui n'a pour ornement que quelques sculptures assez bien faites, et une corniche à gauche. A l'extrémité de l'ouest est une petite cellule qui paraît avoir servi d^oratoîre. La porte est à l'ouest , avec une petite fenêtre au nord. A l'autre bout il y a deux souterrains , l'un grand , l'autre petit , où sont les tombes. L'entrée du plus grand est au midi, presque dans le milieu du bâtiment , et près d'un mur qui sépare les deux souterrains : elle forme une espèce d'arc, au-dessus duquel on voit une table de pierre , placée dans le mur , garnie d'un rebord qui est brisé , et sur laquelle on lit une inscription arabe , dont voici la traduction :
Au grand Dieu unique!
Le somferain de ce lieu, Schagali-Khan , Fils du Sultan Scheikih-Auléor.
Le 12 du mois de Ramazan de l'an g6a (i).
Ge grand souterrain a environ neuf archines et demie de longueur de l'est à l'ouest , sur un peu plus de quatre et un quart de largeur. Le centre de la voûte en a plus de cinq de hauteur. Deux croisées sont au nord, et une au midji : elles sont plus étroites en dehors qu'en dedans ; elles étaient revêtues de barreaux de fer qui ont été enlevés. Huit tombes , composées d'une ^ terre
(i) iSiodc notre ère.
gliûse brûlée et battue , sont placées daùs la longueur du souterrain. Il y en a cinq les unes à côté des autres vers le mur du midi ; la sixième est près de l'entrée. La septième , qui est dans le milieu , a sept pieds de long , et près d'une archine de hauteur ; des marches de pierre lui servent de base. La huitième a les mêmes dimensions ; mais elle est de forme carrée et revêtue d'un mur. It paraît , d*après cette distinction , et les neuf crâ" nés qui sont dans ce caveau ,* qu'elle a été faite pour deux corps. A la tête de chaque tombe il y avait une pierre plate , haute de six pieds , taillée en pointe, et posée sur un piédestal. Ges pierres sont encore à leur place ; leur revers , en fece du couchant, est orné d'un bas-relief représentant un grillage étoile. Sur l'autre côté on voit une inscription arabe , divisée par tablettes ^ qui est très bien gravée. Au-dessous de ce sou^ terrain est un autre caveau moins large , quoique de la même longueur. On y entre par une ouverture infiniment étroite , qui est en partie bouchée de terre et de pierres. Les squelettes y sont éten-^ dus sur des échafaudages de bois. Mais on voit, par le désordre qui règne dans ce lieu solitaire , que le repos de» morts n'y a pas été respecté ^ car tous les ossemens y sont épai^. Ici l'on trouve Une tête , là un bras , une jambe ou des cheveux , et presque partout de petits morceaux de taffetas jaune, vert et orange, dont les couleurs n'ont presque rien perdu de leur fraîcheur et de leur éclat. '