PORTE SAINT-MARTIN
dans un ancien café un de ses plus beaux établissements de bouillon.
C'est sur ce boulevard, au 2e étage du n° 50 que Fieschi et ses complices avaient établi leur machine infernale, le 28 juillet 1833. On sait quel fut le résultat de cette tentative criminelle; celui contre lequel elle était dirigée ne fut pas atteint, et dix-sept personnes furent tuées aux côtés du roi.
A l'extrémité de ce boulevard, se trouve le Chàteau-d'Eau, l'une des plus remarquables fontaines de Paris. Cette fontaine se compose de trois bassins concentriques superposés : quatre lions, accroupis dans le bassin inférieur, lancent des jets d'eau de leur gueule; une cascade descend delà vasque supérieure : tout autour se tient deux fois la semaine un marché aux fleurs.
A partir du Château-d'Eau, le boulevard Saint-Martin fait avec celui du Temple un angle très-accentué ; on y voit déjà des cafés et des magasins; c'est là que sont situés le théâtre de l'Ambigu-Comique, célèbre par ses noirs mélodrames et le théâtre de la Porte-Saint-Martin, qui a vu éclore tant de merveilles.
En face de la rue Saint-Martin, s'élève la porte du môme nom, remarquable arc de triomphe offert par la ville de Paris à Louis XIV. {V. page 36.)
Cet arc fut construit en 1674 sur les dessins de Pierre Bullet, élève de François Blondel. lia environ 18 mètres de hauteur sur autant de largeur ; il est percé par trois arcades, celle du milieu a 6 mètres de largeur sur 10 d'élévation ; les arcades latérales ont chacune 2 mètres 70 de largeur sur 5 mètres 40 de hauteur.
Les bas-reliefs représentent sous forme d'allégorie la conquête de la Franche-Comté et du Limbourg, par Louis XIV.
RESTAURANT NOTTA. 57
Le boulevard Saint-Denis montre aux curieux l'une des parties les plus riches de la ville : c'est le centre du commerce et de l'industrie ; un nouvel arc de triomphe , dédié à Louis le Grand, célèbre les hauts faits de ce monarque. Ce monument, par ses proportions exquises, est beaucoup plus beau que l'arc Saint-Martin.
Il fut élevé sur les dessins de Blondel, l'architecte de la porte Saint-Martin, par le prévôt des marchands et les échevins. Ce monument a 24 mètres de hauteur et autant de largeur.
Les sculptures, d'un goût assez douteux, ont, comme celles de la Porte-Saint-Martin, pour but la glorification de Louis XLV. (V. page 41.)
Après avoir traversé le boulevard Bonne-Nouvelle, dont l'irrégularité fait le désespoir des amateurs de la ligne droite, on atteint le boulevard Poissonnière, qui sert de transition pour arriver à cette portion de Paris qui semble spécialement vouée au luxe et à tous les raffinements de la vie. On remarque sur ce boulevard le Gymnase-Dramatique (ancien théâtre de Madame) ; la fameuse boutique du marchand de galette, qui se trouvait à côté a fait place à un café, sorte de buvette du théâtre.
Saluons en passant le restaurant Notta : notre estomac reconnaissant lui vote de sincères remercîments. Chaque mois, nous y assistons avec nos confrères, au dîner mensuel des gens de lettres, et nous sommes heureux de constater ici que l'urbanité et l'exquise politesse du chef de cette maison n'ont d'égales que l'excellence des mets et la supériorité de leur préparation.
Dans les salons du restaurant Notta, boulevard Poissonnière, on y dîne tout aussi bien qu'au café Anglais et à bien meilleur compte.