‹ Les merveilles du nouveau Paris--Chapitre 125 sur 144 · LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE

Les divers abattoirs de Paris vont être supprimés et centralisés dans les abattoirs généraux de la Villette.

Le vieux Temple est encore une de ces parties du vieux Paris qui ont disparu au grand regret des amateurs de vieilleries.

Ces bâtiments informes, sorte de ruche du faux luxe et de la pauvreté, ont vu leurs alvéoles éventrés et ont dû céder le pas aux gigantesques colonnes de fer supportant des charpentes titanesques. (V. page 313.)

Établi dans l'ancien enclos du Temple, ce marché fut créé pour remplacer les marchés aux vieux effets d'habillement et de literie, qui se tenaient autrefois sur divers points de Paris.

Il était composé de quatre grands pavillons en bois, séparés par des rues, se coupant à angles droits : divisés en une multitude de petites échoppes, ils offraient aux regards du penseur de nombreux sujets de méditations. Ici un habit noir, soigneusement brossé, et luisant aux coudes et au collet, rappelait cette misère honteuse qui cherche à se dissimuler sous des dehors convenables; on croyait voir le solliciteur affamé qu'on rencontre dans toutes les antichambres, ou le débris de quelque catastrophe industrielle et commerciale.

Cette robe de soie, ornée de pompons, à côté de cette modeste robe de paysanne, révélait ces métamorphoses nombreuses dans la grande ville : métamorphoses qui commencent par le déshonneur et qui finissent par le désespoir, et quelquefois par le suicide.

La Rotonde, démolie depuis deux ans environ, se trouvait à l'extrémité des pavillons.

. On trouve au Temple une collection immense de tous objets de luxe et de nécessité, et il ne faudrait pas croire que tout ce que l'on y vend se trouve dans cet état intermédiaire

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