‹ Les merveilles du nouveau Paris--Chapitre 139 sur 144 · LE CAFÉ DES AVEUGLES · texte numérisé non relu

LE CAFÉ DES AVEUGLES

Le Café des Aveugles était autrefois une de ces curiosités de Paris que l'on ne manquait jamais de faire voir aux habitants des départements.

Aujourd'hui, il est complètement oublié, sa gloire est éclipsée, et l'on ne sait même plus s'il existe. Sic transit gloria mundi...

Pourtant il a toujours gardé sa physionomie pittoresque, et les cinq aveugles auxquels il a emprunté son nom jouent toujours avec la même intrépidité, accompagnés par le sauvage battant sur une demi-douzaine de tambours.

Ne serait-ce que pour voir le Sauvage, que nous conseillerons à nos lecteurs d'aller visiter le Café des Aveugles.

Il n'est pas possible de voir un homme plus convaincu de sa mission : pour lui, l'art de battre la caisse est un sacerdoce qu'il remplit avec une dignité magistrale.

11 faut le voir glisser moelleusement ses baguettes d'un tambour sur l'autre; c'est alors que l'on comprend la puissance de l'art.

Mais le héros du Café des Aveugles, c'est l'homme à la poupée, qui, avec ses effets de ventriloquie, fait les délices des habitués, la surprise des visiteurs.

Le Café des Aveugles n'avait pas attendu l'ère nouvelle inaugurée par la liberté des théâtres pour donner de petits vaudevilles.

Nous ne voulons pas passer ces œuvres, ni les artistes qui les interprétaient, à l'étamine d'une critique sévère, car elles nous ont trop diverti : il faut être indulgent pour qui fait rire.

Nous allions oublier de dire que ce café est situé dans l'une des caves du Palais-Royal, non loin du passage du

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