ESPLANADE DES INVALIDES
bord de l'eau sont accroupis deux lions de Barye qui saisissent par leur effrayante vérité.
De l'autre côté de la place de la Concorde, entre la Seine et la rue du Faubourg-Saint-Honoré, s'étendent les nombreuses allées, avenues, bosquets et jardins des Champs- Elysées, l'aristocratique promenade par excellence, conduisant directement au bois de Boulogne.
On ne saurait décrire la majesté du coup d'œil dont on jouit sur la place de la Concorde, en voyant cette gigantesque avenue qui mesure près de 2000 mètres, et terminée par l'Arc de Triomphe. Le Cours-la-Reine, qui borde la Seine sur une longueur de 1170 mètres, fut planté en 1628 et replanté en 1723. Le Grand-Cours fut créé en 1760 et se terminait à la butte de l'Étoile. Cette butte fut nivelée en 1765 par le marquis de Marigny.
Les Champs-Elysées étaient autrefois le rendez-vous des bateleurs et des saltimbanques, et l'on pouvait y voir pour deux sous toutes les merveilles foraines de la France. Aujourd'hui ils sont remplacés par des théâtricules où maîtres Guignol et Polichinelle rivalisent de coups de bâton, à la grande joie de leurs spectateurs enfantins ; on y voit aussi des cafés chantants cachés dans les buissons comme des nids d'oiseaux. Nous sommes loin de vouloir comparer leurs chanteurs aux rossignols, car si une comparaison doit être faite, ce n'est certes pas avec cet oiseau.
Dans la partie qui fait face à l'esplanade des Invalides, on a élevé le palais de l'Industrie; mais, hélas! ce vaste bâtiment, qui a joui d'une certaine animation en 1855, semble morne et consterné au milieu de la foule qui l'environne aux jours de fête, et les quelques tentatives que l'on a faites pour le rendre plus gai n'ont contribué qu'à l'attrister davantage. Néanmoins, nous devons dire que l'exposi-